RÉFLEXIONS SOMMAIRES
La dix-septième livraison des Oiseaux-Mouches n'était pas publiée que déjà de nouvelles espèces vinrent réclamer un supplément aux quatre-vingttrois figures que renferme notre premier travail. Une sorte d'émulation s’empara des collecteurs , et de nombreuses espèces d’oiseaux-mouches sont venues dans ces derniers temps fournir à l’étude de ce genre des moyens de recherche et d'investigation bien plus complets que ceux dont nous avions à nous servir lorsque nous avons entrepris le volume que le public a si favorablement accueilli. Ce supplément contiendra lui-même trenteneuf planches d’'oiseaux-mouches nouveaux ou bien les femelles et les jeunes d'espèces déjà connues , mais dont les livrées diffèrent complètement de celles des mâles dans le plumage parfait. Nous nous sommes attachés à donner le plus possible les divers états des oiseaux-mouches. La livrée, presque toujours si différente de,ce qu’elle doit être un jour, rend ces petits êtres l’écueil des nomenclatures , et encombre la science d’une foule d'espèces nominales. C’est ce qui fait qu'on ne saura jamais quelles sont certaines des, espèces de Latham, de Linné, de Brisson ou de Buf-
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fon , décrites d’après Pennant, Séba, Klein, Marcgrave , etc., et caractérisées par quelques phrases vagues et succinctes. Ce qui intéresse vraiment un ornithologiste , autre qu’un vulgaire descripteur, est positivement cette connaissance des métamorphoses que subit le plumage d’un oiseau aux diverses époques de sa vie, et les modifications qu'elles impriment à son aspect extérieur; et, sous ce rapport, à part les oiseaux Échassiers , nous ne croyons pas qu'il y ait une famille dans toute la série ornithologique qui soit plus dif-
ficile à étudier que celle des oiseaux-mouches.
. Bien que nous ayons cherché avec le plus grand
scrupule à rapporter à leurs espèces des individus à plumage variable et à proportions différentes de celles des types généralement connus dans les collections, nous n’espérons pas avoir toujours réussi. Les dépouilles qui nous parviennent des pays lointains , mises en circulation par le commerce, ne portent jamais avec elles de renseignemens sur les mœurs , sur les habitudes des espèces , et presque toujours l'indication précise du pays où elles vivent est erronée, et bien rarement nous savons au juste de quelle province de l'Amérique méridionale elles nous sont envoyées.
Les descripteurs compilateurs n’ont pas peu contribué à augmenter sans raison le nombre des espèces. Linné et Tatham donnèrent des noms à
DES OISEAUX-MOUCHES. 99 des femelles , à des jeunes dont les types étaient eux-mêmes décrits sous une autre dénomination. Audebert n’a fait que renchérir sur ces deux auteurs, et M. Vieillot, qui est avant nous l’ornithologiste qui à fait connaître un plus grand nombre d’espèces vraiment nouvelles, a prodigué les termes scientifiques, et souvent trois de ces espèces en feraient à peine une. Pour en offrir quelques exemples, son oiseau-mouche Versicolore (Zrochilus versicolor, Vieill. , nouv. Dict., t. xxunt, p.430) est le jeune du Delalande (Zrochilus delalandi , du même auteur); son oiseau-mouche de Prêtre et son oiseau-mouche Dufresne, sont le jeune et la femelle de celui nommé Duc, l'Orrnismya chrysolopha de notre pl. VIT, etc. |
Il est donc très difficile, dans l’état d’imperfection où croupit l’histoire morale des oiseaux qui nous occupent, d'éviter de telles erreurs. Notre livre, ainsi que ceux de nos devanciers , sera la base d’un bon travail et d’un recueil riche et varié que les naturalistes futurs pourront entreprendre avec des matériaux neufs et plus parfaits que ceux qu'il nous a fallu mettre en œuvre.
En imprimant ces pages, il nous reste à faire partager nos regrets de ce que de nouvelles espèces sont dès ce moment enfouies dans notre portefeuille, où elles resteront jusqu’à ce que leur
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nombre puisse nous permettre de donner dans quelques années un supplément d’une soixantaine de nouvelles figures. Aux nombreuses espèces qui nous arrivent chaque Jour, il sera certainement facile d'atteindre ce nombre en moins de deux années. Nous avions promis soixante-six planches dans ce second volume consacré aux Colibris, nous aurons tenu notre promesse.
N Mais si nous avons trouvé chez les autres des | lacunes relativement à des doubles emplois ou à k des rapprochemens erronés, il est quelques cort rections que nous avons nous-même à faire à notre //istotre naturelle des Oiseaux Mouches, et c'est avec empressement que nous les signalons aux amateurs, bien que ces indications ne portent le plus souvent que sur des détails de synonymie.
OISEAU-MOUCHE PÉTASOPHORE.
[A ., Pr: Le.
ki “ M: Vicillot l’a figuré sous le nom de Zrochilus serrirostris, pl. I, du tome 3° inédit des Oiseaux dorés.
4 à | OISEAU-MOUCHE AUX HUPPES D'OR, FEMELLE.
d'4 "4 PL. VII.
| % jh. : C'est un jeune mâle n’ayant paint encore pris sa livrée d’adulte.