Boscia dentée. — B. dentata
(PI. 18, fig. 14-16.)
Carapace horizontale et lisse en dessus , très-large. Front granuleux sur les bords ; orbites entières ; bords latéraux tranchans , très-arqués et finement dentelés ; portion des régions ptérygostomiennes voisine de la bouche couverte d'un duvet long et serré. Pâtes comme chez les Thelphuses. Longueur , 1 pouces.
Habite les Antilles et l'Amérique du sud. ( C. M. )
(i) Cancer Jluvialilis , Herbst, t. I, p. i83, PL 10, fig. 61. — Bosc, op. cit. t. I , p. 177. — Thelphusa dentata, Latr. Encyc. t. X, p. 564. — 2T. Serrata , Desmarest, Consid. sur les Crust. p. 128.
l6 HÏSTOIP, r NATURELLf
Genre TRICHODACTYLE. - Trichodactylus (i).
Ce petit groupe se compose d'une espèce de Thelphusien qui établit le passage entre les genres précédens et la tribu des Grapsoïdiens. La carapace, presque horizontale en dessus, est beaucoup moins large que chez les Thelphuses. Le front est large, lamelleux, et simplement incliné; les orbites sont presque circulaires ; les bords latéraux de la carapace courbes. Les antennes sont disposées à peu près comme chez les Thelpjiuses ; mais la forme des pates-mâchoires externes est très -différente ; leur troisième article est presque triangulaire , avec son sommet dirigé en dedans , et il s'articule avec l'article suivant par son angle antérieur et externe. Les pâtes ont à peu près la même forme que chez les précédens. On ne connaît encore qu'une espèce de ce genre.
i. Trichodactyle carré. — T. quadrata (2).
Carapace lisse; ses bords latéraux un peu relevés. Pâtes médiocres. Tarses cylindriques, allongés et couverts d'un duvet court et serré. Longueur, 1 pouce.
Habite le Brésil. (C. M.)
TRIBU DES GÉCARCINIENS.
La tribu des Gécarciniens est un des groupes les plus remarquables de la classe des Crustacés, car elle se compose d'animaux à branchies qui sont cependant essentiellement terrestres, et qu'on peut même faire périr d'asphyxie en les tenant long-temps submergés. On
(1) Latr. Encyc. t. X, p. 705.
(2) Latv. Collection da Muséum. — Trichodactylus Jluviatilis , ejusdem Encyc. t. X , p. 705.
DES CP.USTACES. in
les distingue facilement des autres Catométopes a leur carapace ovalaire transversalement très-élevée et bombée en dessus (PL 18, fig. i ). Les régions branchiales sont en général bien distinctes et trèsrenflées en dessous; elles occupent environ les deux tiers de sa surface. Le front est à peu près aussi large que le cadre buccal , et fortement recourbé en bas. Les orbites sont ovalaires, médiocres et très-profondes. Les bords latéraux de la carapace sont trèsarqués, et décrivent en général presque un demicercle. Les antennes internes sont logées sous le front, et se reploient transversalement dans des fossettes étroites et souvent presque linéaires (Pi. 18, fig. 2). La disposition des antennes externes varie; il en est de même pour les pates-mâchoires; tantôt leur quatrième article s'insère à l'angle externe du précédent et reste à découvert comme chez les Ocypodiens, tantôt se cache en entier sous sa face interne. Les pâtes de la première paire sont longues et fortes; les suivantes sont également robustes et longues ; le tarse est pointu et quadrilatère. Enfin l'abdomen du mâle est reçu dans une fosse profonde du plastron sternal, et son second article atteint presque toujours la base des pâtes postérieures ; en général s il est si long, qu'il arrive jusqu'à la base de la bouche; et les appendices cachés au-dessous sont remarquablement gros.
Les branchies ne sont souvent qu'au nombre de sept, savoir : cinq fixées à la voûte des flancs, et deux, à l'état rudimentaire, cachées sous la base des précédentes et prenant naissance des pates-mâchoires ; mais, dans d'autres espèces, on en compte de chaque côté neuf, comme d'ordinaire. La cavité respiratoire
CRUSTACÉS, TOMF. II. 2
l8 HISTOIRE NATURELLE
est très-grande et s'élève en une voûte très-élevée audessus des branchies, de façon qu'il existe au-dessus de ces organes un grand espace vide. La membrane té^umentaire dont elle est tapissée est aussi trèsspongieuse, et forme quelquefois le long du bord inférieur de la cavité un repli d'où résulte une espèce de gouttière ou d'auge longitudinale propre à contenir de l'eau lorsque l'animal reste exposé à l'air.
Les Gécarciniens, que dans nos colonies on désigne sous les noms de Tourlouroux, de Crabes de terre, etc., habtent les parties chaudes des deux hémisphères, et ont des mœurs très-remarquables, car, au lieu de vivre dans l'eau comme les Crustacés ordinaires, ils sont terrestres et quelques-uns d'entre eux périssent même assez promptement par la submersion. La plupart se tiennent d'ordinaire dans les bois humides, et se cachent dans les trous qu'ils creusent dans la terre ; mais les localités qu'ils préfèrent varient suivant les espèces; les unes vivent dans les terrains bas et marécageux qui avoisinent la mer, d'autres sur les collines boisées , loin du littoral , et à certaines époques ces dernières quittent leur demeure habituelle pour gagner la mer. On rapporte même qu'alors ces Crustacés se réunissent en grandes bandes , et font ainsi des voyages très-longs , sans se laisser arrêter par aucun obstacle, et en dévastant tout sur leur passage. Ils se nourrissent principalement de substances végétales et sont nocturnes ou crépusculaires. C'est surtout lors des pluies qu'ils quittentleurs terriers , et ils courent avec une grande rapidité. Il paraîtrait que c est à l'époque de la ponte qu'ils se rendent à la mer et qu'ils y déposent leurs œufs; mais nous ne connaissons aucune observation bien positive à cet égard.
DES CRUSTACÉS. IQ
Pendant la mue ils restent cachés dans leurs terriers.
On trouve dans les ouvrages* de Rochefort ( Hist. nat. des Antilles) , de Feuillée (Observ. faites sur les côtes d'Amérique), de Labat (nouv. Voy. aux îles d'Amérique, t. II ) , de Brown ( Hist. of Jamaica ) , et de plusieurs autres voyageurs qui ont visité les Antilles, beaucoup de détails sur les mœurs des Crabes de terre; mais en général les espèces ne sont pas assez bien distinguées par ces naturalistes pour qu'on puisse les déterminer avec certitude.
La tribu des Gécarciniens , ou Crabes de terre , se compose de quatre genres faciles à distinguer par les caractères suivans :
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