‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux (volume 2)Chapitre 17 sur 289 · Myctire longicarpe. — M. longicarpis · texte numérisé non relu

Myctire longicarpe. — M. longicarpis

Carapace lisse et divisée par des sillons en trois portions longitudinales ; une petite épine à l'endroit où se trouve ordinairement l'angle orbitaire externe ; bord postérieur de la carapace très-saillant et garni de poils. Bras courbés et armés en dessous

(1) Latr. Encyc. atlas , PI. 297, fig. 3. — Desmarest, op. cit. p. 11, fig. 2. — Guérin, Iconogr. Crust. PI. 4» %• 4*

de dents ^piniformes ; carpe très-grand ; doigts longs et courbes. Longueur, environ i pouce.

Habite l'Australasie. (G. M.)

Genre DOTO. — Doto (i).

Ce n'est pas sans quelque incertitude que je place ici un petit Crustacé très-remarquable que M. Savigny a figuré dans le grand ouvrage sur l'Egypte, et que M. Audouin a rapporté au genre Myctire. Il se rapproche beaucoup des Ocypodes par la forme générale du corps , par celle des pâtes, et par la disposition du front , des antennes et des yeux ; mais il se distingue de tous les Catomètopes précédens par la conformation des pates-mâchoires externes et la forme du cadre buccal ; celui-ci, très-large en arrière, est étroit en avant; le troisième article des pâtes -mâchoires externes est beaucoup plus grand que le second , et cache presque entièrement les articles suivans , dont le premier s'insère à son angle antérieur et externe. Enfin le palpe , placé au côté extérieur de ces organes , ressemble assez à celui des Ocypodes , car il ne porte pas à son extrémité , comme la plupart des Brachyures , un filet multi-articulé. A raison de l'organisation de l'appareil buccal , ce Crustacé établit , comme on le voit , le passage entre les Ocypodes et les Pinnothériens.

Nous ne connaissons encore qu'une espèce de ce genre, et cela seulement d'après les figures que M. Savigny en a publiées.

i. Doto sillonné. — D. sulcatus (2).

Carapace presque carrée , et sillonnée en dessus ; le bord

(1) Cancer, Eorskœl. — Myctiris , Aud. Egypte. — Forskalia , Edw. Coll. duMuséum. — Doto, Dehaan, Fauna Japonica. ire. livr.

(2) Cancer sulcatus, Forskael, Descriptiones animalium qua in itihere Orientalis observavit, p. 92. — Savigny, Egypte, Crustacés, PI. i, fig- 3. — Myctiris sulcatus , Audouin, Explication des planches de l'Egypte. — Guérin, Iconogv. Crust. PI. IV, lig. 4-

DES CRUSTACES. 3q

fronto-orbitaire occupant presque toute sa largeur. Régions ptérygostomiennes et pâtes -mâchoires externes également sillonnées. Pâtes assez longues et un peu comprimées. Longueur, environ 6 lignes.

Habite la mer Rouge.

TRIBU DES OGYPODIENS.

Les Ocypodiens ont toujours la carapace rhomboïdale, ou trapézoïde, très-élevée en avant et déprimée en arrière (PL i8,fig. 10 et 19, fig. i3); le bord frontoorbitaire en occupe toute la largeur, et \efro[it, qui est lamelieux et qui se reploie en bas jusqu'à l'épistome, est extrêmement étroit; sa largeur n'égale pas le tiers de la longueur des yeux , ni la moitié de la largeur du cadre buccal, bien que celui-ci soit lui-même très-étroit (PL i8, fig. 1 1, et PL 19, fig. i4). Les yeux sont fort longs , et la cornée est en général très-grande. L'article basilaire des -antennes internes estovalaire, assez gros, et placé verticalement dans l'angle intérieur de l'orbite ; la tige mobile de ces appendices est extrêmement petite et cachée sous le front; enfin, les deux filets qui la terminent sont très-courts, gros et à peine annelés , disposition qui ne s'est rencontrée dans aucun des Crustacés dont nous ayons déjà traité, si ce n'est dans les Dotos. Les antennes externes sont rudimentaires, et situées, comme d ordinaire, dans un hiatus de l'angle interne de l'orbite ; leur premier article est moins grand que le second, et le troisième n'arrive pas jusqu'au niveau du bord antérieur de l'article basilaire de l'antenne inLerne. \Jépistome se continue avec le bord inférieur de l'orbite, et le cadre buccal

est notablement plus étroit en avant qu'en arrière. Enfin, les pâtes -mâchoires externes ferment complètement la bouche; le bord intérieur de leur portion lamelleuse est droit ; leur troisième article est trèsallongé , et leur quatrième article s'insère à l'angle externe du précédent. Le plastron sternal a la forme d'un trapézoïde dont la base serait dirigée en arrière ; il est fortement courbé clans le sens de sa longueur et livre passage aux organes mâles à une distance considérable de son bord extérieur. Les pâtes antérieures sont en général comprimées et de grandeur très-inégale; les suivantes sont toujours trèslongues et ne présentent pas entre elles une très-grande différence ; l'article qui les termine est souvent déprimé , mais n'a jamais la forme d'une rame natatoire. Enfin Y abdomen, qui se compose ordinairement de sept articles distincts dans les deux sexes, est très-étroit; en général il ne recouvre pas plus du tiers de la largeur de la portion postérieure du plastron sternal du mâle , et chez la femelle même il laisse presque toujours à découvert la partie de ce plastron qui avoisine la base de toutes les pâtes. Il est aussi à noter que dans la plupart des cas, sinon toujours, il n'existe de chaque côté du thorax que sept branchies, dont cinq seulement couchées sur la voûte des flancs, et deux réduites à l'état de. vestiges et fixées aux patesmâchoires.

La plupart des Ocypodiens vivent presque toujours sur la plage et s'y creusent des terriers ; ils sont en général remarquables par la vitesse extrême avec laquelle ils courent.

Ce petit groupe est très-naturel , mais se lie d'une manière assez étroite aux genres Doto et Mictyre ,

DES CRUSTACÉS, /^i

que nous avons rangé dans la tribu des Pinnothériens. Il ne se compose que de deux genres, faciles à distinguer entre eux à l'aide des caractères suivans :

Cornée transparente très-grande , ovalaire , occupant au moins la moitié de la longueur des pédoncules ocu- ) Ge. Ocypode. laires , et commençant très-près de I Tribu fia base de ces tisres.

DES

OCYPODIENS. J Cornée transparente très-petite, arrondie , n'occupant pas le quart de f la longueur du pédoncule oculaire, et j Ge. Gelasime. ne commençant que tout auprès de son .extrémité.

Genre OCYPODE. — Ocypoda (i).

Le genre Ocypode, établi par Fabricius, se compose de Crustacés faciles à reconnaître au premier coup d'œil , tellement leur aspect est particulier. Leur carapace (PL 19 , fig. i3) , est rhomboidale ou même presque carrée, et à peu près aussi large en arrière qu'en avant; sa face supérieure, toujours légèrement granuleuse, est presque horizontale transversalement, niais un peu courbée dans le sens longitudinal et fortement inclinée en bas et en arrière ; enfin ses faces antérieures et latérales sont très-élevées et à peu près verticales , et ces dernières sont divisées en deux portions par une ligne saillante verticale qui vient se terminer entre la basé des pâtes de la troisième et quatrième paire. Le front est beaucoup plus long que large ; il ne recouvre pas l'articulation des pédon-

(1) Cancer, Lin. , Pallas , Fonsk. , Herb., etc. — Ocypode, Fabr. Suppl. p. 347. — Latr. Hist. nat. des Crust. t. VI , p. 27.— Leach, Trans. Linn. Soc. vol. XI , p. 322. — Lamk. Hist. des Anim. sans vert. t. V, p. 25i.~ Desm. Consid. p. 119. —Latr. Reg. Anim. se. éd. t. IV, p. 46.

cules oculaires , et n'égale en largeur que la moitié de l'épistome, au bord antérieur duquel il s'unit (PL 19, fig. i4)-Les orbites sont très-grandes, peu profondes et divisées en deux portions distinctes • l'une interne ou foraminaire , qui donne insertion au pédoncule oculaire, et qui, dans les Cyclomètopes et les Oxyrhinques , est toujours cachée sous le front ; l'autre externe servant à loger la majeure partie de l'œil et de son pédoncule. Le bord supérieur de ces cavités, qui est beaucoup moins avancé que l'inférieur, présente une disposition qui est en rapport avec cette division , car il décrit deux lignes courbes qui se réunissent en formant un angle dont le sommet est dirigé en avant. La forme des yeux est également très-remarquable; la cornée est ovalaire, très-grande, et s'étend en dessous jusqu'à une très-petite distance de la base du pédoncule; mais en général celui-ci se prolonge au delà de son extrémité , de façon que les yeux se terminent par une espèce de corne dont la longueur paraît augmenter avec l'âge. Les antennes internes sont disposées comme nous l'avons déjà dit (page 3g ) ; les externes sont rudimentaires j leur troisième article n'est pas moitié aussi long que le second, et leur tigelle terminale n'est guère plus longue que leur pédoncule, h'épistome est fort petit et présente à sa partie moyenne un petit prolongement quadrilatère qui se soude au front. Le troisième article des pates-mdchoires externes est quadrilatère et beaucoup plus petit que le précédent ; enfin il ne cache jamais l'espèce d'appendice formé par les trois articles suivans , et le palpe qui occupe le bord externe de ces membres est styliforme et dépourvu de filet terminai multi-articulé. Les pâtes antérieures sont en général moins longues que les suivantes , et la main qui les termine est fortement comprimée et très-grande comparativement au bras : la différence entre celles des deux côtés est souvent très-grande , surtout chez le mâle. Les pâtes suivantes sont également très-comprimées , et elles augmentent de longueur jusqu'à la quatrième paire inclusivement; celles-ci ont environ trois fois la longueur de la portion post-frontale de la carapace ,

et les pâtes postérieures sont beaucoup plus courtes ; enfin les tarses sont toujours déprimés et presque en forme de petite spatule , et il existe à l'article basilaire des pâtes de la troisième et quatrième paire une espèce de surface articulaire entourée de poils , qui paraît destinée à diminuer ie frottement de ces deux membres l'un contre l'autre. \] abdomen est beaucoup plus étroit à sa base que la partie postérieure du thorax , et dans l'un et l'autre sexe il laisse à découvert une portion considérable des derniers segmens de cette partie du corps; dans le mâle il a la forme d'un triangle allongé , et s'avance jusqu'à l'extrémité antérieure du plastron sternal ; chez la femelle son dernier segment n'est pas le quart aussi large que le précédent, et est ordinairement reçu dans une échancruredesonbord antérieur. Enfin les appendices abdominaux de la première paire , chez le mâle , sont très-développés , cylindriques et un peu crochus vers le bout, et ceux de la seconde paire sont en général rudimentaires.

La branchie qui existe d'ordinaire sur l'antipénultième article des flancs manque chez les Ocypodes ; les autres sont dirigées très-obliquement en arrière, et la cavité branchiale s'élève de manière à laisser au-dessus d'elles un grand espace vide que tapisse une membrane plus ou moins spongieuse.

Les Ocypodes , comme leur nom l'indique , sont remarquables par la vélocité de leurs courses : les voyageurs assurent qu'un homme peut à peine les suivre. Ils se creusent des trous dans le sable du rivage , et demeurent renfermés dans leur terrier pendant tout l'hiver.

Ils habitent les parties chaudes des deux hémisphères.

La distinction des espèces présente quelques difficultés à cause des changemens que l'âge apporte dans les formes de ces animaux.

A. Espèce dont la cornée transparente occupe V extrémité du pédoncule oculaire , et n'est pas dépassée par un prolongement styliforme ou un tubercule terminal.

i. Ocypode des sables. — O. arenaria (i). (PI. 19, fig. i3-i4. )

Carapace à peine granulée à sa partie moyenne; ses angles latéro-antérieurs très-aigus et de'passant le niveau de la saillie qui sépare les deux portions du bord orbitaire supérieur ; ses bords latéraux un peu élevés et distinctement dentelés dans toute leur longueur ; enfin ses faces latérales dirigées obliquement en bas et en dehors. Bord inférieur de l'orbite interrompu par deux échancrures , l'une semi-circulaire occupant son extrémité externe, et l'autre plus étroite, mais assez profonde, située plus en dedans , et se continuant avec un petit sillon semi-circulaire de la région ptérygostomienne. Pâtes antérieures très-inégales ; des dents spiniformes sur le bord interne des bras , sur le corps et sur les faces externe et interne de la grosse main qui est environ deux fois aussi longue que haute ; la main du côté opposé à peine épineuse et terminée par des pinces pointues et à peine comprimées. Pâtes des quatre dernières paires très - comprimées , presque entièrement lisses et garnies de plusieurs rangées de longs poils ; leur troisième article présentant en dessus un rebord arrondi , et dépourvu de dentelures ou d'épines aux pâtes de la seconde et de la troisième paire j tarses aplatis et tres-élargis vers le bout, surtout aux pâtes de la deuxième, de la troisième et de la

(1) Cancer arenarius , Catesby, Latr. Hist. of south Carolina , vol. II, PI. 35. — Ocypoda quadrata , Bosc, t. I, p. ig4 , PL 4« fig. 9I? Fabr. Suppl. p. 34;. — O. albicaus , Latr. Encyc. PI. 285, fig. 1 ( cop. d'après Catesby ). — Ocypoda quadrala, Latr. Hist. nat. des Crust. t. VI, p. 49. — O. arenaria, Say, opcit. p. 69.

quatrième paire. Longueur, environ 2 pouces ; couleur , jaunâtre.

Cette espèce habite les côtes de l'Amérique septentrionale et des Antilles , et vit dans des trous profonds de trois ou quatre pieds , qu'elle se creuse dans le sable immédiatement au-dessus du niveau du ressac de la mer. C'est en général pendant la nuit qu'elle quitte ce terrier pour chercher sa nourriture , et lorsqu'on la poursuit elle court avec une grande vitesse en élevant ses pâtes antérieures d'une manière menaçante. Vers la fin d'octobre ces Ocypodes abandonnent leur habitation près de la mer , et vont hiverner dans l'intérieur des terres ; lorsqu'ils ont rencontré un lieu qui leur convienne , ils y creusent un trou semblable à celui qu'ils viennent de quitter ; après y être entrés , ils en bouchent l'ouverture de façon à ce qu'on ne puisse plus en distinguer de trace ; enfin ils se retirent au fond de leurs terriers et y restent dans un état d'inactivité pendant toute la durée de l'hiver. (CM.)

L'Ocypode blanc , décrit et figuré par Bosc ( op. cit. t. I , p. 196, PI. 4, %• 1 , — Desm. op. cit. p. 121 ) , me paraît être la même espèce que la précédente , un peu défigurée par le peintre ; le front est représenté d'une manière évidemment inexacte , et je suis porté à croire que c'est également par erreur qu'on a donné une corne terminale aux yeux , car dans la région habitée par ce Crustacé, qui est la patrie de l'Ocypode des sables , on ne connaît pas d'espèce ayant ce caractère.

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