Amphitoê carénée. — A. Carinata
Dos caréné et armé de grandes dents formées par un prolongement médian du bord postérieur du dernier anneau thoracique , et des quatre premiers anneaux de l'abdomen. Front armé d'un rostre courbe , obtus et bien visible. Yeux circulaires. Antennes courtes et de la même longueur. Second article du pédoncule des supérieurs moins long que le premier. Pâtes des deux premières paires égales entre elles, petites et terminées par une main sub-ovalaire. Pâtes postérieures courtes. Abdomen terminé par une petite lame divisée en deux lobes ovalaires.
Habite les côtes du Groenland.
(1) Krôyer, op. cit. p. l\i, PL 2, fig. 9.
(2) Krôyer, Grùnlamls Amfïpoder , p »3, PI. 1 , Kg. 6.
L'Amfhitoê scie de M. Say (r) a le dos dentelé comme les espèces précédentes, mais paraît s'en distinguer par l'existence de trois épines saillantes situées à égale distance l'une de l'autre sur le bord inférieur de chacune des mains.
Genre CREVETTE. — Gammarus (2).
Le genre Crevette ou Chevrette a été établi par Fabricius , mais avec des limites bien différentes de celles qu'on y assigne aujourd'hui , car ce zoologiste y faisait entrer nonseulement tous les Amphipodes connus à l'époque où il écrivait , mais aussi les Lœmodipodes et quelques Entomostracés. Lamarck et Latreille en commencèrent la réforme : le premier retira de ce groupe les Chevrolles et les Entomostracés ; le second distingua les Talitres et les Phronimes des Crevettes proprement dites. Enfin le genre qui porte aujourd'hui ce nom est encore plus restreint, et dans le système de Leach , qui a été adopté par Desmarest et par Latreille, il faut, pour le distinguer des genres voisins , avoir égard aux modifications les plus légères de l'organisation. ,
Dans les Crevettes proprement dites, le corps est toujours d'une forme assez svelte ; les antennes sont grêles et allongées ; celles de la première paire , en général presque aussi longues que les inférieures, se composent d'un pédoncule formé de trois articles et de deux tiges terminales sétacées et annelées, dont l'une est très-longue, et l'autre courte et rudimentaire. Les antennes de la seconde paire ont également
(i) Amphitoe serrata , Say, Journal of thc Acad. of Philad. vol. i , p. 382. — Edw. loc. cit.
(2) Cancer, Linné, Herbst, etc — Oniscus, Pallas, Spicil. Zool. — Othon, Fabricius, Fauna, Groenl — Squilla, Degéer, Mém. pour servir à l'hist. des Ins. t. 7. — Gammarus, Fabricius, Ent. syst. t- 2, p. 5i/|.. — Latreille, Hist. nat. des Crust., etc. ; Règne anim. , etc. — Leach, Trans. of tlie Lin. Soc. vol. 11. — Larnarck, Hist. des anim. sans vert. t. 5. — Desmarest, Consid. — Edw. Ann. des Se. nat. t. 20. — Krôyer , Grônlands Amfipoder. — Ratke , Fauna der Kryni, etc.
un pédoncule qui est composé de quatre articles, dont les deux premiers très-petits , et d'une tige terminale multiarticulée. L'organisation de la bouche est à peu près la même que dans les genres précédons ; les mandibules portent une longue tige palpiforme, composée de trois ou quatre articles ( PI. 29, fig. 7) ; la lame terminale interne des mâchoires de la seconde paire ne présente pas d'appendice comme chez les Talitres (fig. 10); enfin les branches ou tiges palpiformes des pates-mâchoires se terminent par un article plus ou moins aigu et ordinairement onguiforme ( PI. 29, fig. 6). Les pâtes de la première paire sont en général moins grandes que celles de la seconde paire ; elles sont toujours élargies et aplaties vers le bout, et Pavant-dernier article complète avec le précédent une espèce de main , sur laquelle s'infléchit l'article terminal qui a presque toujours la forme d'une griffe préhensile. La disposition des pâtes de la seconde paire est la même ; seulement la griffe qui les termine est toujours assez développée pour agir comme organe de préhension. Les pâtes des cinq paires suivantes ne présentent pas d'élargissement terminal , et leur dernier article ne peut s'infléchir sur ceux qui le précèdent ; aussi sontelles simplement ambulatoires. Quant à l'abdomen, on n'y observe rien de remarquable.
Les Crevettes sont des Crustacés essentiellement aquatiques : on en connaît qui habitent dans l'eau douce , mais la plupart d'entre elles vivent dans la mer, à peu de distance des côtes ; on ne les voit pas venir sur le rivage comme les Talitres et les Orchesties , mais on les trouve souvent dans les petites flaques d'eau que la mer laisse en se retirant , ou cachées parmi les fucus qui tapissent les rochers ; d'autres se tiennent habituellement sur les bancs d'Huîtres, à des profondeurs assez considérables.
^ i . Espèces dont les veux sont ovalaires , réniformes ou linéaires . A. Bord postérieur des trois premiers segmens de V abdomen droit et ne se prolongeant pas de manière à former une grosse épine ou dent médiane.
a. Des épines sur la portion dorsale du quatrième cl du cinquième anneaux abdominaux.
i. Crevette locuste. G. locusla (i).
Les antennes supérieures ne sont guère plus longues que les inférieures ; les trois articles qui forment leur pédoncule, sont pelits, et diminuant progressivement de longueur; la tige terminale est composée d'environ vingt-cinq petits articles , et garnie de poils très-courts. Appendice sétacé accessoire composé d'environ sept articles. Le pédoncule des antennes inférieures beaucoup plus long que celui des supérieures, qui ne dépasse pas son avant-dernier article. Tige terminale assez courte, formée seulement d'à peu près sept articles. Yeux grands, ovalaires et un peu rèniformes. La tête ne présente pas en avant de saillie notable. Les pieds des deux premières paires sont presque de la même longueur ; les secondes cependant sont les plus grandes; la main plus grande chez le maie que chez la femelle , formée par l'élargissement du pénultième et de l'antépénultième article, plate, allongée et assez étroite ; son bord inférieur est presque parallèle au supérieur, et la griffe mobile qui la termine s'appliquant sur toute la longueur de son bord antérieur, mais ne se prolongeant pas sur l'inférieur. Les pièces latérales du thorax, qui emboîtent l'origine des huit premières pâtes , sont très-développées , et cachent la plus grande partie des hanches correspondantes; les lames foliacées , formées par le premier article des six dernières pâtes, sont également très-grandes , un peu plus larges en haut qu'en
(i) Oniscus pulex? Otlion Fabricîus, Fauna Groenlandica, p. i5\, n. 23l. — Cancer Gammarus locusta , Montagu , Tians. of the Linn. Soc. vol. IX, p. i)2 , tab. 4> &£• 1- — Gammarus locusla, Fabricius, Ent. syst. t. n, p. 5i6. — Leach , Edinburgh Encyelop. ait. Crustaeea, Trans. of the Linn. Soc. vol. XI, p. 35q. — Desmarest , Consid. sur les Crust. p. 267. — Edw. Ann. des Se. nat. t. 26. — Kri>yer Gronlands Amfipoder, p. 27. — Ratlike , Fauna dcrKrym, p. 072, PI. 5, fig. ii-i4-
bas , et à peu près ovalaires. Les appendices membraneux , fixés à la face inférieure des six derniers anneaux du thorax , sont très-larges, plats, d'abord arrondis, puis presque carrés. Enfin les appendices qui représentent les palpes des mêmes pâtes, et qui servent a soutenir les œufs, ont la forme de lanières cornées, longues, étroites et ciliées sur les bords. Les trois premiers anneaux de l'abdomen lisses en dessus, et supportant des fausses pattes natatoires très-allongées. Les trois anneaux suivans changent brusquement de direction, se dirigeant en bas, diminuant progressivement de grandeur, et présentant à leur partie supérieure, près du bord postérieur, un petit faisceau d épines-, les fausses pâtes qui y correspondent grandes , et dépassant de beaucoup l'extrémité postérieure du corps : celles du quatrième segment se prolongeant un peu plus loin que celles de la cinquième paire , et terminées, comme elles, par deux articles styliformes, garnis de fortes épines, et presque aussi longs que leur pédoncule. Les fausses pâtes de la sixième paire sont disposées de même que les précédentes, mais les dépassent de beaucoup ; les stjlels qui les terminent très-grands, garnis de fortes épines , et presque égaux entre eux -, enfin le septième segment abdominal représenté par une paire d'appendices situés au-dessus des précédents , dirigés en haut et portant à leur sommet deux épines rudimentaires.
Cette espèce est la plus commune sur les côtes de l'Angleterre et de la France ; elle se trouve aussi jusqu'auprès de l'Islande et dans la Méditerranée. On la rencontre presque toujours sous les pierres et les varecs , à peu de distance du rivage; sa longueur , mesurée de la tête à l'extrémité de l'abdomen , est d'environ huit lignes, et sa couleur est d'un jaune grisâtre très- pâle. (G. M.)