PsEUDOGRAPSE PATES PALES. — P, pallipes
Mains à peine renflées et garnies de quatre petites crêtes\longitudinales élevées et dépourvues de poils. Front presque horizontal. Bords latéraux de la carapace minces et armés de trois dents triangulaires et pointues. Longueur, 4%*
Habite la Nouvelle -Hollande. (G. M.)
Le Crustacé fossile décrit par M. Desmarest sous le nom de Gecarcinus trispinosus (Crust. foss. p. 108, PI. 8, fig. 10), me paraît ressembler au Pseudograpse penicilliger bien plus qu'à aucun autre Brachyure , et devoir être placé dans ce genre
Ci) Rumph, Mus. PL 10 , %. 2. — Cancer setosus ? Fabricius , Suppl. 339. — Grapsus penicilliger, Latreille , Règne animal de Cuvier, il«. édit. t. III, p. 16, PI. 12, fig. 1, et 2e. cdit. PI. 16, fig. 1 ; Eueyc. t. X, p. i-';o. — Lamarck, Hist. des anim. sans vert, t. V, p -i\(j. — Desm. Consid. PI. i5, ii^. 1.
(2) Grapsus pallipes, Lafr, Col!, du Mus.
ni: s crustacés. 83
plutôt que parmi les Gécarcins , avec lesquels il n'a que fort peu d'analogie. La carapace , plus longue que large , est à peu près quadrilatère ; les bords latéraux cependant sont assez fortement arqués et présentent dans leur moitié antérieure trois dents obtuses et arrondies ; la région stomacale est divisée par un prolongement de la région génito-cordiale , et le bord pestérieur de la carapace est très-large. Les pâtes antérieures sont grosses et courtes ; enfin l'abdomen du mâle , divisé en cinq pièces , est reçu dans un sillon étroit et profond du plastron sternal. On ignore le gisement de ce fossile.
Genre GRàPSE. — Grapsus (i).
Le genre Grapse a été établi par Lamarck pour recevoir une partie dti genre Cancer , tel que Fabricius l'avait circonscrit , et a été adopté par tous ses successeurs ; mais la plupart des auteurs y ont rangé des espèces que nous ne croyons pas devoir y laisser. Celles auxquelles nous conservons ce nom sont pour la plupart remarquables par l'aplatissement extrême de leur corps (PI. 19, fig. 1). La face supérieure de leur carapace est toujours presque horizontale et à peu près carrée. Son bord antérieur n'occupe que rarement toute sa largeur ; mais la différence est peu considérable , et en général sa partie postérieure n'est point rétrécie ; les bords latéraux sont minces, et ordinairement un peu courbés. Enfin, la région stomacale est très- large, et les régions branchiales très-étendues et presque toujours marquées de lignes saillantes obliques. Le front est très-large et incliné, ou même complètement reployé en bas ; sa partie supérieure est en général divisée en quatre lobes qui deviennent souvent trèssaillans. Les orbites sont profondes , et leur bord inférieur est au moins aussi saillant que le bord supérieur; leurextré-
(1) Cancer, Linn. , Fabr. , Herb. , etc — Grapsus, Lamk. Syst. des Anim. sans vert. p. iôo. — Latr. Hist. nat. des Crust. t. VI, p. 56, etc. — Leach, Trang. Linn. Soc. vol. XI. — Desmarest , op. oit. p. 129, etc.
g/ HISTOIRE NATURELLE
mité externe ne s'ouvre pas dans une gouttière horizontale située sous le bord latéral de la carapace, comme dans le <*enre Sesarme , et pi ésente au plus une ou deux petites échancrures (fig. 5). Enfin, la dent qui s'élève de leur paroi inférieure , au-dessous de l'articulation de l'œil , est en général très-forte. La disposition des antennes est à peu près la même que dans le genre précédent , seulement les fossettes antennaires sont en général moins larges , et séparées entre elles par un espace plus étroit. Les pates-mdchoires externes sont fortement échancrées en dedans , de façon à laisser entre elles un grand espace vide ayant la forme d'un losange ; leur troisième article est trapézoïdal , et se termine antérieurement par un bord droit et très-large; en général, il est à peu près de la longueur du deuxième article , et porte l'article suivant à son angle externe; mais quelquefois il est très-court , fortement dilaté du côté externe , et donne insertion au quatrième article vers le milieu de son bord antérieur. Si on ne craignait de trop multiplier les divisions génériques parmi des animaux qui se ressemblent beaucoup, on pourrait se servir de ce caractère pour séparer des Grapses les espèces dont nous parlerons dans notre deuxième section de ce genre. Les régions ptèrygostomiemies sont lisses ou très-légèrement granuleuses , et ne présentent jamais la disposition si remarquable chez les Sésarmes. Les pâtes de la première paire sont courtes, le bras est éiargi et épineux en dedans , et les mains courtes , mais assez fortes chez les mâles. Les pâtes suivantes sont remarquablement aplaties ; leur troisième article est tout à- fait lame lieux in férieu rement, dans sa moitié externe , et son bord supérieur est mince et élevé ; enfin , le tarse est gros et très-épineux. Les pâtes de la deuxième paire sont beaucoup plus courtes que les troisièmes , qui à leur tour sont en général un peu moins longues que les pénultièmes. L'abdomen du mâle est triangulaire ; celui de la femelle est très-large , et son dernier article est erand et point enclavé dans une éehancrure de l'article précédent comme chez les Sésarmes.
DES CRUSTACES. 85
Ce genre est répandu clans presque toutes les parties du monde. Les espèces dont les habitudes sont connues habitent en général les côtes rocailleuses, et courent avec une grande rapidité.
§ A. Espèces ayant le troisième article des pâtes mâchoires externes plus long que large et sans dilatation notable vers V angle externe.
i. Grapse ensanglanté. — G. cruentatus (i),
Bords latéraux de la carapace armés de deux dents {y compris celle qui forme V angle orbitaire externe). Front très-large , occupant plus de la moitié de la largeur de la carapace , et presque vertical. Portion postérieure de la carapace bombée ; bord inférieur des bras fortement denté; pinces creusées en cuillère au bout. Une dent arquée à l'extrémité du bord supérieur du troisième article des quatre dernières paires de pâtes. Longueur, 2 pouces. Couleur, rouge piqueté de jaune, et avec des taches jaunes circulaires sur les régions branchiales ; pâtes jaunes avec des taches rouges.
Habite le Brésil et les Antilles. ( C. M. )