Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux;
Dans cette troisième famille de la section des Décapodes Brachyures , qui correspond à peu près à la division des Quadrilatères de M. Latreille, la disposition du système^ nen^eux est la même que dans la iamille des Gyclomètopes. Le tube digestif ne nous a offert rien de particulier ; mais le Jbie , au lieu de s'étendre dans toute la largeur de la carapace et de yecouvrir en grande partie les branchies, ainsi que cela se voit dans les deux familles précédentes , n'occupe en général que la portion médiane du corps et ne s'étend que peu ou point au-dessus des cavités branchiales. Jusqu'ici nous avons toujours vil ces cavités remplies presque entièrement par les branchies , 4ont le nombre a toujours été de neuf de
CKUSTACÉS, TOME II. I
1 HISTOIRE NATUEEtLE
chaque côté du corp$ , et dont sept étaient constamment couchées sur la voûte des flancs ; mais dans les Gatomètopes il en est presque toujours autrement. Dans la plupart des cas il ei^iste une grande distance entre la voûte de la cavité respiratoire et la face supérieure des branchies; la membrane qui tapisse cette voûte , au lieu d'être recouverte d'une couche épidermique lisse et épaisse , se présente souvent à nu ou couverte de végétations spongiformes ; d'autres fois elle se reploie en dessous de manière à former une espèce *de sac ou d'auge, servant à retenir de. l'eau nécessaire pour empêcher le dessèchement de 1 appareil respiratoire lorsque l'animal reste long- temps à l'air ; enfin , le nombre des branchies est quelquefois le même, que chez les Oxyrhinques et les Cyclomètopes , mais souvent on n'en compte que cinq ou six sur la voûte des flancs , celles qui s'insèrent d'ordinaire au-dessus des pâtes de la quatrième paire n'existant pas. Quant aux ouvertures par lesquelles Teau pénètre dans la cavité respiratoire et en est expulsée , leur disposition est exactement la même que les deux familles précédentes. Nous n'avons remarqué rien de particulier dans la structure de Vappareil génital des femelles ; mais les organes mâles présentent, chez ces Crustacés, une modification trèsremarquable, et dont les auteurs systématiques n'ont pas fait mention. Les deux ouvertures extérieures de cet appareil , au lieu d'être percées dans l'article basilaire des pâtes postérieures , comme chez tous les autres Brachyures , occupent presque toujours le plastron âternal (i) ; tantôt elles sont situées à une distance
(i> PL 18, fig. 6, a, h.
considérable du bord latéral de ce plastron , et d'autres fois elles sont formées par une écfaanerure profonde de ce bord lui-même; enfin, lorsqu'elles occupent l'article basilaire des paies postérieures, elles sont presque toujours appliquées contre l'extrémité d'un canal transversal qui est formé par un repli de la portion voisine du plastron stemal , et qui sert de gatne à la verge jusqu'au point où elle rencontre l'abdomen et se cache au-dessous de lui. Ces anomalies dans la disposition de l'organe copulateur constituent un des principaux traits caractéristiques de la famille des Catomètopes.
La structure du squelette tégumentaire de ces Crustacés et leur forme générale sont également caractéristiques (i). Quelquefois leur corps est fortement déprimé; mais en général il est remarquable par son épaisseur : la carapace est presque toujours plus «arge que Ionique , et assez régulièrement rhomboïdale ou ovalaire ; quelquefois elle est presque circulaire , mais elle n'afl'ecte jamais la foitee triangulaire qu'on lui voit chez les Oxyrhinques, et elle n'est jamais arquée en avant et fortement rétrécie dans sa moitié postérieure comme chez les Cyclomèlopes. La région stomacale est grande et ordinairement divisée posté* rieurement par un prolongement médian de la ré^ gion génitale comme chez les C jclomètopes ; les régions hépatiques , lorsqu'elles sont distinctes , sont extrêmement petites ; et les régions branchiales occupent presque toute la longueur du bord latéral de la carapace, hejront ne s'avance jamais en forme de
(1) PI. i4&'i, %. 8, 9 et 11; PI. i8, fig. i, lo, 14, et PL 19, % I, 4» 7> >3. ^
rostre; il est en général fortement recourbé en bas, et souvent tout-à-fait vertical; caractère dont nous avons tiré le nom de cette famille. A un très-petit nombre d'exceptions près, le bord fronto-orbitaire occupe presque toute la largeur de la carapace , les bords latéraux sont droits ou plus ou moins courbes , mais ne sont jamais divisés en deux portions distinctes , et formant entre elles un angle , comme cbez la plupart des Cyclomètopes ; enfin, le bord poS'^ térieur de la carapace est en général très-long.-
lues yeux sont ordinairement portés sur des pédoncules assez longs et fort grêles ( i ) ; les orbites sont pres^ que toujours dirigés directement en avant et en haut , et l'angle interne de ces cavités présente , en général, un hiatus qui loge une portion de la base de l'antenne externe. La disposition des antennes internes varie ; tantôt elles sont verticales ou longitudinales , tantôt transversales ; enfin les fossettes qui les logent communiquent quelquefois librement avec l'orbite , et ne peuvent en être distinguées (2) ; d'autres fois elles en sont séparées, mais alors elles sont presque toujours extrêmement étroites d'avant en arrière (3)^ et, au lieu d'être séparées entre elles par une lame longitudinale , c'est ordinairement le front lui-même qui se réunit directement à l'épistome dans une étendue assez considérable. Les antennes externes sont extrêmement courtes ; leur article basilaire est souvent beaucoup plus large que long, et leur tige mobile , qui est quelquefois rudimentaire, naît en général dans l'hiatus de
(I) PI. 18, fig. 10 et II, et PL 19, fig. i3 et 14.
(a)Pl. i8,fig. 11; PI. 19.%. i4.
(3) PI, 18, fig. 2 et i5, et PI. 19, ûjg. 3, 5, 10.
l'angle orbitaire interne. Uépistome est ordinairement presque linéaire , et son bord antérieur ne dépasse que peu ou point les tubercules auditifs ; disposition qui sufiSrait à elle seule pour faire distinguer les Catomètopes des Oxyrhinques , mais qui se remarque aussi chez les Gyclomètopes ; enfin, ce même bord antérieur de Fépistome , au lieu d'être situé à une distance assez grande en arrière du bord orbitaire inférieur, ainsi que cela se voit chez ces derniers Crustacés , est presque toujours placé sur la même ligne, et se continue presque avec lui (i). Le ccuire buccal est presque toujours à peu près quadrilatère , et ne s'avance jamais j usqu'au niveau de l'insertion des yeux ; il est souvent un peu rétréci en avant, et son bord antérieur est quelquefois un peu arqué, mais il ne se termine jamais en pointe, comme nous le verrons dans la famille suivante. La forme des pates-mâchoires externes est quelquefois la même que dans les Crabes (2) ; mais en général ces organes présentent une modification qui ne se rencontre pas dans la famille précédente : l'espèce de tige terminale formée parles derniers articles, au lieu de s'insérer à l'angle interne du troisième article de ces membres, naît du milieu du bord antérieur de ce même article (3) ou de son angle externe (4) 9 ^t quelquefois cette tigelle ne se compose que de deux pièces au lieu de trois, et se cache complètement sous la portion lamelleuse de la màchoire(5). Enfinl'appendice externe de ces pâtes -mâchoires est en général styli*
(1) Voyeï les fignres 3, 5, 8, 10, 11, i4» PL I9> «*c.
(9) Dans le genre Tbelphettse , par exemple, PI. 18; fis* ^^'