DEUXIÈME SOUS-ORDRE
IOANTHAIRES SCLÉROBASIQUES
ou
ANTIPATHAIRES.
(ANTIPATHARIA.)
Ce groupe de Zoanthaires correspond à la famille des Gorgonides dans l’ordre des Alcyonaires, et a été, jusqu’en ces derniers temps, confondu avec ces Coralliaires, Les Antipathaires ressemblent, en effet, aux Gorgones par l'existence d’une tige centrale ou axe sclérobasique, fixé à la base de sustentation et se ramifiant en général comme un arbuscule. Si on ne connaissait pas la structure des polypes qui occupent l'écorce du cœnenchyme tégumentaire de ces polypiéroïdes, on serait donc fondé à les rapprocher des Alcyonaires sclérobasiques, mais on sait, par les observations d’Ellis (!), de M. Gray (?), et surtout par celles de M. Dana, qu'ils sont organisés d’après le type actinien (*), et par conséquent il à fallu les en séparer.
En effet, ces polypes ont la bouche entourée d’une couronne de six tentacules simples, tandis que chez les Alcyonaires, comme nous l'avons déjà vu, ces appendices sont toujours bipinnés et au nombre de huit. Jusqu'ici on n’a pas étudié l’anaiomie de ces animaux, et on ignore la disposition des lamelles mésentéroïdes et des organes générateurs; mais d’après tout
(1) Ellis, Hist. of zoophutes, pl. 19, fig. 4. (2) Gray, on Antipathes (Proceedings of the Commitee of science of the 300logicæ society of London), 1832, part. 2, p. 41.
(3) Dana, Exploring expedition. Zoophytes, p. 574.
ce que nous savons de leur structure, nous n’hésitons pas à adopter l'opinion de M. Dana, relativement à leurs affinités zoologiques, et à les ranger par conséquent dans l’ordre des Loanthaires.
Dans une publication précédente nous avions réuni les Antipathaires et les Madréporaires dans un seul sous-ordre, mais après un plus ample examen de la question, nous avons pensé qu'il serait préférable de les en séparer et d’en former un groupe intermédiaire aux Zoanthaires Malacodermés et aux Zoanthaires Sclérodermes, division que l’on pourrait désigner sous le nom de Zoanthœres Sclérobasiques.
L’axe: solide qui occupe l’intérieur de ces polypiéroïdes offre la plus grande ressemblance avec celle des Gorgones, et se constitue évidemment de la même manière, mais il est d’un tissu plus dense, plus dur, et sa surface est souvent hérissée de petits prolongements spiniformes, caractère qui peut servir parfois à le faire reconnaître, mais qui n’a pas la généralité que quelques auteurs y attribuent. Enfin, les couches concentriques dont il se compose sont presque toujours plus distinctes entre elles que chez les Gorgoniens.
Il est aussi à noter que le cœnenchyme cortical des Antipalhes est en général très-friable, et se détache si facilement, que presque toujours on ne voit dans les collections zoologiques que le sclérobase dénudé. Enfin, dans les espèces, encore en petit nombre, où l’on à pu examiner la nature chimique du cœnenchyme, M. Haime y a constaté l'existence de filaments siliceux. Ses observalions à ce sujet portent principalement sur l’Antipathes glaberrima, que quelques naturalistes rangent dans le genre Leopathes, et sur une espèce indéterminée de la même famille (1).
Dans l’état actuel de la science, il serait très-difficile d’établir, avec quelque certitude, des genres naturels dans le sousordre des Antipathaires; mais afin de faciliter la détermination des espèces et de fixer l'attention des observations sur les mo-
(1) 3. Haime, Note sur le polypiéroïde d’un Leiopathes glaberrima (Ann. des Scien. nat. 1849, 3e série, t. 12, p. 224).
ANTIPATHAIRES. 313 dificalions de struclure qui s’y rencontrent, nous avons cru de-
voir les répartir en groupes reconnaissables aux caractères in. diqués dans le tableau suivant.
{simple et en forme de baguette indivise. . . . .. CIRRHIPATHES. LUE APR SNEN EN SR ANTIPATHES.
rue cératoïde:| polie. EU detouffe. ARACHNOPATHES. THIENS surface |Ramuscu- Le eh ayant des gros les 1SpOSEs £ rameux et en forme l'axe sclé-|., : ses bran- F Tue d’un tissu ches d’évenq tail. . . RHIPIDIPATHES.
chagrinée; cœnenchyme conte-)p = OpATHES nant des filaments de silice. L \ « \ mitreux. 20 CO TS TRE AE MERE HYALOPATHES.
Genre I. CIRRHIPATHES.
Antipathes (pars), Pallas, Elench. zooph., p. 205. —— Ellis et Solander, Nat. hist, of zooph., p. 97. —— Esper, Pflanzenth., t. IX, p.133.
—— Lamarck, Hist. des anim. sans vertèb., t. XE, p. 303. —— Cuvier, Règne anim., t. IV, p. 309.
—— Lamouroux, Polyp. flex., p.366.
Cirripathes, Blainville, Manuel d’actin., p. 511. Antipathes, Dana, Zooph., p. 574. ° —— Milne Edwards er Haime, Déstrib. méthod. (op. cêt. p. 176).
Axe sclérobasique formant une tige simple, sans branches ni ramuscules. ‘
Ce genre, établi par Blainville d’après ce qu’'Ellis avait dit de la forme des polypes, ne parait différer des Antipathes proprement dits, que par la forme générale du polypier et représente dans cette famille le genre Juncella de la famille des Gorgonides parmi les Alcyonaires.