‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux (volume 4)Chapitre 118 sur 226 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

FAMILIE DES CYCLOMSTOFES.

La famille des Cyclométopes correspond à peu près à la section des Arqués telle que M. Latreille l'avait établie dans ses Familles naturelles ; mais les limites de ce groupe ne sontpas tout-à-fait les mêmes ; et, afin de ne pas augmenter la confusion qui règne déjà dans la science , nous n'avons pas cru devoir y conserver le même nom.

Les Crustacés qui s'y rapportent nous paraissent occuper un degré moins élevé dans l'échelle des êtres que les Oxirhynques, car la centralisation de leur système nerveux ganglionnaire est porté moins loin, et la disposition de cet appareil se rapproche davantage de ce qui existe chez les Macroures et chez l'embryon des Crustacés en général. En effet, les divers ganglions tboraciques, au lieu d'être soudés en une seule masse solide, comme chez le Maïa, ne forment plus qu'une sorte d'anneau circulaire dont il est souvent facile de distinguer les élémens constituais. Ici les deux moitiés du foie restent distincts et il n'existe pas à ce viscère de lobe médiane; il s'étend beaucoup en longueur, et recouvre une grande partie de la voûte de la cavité branchiale, mais ne se prolonge pas autant vers l'ab iomen que dans la famille précédente. La disposition de l'appareil respiratoire est la même que chez les Oxirhynques; on compte toujours de chaque côté sept branchies thoraciques et deux maxil-

laires réduites à l'état rudimen taire. Enfin, le système générateur ne s'éloigne, sous aucun rapport important, de ce qui existe chez ces derniers Crustacés.

La carapace est presque toujours beaucoup plus large que longue ; quelquefois elle est à peu près circulaire ( i ) , mais en général elle est beaucoup plus large en avant qu'en arrière, régulièrement arquée dans la moitié antérieure de son contour, et fortement tronquée de chaque côté dans sa portion postérieure (2). La région stomacale est de grandeur médiocre, et en arrière elle est ordinairement divisée en deux parties latérales par un prolongement presque linéaire de la région génitale, qui s'avance très-loin vers le front. Les régions hépatiques sont au contraire très-développées et s'étendent au loin de chaque côté de la stomacale; elles occupent presque toujours au moins la moitié de la portion latérale de la carapace, etne sont pas dépassées parles régions branchiales, dont la grandeur est médiocre. Le front est transversal et ne s'avance jamais en forme de rostre; en général il est assez large, lamelleux et horizontal. Les bords latéro-antérieurs de la carapace se dirigent très-obliquement en dehors et en arrière, de manière à former avec le front un arc de cercle , et en général ils sont minces et tranchans. Les bords latéro-postérieurs de la carapace forment presque toujours un angle bien marqué avec le bord îatéro-antérieur et avec le bord postérieur, et il en résulte que la forme générale du bouclier céphalo-thoracique peut, le plus ordinairement, être rapportée à un hexagone dont la moitié antérieure serait arrondie, et dont le

(1) PL 14 bis, %. 7, et PI. 17, %• 7-

(2) PI. 16, fig. 1, 6, 9, 16, et PI. 17 , Hg. 1 et i3.

diamètre transversal excéderait en longueur le diamètre antéro-postérieur. Les orbites sont profondes et dirigées en avant et en haut , leur bord supérieur étant presque toujours moins saillant que l'inférieur. Les jeux sont toujours parfaitement mobiles et se reploient en arrière dans une portion post-foraminaire de l'orbite qui est assez profonde. Les antennes internes sont toujours logées dans des fossettes creusées sous le front (i); leur article basilaire s'étend presque toujours au moins autant en largeur qu'en longueur ou en hauteur, et ne se montre pas sur les côtés du front, mais reste toujours bien visible au-dessous de son bord inférieur ; enfin , leur tige mobile est toute aussi longue que chez les Oxirhynques. La disposition des antennes externes varie; leur article basilaire sépare toujours la fossette antennaire de l'orbite, mais quelquefois reste complètement libre, tandis que d'autres fois il se soude au front. Uépistome, comme nous l'avons déjà dit, est très-étroit ; l'espace qu'il occupe conjointement avec les fossettes antennaires (ou région antennaire) n'a pas plus de la moitié de la longueur du cadre buccal , et son bord antérieur n'atteint pas, à beaucoup près, leniveaudubordorbitaire inférieur. hecadre b c~ cal est au moins aussi large en avant qu'en arrière , et est complètement fermé par les pates-mâchoires externes, qui ne dépassent pas notablement son bord antérieur. Les régions ptérjgostomienncs de la carapace sont très-déveîoppées; il n'y a point de division bien distincte entre la portion qui correspond au conduit allèrent de la cavité respiratoire et celle qui est située

(i) PI. 16, fig. 10, il, i5, etc.

en avant et en dehors d'elle, ainsi que cela se remarque chez la plupart des Oxirhynques , et la ligne courbe , qui résulte de la suture des pièces épémériennes et tergales de ce bouclier, se prolonge jusqu'au-dessus de la cinquième pâte au lieu de s'arrêter près de la troisième. Lespates-mdchoires externes (i) présentent en général la même disposition et la même forme que chez les Maïens et les Parthénopiens ; le bord interne de leur portion valvulaire est droit et vient se joindre à celui du côté opposé; enfin, leur troisième article se termine en général par un bord droit, et donne attache à l'article suivant par son angle in terne, qui est tronqué ou échancré; mais quelquefois il se prolonge un peu au devant du point d'insertion du quatrième article. Les au très pièces de la bouche ressemblen t aussi à celles des Oxirhynques . Le plastron sternal varie dans sa forme et dans ses dimensions; la suture, qui correspond à son apodème médiane, occupe au moins les deux derniers anneaux du thorax , et s'étend souvent sur trois ou quatre de ces segmens ; la selle turcique postérieure est grande et élevée ; enfin les apodèmes sternales qui séparent les cellules correspondantes aux pates-mâchoires externes et aux pâtes thoraciques s'avancent au point d'arriver presque sur la ligne médiane du corps. Les pâtes de la première paire sont très- développées ; elles sont toujours beaucoup plus grosses que les suivantes, et en général plus longues qu'elles; presque toujours elles ont au moins une fois et demie la longueur de la portion post-frontale de la carapace. Celles de la seconde paire ont depuis une fois jusqu'à deux fois et

(i) PI. 16, fig. 3,4, 17, et PI. 17, %• 3, 6, 12 et 9.

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quart de la longueur de la carapace, et les suivantes sont en général plus courtes; l'article basilaire des postérieures est toujours percé chez le mâle pour livrer passage aux verbes. Enfin, Y abdomen se compose ordinairement de sept articles distincts chez la femelle, et seulement de cinq chez le mâle, mais quelquefois on y compte aussi sept pièces chez ces derniers. Quant aux appendices de cette partie du corps, ils ne diffèrent guères de ce que nous avons vu dans la famille précédente.

Les mœurs des Cyclométopes varient beaucoup. Les uns sont essentiellement nageurs et se rencontrent en pleine mer; d'autres vivent près des cotes, mais ne sortent jamais de l'eau ; et d'autres encore vivent presque autant à l'air, sur le rivage, que dans l'eau, et se cachent habituellement sous les pierres; enfin , il en est aussi qui se creusent dans le sable une retraite souterraine. On en connaît un assez grand nombre d'espèces fossiles.

Cette famille renferme deux tribus naturelles qu'on peut distinguer de la manière suivante .

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