‹ Histoire naturelle des colibrisChapitre 6 sur 83 · VARIÉTÉ ALBINE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ ALBINE

(TROCHILUS PELLA. Linné, Varietas.)

La variété que nous figurons dans cette planche, et l’oiseau-mouche modeste que nous représentons pl. VI du Supplément, sont venus nous offrir deux exemples remarquables d’une tendance à l’albinisme dont les oiseaux à reflets métalliques paraissaient exempts. Cette disposition particulière des plumes à se décolorer et à former des taches blanches ou grisâtres au milieu du plumage, est ce que quelques auteurs ont parfois appelé plumage tapiré. On se rappelle que les perroquets ont souvent leur livrée émaillée de jaune ou de blanc sur un fond vert, et l’on croyait que cette coloration exceptionnelle était produite par les naturels des forêts du Nouveau- Monde, à l’aide d’un procédé qui leur était parüculier, et qui consistait à arracher des plumes de l'oiseau et à frotter la surface de la peau dénudée avec le sang d’une rainette américaine, seule propre à amener cette dégénérescence des

plumes. Tout porte à croire que ce tapirage n'existe point; que les plumes qui se décolorent sont dues à un état maladif et à un défaut d'énergie dans la sécrétion des matières colorantes du sang, et que, semblables aux cheveux qui blanchissent au milieu d’une chevelure noire et encore dans sa vigueur primitive, ces plumes sont desséchées à leur bulbe et ne tirent plus qu’une nourriture insuffisante jusqu’à leur chute. Sans doute qu’en arrachant les plumes sur le corps de quelques volatiles , et en répétant plusieurs fois ce procédé, qu'il en résulte une inertie ou un affaiblissement des vaisseaux , et que les plumes se décolorent et se panachent, ainsi qu'on le remarque chez la plupart de nos oiseaux de basse-cour, dénaturés ou plutôt modifiés par un défaut d'exercice, une nourriture parfois non appropriée complètement à leur organisation. La tendance à l’albinisme est donc un état maladif du système pileux tégumentaire, que produisent les influences du climat froid, la nourriture et quelques circonstances particulières non encore définies.

Le jeune colibri Topaze à plumage varié de blanc ne diffère de l'adulte que par les teintes moins vives, moins brillantes de son plumage : la gorge est plus franchement verte, lenoir dela tête est moins séricéeux, et le rouge du corps tire volontiers sur le rouge briqueté. Des plumes , d’un

blanc pur, sans aucune tache, sont éparses au milieu des plumes rouges, et tranchent par leur opposition sur le ventre, le dos, les flancs et le croupion qu'elles émaillent. Les deux brins des pennes moyennes ne sont encore que naissans ; à peine ont-ils huit lignes, et leur forme étroite, mince, et leur couleur d’un brun clair, prouvent que l’individu n'avait pas encore pris sa livrée complète.

Cette variété, très remarquable, appartient au musée de Paris, et provient de Cayenne. Elle est

figurée pl. VIT du tome 111, inédit, des Oiseaux dorés de Vieillot :.

: Nous citerons plusieurs fois ce troisième tome des Oiseaux dorés, dont nous avons eu communication pendant quelques heures, grâce à l’obligeance de M. Florent Prévost. Ce volume manuscrit, grand in-folio, enrichi de vingt-cinq dessins de M. Prêtre, et comprenant trente-cinq descriptions, fut vendu par M. Vieillot à la duchesse de Berry, et ne sera sans doute jamais publié. Peut-être même qu'il n’est plus en France. Nous regardons comme un devoir de citer les espèces figurées par ce laborieux ornithologiste, que la science vient de perdre. n°1, le colibri Lazulite (il est reproduit dans la galerie du même auteur ); II, le colibri Arlequin; IIT, le colibri Brun (c’est notre Ornismya lugubris, pl. XX XVIII }; IV, le colibri Tacheté (c’est notre Ramphodon maculatum ); V, le colibri à Collier rouge; VI, le colibri à Cravate; VIT, le colibri Topaze, Tacheté; VIII, le Verdor (c’est notre Ornismya sapho, pl. XXVII ); IX, l’oiseau-mouche bec en scie (c’est l’oiseau-mouche Pétasophore, pl. I); X, l’oiseau-mouche Glaucope; XI, l’oiseau-mouche Rubisémeraude; XIZ, l’oiseau-mouche Azuré; XIII, loiseau-mouche à gorge blanche; XIV, l’oiseau-mouche Delalande; XV, l’oiseaumouche Magnifique; XVI, l’oiseau-mouche à oreilles blanches (c’est notre Ornismya Arsenii, femelle, pl. XXVIT); XVII, loi-

Re : —

seau-monche à queue singulière; XVIII, l’oiseau - mouche à tête grise; XIX, l’oiseau-mouche Versicolore ( c’est un jeune Delalande, pl. XIX de notre Supplément); XX, le Vert et gris ; XXI, l’oiseaumouche à longue queue, couleur d’acier bruni; XXII, oiseau-mouche Superbe {c'est notre Natterer, pl. XVI); XXII, l’oiseau-mouche Duc; XXIV, l’Améthiste; XX V, l’oiseau-mouche Minulle; XXVI, l’oiseau-mouche à queue rousse, XX VII, le Quadricolore; XX VIII, le Chalibée ( Ornismya Vieillotit,N. pl. LXIV ); XXIX, le Langsdorff; XXX, l’oiseau-mouche Mystacin; XXXI, l’oiseau-mouche Géant; XX XII, l’oiseau-mouche Géant, femelle; XX XIII, l’oiseaumouche Jules Verreaux (c’est notre Ornismya sephanioides , planche XIV ); XX XIV, l’oiseau-mouche Dufresne (c’est l’oiseau-mouche aux huppes d’or, femelle ); et XX XV, l’oiseau-mouche Prêtre ( c’est l’oiseau - mouche aux huppes d’or, jeune âge ).

CG @) LL I 12 IRI 4ù @) I > A W/ [D > Jeune male en plumage incomplet .

Public per Arthus Bertrand.

Pretre pire ; Remond impres* Coutant seulp :

\T PA na Matt .

Ar

ARR LVEUTLLEVU LAS LE LVL LLLUVRLLEUTELLE AR LLEUUL LIRE VELLLLRLLEUEIARLLTESS

(Pr. IV.)

LE COLIBRI TOPAZE, MALE

Page 1