‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux; (volume 5)Chapitre 233 sur 265 · HISTOIRE NAT0REI · texte numérisé non relu

HISTOIRE NAT0REI

appareil respiratoire. Les branches sont composées chacune d'une espèce de tige d'où naissent, à angle droit , un certain nombre de branchies latérales , dont le bord inférieur est garni à son tour d'une série de longs filamens cylindriques (1) ; ce mode d'organisation est très^analogue à ce que nous verrons plus loin chez les Squilles ; mais les brandiies , au lieu de s'insérer dans l'abdomen comme chez ces derniers Crustacés , occupent la partie thoracique du corps comme chez les Décapodes. Néanmoins elles ne sont pas renfermées dans des cavités particulières comme chez ceuxci , elles sont situées à l'extérieur du corps , et flottent librement dans l'eau qui baigne l'animal. Elles sont fixées à la base des huit paires de pâtes thoraciques , et leur longueur augmente d'avant en arrière.

Les Thysanopodes ressemblent, par leur forme extérieure, aux Mysis (2). Leur corps présente les mêmes divisions que chez les Décapodes Macroures. La carapace qui recouvre la tête cache aussi tout le thorax ; et l'abdomen, dont la longueur excède beaucoup celle du céphalo-thorax , est étendu en arrière , et se compose de sept segmens, dont les trois médians présentent, à leurs bords postérieur et supérieur, une petite épine dirigée en arrière. Antérieurement, la carapace est terminée par un petit rostre^ pointu , qui n'atteint pas le niveau de l'exti'émité des yeux , dont les pédoncules sont gros et courts. Les antennes , au nombre de quatre , s'insèrent sur deux lignes , et leur longueur est à peu près égale ; les supérieures ont un pédoncule recourbé à sa base pour recevoh* les yeux , et composé de trois articles cylindroïdes ; enfin elles se terminent par deux tiges filiformes assez longues. La base des antennes inférieures est recouverte par une longue écaille lamelleaise, dont Textrémité et le bord interne sont ciliés ; leur tige terminale ne présente rien de remarquable. La bouche , située

(i)Pl. lo.fig. 3.

(îi)Pl. îi6, fig. I.

DES crustacés; 46^

à peu de distance du point d'insertion des antennes infé^ Heures , est entourée , comme d'ordinaire , d'un labre assez gros , d'une languette bifide , et d'une paire de mandibules. Ces derniers organes sont armés , sur leur bord interne , de quelques dents aiguës , et portent un palpe court , aplati , et divisé en trois articles (1) . Deux paires de mâchoires entrent également dans la composition de l'appareil buccal , et sont appliquées sur les mandibules et la languette. Celles de la première paire n'offrent rien de remarquable. Les secondes sont composées de trois articles lamelleux , dont les deux premiers sont bilobés du côté interne (2) ; on n'y voit aucune trace de ce grand appendice foliacé qui existe toujours au côté externe de ces organes chez les Décapodes , et qui sert au mécanisme de la respii^ation ; leur forme et leur structure sont absolument les mêmes que chez les Squilles y les Alimes , etc. Les huit paires de membres qui suivent les mâchoires , et qui correspondent à la fois aux pieds-mâchoires et aux pieds ambulatoires des Crustacés Décapodes , ont ici tous la même forme et les mêmes usages \ aucun d'eux n'entre dans la composition de l'appereil buccal j mais tous servent à la locomotion. Ces pâtes, à l'exception de celles de la dernière paire', sont longues , grêles et bifides comme chez les Mysis. Leur article basilaire , gros et court, porte en dedans une longue tige , garnie de poils nombreux , et en dehors un palpe ou branche moyenne, composé de deux pièces, dont la dernière est mince, lamellaire, et ciliée sur les bords (3). La longueur de ces pâtes natatoires augmente un peu depuis la première jusqu'à la cinquième paire , puis diminue ; enfin , celles de la huitième et dernière paires manquent de tige interne , et ne consistent que dans la branche externe ou palpe (4) . Les cinq premiers seg-

(1) PI- a6> fig. a.

(2) PI. 26 , fig. 5.

(3) PI. a6,fig. 6.

(4)P1. 10, fig. 3.

40Ç IIISTOUI MATIIiELLE

iQÎrtft, fi)riafM d'vti pédpnoule eyliadriquo portant à9n% )am«« ftlongo^s «i tûli^ai iup le« boivia , dont IHntenie, mom^ If^gUi «I^H l'efteri|«, pertf à fon tour un petit appe«T ^lei^qyJiDdrique, Eofin le^ membres du sixième anneau ^t labd^ipea, et le septième segment devenu lamelleux, oen«- , ^tituent upe nageoii^ en éventail , dont la pièce médiane > étroite et poiivtue , se termine par trois épines acérées $ et )es latérales» également étroites, sont garnies sur les bords de \mi^ poils- If Qus ne eonnai^^ons encore qu'une seul^ espèce de cf g«m^. savoir, le

TsYS4^pH>x»l| TSicuswD^. .*»• T, tricM4pid^^

Ce petit animal, lon| d^environiS lignes, a ét^ trouvé en haute mer, dans l'Océan atlantique , par M. Reyuaud*

l^ gçEU^ PojDoriis (1) de M. Thompson paraît devoir %PP$trtenir a cette famille ^ mais il est tiK>p imparfaitement eounu pour qu'il soit possible d'y assigner des caractères lirécis. Le petit Grustacé, qui a reçu ce nom» ressemble asscï aux Myiis par la forme générale di^ corps, mais se fait remarquer par la longueur extrême des pédoncules oculaires qui sont renflés en boule vera le bout. Les antennes s'iusè^ rent sous les yeux $ et, suivant Mt Thompson, eeUes de la piremifre pah'e i>e seraient rapi^entées que par deux petits «ppendiees rudimentaires -, celles de la seconde paire présen-leAt, aurtdessus de leur base, une gi^ande lame ciliée en dedans e&mm^ chez les Mysis et les Salicoques. Deux des pâtes sont très-longues , et terminées par un article trè^ grêle et annelé. Les autres paraissent être courtes j mais ni leur conformation ni leur nombre ne sont connus. L'abdo-

** ' ' I M I ■ — ■ ■ ■■ I I . ■ I .11. Il I ^ min ip,ni I

^i) Zoological researches, t. I,p. 69, PI. y, fi^. |,

nEien est long , et porte cinq paires de fausses pâtes grêles , mais très-<léveloppées. Enfin la nageoire caudale est con* formée comme chez les Mysis , si ce n'est que la lame mé* diane , formée par le septième segment abdominal , est exti'émement courte , tandis que les quatre lames latérales sont grandes. Ce Crustacé a été trouvé en haute mer, dans TOcéan atlantique , et parait être phosphorescent.

TRIBU DES LEUCIFÉRIENS.

Le genre Leucifer , établi par M. Thompson, est un des plus singuliers que Ton connaisse , et ne se laisserait que difficilement ranger dans aucune des tribus déjà établies; aussi, quoique son hisloire soit encore très-incomplète , croyons-nous devoir le prendre pour type d'une tribu particulière.

C'est à cette tribu que paraissent devoir se rapporter quelques-uns des Crustacés iigurés d'une manière grossière dans l'atlas du Voyage de Krusenstern (i).

Genre LEUCIFER. — Leucifer (2).

L'un des traits les plus remai-quables de l'organisation de ce Crustacé est la longueur excessive de la portion antérieure de la tête , la brièveté exti'ême de la partie du coi^s occupée par la bouche et constituant le thorax , et le grand développement de l'abdomen (3). La Ibrme générale du corps est presque linéaire ; les yeux et les antennes sont portés à l'extrémité d'un long prolongement grêle et cylindrique, qui est beaucoup plus long que tout le reste de la portion céphalo-thoracique du corps , et qui paraît être formé prin-

(i) Voyage autour du monde (en langue russe), PI. 33, j6g. 6 et ii. (3) Thompson, zoological researche* , t. I, p. — Latreille, Cours d'entomoligie « p. 386.

(3)P1. a6,% jo,

cipalement par Taniieau antennaire; une petite carapace recouvre toute la portion postérieure du céphalo-thorax , et présente à peu près la même fonne que chez les Mysis. Les yeux sont gros , et portés à l'extrémité de pédoncules cylindriques extrêmement longs. Les antennes de la première paire sont grêles , courtes , et terminées par une tigelle multi-articulée , rudimentaire ; celles de la seconde paire s'insèrent au-dessous , tout près des précédentes , et sont également grêles ; on voit près de leur base un petit appendice lamelleux, mais on ne connaît pas leur mode de terminaison. La bouche est saillante , et située en arrière de la base du prolongement qui porte les yeux, etc. On y trouve des mandibules fortes et dentées , mais dépourvues de tige palpiforme ; deux paires de mâchoires portant chacune deux lames; deux paires de pâtes -mâchoires courtes et lamelleuses, et une paire de pates-mâchoires externes, qui sont longues, pédiformeset reployées contre la bouche. A la suite de ces organes on voit quatre paires de pâtes natatoires longues et grêles , qui s'amincissent graduellement vers le bout, et sont garnies de poils épars. Nous n'avons pu trouver aucun vestige de palpe ni de fouet à la base de ces pâtes , et nous n'avons aperçu aucune trace de l'existence de la dernière paire de membres qui manquent ici pojir compléter le nombre normal des pâtes thoraciques ; mais dans la figure que M. Thompson a donnée on voit à la partie postérieure du thorax un tubercule qui est peut-être un vestige de ces appendices. V abdomen est très - étroit , et se compose, comme d'ordinaire , de sept anneaux , mais acquiert un développement tout-à-fait anormal , car chacun de ces segmens est au moins aussi long que toute la portion céphalo-thoracique du corps , où sont situées la bouche et les pâtes. Les cinq premiers anneaux sont à peu près égaux entre eux , et portent chacun une paire de fausses pâtes très - longues , composées d'un article basilaire cylindrique , et d'une ou deux lames natatoires alongées , multi-articulées et ciliées ; chez les individus que nous présumons être des mâles, les

fausses pâtes de la première paire présentent vers le milieu de leur article basilaire un appendice charnu d'une forme bizarre. Le sixième anneau est comprimé, très-long, et denté en dessous. Enfin l'abdomen est terminé par une nageoire caudale, composée, comme d'ordinaire, de cinq lames disposées en éventail. Nous n'avons trouvé aucun vestige de branchies thoraciques.

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