‹ Histoire naturelle des coralliaires, ou polypes proprement dits;Chapitre 176 sur 337 · DEUXIÈME SOUS-FAMILLE. ACTININÆ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SOUS-FAMILLE. ACTININÆ

Les Actininæ forment le groupe principal ou typique, nonseulement de la famille à laquelle ces animaux appartiennent, mais aussi du sous-ordre dont ils dépendent. Ces Zoanthaires sont libres, mais ils sont pourvus d’un disque pédieux, musculaire, en général très-grand et très-distinct, qui occupe l’extrémilé inférieure de leur corps et qui leur permet d'’adhérer fortement aux corps étrangers. Leurs tentacules sont coniques, simples ei ne diffèrent entre eux que par leur grandeur. En général, les parois latérales de leur corps sont lisses; mais quelquefois, au contraire, on y remarque un grand nombre de tubercules verruciformes dont le sommet creusé en fosselte laisse suinter une matière visqueuse et agglutine les fragments de coquille ou des grains de sable dont l'animal est entouré. Parfois aussi la couche épidermique des téguments, au lieu d’être mince et flexible comme d'ordinaire, acquiert une certaine épaisseur, et, en se développant, englobe pour ainsi dire dans sa substance des grains de sable, de facon à devenir dure et rapeuse, ou même à constituer une sorte de faux polypiéroïde. La chambre gastrique est large et courte. Les lames mésentéroïdes sont très-

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serrées et en général très-nombreuses. Enfin, les organes de la généraiion sont logés comme d'ordinaire dans l'épaisseur de ces lames, et, en général, ces animaux sont hermaphrodutes, mais parfois les sexes paraissent être distincts, car chez cer-. tains individus on ne trouve que des capsules ovigères, et chez d’autres des capsules spermatiques seulement. Souvent les jeunes se développent dans la cavité gastrique de leur mère el sont expulsés par la bouche de celle-ci. Plusieurs de ces Zvophytes sont susceptibles de se multiplier par fissiparité. Enfin, il est aussi à noter que chez quelques espèces les parois latérales du corps sont perforées de façon à laisser échapper au dehors par celte voie les filaments urticaux contenant les nématocystes.

Cette sous-famille est très-nombreuse, et pour en caractériser netlement les divisions génériques, il est nécessaire de multiplier beaucoup celles-ci. Le tableau suivant donne la clef-de la classification dont nous ferons usage ici.

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ie SECTION. ACTININES VULGAIRES.

Pied‘large et adhérent; parois latérales du corps imperforées et à surface lisse.

. Genre I. ANEMONIA.

Urtica mœrina (pars), Rondelet, Gesner, Aldrovande, etc. Priapus (pars), Linné, Systema nature, édit. 10, t. I, p. 659 (1758). Aclinia (pars), Linné, Syst. nat., édit. 12, t. I, p. 1088 (1767). —— Pennant, Brit. zool., 1. IV, p. 48.

—— Ellis et Solander, Hést. of zooph., p. 11. —— Lamarck, Hist. des Anim. sans vertèb., t. I, p. 63, et 2e édit. p. 397. ; —— Cuvier, Règn. anim., t. IV, p. 51.

Anemonia, Risso, Hist. nat. de l'Europe méridionale, t. V, p. 288. (1826).

Entacmæa (pars), Ehrenberg, Corallenth., p. 35. Anthea, Johnston, Hist. of Brit. zooph., 1re édit., p. 220 (1838).

Ce genre, établi mais caractérisé d’une manière un peu vague par Risso, en 1826, ne diffère pas de celui que M. Johnston a proposé en 1838, sous le nom d’Anthea. Il se compose des Actiniens à corps lisse, à tentacules non rétractiles et à disque dépourvu de tubercules chromatophores submarginaux (calicinaux). Ils ont en général le corps très-flasque et les tentacules terminés par une petite fossette préhensile. Leur base est habituellement fixée sur les rochers ou sur les pierres.

$ À. — Tentacules très-longs.

À. ANEMONIA SULCATA.

(Planche C1, fig. 1.)

Urtica cinerea, Rondelet, Hist. des poissons, liv. XVII, chap. 45, fig. 1554.

Urtica cinerea, Gesner, De aquatilibus, p. 1241, figures d’après Rondelet, 1558.

Urtica cinerea et Urtica saxo innata, Aldrovande, Anim. eæsang. (Zooph.), p. 568, fig. d’après Rondelet, 1606.

Hydra tentaculis denudatis, Gærtner, Philos. trans., t. LIT, p. 78, rl. 4», fig. 1, A, B, 1762. (Reprod. dans l'Encyclop. méthod., pl. 73, fig. 1 et 2.)

Actinia sulcata, Pennant, Brit. 5001., p. 48, 1777.

Actinia cereus, Ellis et Solander, Hist. of z00ph., p. I, 1786.

Actinia sulcata, Lamarck, Hist. des anim. sans vertéb., ‘. III, p. 69, 1816; 2e édit, p. 109.

Anemonia edulis, Risso, Hist. nat. de l'Eur. mérid., t. V, p. 289, 1826.

Actinia crassicornis, Delle Chiaje, Descriz. e not. degli anim. invert. della Sicil. cit., t. IV, p. 195, et t. V, p. 137, pl. 152, fig. 4, 1841.

Actinia cereus, Grube, Actinien, etc., p. 11, 1810.

Actinia cereus, Rapp, Polyp. in Allgem. und Actin. insbesoud. -, p. 96, pl. 2,

Entacmæa cereus, Ehrenberg, Coral. des rothen Meeres, p. 55, 1834.

Anthea cereus, Johnston, Brit. zooph., 2 édit. p. 240, pl. 44, fig. 4, 4847. —— Hassal, Catal. of British Zooph. (Ann. of nat.hist., 1841, v. VII, p.486.)

4ctinia viridis, Hollard, Etudes sur le genre Actinie (Mag. de zool. de Guérin, 1854, n° 4, p. 25).

Tentacules très-nombreux (souvent plus de 100, quelquefois près de 200) et dépassant en longueur la largeur du corps; tantôt d’un beau vert, tantôt d’un vert olive tirant sur le brun; roses à l'extrémité. Disque brunâtre, radié de vert. Tronc d’un vert grisâtre ou brunâtre, avec des lignes verticales plus pâles, correspondantes aux loges périgastriques, mais lisse et ne présentant pas de véritables sillons, comme le nom spécifique de cet Actinien pourrait le faire supposer.

Ces Actiniens se trouvent dans la Manche, sur les côtes occidentales de l’Europe, dans la Méditerranée, et probablement aussi dans la mer Rouge. Lorsqu'ils vivent fixés aux flancs des rochers, à peu de distance au-dessous du niveau de la mer, comme cela a lieu le plus ordinairement dans la Méditerranée, ces animaux laissent pendre leurs tentacules et ne paraissent pas avoir la faculté de les étaler en manière de rayons; mais quand ils se tiennent fixés sur une base horizontale et que la mer est tranquille, ils les lécartent dans tous les sens, les contournent et les agitent sans cesse. Sur les côtes granitiques ou schisteuses de la Manche, la variété à tentacules d'un vert émeraude est plus commune que dans la Méditerranée. D’après Gærtner, il y aurait aussi une variété à tentacules d'un brun-rouge.

L'ANEMONIA vaGans de Risso (loc. cit., p. 288) parait être le jeune âge de la variété olivâtre de l’A. sulcata, dont les téguments sont trèspâles et translucides.

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