TRIBU DES CYMOTHOADIENS RAVISSEURS
Cette division , caractérisée par l'existence d'une ou de deux paires de pâtes préhensiles , suivies de six ou de cinq paires de pâtes simplement ambulatoires , ne renferme encore qu'un seul genre ; il serait par conséquent inutile de nous arrêter sur les généralités son histoire.
Genre SÉROLE. - Serolis (1).
Le genre Sérole , établi par Leach , pour recevoir un petit Crustacé déjà connu de Fabricius , et confondu par ce naturaliste avec les Cymothoés , est un des groupes les plus remarquables de l'ordre des Isopodes , et ressemble beaucoup , par l'aspect général du corps , aux Calymènes et aux Asaphes parmi les Trilobites.
Le corps de ces Crustacés est très-déprimé , de forme ovalaire, et marqué , dans toute sa portion moyenne , par deux sillons longitudinaux , de façon à paraître divisé en trois lobes comme chez les Trilobites. La tête est soudée au pre-
(i) Oaiscus , Fabricius, Mantissa, p. 240. —Asellus, Olivier, Encyclop. t. 4 , p. 25a — Cymothoa , Fabricius , Entom. Syst. t. 2, p. 5o3. — Latreille, Hist. des Ins. , etc., t. 7. — Serolis, Leach, des Dict. Se. nat. t. 12, p. 33g. — Desmarest , Consid. p. 2?3. — Latreille, Règne anim. t. 1, p. i32.
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mier anneau thoracique, et constitue avec lui un grand bouclier dont le bord antérieur est semi-circulaire ; un sillon assez profond indique le point de jonction de ces deux parties , et une petite crête transversale donne quelquefois à la portion thoracique de ce bouclier l'apparence d'être composée de deux segmens. La tête elle-même a une forme irrégulièrement triangulaire et ressemble à un écusson ; elle porte de chaque côté, sur sa face supérieure, une protubérance, au sommet de laquelle se trouve un œil réniforme, à cornéules bien distinctes; les yeux sont par conséquent placés plus près de la ligne médiane que du bord latéral du bouclier céphalothoracique, et ressemblent beaucoup à ceux des Trilobites. Lescinqsegmensthoraciquesquisuivent sonttrèsdéveloppés et divisés en trois lobes , dont les deux latéraux sont formés par les pièces épimériennes lamelleuses et trèsdéveloppées. Le septième anneau thoracique est presque rudimentaire, et se trouve enchâssé au fond de l'angle rentrant formé par le bord postérieur de l'anneau précédent. Enfin l'abdomen ne présente que trois articles distincts, dont les deux premiers sont plus ou moins étroits et le dernier grand et scutiforme.
Les antennes sont grandes et dirigées horizontalement en dehors , en suivant le bord du bouclier céphalothoracique; celles de la première paire s'insèrent au-devant du front de chaque côté d'un petit prolongement rostriforme, et se composent d'un pédoncule de quatre articles ( dont les deux premiers sont beaucoup plus gros que les deux derniers), et d'un filet terminai multi-articulé. Celles de la seconde paire s'insèrent en dessous et en arrière des précédentes ; elles sont beaucoup plus grandes et se composent aussi d'un pédoncule et d'un filet terminal multi-articulé; le second article de leur pédonculeest dirigé en avant et dépasse les bords des antennes supérieures, de façon que clans la position ordinaire celles-cise trouvent entre le bord du bouclier céphalothoracique et la portion terminale du pédoncule des antennes supérieures ; enfin cette portion transversale , composée de trois articles ,
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dont les deux derniers sont très-grands, est prismatique et arquée. \J appareil buccal est peu saillant et situé assez loin en arrière ; Vépisîome a la forme d'un fer à cheval , dont le sommet serait prolongé en pointe et s'avancerait entre la base des antennes de la seconde paire ; la lèvre supérieure , reçue dans l'échancrure semi-circulaire de cette pièce, est terminée par un bord presque droit. Les mandibules sont crosses, courtes, et pourvues d'une longue tigepalpiforme. Les mâchoires ne présentent rien de bien remarquable. Enfin les pates-mâchoires sont operculiibrmes et se composent d'une grande pièce presque circulaire qui offre vers sa partie supérieure une grande échancrure, dans laquelle s insère une petite branche palpiforme, large et courte.
Les paies s'insèrent très-loin de la ligne médiane, mais aussi très-loin des bords latéraux du thorax, et circonscrivent un espace ovalaire, qui , chez la femelle , est recouvert par quatre paires de grandes lames constituant comme d'ordinaire une poche ovifère. Les pâtes de la première paire sont terminées par une grosse main parfaitement sub-chéliforme, dont la griffe est très-grande ; chez la femeile , toutes les pâtes suivantes sont semblables entre elles et simplement ambulatoires 5 mais chez le mâle , celles de la seconde paire se terminent par une petite main sub-chéliforme.
Les fausses pâtes abdominales sont de trois espèces. Celles de la première , de la seconde et de la troisième paire sont très- petites , et ressemblent beaucoup à celles des Sphéromes ; elles se composent d'un article pédonculaire allongé et dirigé en travers , qui porte au milieu de son bord postérieur une lame ovalaire, et à son extrémité une seconde lame de même forme que la précédente , mais plus grande et garnie comme elles, sur le bord, de longues soies plumeuses ; chez le mâle , la lame terminale interne des fausses pâtes de la seconde paire donne attache aussi à un appendice styliforme extrêmement long. Les fausses pâtes de la quatrième et cinquième paire sont au contraire très-grandes ; elles recouvreiit toute la face inférieure de l'abdomen , et se
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rapprochent, par leur conformation, decelles desCymothoadiens ordinaires ; chacune d'elles se compose d'un article pédonculaire très-petit, et de doux appendices lamelleux extrêmement développés, dont le bord interne est droit, le bord externe à peu près semi-circulaire, et l'extrémité prolongée en ponte ; ces lames sont superposées l'une sur l'autre , et ne sont pas ciliées sur les bords ; celles des fausses pâtes de la cinquième paire sont toutes deux entièrement membraneuses et à peu près des mêmes dimensions ; mais aux fausses pâtes de la quatrième paire , la lame postérieure seule est molle, et l'autre beaucoup plus grande et d'une texture semi-crustacée recouvre les suivantes, et s'enchâsse exactement dans une excavation formée par le rebord du grand segment scutifoi me de l'abdomen , de façon à constituer un véritable opercule assez analogue à celui des Idctées. Enfin les fausses pâtes de la sixième paire s'insèrent sous le bord latéral de ce segment scutiforme , et forment, comme chex les autres Isopodes de cette famille, une sorte de petite nageoire caudale, lorsque les deux lames qui les terminent s'écartent l'une de l'autre.
Nous ne savons rien sur les mœurs des Séroles ; mais à en juger par leur conformation, il nous parait probable qu'elles s'attachent aux poissons sans s'y fixer à demeure comme les Cymothoés.
i. SÉrole de Fabricrs. — S. Fahricii (1).
Une crête transversale de chaque coté du bouclier céphalothoracique au niveau du milieu des yeux. Les deux premiers articles de l'abdomen petits , et ne dépassant pas notablement , snr les côtés , le dernier qui se termine par une pointe arrondie et
(1) Oniscvts pavadoxa , Fabricius , Mantissa , t. i , p. 2'o. — Asellus paradoxa , Olivier , Enryclop. méthojd. t. 4 ' P- 2^2. — Cymothoa parudox.i, Fabricius, Eut. Syst. t. 2, p. 5o3. — Latreille , Hist. nat. des Oust. , etc., t. 7, p. ->.i. — Serolis Fabricii , Leach, Dict. «les Se. nat. t. 12, p. 3';o. — Desmavest, Consid. p. 293. — Serolis, Backîand, Gcology and Mineralogy, vol. 2, 1*1.45, fig. 6, 8.
présente en dessus cinq crêtes lisses disposées en pâtes d'oie. Les dernières fausses pâtes termine'es par des lames obtuses au bout, et se prolongeant beaucoup au delà de l'extrémité de l'abdomen. Longueur, environ 1 1 lignes.
Habite les atterrages de l'île de Feu ; et, suivant Leach, se trouverait aussi au Sénégal ( Musée britannique de Londres ).