Ibacus de PâRRà. — /. Parrœ
Espèce extrêmement voisine de la précédente , mais qui s'en distingue par Y absence de l 'épine située à la base des pâtes postérieures et du sillon du troisième article des pâtes ; les tarses sont aussi beaucoup moins alongés , et la carapace moins poilue. Même taille que la précédente.
Habite les Antilles. (CM.)
fig. 3. — Cancer ursus major, Herbst, t. II, p. 82, PI. 3o, fig. 2.— Scyllarus antarticus, Fabr. Suppl. p 399. — Latreille, Hist. nat. des Crust. t. VI , p. 181. — Lamarck, Hist. des anira, sans vert. t. V, p. 212.
(1) Langostino, Parra , Descrip. de differ. piezas de Hist. nat. PI. 54, fig. 2.
DES CRUSTACÉS. s8q
M. Desmarest a décrit , sous le nom de Scyllare de Mantell (i) , un Crustacé fossile dont on ne connaît pas les antennes ; mais dont l'organisation de la carapace et de la base des pâtes offre une ressemblance frappante avec celle des Scyllariens vivans. Jusqu'ici on n'en a pas publié de figure , et on ne le connaît que parla description suivante : « La carapace est grossièrement chagrinée , et ses régions bien marquées ; deux sillons obliques très-enfoncés viennent de chaque côté , depuis l'angle antérieur latéral , où se voit la fossette de l'œil, jusque vers le milieu du test. La région cordiale lui est liée en arrière, et fait une saillie remarquable. Une profonde excavation sépare de chaque coté ces régions de la branchiale. Les bords latéraux paraissent irrégulièrement rugueux. » Ce fossile a été trouvé sur les côtes d'Angleterre ; mai s on ignore le terrain d'où il provient.
TRIBU DES LANGOUSTIENS.
Cette tribu, caractérisée par l'existence d'antennes de forme ordinaire, et l'absence de pinces didacLyles, ne se compose que d'un seul genre.
Genre LANGOUSTE. — Palinurus(ï).
Les Langoustes ont le corps presque cylindrique. Leur carapace (PI. 23, fîg. 1 ) est presque droite d'avant en arrière, très-convexe transversalement, et présente vers le tiers antérieur un sillon transversal profond, qui de chaque côté se dirige en avant et sépare la région stomacale des régions cordiales et des branchiales , les seules que l'on puisse bien distinguer. Le bord antérieur de la carapace est armé de deux grosses cornes qui s'avancent au-dessus des yeux et de la base des antennes; on remarque aussi de chaque côté, au-dessous
(i) Scyllarus Mantelli , Desmarest, Ciusticés fossiles, p. i3o. (2)iFabricius, LaUeille, Lamarck, Leach, Desmarest, etc.
des yeux et près de la base des antennes externes , une dent plus ou moins forte, et presque toujours il existe aussi un grand nombre d'autres épines disposées sur la surface de ce bouclier céphalo-thoracique. L'anneau ophthalmique est libre et à découvert ; les yeux sont gros , courts et arrondis. L'anneau antennulaire est très-développé et s'avance entre les antennes externes , au-dessous et en avant de l'anneau ophthalmique ; tantôt il est triangulaire et beaucoup plus long que large, d'autres fois presque carré. Les antennes internes , qui naissent de la partie inférieure de son bord antérieur, sont très-longues; leur premier article est toutà-fait cylindrique , comme les deux suivans ; enfin elles se terminent par deux filets multi-articulés, dont la longueur varie. Les antennes externes sont très-grosses et très-longues ; l'article basilaire , dans lequel est logé l'appareil auditif, est très-grand, et se soude à son congénère de manière à former au devant de la bouche un épistome très-grand ; les trois articles suivans sont gros, mobiles et épineux; ils constituent la portion basilaire de l'antenne , et sont suivis par une tige multi-articulée très-grosse et très-longue. Lespatesmdchoircs externes sont petites et pédiformes ; leur bord intérieur n'est que peu ou point denté, très-obtus et garni de faisceaux de poils; leur palpe est fort petit, ou manque même complètement ; mais ils donnent insertion à un grand article flabelliforme. Les pates-mâchoires de la seconde paire sont petites , et varient quant à la forme de leur palpe ; celles de la première paire portent un palpe très-grand , qui complète en avant le canal branchial efférent , et se termine tantôt par un appendice styliforme, tantôt par une lame ovalaire en forme de spatule. Les mandibules sont très-grosses et garnies d'un bord tranchant ; leur tige palpiforme est très-grêle. Le plastron sternal (PI. 23, fig. 2, G) estgrand, et se compose de cinq segmens soudés entre eux ; il est très-étroit entre les pâtes de la première paire , mais s'élargit d'avant en arrière, et présente au niveau des pâtes de l'avant-dernière paire une largeur très-considérable. Les pâtes sont toutes monodac-
tyles; celles de la première paire, en général plus courtes , et un peu plus grosses que les autres, se terminent par un doigt gros et court, qui n'est que fort peu mobile ; quelquefois on voit au-dessous de sa base une épine , qui est un vestige de pouce ; mais ces organes ne sont jamais même subchéliformes. Les pâtes de la troisième paire sont en général les plus longues. ]J abdomen est très-gros et très-long ; son premier anneau ne porte pas d'appendices, mais les quatre suivans donnent insertion chacun à une paire de fausses pâtes, composées, chez le mâle , d'un petit article basilaire et d'une grande lame terminale ovalaire , tandis que chez la femelle il existe deux lames semblables , ou bien une seule lame et une tigelle bi-articulée et garnie de poils. La nageoire caudale , formée par le septième anneau de l'abdomen et par les appendices de l'anneau précédent, est très-grande, et chacune des lames dont elle se compose reste flexible et semi-cornée dans les deux tiers postérieurs , tandis qu'en avant elle est crustacée comme le reste du squelette tégumentaire.
Les branchies sont composées de fllamens cylindriques , courts et serrés en manière de brosse. On en compte dixhuit de chaque côté, savoir : deux au-dessus de la seconde pate-mâchoire, trois au-dessus de la pate-mâchoire externe, trois au-dessus de la pâte antérieure , quatre au-dessus de chacune des trois pâtes suivantes , et une au-dessus de la cinquième pâte. Un large appendice flabelliforme s'élève entre chacun de ces faisceaux de branchies.
Ce genre se compose de Crustacés de grande taille , qui sont remarquables par la dureté de leur test, et qui sont répandus dans toutes les mers. Us habitent principalement les côtes rocailleuses , et ils se divisent en deux groupes naturels, dont on pourrait former des divisions génériques , savoir :
1°. Les Langoustes ordinaires, qui se reconnaissent facilement à l'existence d'une petite dent rostrale médiane sur le bord frontal de la carapace et à plusieurs autres caractères;
2°. Les Langoustes longicomes , qui ne présentent pas de dent médiane semblable , et qui sont remarquables par la longueur des filets terminaux des antennes internes.
SoUS-GENRE DES LANGOUSTES ORDINAIRES.
Les Langoustes ordinaires présentent sur le milieu du front une petite dent rostriforme plus ou moins saillante ; l'anneau antennulaire est très-étroit, de façon que les antennes externes se touchent presqu'à leur base , et recouvrent les antennes internes ; enfin celles-ci se terminent par deux tigelles multi-articulées très-courtes.
i. Langouste commune. — P. vulgaris (i).
Cornes latérales du front lisses en dessus et armées en dessous de ■plusieurs dentelures aiguës; carapace extrêmement épineuse; les dents sous-orbitaires du bord de la carapace très-grandes. Abdomen presque entièrement lisse , et présentant sur les quatre an-
Ci) Kstpat'^eç, Aristote. — Locusta , Suétone (voyez Cuvier, Dissertation critique sur les espèces d Ecrevisses connues des anciens).
— Locusta (Beion, Poissons, p 354 et 3j6' %• 1~~ Rondelet, Poissons , t. II, p. 385. — Aldrovande, De Cru t. p. 102. — Astacus etephas? Fabricius, Entorn. syst. t. Il, p 4/9* — Herbst, t. II, PI. — Cancer homarus , Pendant, FJrit , Zool. t. IV, Pi. il , fig. 22. — Astacus homarus , Olivier , Encycl. métliod. t. VI , p. 3/}3 — Pulinurus quadricomis, Fabr. Suppl p. 401- ~~ Latreiile, Hist. des Crust. t. VI , p. 193, Fi. 52, fig. 3 (sous le nom de Langouste ordinaire ). — Pulinurus Locusta, Olivier, Encyc. t. VIII, p. 672. — Palinurus vulgaris , Latr. Annales du Muséum, t. III, p. 391; et Règne anim. de Cuvier, t. IV, p. 8. — Lamarck, Hist. désunira, sans vert. t. V, p. 220. — Leacli , Malac. Pod. Brit. PI. 3o. — Desmarets , Consid. sur les Crust. p. i85, PI. 2, fig. i.
— Risso, Crustacés de Nice, p 64. et Hist. nat. de 1 Europe méridionale, t. V, p. 45- ■— Edwards, Atlas du Règn. anim. de L,uvier, Crust. PI. 40, fig. 1.
Cette espèce a été confondue par Linné et plusieurs autres naturalistes avec le Palinurus guttatus. Fabricius nous parait aussi l'avoir confondue avec le P. longimanus, du isuoins quant à l'habitat.
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neaux qui suivent le premier, un sillon transversal profond et piîifère, interrompu sur la ligne médiane; les cornes latérales formées par les angles de ces anneaux , armées sur leur bord postérieur de trois ou quatre dents situées près de leur base ; les deux derniers anneaux de l'abdomen épineux. Antennes internes tres-gréles et de longueur médiocre. Pâtes antérieures courtes et armées d'une dent à l'extrémité du bord inférieur du pénultième article. Un vestige de doigt immobile aux pates postérieures chez la femelle. Fausses pates abdominales de la première paire portant, chez la femelle, deux grandes lames ovalaires, tandis que les suivantes ne présentent qu'une seule de ces lames et un appendice grêle et bi-articulé.
Cette espèce est commune sur les parties rocailleuses de nos côtes méridionales et occidentales , et sa chair est très-estimée ; elle atteint jusqu'à 18 pouces de long, et pèse quelquefois 12 ou 1 5 livres; sa couleur ordinaire est brune-violacée, tachetée de jaune ; mais il paraît qu'elle prend quelquefois une teinte verdâtre. (C. M.)
Le Palinurus Rissonii de M. Desmarest (1) , rapporté à tort par M. Risso au Palinurus fasciatus , est de couleur verte , avec des taches blanches et rougeâtres sur la carapace , et des lignes blanches sur l'abdomen. Dans son dernier ouvrage , M. Risso considère ce Grustacé comme une simple variété de la Langouste commune (2).