‹ Histoire naturelle des coralliaires, ou polypes proprement dits;Chapitre 159 sur 337 · CORALLIUM RUBRUM · texte numérisé non relu

CORALLIUM RUBRUM

Corallum, Tournefort, Instit. rei herb., p. 579, pl. 339, 1700.

Corallum rubrum, J. Costa, Do universali stirpium natura, p. 83 et 300,

Corallum, 3. L. Gansius, Corallorum historia, p. 1, frontispice, 1630.

Corallina rubra, Theod. Tabernæmontanus, Icon. plant, 3e part., sect. 4, pl. 1125, 1590.

Corallium rubrum, 3. Bauhin et H. Cherler, Hist. plant. univers. t. III, p.803, Corallium, Lobel, Icon. stirps plant., t. II, pl. 251, 1591. Corallium, Cesalpin, De plantis, liv. XVI, ch. 31, p.610, 1585. Corallium rubrum, Gasp. Bauhin, in Matthioli opera omn., p. 955, 1598. Corallium rubrum majus, John Parkinson, Theatr, bot.,p. 1299, n°2 et p. 1300, n°1, 1640.

Coral rosso, Moscardo, Note overo mem. del mus., p.191 (1656).

Corail, Boccone, Rech. et observ. curieuses sur la nature du corail, in-18, 1671, fig.

Coralliun rubrum, Seba, Thesaurus, t. III, p. 210, pl. 115, fig. 1-7.

Red coral, Lieuvrenhoek, Microscop. observ. (Phil. trans., 1710, vol. XXVI, p. 126.

Corail, Marsilli, Hist. phys. de la mer, p. 108, pl. 28, fig. 128, 129, etc.

Corail, Réaumur, Observ. sur la formation du corail et autres prod. appelées plantes pierreuses (Mém. de l’Acad. des scienc., 1727, p. 269).

Corallium, Mazzuoli, Dissertatio de coralliorum analysi, natura et vero uso in medicina (Mem. sopra la fisica e storia naturali di diversi Valentuomini, t. I, p.195, Lucca, 1745).

—— Peyssonnel, Traduction d'un article, etc., sur le corail, in-12, 1756 (sans nom d’auteur) ; Phil. trans., 1753.

Corallum rubrum, Donati, Essai sur l’'hist. nat. de la mer Adriatique, p.41, pl. 16, fig. 1.

Madrepora rubra, Linné, Syst. nat., . édit. 10, p. 797.

Isis nobilis, Pallas, Elench. z00ph., À 293.

—— Maratti, De plantis zooph., p. 4 (1776).

—— Linné, Syst. nat., édit. 42, p. 1988.

—— Esper, Pflansenth., t. I, p. 49; Isis, pl. 7et 8.

Corallo rasso, Gavolini, Mem. per servire alla storia de’ polipi marini, p.32, pl: fig. 4:

Corallium rubrum, Lamarck, Hist, des anim. sans vertèb., t. II, p. 297, et 2e édit. p. 470.

GORGONIDES. 203

Corallium rubrum, Lamouroux, Hist. des polyp. fleæ., p. 456 ; Exposit. méth., p. 873 pl. 13, fig. 5 et 4; Encyclop., p. 211. — Scweigger, Handb. der naturg., p. 454.

me Cuvier, i Règne anim., t. IV, p. 80 (1817). — Eichwald, Zool. spec., t. I, p. 205.

—— Blainville, Man. d’actin., p.502, pl. 86, fig. 2. Corallium sp Delle Chiaje, Men. anim. senza verteb. di Napoli, t. III, p-2 99, pl. 35, fig. 5, et Descriz. e nomot. degli anim. inverteb., 1. Corallium nobile, Ehrenberg, Corallenth., p. 150. —— Milne Edvards, Zooph. de l’atlas du Règne anim. de Cuvier, pl. 80.

Axe sclérobasique dendroïde ; branches touffues et s’atténuant graduellement vers le bout ; surface finement striée en long ; couleur normale, d’un rouge intense, quelquefois rose ou blanchâtre.

Le Corail proprement dit, que les auteurs désignent souvent sous le nom de Corail rouge, ne se trouve que dans la Méditerranée, principalement sur la côte de l'Afrique, depuis le golfe de Tlemchen, à l’ouest, jusqu’à Biserte, dans la régence de Tunis, à l’est, ainsi que dans le voisinage de la Sardaigne et de la Corse; on en rencontre aussi autour du petit archipel de Lipari et même jusque sur quelques points du littoral de l'Italie et de Provence. De temps immémorial on le recherche pour la fabrication de bijoux et d’ornements de diverses sortes et on en fait une pêche active. Ce zoophyte vit attaché aux rochers, à des profondeurs considérables ; on ne commence à le rencontrer qu'à environ 15 ou 20 brasses, et c’est en général à des profondeurs de 30 à 60 brasses qu’on en fait la pêche. On en trouve à des profondeurs beaucoup plus considérables, et les pêcheurs d'Oran nous ont assuré qu'ils en avaient tiré d'un fond de 100 à 120 brasses; mais le travail est alors trop lent et trop fatigant pour que l’exploitation leur soit profitable. Les procédés de pêche employés aujourd’hui sont les mêmes que ceux décrits, il y a plus d’un siècle, par Marsilli et consistent dans l'emploi d’une grosse croix en bois, allourdie au milieu par des pierres et portant à l'extrémité de chaque branche un filet en forme d’épervier, dont la trame est composée de ficelle détordue, afin que les corps étrangers puissent s’y accrocher plus facilement. Cet engin esl suspendu à une corde de longueur convenable, et les pêcheurs, après l'avoir fait descéndre jusqu’au fond de la mer, le soulèvent de quelques mètres et le laissent retomber alternativement. Par ces manœuvres ils détachent des rochers sous-marins, des branches de corail mélées à beaucoup d’autres polypiers, et chaque fois que la croix retombe, les filets en épervier s’étalent et accrochent les fragments ainsi obtenus ; puis, au bout d’un certain temps, on bisse l’engin à bord et on détache les corps étrangers qui se trouvent suspendus aux mailles. Dans les localités riches, telles que les environs de Bône, un bateau monté par 9 ou 10 hommes peut en prendre jusqu’à 80 ou même 100 kilogr. en un jour; mais une récolte aussi considérable est rare, et on estime que pendant la durée de la campagne d’été (c’est-à-dire depuis le 4er avril jusqu’à la fin de septembre), il n’ ya guère plus de 100 journées de pêche productive.

D'après les documents officiels publiés par le ministère de la guerre, on voit qu’en 1852, année qui a été signalée comme étant une de celles où la pêche du corail avait été la plus active, environ 180 bateaux y étaient employés sur les divers points de la côte de l'Algérie. 156 bateaux faisaient la pêche aux environs de Bône et de la Calle et obtinrent 35,880 kilogrammes de corail qui, vendus à raison de 60 fr. le kilogramme, ont fait monter la valeur totale de la pêche à 2,152,820 francs (1).

Le travail qui a pour objet de tailler et de polir le corail, de façon à en former des ouvrages d'ornement, se fait principalement à Naples et à Livourne; on s’en occupe aussi à Marseille, mais depuis le commencement du siècle actuel cette industrie a beaucoup diminué et ne trouve guère de débouché qu’en Orient.

Jadis on pensait que le corail était mou tant qu’il restait dans l’eau de la mer et ne se durcissait que par l'exposition à l’air ; mais les observations de Marsilli, de Peyssonnet et de tous les naturalistes de nos jours qui ont eu l'occasion d'étudier ce zoophyte à l’état vivant, établissent que cela n’est pas : l'axe solide a toujours la dureté de la pierre, et c’est seulement à l'extrémité des jeunes pousses, là où le sclérobase n’est pas encore développé, que les branches sont un peu flexibles. Ce que les anciens auteurs appelaient l'écorce du corail, est la couche sclérenchymateuse dont le tissu est farci de spicules et parcouru par une multitude de petits canaux aquifères, qui débouchent au dehors par des pores (2). Ce que Marsilli et les autres ptédécesseurs de Peyssonnet désignaient sous le nom de fleurs du corail n’est autre chose que les polypes dont le mode de conformation et les propriétés physiologiques ont été mis en lumière, principalement par les travaux de ce dernier auteur, et par les recherches plus récentes de Cavolini. Enfin, le liquide qu’on fait suinter de ces zoophytes quand on ies presse, et que les anciens observateurs appelaient le lait du corail, paraît être l’eau contenue dans la cavité viscérale de ces animaux et chargée d’œufs, de semence et de maiières alimentaires. Le sclérobase se forme par couches successives à la face interne de la portion corticale ou sclérenchymateuse, et le mode de dépôt de ce tissu épithélique a été très-bien décrit par Cavolini, à qui l’on doit beaucoup d'observations curieuses à ce su-

(1) Tableau de la situation des établissements français dans l'Algérie (1850- 1852).

F moment de mettre cette feuille sous presse, nous recevons le rapport officiel pour les années 1854 ct 1855, et nous y voyons qu’en 1853 le nombre des bateaux corailleurs, en activité sur la côte d’Algérie, était de 200, et qu’en 1854 il s'élevait à 226 (Tabl. de la sit. des Etabl. franc. dans l'Algérie, pour 1854 et 1855, p. 718).

On trouve des documents statistiques sur l’état de cette pêche avant la conquête de l’Algérie par la France, dans une Note sur la péche et la fabrication du Corail, par Barbaroux de Megy, Marseille (1844).

(2) Voyez les figures anatomiques que j'ai données de ces parties, dans la grande édition du Règne animal de Cuvier (Zooph., pl. 80}.

GORGONIDES, 205

jet (1). La croissance du polypiéroïde composé et de son axe calcaire ne

se fait que tentement; Marsilli pense qu'elle est plus rapide dans les < eaux peu profondes, et qu’à 100 brasses il faut, pour arriver à une certaine hauteur, deux ou trois fois plus de temps qu’à 12 ou 15 brasses ;

maie nous doutons beaucoup de l'exactitude de ce renseignement, et

d’après les observations que nous avons pu faire sur le corail de diverses

localités, il nous a semblé que les arbuscules n’arrivaient jamais à une

taille considérable dans des eaux peu profondes.

: 2. CORALLIUM SECUNDUM.

Corallium secundum, Dana, Zooph., p. 641, pl, 60, fig. 1.

Espèce rameuse, subflabelliforme et ne portant les polypes que sur une seule face. Axe calcaire rose pâle ou blanchâtre ; sclérenchyme cortical rouge écarlate.

Iles Sandwich.

Page 1