‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux (volume 2)Chapitre 250 sur 289 · Mysis frontal. — M. fronlalis · texte numérisé non relu

Mysis frontal. — M. fronlalis

Rostre grand et dépassant notablement les pédoncules oculaires; pédoncules des antennes externes grêles et très-longs ; appendice lamelleux des antennes externes arrondi et un peu élargi au bout, et sans cils sur le bord externe . Lames de la nageoire caudale conformées comme dans l'espèce précédente , mais plus alongées. Longueur, environ i pouce.

Habite les côtes de jNice.

(i) Thompson, op. cit. p. ôo , PL 4> ng. 1-12.

Le Mvsis entier (i), décrit par Leach, n'est que très-imparfaitement connu ; tout ce que nous en savons c'est que la lame médiane de la nageoire caudale est sans échancrure comme dans les espèces précédentes , que sa longueur n'est que de /, lignes, et que sa couleur est grisâtre, avec des pointes brunes et rousses.

Il habite les côtes de l'Ecosse.

Le Cancer oculatus d'Othon Fabricius (2) appartient à ce genre ; mais il nous paraît impossible de décider à quelle espèce il doit se rapporter.

Le Mysis plumosus de M. Risso (3) ne peut appartenir à ce groupe ; mais il serait difficile de deviner à quel genre il appartient.

Genre GYINTHIE. — Cynthia (4).

M. Thompson a donné le nom générique de Cynthia a des Crustacés qui ont la plus grande analogie avec les Mysis, mais qui s'en distinguent par l'existence d'appendices branchiaux fixés aux fausses pâtes abdominales , par la structure de ces derniers organes , et par quelques autres caractères.

Le corps des Cynthies est grêle , et de memej forme que chez les Mysis; la carapace est plus petite que chez ces derniers Crustacés, et se termine antérieurement par un petit prolongement rostral. En arrière elle laisse à découvert un certain nombre des anneaux thoraciques. lues yeux sont gros et courts, de longueur médiocre. Les antennes de la

(1) Mysis integer, Leach , Transs. of the Linn. soc. vol. XI , p. 35o. — Desmarest, loc. cit — Mysis scotius , Thompson, op. cit. p. 3o.

(2) Fauna Groenlandica , p. -2r\5, fig. 1, A, B. — -Herbst, PI. 24 , fig. 5 et G. (D'après Oth. Fabricius.) — Mysis oculatus , Latreille , Hist. des Crust. t. VI, p. 285, PI. 56, fig. 2 et 3 (d'après Fabricius). — Lamarck, Hist. des anim. sans vert. t. V, p. 200.

(3) Crustacés de Nice , p. 116.

(4) Thompson, Zoological researches.

première paire sont excavées à leur base pour faire de la place aux yeux ; leur pédoncule est gros, et leurs filets terminaux au nombre de deux. Les antennes de la seconde paire s'insèrent au-dessous des précédentes comme chez les Mysis, mais sont beaucoup plus petites; l'appendice lamelleux qui en recouvre la base est moins long que le pédoncule des antennes supérieures. La conformation de l'appareil buccal est à peu près la même que chez les Mysis ; la tige palpiforme des mandibules est très-grande, et les mâchoires de la seconde paire sont lamelleuses , et divisées du côté interne en plusieurs lobes. Suivant M. Thompson les huit paires de membres qui font suite aux mâchoires doivent toutes être considérées comme des pâtes natatoires ; mais nous ne partageonspas cette opinion, et nous croyons que la première paire de ces organes appartient encore à l'appareil buccal, et constitue des pâtes - mâchoires ; en effet, ces appendices , quoique plus alongés que chez les Mysis , sont de même reployés en dedans au-dessousdes mâchoires, et leur branche interne se termine par un article élargi qui est propre à retenir les alimens pendant la mastication, tandis que les pâtes se terminent par un petit ongle crochu ; la branche moyenne ou palpe de ces pates-mâchoires est conformée comme chez les Mvsis , mais le fouet ou branche externe qui, chez ces derniers , constitue une grande lame membraneuse , paraît manquer complètement. Les membres thoraciques de la première paire diffèrent aussi un peu des six dernières paires de pâtes ; ils sont plus élargis et se terminent par un article lamelleux dont les bords sont ciliés ; mais néanmoins, à raison de leur longueur et de leur position , ils doivent être considérés comme servant à la locomotion, et ils nous fournissent un nouvel exemple de la manière graduelle dont le passage se fait entre des animaux chez lesquels les mêmes organes se modifient dans leur structure pour servir à des usages différents. Chez les Cynthies le nombre des pâtes thoraciques s'élève donc à sept paires ; du reste, par leur structure et par leurs fonctions, ces organes

m- diffèrent pas notablement de ceux des Mysis ; leurs deux branches sont également très-développées , seulement le pénultième article de la tige interne est plus fort, ne se rétrécit pas vers le bout, et n'est pas annelé de façon à paraître multi-articulé , et l'ongle terminal est plus gros. Nous ne connaissons pas la conformation des appendices, qui existent probablement aux pâtes postérieures chez, les femelles , et qui , selon toute apparence , doivent remplir les mêmes fonctions que chez les Mysis ; chez les mâles on remarque à la base des pâtes postérieures une petite lame qui représente l'appendice flabelliforme. \1 abdomen est conformé comme chez les Mysis , si ce n'est que les fausses pâtes, fixées aux cinq premiers anneaux, sont très-développées, et de même forme que chez les Salicoques; chacun de ces membres se compose d'un article pédonculaire très - gros , et de deux longues lames multi-articulées et ciliées sur les bords. Enfin , il existe aussi des appendices branchiaux d'une forme particulière , attachés à l'extrémité des pédoncules de ces fausses pâtes en arrière des lames terminales ; ces appendices consistent en un cylindre membraneux bifurqué près de sa base , et dont chacune de ses branches s'enroule sur elle-même (i).

Ces Crustacés sont tous de très-petite taille , et paraissent avoir les mêmes mœurs que les Mysis , car on les trouve souvent ensemble. On n'a observé encore que des mâles, et il serait bien possible que , lorsqu'on connaîtra les deux sexes, on soit obligé de modifier les caractères assignés à ce genre.

i. Cynthie de Thompson. — C. Thompsonii (2).

Rostre très-court; carapace s'étendant jusqu'au dernier anneau du thorax , et peu rétréci en avant ; pédoncule des antennes in-

(1) Voyez PI. 10, fig. 5.

(1) Cynthia, Thompson, Zool. res. p-^7, PI. 6.

ternes de la longueur de l'appendice lamelleux des antennes externes , et ayant le dernier article garni en dedans d'une petite écaille pilifère. Lame médiane de la nageoire caudale longue , tronquée au bout, et garnie latéralement d'épines; lames externes moins longues que les lames mitoyennes , et n'ayant de poils ou d'épines que sur leur bord interne et à leur extrémité; lames mitoyennes garnies d'épines sur leur bord interne. Longueur, environ 4 lignes.

Trouvé dans l'Océan atlantique, entre Madère et les Antilles.

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