Cénobite épineuse. — Cenobila spinosa
Région stomacale très-bombée ; bord latéral des régions branchiales convexe antérieurement , mais fort peu saillant postérieurement. Pédoncules oculaires moins d'une fois et demie aussi loncrs que hauts, très-comprimés ; cornée transparente fort petite ; écailles basilaires assez grandes et pointues. Pâtes couvertes de petites crêtes dentelées, transversales vers leur base, et de petites épines courtes, dont le nombre et la longueur augmentent vers l'extrémité de ces membres; grosse main médiocrement bombée. Tarses très-alonçés et presque cylindriques. Longueur, environ 4 pouces. Couleur, brun-rouge très-intense.
Habite les mers d'Asie. (G. M.)
(y. Cénobite perlée. — Cenobita perlata.
Région stomacale peu bombée et verruqueuse ; bords latéraux des régions branchiales saillans ( mais beaucoup moins que chez le C. comprimé), et un peu concaves antérieurement. Pédoncules oculaires à peu près comme dans l'espèce précédente. Paies des trois premières paires couvertes de petits tubercules perlés et presque dénués de poils. Tarses très-courts, presque triangulaires et à peine épineux.
Habite la mer du Sud. (CM.)
Genre CANCELLE. — Cancellus (i).
Cotte petite division générique ne s'éloigne que fort peu des Pagures proprement dits , et ne nous est encore qu'imparfaitement connue , car nous n'avons pas observé la femelle de l'unique espèce d'après laquelle nous l'établissons, mais les particularités d'organisation que nous a offertes le maie, ne nous ont pas permis de rapporter ce Crustacé à
(i) Edw. Ami. des se. nat,
aucun des genres déjà établis. L'abdomen , au lieu d'être contourné sur lui-même , et de se terminer par une espèce de queue difforme, est parfaitement symétrique; les appendices du pénultième anneau abdominal ont la même forme que chez les Pagures, mais sont semblables des deux côtés, et il n'existe, du reste, aucun autre appendice adhérant à l'abdomen entre ce segment et le thorax.
Cancelle type. — C. typus(i).
Dent rostriforme, large , triangulaire, mais peu saillante ; front profondément échancré de chaque côté de sa base. Portion antérieure de la carapace bombée et sans sillons notables. Pédoncules oculaires grêles , dépassant le pédoncule des antennes externes dans près de la moitié de leur longueur , mais cependant plus courts que le bord antérieur de la carapace ; cornée transparente trèspetite et sans échancrure à son bord supérieur. Antennes externes extrêmement courtes , guère plus de deux fois aussi longues que les pédoncules oculaires. Pâtes antérieures égales , et déprimées supérieurement ; une crête dentelée sur le bord supérieur de la main, qui se réunit à mie élévation longitudinale arrondie de la face externe de la main, de façon à former sur le carpe une pyramide à trois faces ; face externe de la main un peu verruqueuse ; pinces très-courtes. Pâtes de la seconde paii/e beaucoup plus grosses et plus longues que celles de la troisième paire , et garnies d'une crête qui s'étend du milieu du troisième article jusqu'à leur extrémité , en décrivant une courbure régulière dont la convexité est en dehors; l'extrémité supérieure de cette crête s'élève comme celle des pâtes antérieures, en pyramide, et correspond exactement à l'extrémité des pédoncules oculaires , lorsque les pâtes sont dirigées en avant. Tarses très-courts et assez gros. Pâtes de la troisième paire très-comprimées. Article basilaire des pâtes postérieures grand et squammiforme. Abdomen du mâle court , large ,
(i Edw. Ann. des se oat. 2e. série, Zool. t. VI, PI. 14, fig. 3.
garni en dessus de lames transversales très-étroites qui ne portent pas d'appendices , et terminé par une paire d'appendices conformées comme chez les autres Paguriens , mais symétriques, et par une lame médiane également symétrique.
Le Pagure canaligllé figuré par Herbst (i) paraît être très- voisin de cette espèce.
Genre BIRGUS. — Birgus (2).
Les Birgus semblent établir le passage entre les Pagures ( ou plutôt les Cénobites ) et les Lithodes. Leur carapace, terminée antérieurement par un rostre horizontal et saillant, est divisée en deux portions , comme chez les Cénobites ; la portion antérieure formée par la région stomacale est étroite, mais la postérieure est très-large et ovalaire, les régions branchiales étant très-développées , et formant de chaque côté une espèce de bouclier semi-circulaire qui s'avance au-dessus de la base des pâtes. Les pédoncules oculaires sont gros , arrondis et de longueur médiocre. Les antennes internes ont la même conformation que chez les Cénobites , si ce n'est que leur article basilaire est encore plus alongé. La disposition des antennes externes et des pates-mâchoircs externes est aussi tout-à-fait la même que chez ces derniers Paguriens. Les pâtes antérieures sont grosses , arrondies et de longueur médiocre ; celles des deux paires suivantes sont terminées par un gros article cylindrique , et celles de la quatrième paire , plus courtes que les précédentes, mais pas relevées au-dessus d'elles, sont pourvues d'une main chéliforme, dont les deux doigts sont longs
(O Cancer canaliculatus , Herbst , PI. 60 , fig. 6. — Olivier, Encyclop. t. VIII, p. 647.
(2) Cancer, Pmmph, Linné, Herbst, etc. — Pogurus, Fabricius, Latreille, Olivier, Lamarck , etc. — Birgus, Leach , Latreille, 0 es mares t.
et cylindriques ; enfin, les pâtes postérieures, très-courtes et cylindriques, sont relevées sous les parties latérales de la carapace , et terminées par une pince rudimentaire trèsobtuse. L'abdomen est très-large, et recouvert en dessus par une petite bande cornée suivie de quatre grandes plaques cornéo-calcaires qui en occupent toute la largeur, et chevauchent les unes sur les autres , comme chez les Macroures. De chaque côté de ces grands segmens on voit une ou deux petites pièces cornées qui semblent être la représentation de la pièce épimérienne des quatre anneaux abdominaux correspondans. Chez la femelle les trois premiers de ces segmens , c'est-à-dire les deuxième , troisième et quatrième an-» neaux, portent chacun au côté gauche une grande fausse pâte formée par une petite pièce basilaire et deux grands appendices étroits et ciliés ; du côté droit ces membres manquent, et chez le mâle on n'en voit aucune trace. Toute la face inférieure de l'abdomen est membraneuse , seulement, vers sa partie postérieure , on voit une petite plaque quadrilatère qui donne attache à une seconde plaque saillante , et porte de chaque côté une fausse pâte abdominale rudimentaire , composée d'une pièce basilaire , et de deux tubercules mobiles qui rappellent la disposition des appendices du sixième anneau abdominal des Pagures , mais qui est symétrique des deux côtés du corps. Enfin, la plaque terminale dont nous venons de parler est arrondie au bout ; il recouvre l'anus , et représente le septième anneau abdominal.
L'appareil respiratoire des Birgus présente des particularités de structure très-remarquables. Les branchies sont au nombre de quatorze de chaque côté du corps, et sont fixées par un pédoncule situé vers le milieu de leur face interne. La cavité respiratoire est très-grande , et les branchies n'en remplissent pas la dixième partie ; sa voûte est tapissée inférieurement par une membrane mince et épidermique ; mais bientôt celle-ci disparaît et laisse à nu le derme qui se con tinue avec la membrane dont la carapace est tapissée , et qui est couverte d'une multitude de végétations vasculaires.
Bikgls LiRRON. — Birgus lutro (i).
Rostre simple et à peu près de la longueur des pédoncules oculaires. Carapace marquée d'un assez grand nombre de petites crêtes , précédées d'une dépression, placées transversalement , et garnies chacune d'une rangée de poils très-courts. Pâtes garnies de lignes semblables, si ce n'est que souvent , au lieu de poils, elles portent des épines. Pinces et tarses armés d'un grand nombre d'épines courtes, d'apparence cornée. Couleur, rcuge lacqueux mêlé de jaune. Longueur de la carapace, environ 6 pouces.
Habite les mers d'Asie. ( C. M. )
Le Birgus a large queue (2), de Latreille , ne paraît être que le jeune de l'espèce précédente.
TRIBU DES PORGELLANIENS.
Cette petite tribu se compose principalement de Crustacés qui ont tout-à-fait le port des Brachyures, mais qui se distinguent de tous les Décapodes dont nous avons parlé jusqu'ici par leur nageoire caudale, en éventai], pi us ou moins semblable à celle des Macroures. Nous neconnaissons qu'un seul pjenre ayant ce mode de conformation, celui des Porcellanes; niais nous avons
(1) Cancer cremeu talus , Kumpli , Mus. PI. 4- — Seba , t. III , PI 21, fit:. I et 2. — Cancer îastacus) latro, Herbst , t. II, p. 34, PI. 2/}. — Pagurus latro, Fapricius, Suppl. p. Ail. — Dose, t. II, p ;6. — Latreille, Hist. nat. des Cr'ust. t. VI, p. ifrj- — Olivier, Lncyc t. VIT . p. 689, atlas, PI. 282. — Lamarck, Hist. des anim. s . i ; : s vert. t. V, p 221. — Bir^i.s lutro, Leacii. Trans. of the Linn. Soc. vol. XL — Elesmarest ,Ç)qqsjçj sur lesCrust. p.iSo, PL 3o, fig. 3. — Ouoy et Gaimard, Voyage de TUranie, PL 80.
(2) Bhgus lut.cnuda , Latreille, Règne anim. de Cuvier, 2°. éd. t. IV, PL 12 , lig. 1. — DeMu. Gbnsid. p- 180.
DES CRUSTACKS. r±\~
cru devoir ranger dans la même division les iEidées , qui établissent le passage entre ces Crustacés et les Galathées, et qui jusqu'ici ont été rapprochés de ces dernières, ainsi que les Mégalo ps, qui, du reste, ne sont peut-être que des jeunes de quelque genre de la famille précédente, dont le développement n'est pas terminé. Pour distinguer entre eux ces trois genres, il suffit de se rappeler que , chez les Porcellaues et les JEglées, les pattes de la cinquième paire sont filiformes et reployées au-dessus des autres, tandis nue chez les Mégalops elles sont conformées comme cellesci , et que les iEglées ont le corps aîongé et l'abdomen très-cros , tandis que les porcellaues ont le corps a peu près circulaire et l'abdomen fort mince
Provisoirement nous rangeons encore dans cette tribu les Monolépis de M. Say, que nous n'avons pas eu l'occasion d observer , mais que nous croyons devoir considérer comme de jeunes crustacés, dont les vrais caractères ne sont pas connus.
Genre PORCELLANE. — Porcellaua (1).
Le genre Porcellane, établi par Lamarck, a été divisé par M. Leach, mais sans raison suffisante, en deux groupes, dont l'un conserve son nom primitif, et l'autre a reçu le nom de Pisidie. M. Desmarest, tout en adoptant cette classification, a cependant fait voir qu'elle reposait sur des caractères inexacts , et ne devait pas être conservée ; aussi est-elle aujourd'hui abandonnée.
Les Porcellaues, comme nous l'avons déjà dit, ressem-
(i) Cancer, Pennant , Herbst , etc. — Poreellana, La tnarck, Syst. des anim. sans vert. p. i53. — Latreille , Leach, Desmarest, etc.
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blent beaucoup , par leur forme générale, aux Brachyures (PI. 22, fig. 5). Leur carapace est ordinairement aussi large que longue , sub-orbiculaire et déprimée en dessus. Le front s'avance au-dessus de l'insertion des antennes internes, et peut même les recouvrir complètement lorsqu'elles se reploient, sans qu'il y ait cependant de fossettes antennaires. hcsyeujc sont petits et logés dans une sorte d'orbite dont la paroi supérieure est bien formée , mais dont les limites ne sont déterminées en dedans et en dehors que par les antennes, et dont le bord inférieur est très-court et à peine saillant ; ce dernier bord se prolonge au dehors , et il existe entre l'espèce de crête ainsi formée et le bord de la carapace , un sillon profond, d'où naît Y antenne externe) ces appendices s'insèrent , par conséquent , en dehors des yeux ; leur portion basilaire se compose de trois articles cylindriques , dont le deuxième est le plus grand , et leur tigelle terminale est très-longue. Le cadre buccal est quadrilatère, mais beaucoup trop petit pour recevoir les pates-mdchoires externes, qui , en se reployant , viennent s'appliquer contre le bord inférieur du front. Ces derniers appendices sont très-grands ( fig. 6 ) ; leur deuxième article présente du coté interne une Grande dilatation lamelleuse à bords arrondis , et son ansle antérieur et externe se prolonge de manière à former une dent plus ou moins grosse ; le troisième article est beaucoup plus petit, et à peu près triangulaire; les suivans diminuent successivement de grandeur , et sont garnis en dedans de poils très-longs; enfin il existe, comme d'ordinaire, une tige externe ou palpe, terminée par un petit filet multi-articulé , mais il n'y a pas de fouet. Le plastron sternal est très-large et presque circulaire. Les pâtes antérieures sont très-grandes et plus ou moins aplaties; le bras est très-court , et ne dépasse que de peu la carapace ; mais le carpe est très-long , et. présente en général un prolongement lamelleux qui s'avance au-dessus du bord supérieur de la main lorsque celleci se reploie. Les pinces sont fortes et peu ou point dentées. Les pâtes des trois paires suivantes sont à peu près cylindri-
ques, et terminées par un tarse conique; enfin , celles de la dernière sont très-grêles , reployées au-tlessus de la base des autres et terminées par une petite pince didactyle. U abdomen (fig. 7) est large, mais lamelleux , et reployé en dessous contre le sternum; il se compose de sept anneaux distincts, et se termine par une grande nageoire à cinq lames en éventail , formée par le dernier segment et par les appendices de l'anneau précédent ; la pièce basilaire de ces appendices est très-courte, et porte deux grandes lames ovalaires à peu près de même grandeur, ciliées sur les bords et divisées en arrière. La pièce médiane de cette nageoire ne dépasse pas les appendices latéraux , et présente des sillons qui semblent indiquer qu'elle est formée par la soudure du septième anneau de l'abdomen , avec une paire d'appendices lamelleux appartenant à ce même segment. Le dessous de l'abdomen est plus ou moins membraneux, et présente chez le mâle une seule paire d'appendices fixés au deuxième anneau , et composés chacun d'une petite tige cylindrique terminée par une lamelle ovalaire. Chez la femelle on y trouve deux ou trois paires de fausses pâtes oviferes fixées aux deux ou trois anneaux qui précèdent le pénultième , et composées chacune d'une tige multi-articulée. Enfin , les branchies sont au nombre de quatorze de chaque côté , et sont disposées par faisceaux de deux au-dessus de la pate-mâchoire externe et de la pâte antérieure, et de trois au-dessus des pâtes des trois paires suivantes ; il n'y en a qu'une seule au-dessus de la pâte postérieure.
Ces Crustacés sont assez communs sur nos cotes ; on les trouve d'ordinaire sous les pierres.
§ A. Espèces dont le front est entier et ne présente pas de dents latérales.
a. Front triangulaire.