‹ Histoire naturelle des colibrisChapitre 73 sur 83 · PL. XXXV · texte numérisé non relu

PL. XXXV

LA NOUNA-KOALI :.

(ORNISMY A NUNA. Lesson. )

C'est près de l'oiseau - mouche Sapho que la Nouna-Koali doit prendre place, tant par ses attributs corporels que par la disposition, la forme de sa queue, et surtout par l’analogie de sa vestiture. Son nom est celui d’une vierge américaine dont le touchant souvenir restera parmi les amis de la littérature, grâce à la suavité des charmes dont s’est plu à l'embellir la plume de notre ami Ferdinand Denis ?.

Ce gracieux oiseau-mouche est long de cinq pouces, et la queue seule entre pour près de trois pouces, tandis que le bec n’a que sept lignes. Les ailes, minces, faibles, et d’un brun-pourpré, n'atteignent que le tiers supérieur des rectrices. Celles-ci, au nombre de dix, sont remarquables par leur forme caractéristique, et par la dispo-

* Mâle adulte ( pl. XXXWV ) : queue très fourchue, très étagée, à rectrices brunes, terminées de vert-bleu d’acier ; corps vert-doré en dessus , blanc en dessous mais œillé de vert. Du Chili.

? Ismaël Ben Kaïzar ou la découverte du Nouveau-Monde, roman historique, Paris, 1829, D vol. in-12.

sition fortement étagée qu'elles présentent. Les six moyennes sont oblongues , arrondies ; les deux premières courtes, les troisième , quatrième, plus allongées, et les cinquième, sixième encore plus longues ; les septième et huitième rubannées, droites, et les neuvième et dixième, ou les plus externes, dépassant les autres; elles sont étroites, à barbes très courtes sur leur bord externe, et légèrement déjetées ou contournées en dehors à leur extrémité, qui est tronquée en demi-cercle. Toutes les rectrices moyennes sont brunes, excepté sur leur partie supérieure et terminale, où règne un vertdoré uni à du fer spéculaire brillant. Les septième et huitième rectrices sont d’un brun-pourpré uniforme, et à leur pointe seulement apparaît un peu de vert-doré. Quant aux deux rectrices externes, elles sont brun-pourpré en dedans et à leur tiers terminal, sans presque de reflets vertdoré, mais un liseré gris-blanc occupe toute la longueur des ailes à leur bord externe. En dessous toutes les rectrices sont brun-violet métallisé, mais les deux plus longues sont également liserées d’une bordure blanchâtre plus nette que sur la face supérieure.

Le bec et les tarses sont d’un noir intense. Ces derniers sont robustes, assez forts et munis d’ongles saillans. Un vert-doré de l’'émeraude brillante et pure colore toutes les parties supérieures du

DES OISEAUX-MOUCHES 171 corps et les couvertures des ailes. La base de ces plumes chatoyantes est d’un brun qui cesse à leur tiers supérieur. Tout le dessous de la gorge, à partir du menton jusqu’au ventre, est blanc, mais chaque plume blanche se trouve occupée à son milieu et à son bord terminal par une écaille ou œil arrondi d’un vert-doré émeraudin : sur la gorge et devant le cou, ces yeux sont nettement circonscrits ; 1ls le sont moins sur le ventre et sur les flancs. Les couvertures inférieures de la queue sont d'un marron assez vif, çà et là marqueté d’or-vert.

Cette belle espèce habite le Pérou. Les deux seuls individus que nous connaissions nous ont été communiqués par M. Canivet. Le premier, qui nous paraît être l’âge complètement adulte, est le type de la pl. XXXVI, et le deuxième, par quelques différences, nous paraît être un jeune âge. C’est ainsi que le dessus de la tête est d’un vert plus terne et presque grisätre, et que les grandes rectrices sont entièrement brunes sans trace de bordure blanche sur leur côté externe, que le blanc du corps tire au roux sur le ventre, et que les taches vert-doré étaient moins arrêtées sur les flancs. A cela près, les mêmes particularités de détails se représentaient sur l’un et l’autre individu.

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