Leccifer type. — Leucifer typus (i
Cette espèce diffère de la précédente par la forme de la pièce médiane de la nageoire caudale , qui est lamelleuse et sans échancrure en dessous , par la longueur plus considérable des lames mitoyennes , et par Tabsence apparente d'une séparation entre la carapace et le prolongement oculifère.
Les deux Crustacés figurés par Krusentern sous les n®*. 9 et 10 dans l'atlas de l'édition russe de son Voyage appartiennent à ce genre.
(1) Leucifer ) Thompson; Zoological Researches, p. PL 7, iig. a.
4yO HISTOIRE NATURELLE
FAMILLE DES BICUIRASSÉS.
Les Crustacés , dont cette famille se compose , sont très-remarquables par leur forme arrondie et par la transparence de leurs tégumens. Leur carapace est grande, lamelleuse, et semblable h une feuille qui s'étendrait horizontalement au-dessus de la base des antennes, dune portion plus ou moins considérable du thorax et de l'origine de plusieurs des pâtes (i). Le thorax est également déprimé au point de ressembler à une lame mince, placée horizontalement, et c'est à cause Je l'existence des deux espèces de boucliers formés ainsi par la canapace et le thorax que La treille a donné à ces Crustacés le nom de Bicuirassés. L'anneau ophtalmique n'est que peu au point distinct du bord antérieur de la carapace , et c'est également de ce bord que naissent les antennes. Les yeux sont très- gros et saillans. Les antennes naissent au-dessous et en arrière de leur pédoncule , sur une même ligne transversale , et se dirigent en avant; cellesde la première paire sont bifides au bout, et la conformation de celles de la seconde paire varie (a). La bouche est située très-loin de la base des antennes^ et se trouve vers le tiers antérieur ou le milieu de la face inférieure de la carapace ; elle a la forme d'un tubercule arrondi, et se compose essentiellement d'une grosse lèure supérieure , d'une paire de mandibules crochues
(1) PI. 28, fig. I etfig. 8.
(2) PI. 28 , fig. 2 et 9.
DES CAtiSTACéS* ^Jî
dépourvues de tij^e palpifo^itie , d'une lèure inférieure membraneuse et bilobée , et d'une paire de mâchoi*' rtê{\)\ quelquefois on trouve aussi une seconde paire deûiàchoires et méùie des pates-mAoboires appliquées contre la boucbe, mais en général ces organes sont rudimeutaires et rejetés assez loin en arrière. La ixrande lame aplatie^ qui constitue le thorax, commence immédiatement derrière la boucbe , et ne présente pas de divisions annulaires; en général elle dépasse de beaucoup la carapace, et elle donne insertion aux pâtes par ses bords latéraux , de façon que ces organes sont très- éloignés de la ligne médiane. Le nombre des pâtes est de sept ou de huit paires , mais celles de la première paire ^ et quelquefois celles de la dernière paire y sont très-^courles , tandis que les nutreè sont fort longues^ toutes sont très-gréles^ et portent vers le tiers de leur longueur à un grand appendice flabelllforme, qui est analogue à la branche externe des patés tboraciques des Mysiens , mais qui naît beaucoup plus loin du corps. \J abdomen est gfêlè et quelquefois rudiment a ire; (H u('n{'nii,rtpcndant, il est terminé par une nageoire composée de cinq lames disposées en éventail, comme dans la famille précédente. Quant .1UX fausses pâtes, elles sont toujours plus ou moins rudimentftires^
Ces Crustacés ne présentent pas d'organes (}ui puissent être considérés comme des branchies; quelques naturalistes donnent ce nom a l'appendice cilié qui représente le palpe des pâtes tboratoiqués, mais sanis (bnder cette détertninatiôn sur aucun fait, et ùOttl
(i)Pl. 28, fig. 3,4,5,6ct9.
sommes disposé à croire que la respiration se fait par la surface générale du corps.
On ne connait encore que deux genres appartenant k cette famille , savoir : les Pbyllosomes et les Amphions.
Les Phyllosomes sont faciles à reconnaître par leur carapace foliacée , qui laisse à découvert la majeure partie du thorax, qui est également lamelleux.
Chez les Amphions la carapace cache le thorax en entier.
Genre PHYLLOSOME. — Phyllosoma (1).
Le genre Phyllosome , établi par Leach , est uir des plus l'emarquables que Ton connaisse. Il se compose d'animaux dont tout le corps est tellement aplati, qu'il existe à peine un intervalle enti'e les tégumens des surfaces supérieures et inférieures,, et qu'on comprend diflGicilement comment des viscères peuvent s'y loger. Ce corps lamelleux se divise en ti'ois parties distinctes : la tête , le thorax et l'abdomen (2) .
La tête a la forme d'un disque mince ou d'une feuille ordinairement ovalaire, et n'adhère au thorax qne par sa portion centrale , de façon que ses bords sont libres tout autour. Cette espèce de bouclier est large et horizontale ; à son extrémité antérieure elle donne insertion aux yeux et aux antennes. Les yeux naissent près de la ligne médiane et sont globuleux , ils sont portés sur des pédoncules grêles, cy-
(i) Cancer^ Forster, Naturforscher, n*^. 17, 1782. — Phyllosoma^ Leach, Journal de physique et Voyage du capitaine Tuckey. — Itatreille , Nony. Dict. d*hist. nat. Encyclop. méthod. t. X , Règne animal , t. IV , etc. — Desmarest , Consid. sur les Grust. — Guérin , Monographie des Phyllosomes ; Mag. de Zool. — Roux , Crnst. de la Méditerr. — Crysoma , Risso, Uist. nat. de VEor. mérid. t. V. *
(a)Pl. a8,tig. i.
DES CRUSTACÉS. ^j'i
lindriques et très-longs (1) . Les antennes internes naissent également du bord de la carapace, immédiatement en dehors des pédoncules oculaires ; elles sont ti*ès-petites et présentent un pédoncule composé de trois articles cylindriques , et de deux petits filets terminaux. Les antennes de la seconde paire naissent en dehors des précédentes , et varient l)eaucoup par leur forme ; tantôt elles sont très-longues , grêles , cylindriques , et composées de plusieurs articles distincts ; d'autres fois elles sont courtes , lamelleuses , sans divisions apparentes , et ne semblent êti'C que des prolongemens de la carapace (2). La bouche est située vers le milieu ou même vers le tiers postérieiu* de la carapace , et ne se compose que d'un labre, d'une paire de mandibules , d'une lèvre inférieui^e et d'une paire de mâchoires. Les mandibules sont grandes, arrondies en dehors, et armées en dedans de deux bords tranchans et d*une petite dent, La lettre inférieure est grande, très-apparente et profondément bilobée ; enfin , les mâchoires sont petites , membraneuses , et terminées chacune par deux lobes ou lames dirigées en dedans , et armées de quelques épines vers leur sommet. Les appendices qui représentent les mâchoires de la seconde paire , et les premières pates-mâchoires^ sont rudimentaires, et nentrent pas dans la composition de l'appareil buccal ; on les trouve rejetés plus ou moins loin en arrière , et fixés au bord du bouclier thoracique comme les pâtes (3). Les mâchoires de la seconde paire sont représentées par une lame qui est quelquefois assez grande et ovalaire , d'autres fois tout-à-fait rudimentaire. Enfin une paire de tubereules , située un peu en arrière de ces derniers appendices , sont les seuls vestiges des membres , qui d'ordinaire constituent les patesmâchoires de la première paire.
Le thorax est lamelleux comme la carapace , et constitue
(i)Pl. a8, fig.2.
(2)Pl.a8,fig.3,4,5,6.
(3) PI. 28 , fig. 3 , c , cf.
un second bouclier , dont la portion antérieure seulement est couverte par le premier de ces deux disques foliacés. Il est en général plus large que long , et strié en travers , mais ne présente aucune trace de division en anneaux. Les pâtes s'in^ sèrent tout autour de ce disque. Celles de la premier paire ( b, fig. 5) sont très-petites et cachées sous la carapace ; elle* sont grêles , cylindriques et unguiculées au bout ; tantàt elles sont dépourvues d'appendices, d'autres fois elles donnent naissance, par l'extrémité de leut premier article, à un palpe flabelliforme. Les pâtes des cinq ou même des six paires suivatites sont très-longues et assez semblables entre elles ; de même que les précédentes , elles sont cylindriques et très-grêles, et elles naissetît chacune sur un prolongement Cylindrique du bord de la grande lame thoracique. Leur premier article est très-lôtig , et porte à son extréfflllé un palpe flagellifbrme , côtapôsé d'un article cylindrique et d'une tlgelle liiultl-àftlculée, garnie de poils nombreux. Les atticles âuivâns delà branche principale des pâtes ne présentent rieb de remafijuable , mais se détachent très-iaciïement , de feçon qu'en g^ uéral on ne les trouve pas , et que les pâtes paraissent terminées par l'appendice cilié dont hous Venons dé parler. Les pâtes de la prelnîère paire se terminent par Utt article grêle et alongé , tandis que celles des quatre ou citiq paires suivantes sont terminées par un ongle assez fort ; celles de la dernière sont tantôt semblables aut précédentes , d*âittres fois rudimentaires, et dépourvues de palpe flâbelliformé*. Enfin on trouve souvent à la base des pates antérieures , ôû même de tous ces organes , de petits appendices vésidùlafrês qui paraissent être des vestiges du fouet ( ou branche externe ) de ces membres.
La disposition de Vabdorrièn Varié , tantôt il est alongé , divisé en anneaux bien distincts , et parfaitement séparé du thorax , qui en recouvre la base f d'autres fois il est confondu avec ce bouclier, et semble n'en être qu'un prolongement. Dans ce dernier cas il varie encore, car tantôt U est très-large à sa base , et occupe tout re»pâce eompris étltre
DES CRUSTACÉS. J^jS
les pâtes postérieures ; tandis que d'autres fois il estrudimentaire et logé au fond de Tangle rentrant , formé par le bord de la lame thoracique. Presque toujours on peut cependant y distinguer six ou sept anneaux , dont le dernier forme avec les appendices du segment suivant une nageoire caudale plus ou moins développée. Quant aux fausses pâtes , fixées sous Tabdomen , leur nombre varie, et elles sont en général rudimentaires.
Le système nerveux des Phyllosomes présente un mode de conformation remarquable ; la masse formée par les ganglions céphaliques est située tout près de la base des antennes , et communique avec les ganglions thoraciques par deux cordons d'une longueur extrême. Les ganglions thoraciques ne sont pas réunis sur la ligne médiane , mais communiquent entre eux par des commissures transversales ; leur nombre est de neuf paires. Enfin , les ganglions abdominaux sont très-petits et au nombre de six paires. Llntestin paraît être droit , et dans l'intérieur du bouclier céphalique on aperçoit un grand nombre de vaisseaux qui divergent latéralement. M. Guérin pense que ces vaisseaux pourraient bien appartenir à l'appareil de la circulation j mais cette opinion ne nous paraît pas admissible , et nous pensons que cet appareil est l'analogue du foie. Nous ne savons rien sur les organes générateurs de ces Grustacéa, et leurs mœurs n'ont pas été étudiées. On les rencontre dans les mers des pays chauds ; et ^ si ce n'était par lâurs yeux d'un beau bleu, on ne les apercevrait pas lorsqu'ils flottent à la surface de l'eau , tant leur corps est transparent.
On connaît un nombre assez considérable de Phyllosomeè, et on remarque dans leur organisation des différences si grandes, qu'il faudra probablement dans la suite établir dans ce genre plusieurs divisions génériques -, mais jusqu'à ce que l'on sache quelles sont les modifications dti strudtUte dépendantes du sexe et de l'âge ^ on ne peut bien apprécier la valeur de ces différences , et il nous a paru pré&rftble de les prendre seulement pour base de sim]^ 8<Hi»*geÂ90é.
Les Phyllosomes forment , à raison de ces différences, trois groupes naturels, qu'on peut distinguer aux caractères Àiivans :
PHYLLOSOMES ayant l'abdomen
bien distinct da thorax^ grand J
divisé en anneaux, et terminé > Phyllosomes
Sar une nageoire caudale assez iordi haï ris. éveloppée. y
Abdomen en gé- 1
néral rudimen- J
taire et loçé aul intimement uni! milieu dune /Ph\llosomes au thorax, sans I grande échancru- 1 brevicaudes. divisions bien I re du bord posté- r distinctes et ter- ) rieur du thorax. I miné par une nageoire caudale très-petite.
Abdomen grand, triangulaire , et occupant toute la longueur dubord postérieur de la l carapace.
Phyllosomes laticaudrs.
SOUS-GEHBE DES PHYLLOSOMES ORDINAIRES.
Les Phyllosomes de cette division se rapprochent plus que les autres des Garidioïdes et des Amphions ; car leur abdomen, quoique aplati, ressemble beaucoup à celui des Salicoques. Le bouclier céphalique est ovalaire et très-alongé. Les antennes externes sont sétacées , très-longues , en général divisées en plusieurs articles et sans dilatation , en forme d'oreille au côté externe de leur base. Les pâtes des deux premières paires , qui correspondent aux pates-mâchoires de la seconde et de la troisième paire chez les Décapodes, portent un palpe flabelliforme. La lame thoracique est à peu près circulaire , et son fond postérieur est étroit et peu ou point échancré. Les pâtes postérieures sont rudimentaires. Enfin l'abdomen est assez grand , ne se rétrécit pas notablement en arrière , se compose d'anneaux bien distincts, et se termine par une nageoii^ caudale, dont les quatre lames latérales sont presque aussi longues que la lame médiane.
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