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Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux;

L'Entomologie, ou Thistoire des animaux articulés, est sans contredit une des sciences dont les na* turalistes se sont le plus occupés ; mais toutes les branches dont elle se compose n'ont pas été cultivées avec le même soin. Les Insectes ont été le sujet des travaux les plus nombreux et les plus minutieux; les Crustacés, au contraire, n'ont fixé Tat- tention que d'un petit nombre d'observateurs, et c'est de nos jours seulement que datent la plupart '» / des recherches suivies qui ont été faites sur cette ^ classe d'animaux.

Divers Crustacés, reconnaissables par leur forme, ont été représentés par les anciens sur leurs médailles, sur leurs pierres gravées; ces animaux ^^ jouent aussi un rôle dans les Mythes des Grecs. Mais , bien que plusieurs espèces communes dans ^ la Méditerranée fournissent un aliment agréable , et k) que d'autres présentent des particularités de struc- ^ " ture et d'habitudes également curieuses, on ne y trouve dans les écrits des anciens que peu de lu- ^' mière sur leur histoire. Hippocrate , qui vivait cinq cents ans avant Jésus-Christ , fait mention de certains Crustacés qu'il regardait comme pouvant être employés avec succès dans le traitement de di-

CHUSTàCts, TOMI 1. ^

ij INTRODUCTION.

verses maladies ; mais c*est tout au plus si on peut se former une opinion arrêtée sur les espèces dont il voulait parler (i),, Ahistote, au contraire, nous a laissé sur ces animaux plusieurs pages remplies de faits importansy et pour la plupart très-exacts; un des chapitres du quatrième livre de son Histoire des animaux leur est consacré , et on y trouve des détails $ur leur anatomie, aussi bien que sur leurs formes et sur leurs moeurs^

Ce grand sx)ologiste distingue le» Langoustes, les Homards et quelques autres espèces de Décapodes Macroures, ainsi que les Décapodes à courte queue i mai^ il ne d(Hme pas ^ ^^ diverses espèces qu'il mentionne , une descriptioa asse% précise pour quil ait été toujours possible» même à un des naturalistes et des critiques les plus habiles » M. Guvier , de les reconnaître avec quelque certitude (2), Dana un autre chapitre du même

(1) Dans son traité d* MorUs mulierum , liyrç J". , par exemple, il Mcemmande l'nsaçç des Cancres Jluviati Us ( qui sont probablement des Telpheuses"^, comn^ faciU|«nt Vaeço^ckement dan$ le cas où le fœtus serait déjà mort. (Xcx. laS , p. 619 , yol; a de 1 editiou d€ Vaudtr Linder. >

(a3 Aristote diyis© ses Mal»co»tracéft o« GrustA^és (ju^xomoç-^**.») en qoatre genres principaux, savoir : les Carabos (Kxp^kCmf), les Js^ tmcos (•Vax»?), les Karldes (»«p./i»T), et les Cnm/towx («a^xi»»») Les Carabos, qui dans la traduction de Gaxa prennent le nom de £0custa, sont éTÎderaraent des Langoustes, et ses Jstacos (ou Gammmif de Gaia) des Homards. Quant aui Karldes, il les divise à leur tour en trois groupes ; les Bossues, les Granges et les Karidea de la petite espèce; leur synonymie est plus difficile à établir; mais, d'aprèf lea recherchée critiques de M. Guvier, il parait très-probable que les premiers sont des Palémons ou des Pénéos, et les

lîvi^, Àri&tcM^ décrit 9QW U nom de Kumnîeod, ou p^ût Ocahe, le Bernard rErmite» qu'il r^arde comme appar^oaot eu même tempft ayx Cruatacés et auiL Testacés , à cause de 1« coquille dans laquelle ce singulier Cruatacé éublû sa résidence, mm qui ne lui appartient réellement pas« Enfin, il parle ailleura d'une espèce de Crabe de la Phénicie, qui marche si vite qu'on l'appelle Hippœ , ce qui parait indiquer qu'il est question. del'Qcypode.

PiiKE ne nous apprend rien de pJiAs aw Vbûnoit* de ees animaux» ce qu'il en dit éts^nt» copié de» écrits d'Aristote. Un passage de U Tuate eompilation d'^LifN montre que l'espace de Scyllare» que dans le Languedoc on nomme Cîgale de mer , était connue des anciens et appelée de memequ'aujoui^ d'hui Cicada. Q eft probable que c'eat aussi à eer^ taine^ Scy llares que doit être appliqué ce qu'Athénée

seconds des Squilles mantes, tandis que les petites Karides sont p«aV4tr« d^alrett SaUeoqoes eonimaBes d»H& ces mers, mais troc petites poar occuper beai|coi:^p. )«» «incieos z<)aiçkfistes. £nJiUy Içf Varchioas sont les Crabes ou Décapodes à courte queue. Aristotc observe q^e les eap«ce& qui se rapportent à cette division sont trèsnombreuses, et en signale trois qu'il appelé M»ïa, Pa^vires et Héracléotiqoes ; mais il ne les décrit pas avec assez de détiil pour ^tt'çn puisse les vecoAnattre a^ec q«elq«e certitude. Les Crabes Héracléotiques me paraissent être des Telpheuses , qu o^ reccpoalt souvent sur les méaailles grecques ; on s'accorde généralement à penser que les Maïa sen^ 1^ Cfostaiçéa qui luijoard'hu eocope poiu tent ce nom, et les Pagures sont probablement les Tourteaux de nos côtes. ( Voyei , pour plus de détails , la Disseriathn critique sur les espèces tTÉcrevisses connues des {t^misfix « S«f &» HQint qHih hur 9nt donné, par M. G. Cuvier, publié dans son recueil de Mémoires pour

servir à l'Histoire dee Mollusques, et le Tàbhau de l histoire de Cento.

motogie^ placé en téjte 4^ ^ouAs ^'entotuo/ogi^ ^ pi^f A|. l^te^W. ;

iv INTRODUCTION.

dit des grandes Karides. Enfin, il est aussi question du Pinnotère dans les ouvrages, non seulement des naturalistes, mais aussi dans ceux des littérateurs anciens , car Cicéron en parle aussi bien que Pline et Apien ; mais c'est en général pour prêter à ce petit Crabe , qui vit entre les valves des Pinnes et des Moules, des ruses et des usages qu'il est loin d'avoir.

En résumé, nous voyons que la branche de la zoologie, qui a pour objet les Crustacés, était trèspeu avancée, chez les anciens, et que ce n'est guères que dans les ouvrages d'Aristote qu'on trouve une ébauche de l'histoire de ces animaux.

Pendant les siècles d'ignorance et de barbarie qui précédèrent immédiatement et qui suivirent la destruction de l'empire romain, l'histoire des Crustacés, comme toutes les branches de la zoologie, resta stationnaire, car Albert le Grand , et les autres écrivains (en très-petit nombre) qui, à cette époque , consacrèrent leur plume aux sciences naturelles, ne firent que copier et commenter les anciens. Mais, vers le milieu du seizième siècle, on commença de nouveau à observer et à acquérir par conséquent des connaissances positives ; trois naturalistes célèbres. Selon, Boudelet et Salviani, publièrent alors sur Tichtyologie des ouvrages justement estimés , et les deux premiers s'occupèrent en même temps des Crustacés.

Belon, né en 1 5 1 7, dans un village près du Mans, employa une partie de sa vie à voyager en Italie , en

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