‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animauxChapitre 105 sur 376 · TRIBU DES CLOPORTIDES TERRESTRES · texte numérisé non relu

TRIBU DES CLOPORTIDES TERRESTRES

Les Cloportides terrestres se reconnaissent à la disposition des dernières fausses pâtes, dont les deux appen-

(0 Oniscus , Cuvicr , Journal d'Kist. nat. t. 2. — Fabricius, Supplcm. — Ligia , Latreillc , Hist. des Crust. t. 7. — Desmarest, Consid. p. 118. — Lygidium, Brandt, Monographiœ Crustaceorum Oniscodorum , p. 11.

(2) Oniscus agilis , Persoon. Panzer Fauna Germ. fasc. 9, fig. 24. — Lygidium Persoonii , Brandt, Conspectus, p. 12.

(3) Oniscus hypnorum , Guvier, Journal d'ilist. nat. t. 2 , p. 21 , PL 2G , fig. 3,4,5. — Fabricius, Supplcm. p. 3oo. — Lygia hypnorum , Bosc, Hist. des Crust. t. 2 , p. 190. — Latreille , Gênera Crust. et Ins. t. i, p. 68; et Hist. nat. des Crust., etc. t. 7, p. 3 1. — - Desmarest, Coniid sur les Crust. p. 118.

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dices terminaux ne sont jamais à découvert (1). Mais le caractère le plus important qui les sépare des autres Crustacés de la même famille , et qui les distingue en même temps de tous les autres Ednophthalmes connus, est fourni par le mode de conformation des fausses pâtes abdominales des deux ou quatre premières paires. Ces appendices servent à la respiration comme chez tous les autres Isopodes ; mais au lieu de constituer des branchies, ils remplissent les fonctions de poumons , car ils renferment des organes creux dans l'intérieur desquels l'air atmosphérique pénètre directement à travers des ouvertures diversement disposées (2). Aussi les Cloportides vivent-elles toujours sur la terre, et périssent-elles par l'asphyxie lorsqu'on les plonge dans l'eau. Il est aussi à noter que le filet terminal de leurs antennes externes est court et composé seulement de deux ou de trois articles.

On a subdivisé ces animaux en un assez grand nombre de genres, mais ils ne présentent dans leur organisation que trois types principaux ; aussi les distribuerons - nous en trois groupes reconnaissables aux caractères indiqués dans le tableau placé en regard de la page.

DIVISION DES PORCELLIONIDES.

Les Cloportes, les Porcellions et quelques autres petits genres voisins , constituent un petit groupe parfaitement naturel qui se distingue des autres Isopodes de la même famille par la conformation des antennes

(1) PI. 32, lig. 21.

(2) Voyez pour plus de détails à ce sujet les planches que nou!» avons insérées dans la nouvelle édition du Règne, animal de Cuvier (Grust. ri. 71 bis).

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et les appendices abdominaux do la dernière paire, et nui ne se laisse subdiviser que d'après des caractères d'une très-faible importance , tirés du nombre des articles des grandes antennes.

Les Porcellionides ont le corps ovalaire et médiocrement voûté. La tète est transversale, et terminée antérieurement par une surface verticale , surmontée par un bord frontal arqué, et plus ou moins saillant au milieu, et par deux lobes ou prolongemens latéraux qui s'avancent horizontalement en forme de lames au-dessus et en dehors de la base des antennes externes. Les antennes internes sont rudimentaires , et consistent en un petit stylet composé de trois articles ; les externes sont au contraire grandes et s'insèrent en dehors des précédentes à la face antérieure de la tète ; on y compte sept ou huit articles , dont le second est très-dilaté en dedans, dont le quatrième et surtout le cinquième sont très-allongés , et dont les deux ou trois derniers forment un petit fdet terminal assez gros. La bouche est très-saillante. Les mandibules sont courtes , fortement armées de dents . et garnies aussi , dans leur bord préhensile , d'une petite pièce mobile. Les mâchoires de la première paire se composent de deux branches, dont l'externe est assez large et armée de grosses épines à son extrémité , et dont l'interne est grêle et porte près du bout un petit appendice mobile. Les mâchoires de la seconde paire ne consistent qu'en une lame semi-membraneuse arrondie antérieurement ; enfin les pates-mddioires sont très-déreloppées, et consistent en un grand article valvulaire , terminé par une petite branche mobile de deux articles, et garni à sa base d'un appendice stvliforme qui se loue sous le bord externe. Le thorax se prolonge de chaque coté sous la forme de lames minces ,

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et enchâsse profondément la tête et la hase de l'abdomen ; mais on n'y distingue pas de pièces épimériennes, à moins qu'on ne considère comme telles de petites écailles rudimentaires fixées à la face inférieure des six derniers anneaux au-devant et en dehors de l'insertion des pâtes. Ces derniers organes sont de longueur médiocre, et naissent très-loin des bords latéraux du corps ; ils sont grêles , extensibles , et terminés par un petit ongle, dont le bord inférieur présente, près de son extrémité , un petit tubercule. Les deux premiers anneaux de V abdomen sont beaucoup moins larges que le dernier anneau thoracique et le troisième anneau abdominal qui se rencontrent de chaque côté, et de façon à entourer de toutes parts les deux segmens dont nous venons de parler. Les troisième , quatrième et cinquième anneaux sont larges et de même forme que les anneaux thoraciques ; enfin , le sixième est petit et triangulaire. Les fausses pâtes des cinq premières paires sont reployées sous l'abdomen et ne présentent, dans leur forme, rien de bien particulier ; mais la grande lame terminale de celles des deux premières paires, au lieu d'être branchiale comme d'ordinaire, présente sous leur bord postérieur une cavité dont le fond est percé de plusieurs trous, par lesquels l'air pénètre dans une sorte d'arbuscule respiratoire logée dans l'épaisseur de ces appendices. Chez le mâle, l'article basilairede ces fausses pâtes donne aussi attache à un appendice styliforme très-allongé; les stvlets de la première paire sont réunis sur la région médiane par leur base, et servent de gaine à l'espèce de verge membraneuse par laquelle se termine l'appareil générateur (1). Chez la femelle, ces

(i) Voyez la nouvelle édition du Règne animal de Cuvier, Cvust. PI.' 71 et 71 bis.

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stylets sont remplacés par de petits lobes semi ^membraneux. Les lames terminales des trois paires de fausses pâtes suivantes sont simplement membraneuses. Enfin, les dernières fausses pâtes consistent en un article basilaire qui est logé dans l'angle rentrant, laissé entre le cinquième et le sixième anneau, et qui porte deux appendices, l'un externe et terminal plus ou moins styliforme, l'autre interne et logé sous l'abdomen.

Les Porcellionides babitent les jardins , les vieux murs , etc. , et recherchent les endroits frais ou humides. La femelle porte ses œufs et même ses petits sous son thorax , et ceux-ci ne sont pourvus d'abord que de six anneaux thoraciques bien développés et de six paires de pâtes ambulatoires ; le septième anneau est rudimentaire , et lorsque la dernière paire de pâtes commence à se former, elle est reployée sous le thorax. Ces Crustacés paraissent se nourrir indifféremment de matières végétales et animales.

Ce groupe a été divisé en six genres ; il aurait peutêtre mieux valu n'en former qu'un genre unique, mais la marche contraire étant adoptée par tous les zoologistes de nos jours, nous avons cru devoir nous y conformer ici. {Voyez\z tableau, p. 120.)

genre CLOPORTE. — Oniscus (1).

Cette petite division comprend les Porcellionides dont les antennes externes s'insèrent sous le bord antérieur de la tête, de façon à en être recouvertes à leur base, et sont composées de huit articles dont les trois derniers constituent une sorte de tigellc terminale (PI. 32, fig. 22).

(i; Oniscus, Limi,, Fabiicius, LuUeillc3 etc.

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i. Cloporte des murs. — 0. muranus (j).

Corps lisse. Front arqué au milieu et peu saillant ; ses lobes latéraux étroits et très-saillans. Angles antérieurs du premier anneau thoracique atteignant presque le niveau de l'extrémité des lobes latéraux du front. Les angles postérieurs du dernier anneau thoracique atteignant le niveau du cinquième anneau abdominal : les anirles latéro-postérieurs de celui-ci atteignant presque le niveau de l'extrémité du dernier article abdominal, lequel est très-allongé , légèrement caréné en dessus et styliforme dans ses deux tiers postérieurs. Longueur, environ 8 lignes. Couleur, gris noirâtre en dessus, avec deux rangées de taches jaunes sur le dus et de chaque côté deux rangées de taches blanchâtres sur les flancs ; dessous du corps blanchâtre.

Très-commun en France , en Allemagne et dans les pays voisins. (CM.)

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