JUNCELLA ELONGATA
Gorgonia elongata, Pallas, Elench. z00ph., p. 179. —— Lamarck, Hist. des anim. sans vertéb., 1. II, p. 320, et 2° édit, p. 499.
—— Lamouroux, Polyp. flex., p. 419, et Encyclop., p. 449. Gorgonia juncea, Delle Chiaje, Descriz. e notom. degli anim. inverteb. della Sicilia citiriore, t. V, p.26.
Juncella elongata, Valenciennes, loc. cit.
Branches cylindriques, grêles ; verrues calicifères à peine saillantes. Couleur rougeûtre.
Méditerranée.
M. Valenciennes a inscrit sur la liste des espèces de ce genre, deux autres Juncelles que nous ne connaissons pas : la JuNCELLA suRCULUS du Sénégal, et la J. cazicucara de l'ile Bourbon.
L'espèce décrite par Ellis et Solander, sous le nom de GorGonia ELONGATA, se trouve aux Antilles, et a les verrues calicifères saillantes et dressées (Hist. of zooph., p. 96).
Le genre Begryce a été proposé par M. Philippi, pour recevoir des Alcyoniens arborescents qui ressemblent aux Gorgones par leur sclérobase corné, mais qui en diffèreraient par la non rétractilité des polypes. Nous doutons beaucoup de l'exactitude des caractères assignés à ce Zoophyte, et M. Valenciennes qui a fait récemment une élude trèsapprofondie de toute la famille des Gorgoniens, considère le type de ce genre comme n'étant autre chose qu'une tige de Gorgone ordinaire, sur laquelle des colonies du Sympodium coralloïdes se seraient établies. Quoi qu’il en soit, M. Philippi ne rapporte à son genre Bebryce qu'une seule espèce trouvée dans la Méditerranée et désignée par ce naturaliste sous le nom de Bebryce mollis (Philippi, Zoologische Beobachtungen, Erichson's Archiv für naturgeschichte, 182, 1. V, p. 35).
188 ORDRE DES ALCYONAIRES.
TROISIÈME AGÈLE. BRARACÉES.
Polypiéroïde dont l'axe est occupé par un tissu subéreux ou spiculifère, ou par une cavité vide.
Nous subdiviserons cet agèle en quatre genres, caractérisés de la manière suivante :
{ de'spicules naviculaires 2 réunies en-faisceaux. Be
Briaracées dontlest occupé par une)par un tissu spongieux. SOLANDERIA. l'axe du polypié— tige formée roïde \par un tissu fistuleux. PARAGORGIA.
est occupé par une cavité et ne renferme
pas de tige solide. |GoëLoconera.
Genre I. BRIAREUM.
Gorgonia, Ellis et Solander, Esper, etc.
Briareum, Blainville, Manuel d’actinol., p. 520.
Placomus, Milne Edwards et Haime, Düistrib. méthod. (loc. ct., p- 186).
Polypiéroïde arborescent, dont l'axe est occupé par un tissu essentiellement spiculifère.
Ce genre qui a pour type une espèce décrite par Ellis et Solander sous le nom de Gorgonia briareus, a été fondé en 1832 par Blainville, mais avec des limites plus étendues que celles assignées ici. Il est aussi à noter que c’est par suite d’une erreur que, dans une publication précédente, M. Haime et moi l'avons considéré comme synonyme du genre Placomus d'Oken ; ce dernier groupe west autre chose que la division des Antipathes, dont il sera question dans une autre partie de ce Traité.
BRIAREUM GORGONIDEUM.
Gorgonia briareus, Ellis et Solander, Hist. of zooph., p. 95, pl. 14, fig. 1 et 2. —— Gmelin, Syst. nat. de Linné, 5e édit., p. 3808. —— Lamouroux, Polyp. flex., p. 421.
Briareum gorgonideum, Blainville, Man. d’actin., p.520, pl.88, fig. 2 (d’après Ellis).
—— Dana, Zooph., p. 643.
Polypiéroïde subrameux ; branches très-grosses et arrondies. Axe
GORGONIDES. 189
composé de grandes aiguilles vitreuses, de couleur pourpre, disposées longitudinalement en faisceaux. Cœnenchyme blanchâtre. Tubercules calicifères, arrondis, assez saillants et très-écartés entre eux.
Le Zoophyte dont Olivi a parlé brièvement sous le nom de GorGoniA MoLLIS (Zool. adriat., p. 233), n’est certainement pas l'espèce précédemment appelée de la sorte par Pallas (Elench., p. 203), et ne saurait être rapporté avec plus de raison au genre Briareus, comme l’a fait Blainville (Man. d'actin., p.521). En effet, Olivi dit positivement que l'axe de ce zoophyte est presque spongieux et ne provient que de l’endurcissement d’une portion du tissu cortical, lequel est très-épais et a l'aspect d’une éponge.
Se trouve près du port de Goro.
L’ALCYONIUM PLEXAUREUM de Lamouroux (Expos. méthod., p. 68, pl. 76, fig. 2, 3 et #) pourrait bien appartenir au genre Briarée, où effectivement Blainville l’a placé; car si les figures indiquées ci-dessus sont exactes, ce zoophyte aurait un axe d'apparence fibreuse ; mais, d’après la description succincte donnée par Lamouroux, nous sommes portés à croire que c'est un fragment d'une branche cylindrique de V’Alcyonium asbestinum de Pallas.
Genre II. SOLANDERIA.
Briarium (pars)? Dana, Zooph., p. 613.
Solanderia, Duchassaing et Michelin, Note sur deux polypiers appartenant à la famille des Coraux. (Revue zoologique de la Soc. cuvierienne, par M. Guérin-Menneville, juin 1846.)
Polypiéroïde’branchu, dont l'axe est occupé par un tissu spongieux, semblable à celui des entre-nœuds des Mélitées.
Ce genre ne nous est connu que par la courte description qu’en ont donnée MM. Duchassaing et Michelin; mais M. Haime qui à eu l’occasion d’en examiner un échantillon, nous a assuré qu'il appartenait bien à la division des Gorgonides et que les caractères indiqués ci-dessus étaient exacts.
SOLANDERIA GRACILIS.
Solanderia gracilis, Duchassaing et Michelin, Loc, cit. —— Duchassaing, Anim. rad. des Antilles, p.21 (1850).
Polypiéroïde.très-branebu , flabelliforme et un peu flexible; sclérenchyme cortical très-mince, granuleux où cotonneux; axe sclérobasique spongieux , à rameéaux-cylindriques , irréguliérs et striés. Coulcür d’un brun-purpuracé ; hauteur, 1 décim.
Mers des Antilles (Guadeloüpe).
190 ORDRE DES ALCYONAIRES.
C'est probablement à ce genre qu'il faudra rapporter le Keratophyte spongieux de la Caroline du Sud, décrit par Ellis (Hist. des Corall., p. 76, pl. 26, fig. P, Q, KR), et nommé Briareum suberosum par M. Dana (op. cit., p. 643), mais qu'il ne faut pas confondre avec le Gorgonia suberosa.
Genre IIL PARAGORGIA.
Alcyonium {pars), Païlas, Elenchus zoophylorum, p. 342. —— Linné, Syst. nat., édit. 10, p. S03.
—— Esper, Pflanzenth., t. HX, p.10.
—— Lamarck, op. cil., p. 400.
Briareum (pars), Blainville, Manuel d'actin., p. 520. —— Dana, Zooph., p. 642.
Lobularia (pars), Ehrenberg, Corallenth., p. 59.
Polypiéroïde arborescent, composé d’une couche sclérenchymateuse corticale, mince et distincte, dans l'épaisseur de laquelle se trouve limitée la cavité viscérale des polypes et d’un axe fistuleux très-gros, formé d’un tissu spongieux, très-riche en spicules calcaires. Polypes réunis par groupes à l'extrémité des branches, ou sur des tubercules latéraux très-écartés entre eux et disposés irrégulièrement.
Ce genre établit le passage entre les Gorgoniens et les Alcyoniens. Il tient de ces derniers par la texture de son axe qui paraît être formé par un cœnenchyme très-développé, et non par un tissu sclérobasique, commechez les Gorgones, le Corail, etc.; mais il se rattache à ceux-ci par la conformation des polypes, dont la cavité viscérale ne se prolonge pas inférieurement dans le cœnenchyme, etse termine brusquement en forme de cul-de-sac arrondi.
PARAGORGIA ARBOREA.
Arbuscula marina coralloïdes, Clusius, Exotic., p. 119, fig.
Grandske poreus, Pontoppidan, Norges naturlige Historie, 1. I, pl. 12, fig. 4 et 5 (1752).
Lythoxylon norwegicum, Linné, Museum Tessinianum, p. 120, pl. 10 (1755).
Corallium spongiosium, Koelreuter, Zoophyti marini (Novi Commentarit Acad. Petrepol., t. VII (1758 et 1759), p. 545, pl. 15, 14, 15 et 16; bonnes figures).
Alcyonium arboreum, Linné, Syst. na!., édit. 10, t. I, p. 805 (1758). —— Pallas, Elench. z0oph., p. 547.
—— Esper, Pflans.,t, II, p. 10; Alcyon., (ab. 1, 12, 1b (bonnes figures).
GORGONIDES. 191 Alcyonium arboreum , Lamarck, Hist. des anim. sans vertèb.,t. 11, p. 400, et 2e édit., p. 606.
—— Lamouroux, Polyp. flex., p. 335.
—— Blainville, Man. d’actin., p. 522, 1834.
Lobularia arborea, Ehrenberg, Corrallenth. des rothen Meeres, p. 59 (1834). Briareum arboreum, Dana, Zooph., p. 644.
Polypiéroïde rameux ; branches presque cylindriques ou irrégulièrement comprimées dans quelques points, et noduleuses ; tubercules polypifères, fongiformes, et garnis de verrues calicifères peu saillantes. Cœnenchyme cortical piqueté et d'un jaune-orangêé. Axe sclérenchymateux blanchâtre, très-poreux et devenant assez dur dans les grosses branches.
Cette espèce est très-grande et parait devenir, parfois, lout-à-fait gigantesque.
Mers du Nord.
Genre IV. CŒLOGORGIA.
Polypiéroïde arborescent, dont l'axe est occupé par une cavité cylindrique commune, au lieu d’une tige sclérobasique, comme , si le tissu épithélique avait avorté.
CŒLOGORGIA PALMOSA.
Lobularia palmosa, Valenciennes, mss. Collection du Muséum.
Polypiéroïde arborescent, très-rameux ; branches grêles, cylindriques et garnies de longues papilles polypifères, subcylindriques et très-espacées. Diamètre de la tige, environ 5 millim., hauteur totale, environ 15 centim.
Trouvé à Zenzibar, par M. Rousseau.
Nous avons cru devoir rapporter provisoirement à la Famille des Gorgoniens, un Coralliaire fossile dendroïde, qui offre quelque analogie avec les Pterogorgia, mais qui appartenait peut-être à la classe des Bryozoaires. Il est dendroïde, et ses branches sont aplaties et garnies latéralement d’une série de tubercules calicifères, et si c’est un Gorgonien, il faut supposer que le sclérenchyme était assez calcaire pour avoir pe se fossiliser. Quoi qu'ilen soit, ce fossile a été désigné sous le nom de Websteria crisioides, et trouvé dans l'argile de Londres (Milne Edards et Ilaime, Monog. of the British fossil corals, p. 43, pl. VIL, fig. 5, 5a).
Quelques auteurs (Goldsfuss et Morren, par exemple) ont rapporté à la famille des Gorgones, divers fossiles qui, par leur aspect, ressemblent un peu aux Rhipidigorgia, maïs qui paraissent appartenir à la classe des Bryozoaires, et y sont classés par les Paléontologistes actuels sous les noms de Retepora, Fenestrella, ete. (Voyez Pictet, Traité de Paléontologie, t. IV, p. 164 et 466.)