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4o6 HISTOIRE NATURELLE
Genre STÉNOPE. — Stenopus(i).
Les Sténopes ressemblent aux Penées par l'existence de pinces didactyles aux pâtes des trois premières paires , mais en diffèrent par la forme générale de leur corps , et par le grand développement des pâtes de la troisième paire. Leur corps (PI. 25,Jig. 13) n'est pas comprimé latéralement, et leurs tégumens offrent peu de dureté. La carapace se termine antérieurement par un petit rostre , et les yeux sont courts et disposés de la manière ordinaire. Le pédoncule des antennes supérieures est grêle, et ne porte pas d'appendice lamelleux , comme chez les Penées ; les filets terminaux de ces organes sont longs et cylindriques, et au nombre de deux. Les antennes inférieures ne présentent rien de remarquable. Les mandibules sont fortes, et garnies d'un palpe peu éiargi, et semblable à celui des Palémons plutôt qu'à celui des Penées. Les pales-mdchoires externes sont grêles, alongées, et pourvues d'un palpe presque rudimentaire. Les pâtes des trois premières paires sont didactyles , et augmentent progressivement de longueur ; celles de la troisième paire sont beaucoup plus grosses que les autres , et très-épineuses. Les pâtes des deux dernières paires sont également très-longues , mais elles sont filiformes , et leurs deux derniers articles sont divisés en une multitude de petits anneaux, disposition qui ne se voit ni chez les Penées ni chez les Sicyonies , et qui rappelle ce qu'onfremarque aux pâtes de \a deuxième paire chez les Hippolytes, etc. Il est aussi à noter que les pâtes ne portent pas d'appendice lamelleux , comme chez les Penées. U abdomen est de grandeur médiocre , et ne présente rien de remarquable.
(i) Cancer, Herbst. — Pale/non, Olivier, Encycl. — Stenopus , Latreille, Règne anim. etc. — Desmarcst. — Pioux, etc.
Stéxope mspide. — S. hispidus (i).
(Planche 20, fig. 1. )
Carapace et abdomen couverts de petits piquans et de quelques poils ; rostre pointu, grêle, relevé, et ne dépassant pas l'article basilaire des antennes supérieures. Filets des antennes trèslongs. Pâtes de la première paire moins longues que celles de. la seconde paire, mais dépassant de beaucoup l'appendice lamelleux des antennes inférieures ; lisses comme les secondes. Paies de la troisième paire plus longues que le corps entier , garnies de plusieurs rangées longitudinales de dents pointues. Tarse des pâtes des deux dernières paires bifide. Lame médiane de la nageoire caudale sillonnée au milieu, et garnie en dessus de deux rangées d'épines. Longueur, environ 2 pouces et demi.
Habite l'Océan indien.
Le Squilla groenlandica de Seba (2) , appelé Cancer astacus longipes (3) par Herbst, et rangé par Olivier dans ce genre Palémon , me paramètre un individu mutilé de l'espèce précédente. En effet, il
ressemble exactement à un Sténope hispide, dont les deux grosses pales auraient été cassées ; accident qui arrive très-facilement. Latreille a désigné , sous le nom de Palemon? àsper, l'une des figures de la Squilla groenlandica de Seba, reproduit dans l'atlas de l'Encyclopédie méthodique (4). Enfin c'est encore la même figure qui est reproduite par Latreille dans son Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes, sous le nom de Crangon boréal: dans la PL 53, fig, 3 ; et sous le nom de Penée boréal dans le texte (t. VI, p. 25o).
(1) Seba , Mus. 1. 111, PL 21 , fig. 6 et 7 (individu mutilé). — Palemon hispidus, Olivier, Encyclop. t. VIII, p. 666. — Stenopns hispidus, Latreille, Règne anim. de Cuvier, 2. édit. t. IV, p. g3. — Desmarest, Consid. sur les Cvust. p. 227. — Roux, Salicoques, p. 20. — Edwards, Règne anim. de Cuvier, 3e. édit. Crust. PL ôo, fig. 2.
(2) Thcsaur, t. III, p. 54, PL ai, fig. 6 et 7.
(3) Krabben, t. II, p. 90, PL 3i, fig. 2 ( d'après Seba , fig. 7). — Palemon longipes , Olivier, Encycl. t. VIII, p. 666 , PL 29 , fig- 3 C d'après Seba ).
(4) PL 293 , fig. 3, explication, p. 3.
Le StÉnope épineux, Stcnopus spinosus de M. Risso(i) paraît différer de l'espèce précédente par l'absence d'une rangée médiane , d'épines sur la face externe de la main.
Il habite la Méditerranée.
Il paraît probable que c'est d'après un Crustacé voisin des Sténopes que M. Raffinesque a établi son genre Byzenus, caractérisé de la manière suivante : « Écailles de la base des antennes extérieures sans dénis ; les deux paires de pâtes antérieures pincifères , mais très-courtes: la troisième pincifère, chélifornie , très-grosse. » Il ajoute que son B. scaber est entièrement couvert de tubercules aigus , a le rostre serreté en dessus et en dessous , bidenté latéralement , et plus court que les écailles des antennes, et a les doigts tridentés intérieurement (2) .
Genre SICYONIE. — Sicyonia (3).
Les Sicyonies sont très-voisins des Penées , auxquels ils ressemblent par la forme comprimée de leur corps, par la terminaison de leurs antennes antérieures, parla main di~ dactyle qui termine les pâtes des trois premières paires, etc. ; mais elles s'en distinguent par la conformation des fausses pâtes natatoires , et par plusieurs autres caractères.
Leur enveloppe tégumentaire est beaucoup plus dure que chez la plupart des Salicoques 5 leur coips est un peu comprimé , et leur carapace est surmontée d'une crête médiane qui est dentelée , et qui se continue en avant par un rostre assez grand. On remarque aussi de chaque côté de la carapace , vers son tiers antérieur , une épine dirigée en
(1) Risso , Hist. nat. de l'Europe raérid. t. V, p. 66 , PI. 3 , f%. 8.
(2) Précis de découvertes somiologiques. — Desmarest , Consid, sur les Oust. p. 216.
(3) Palemon , Olivier. — Sicyonia, Edwards, Ann. des Se. nat. t. XIX. — Latreille, Cours d'entomologie , p. 384- — Roux, Salicoques, p. 21.
DJLS CRUSTACÉS. 4°9
avant. Les yeux sont gros, cylindriques et à découvert. Les antennes supérieures sont très-courtes ; leur pédoncule est gros, et ne présente pas, comme chez les Penées, un appendice lamelieux recourbé au-dessus des yeux ; leurs filets terminaux, au nombre de deux, sont extrêmement courts. Les antennes externes s'insèrent au-dessous des précédentes , et n'offrent rien de particulier. Les pates-mdchoires des deux dernières paires sont conformées à peu près de même que chez les Penées , si ce n'est qu'elles sont dépourvues de palpes. Les pâtes des trois premières paires sont terminées par une petite main didactyle, et s'alongent d'avant en arrière comme dans le genre précédent ; celles des deux dernières paires sontmonodactyies , et les dernières sont beaucoup plus longues que les avant-dernières. Aucun de ces organes n'est multi- articulé comme chez les Sténopes, ni pourvu d'un appendice flabelliforme ou d'un palpe , comme chez les Penées. Yï abdomen est caréné en dessus, et présente divers sillons qui le font paraître comme s'il était sculpté 5 il porte en dessous cinq paires de fausses pâtes, qui ne sont pourvues chacune que d'une seule lame natatoire ; la lame médiane de la nageoire caudale est pointue et sillonnée en dessus. Enfin les branchies ne sont qu'au nombre de onze de chaque côté.