‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux; (volume 3)Chapitre 24 sur 207 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

TAXXLUt DBS OXmaHZHQUXM.

Le nom d'Oxyrhinque a été donné par M. Latreille à une grande division de Brachyures renfermant les Maïa, nos Oxyétomes et plusieurs de nos Anomoures (0; mais comme la classification dans laquelle on l'employait a été abandonnée depuis long-temps, même par son auteur, nous ayons pensé quHl n'y aurait aucun inconvénient à l'appliquer à la famille dont nous faisons ici l'histoire, et en agissant de la sorte nous avons été dispensés de charger d'un nom nouveau la nomenclature zoologique qui déjà est si vaste.

C est dans ce groupe naiturel quele système nerueux présente le degré de centralisation le plus grand que nous ayons rencontré parmi les Crustacés, et c'est principalement pour cette raison que nous le plaçons à la tête de la série formée par ces animaux . En effet, les divers ganglions médullaires du thorax ne constituent plus ici qu'une seule masse solide en forme de disque (a), tandis que chez les autres Décapodes, dont on connatt l'anatomie intérieure, ces mêmes ganglions restent toujours plus ou moins distincts et ne se réunissent que de manière a former un anneau circulaire. Chez plusieurs Oxyrhinques nous avons aussi remarqué que les deux moitiés da/oi&^ au lieu d'être complètement

(i) Hist. ttot. des Crustacés et des Iiuectes , fusant saito àT du Baffon de Sonnini. Paris , an IX.

(a) PI. 9, %. 5.

DEA CRUSTACÉe. aS^

Beparées comme cLca les autres Décapodes, sont réu* mes sur ]a ligne médiane par un lobe impair (i) ; ce ▼iscère est assez développé et s étend sur une grande partie delà voûte de la cavité branchiale. Lenombre des branchies est toujours de neuf de chaque càté du tho* ras ; sept de ces organes , dont le dernier est inséré au-dessus de la troisième pâte, sont très-développés et couchés sur la voûte des flancs , tandis que les deux autres se trouvent réduits à l'état rudimentaire et sont cachés à la base des premiers. E^fin , la voûte de la cai^ité respiratoire est peu élevée, et, dans toute son étendue, presqu'en contact avec la face supérieure des branchies. Du reste, l'organisation intérieure des Oxy* rinques ne nous a offert rien de particulier.

U n'en est pas de même de l'organisation extérieure de ces animaux. La forme générale de leur corps se rapproche en général de celle d'un triangle dont la base serait arrondie et tournée en arrière. La carapace est presque toujours très^inégale et hérissée d'épines ou de poils, et notablement plus long que large; les ré^ gioQs (a), à l'exceptiondee hépatique^, sont ordinairement assea distinctes ; la stomacale est presque toujours plus longue que large, bien qu'elle occupe toute la largeur de la partie postrorbitaire de la carapace, et elle n'est jamais divisée en deux , sur la ligne médiane , par un prolongement presque linéairede la région gé^ nitale, comme cela Se voit chez la plupart des Cyclo** métopes et des Gatomètopes. Cette dernière région est en général peu développée, et confondue plus ou moins

(i)Pl. 4,%- 5.

(2) PI. 3, %. I, et PL i4*M, fig. I et a.

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complètement avec la stomacale, ou bien tronquée en avant* Les régions hépatiques , comme nous lavons déjà dit, sont rudimentaires et peu distinctes; mais les brancbiales sont très -développées et s'étendent au delà du niveau du bord antérieur du plastron sternal; elles sont bombées , et c'est toujours vers leur milieu que la caparace présente le plus de largeur. Quant aux régions cordiale et intestinale , elles n offrent rien de particulier. Le front est toujours assez étroit, et en général il s'avance de façon à constituer un rostre très-saillant. Les orbites sont dirigées plus ou moins obliquement en dehors, et souvent elles sont si petites et si peu en rapport avec la longueur des tiges oculaires, que ces organes ne peuvent s'y reployer ; d'autres fois la portion post-foraminaire de ces cavités est assez profonde et s'étend comme d'ordinaire assez loin en dehors pour que les yeux puissent s'y cacher en entier. Les a/ite/t/ie5 de la première paire n'offrent rien de particulier quant à leur forme ; mais leur tige mobile est assez développée ; elles se reploient presque toujours longi tudinalement , et sont logées dans des fossettes également longitudinales et complètement séparées des cavités orbitaires(i). Chez presque tous ces Brachyures le premier article des antennes externes est extrêmement développé et complètement soudé au front et aux parties voisines des régions ptérygostomiennes ; il constitue une portion considérable de la paroi in** férieure de l'orbite (a), et présente à sa base une ouverture circulaire qui est remplie par un disque calcaire appartenant à l'appareil auditif; les deux arti-

(a) PI. 3, û^. a, d.

DES CRUSTACES. ^69

des suiyans sont en général parfaitement libres, et supportent une tige terminale qui est assez longue. 'L'épistome est en général presque earré; la région €Pi^ teunairej comme nous Tavons déjà dit, est trèsdé veloppée, et le bord du câd!re&ucca/ qui la termine postérieuremeat est presque droit et très- saillant. Lkts régions ptérjrgostomiennes sont au contraire peu étendues , et sont en général assez nettement divisées en deux portions ; l'une correspondante au canal efierent de la cavité respiratoire , et Vautre située au devant et en dehors de la première (i) ; enfin la ligne courbe, qui indique le point de soudure de la pièce dorsale de la carapace avec les pinces latérales , se termine vers la base de la troisième pâte, hes pâtes ^jndchoires eX" ternes ne dépassent jamais le bord antérieur du cadre buccal (a) ; leur premier article est grand et sert de valvule pour clore l'ouverture qui se voit immédiatement au devant des pâtes antérieures et qui conduit dans la cavité brancbiale (3) ; il supporte à son extrémité interne un palpe et une tige dont les deux premi ers a r ticles sont très-larges et recouvrent le reste de l'appareil buccal , et dont les trois dernières pinces le sont beaucoup moins (4) ; quant à la forme générale de ces espèces d'opercules, elle varie, mais n'est jamais triangulaire. Les pates-màcboires de la seconde paire ne présentent rien de remarquable ; le premier article du palpe de celles des troisièmes est toujours plus long que lalame cornée

(1) PL 3], fig. a.

(Q) PI. i5, fig. a, 10, la, i4, i6.

(3) PI. 3, fig. a. j, et %. 8, a.

(4) PI. 3, &%, S; Cf dt deaxiéme et troisième articles formant Topercale buccal ; — e , /, ^, trois derniers articles formant un appendice palpiforme.

a^o HisTome wATunetLE

qui repréeente la portion externe de la ttge (t). Les autres apperidiees de |a bouche n'offrent rien de particulier. Êo général le plastron 5ferit«/.(a) est presque circulaire, et Tespaoe qui sépare les pâtes postérieures est peu considérable. L'apodème médian du thorax n'occupe ordinairement que le dernier anneau , la sdle turcique postérieure (3) est peu élevée et les apodèmes sternaux , qui séparent les cellules correspondans aux pates«*mâchoires externes et aux pâtes thoraciques des trois premières paires, sont loin de s'étendre jusqu'auprès de la ligne médiane du corps. Les potes de la première paire sont en général à peu près de même grandeur des deux c6tés du corps , mais offrent des dimensions très-difiérentes , suirant les espèces et les sexes. Les pâtes suivantes sont souvent d'une longueur démesurée, et sont presque toujours grêles et cylindriques ; cette disposition est même portée sî loin ehea quelques Oxyrhinqnes , qu'elle leur a fait donner le nom d'araignées de mer. Les pâtes des deux ou trois dernières paires sont quelquefois presque subchéliformes ; jamais ces organes ne prennent la forme de rames natatoires, et en général ceux des trois dernières paires diminuent graduellement de longueur. Enfin, c'est toujours dans l'article basi' laire des pâtes postérieures que sont pratiqués les trous qui livrent passage aux verges, lesquelles se trouvent immédiatement en rapport avec les membres abdominaux^ et ne sont jamai» k^és dans mt

(I) Pi. 3, fig. ,0.

(a) PI. 3, %. a el4 : J, sotore eorresponcUnte à l'apodème mëdian dn sternum.

(3) PI. 3 , %. 3, c.

BBS CBUeTACiS. %jt

oanal transyeptal du sternuin. La disposition de Toi* domen Tarie beaucoup ; tantôt on y voit, dans les deux sexes , sept pièces distinctes } tantât celui des femelles n'en présente cpie six , cinq ou même quatre , tandis que celui des mAles reste composé de sept anneaux séparés; enfin, d'autres fois encore on ne compte chea ces derniers que six segmens ( i ) . Il est aussi à noter que chez les mâles l'espace compris entre les pâtes postérieures est entièrement recouvert J)ar labdomen. Quant aux appendices de cette partie du corps, ils ne présentent rien de particulier chez les femelles, et chez le mâle, ceux de la première paire sont en géné« rai grêles, stylif ormes , tronqués au bout, presque droits et assez longs, tandis que ceux de la seconde paire sont rudimentaires (2}.

Les Oxjrhinques paraissent être tous des Crustacés essentieUement maritimes; on n'en connaît pas qui vivent dans l'eau douce , ou qui fréquentent les rivages de la mer; tous habitent à des profondeurs considérables, et on se les procure en général à l'aide des filets tratnans , dont les pécheurs se servent pour pren^ dre diverses espèces de gros poissons. Malgré la Ion** gueur souvent excessive de leurs pâtes, leurs mouvemens sont en général lents, et lorsqu'on les retire de Teau ils ne tardent pas à périr; on n'en connaît aucun qui soit nageur.

Jusqu'ici nous ne connaissons aucun Grustacé fossile que Ton puisse regarder, avec quelque certitude commeappai:tenant àla famille des Oxyrhinques. M. Desmarets rapporte , il est vrai, au genre Inachus^

(DPI. i5, fi|?.3, Ictiî.

(3) PI. a, £g. 6, lâ eft 16.

une espèce de Brachyure dont le gisement n'est pas connu ; mais des raisons , <{ue nous exposerons plus loin , nous portent à rejeter cette détermination.

La famille des Ozyrhinques renferme un nombre très - considérable de genres , et on peut la diyiser en trois tribus caractérisés de la manière suivante.

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