‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animauxChapitre 4 sur 376 · TRIBU DES MARCHEURS · texte numérisé non relu

TRIBU DES MARCHEURS

Corps peu ou point corn i i nu. ; pièces épimériennes petites et n'encaissant pas les pâtes hausses pales des trois dernières paires terminées par de petites lames natatoires et ne constituant pas un organe!

«le- saut.

CRIISIACES, IOMt m, page II.

:onde paire terminées par une ■ „

, ,,.r,5„. r 10BCHE6T1E.

cfiehlorme. )

courtes que le pédoncule des l de main sub-chéliforme.

antennes inférieures , et guère plus longues que la tète. Mandibules<& dépourvues de liges palpiformes. t Pâtes de la seconde paire non préhensiles.

Talitre.

/ Point de pâtes!

préhensiles-

Antennes supérieures Ipresque toujours plus llongues que le pédon- Fcule des inférieures , et toujours beaucoup plus longues que la tête.

, Mandibule! portantune > longue tige palpiforme.

I Antennes supérieures / Antennes supérieures très-courtes et grosses à leur base. Lïsukassk. [ pourvues d'un filetler-j

( Antennes supérieures longues et grêles Alibroti.

/' Antennes supérieures très-courtes , et grosses à leur

I minai accessoire.

{ PnLus.

! AcANTHONOTI

Pâtes de la seseconde paire et presque toujours aussi celles de la première paire terminées parune l main préhensile 1 subchéliforme.

Antennes supérieures! base; les inférieures extrêmement petitts. terminées par un seul/

filet multi-articulé. i Antennes supérieures assez longues et grêles; les l inférieures aussi grandes que les supérieures.

/ Pâtes des cinq dernières paires pré-/ Antennes supérieures pourvues d'un), hensiles; leur pénultième article étant l filet terminal accessoire. )

élargi , et le dernier en forme de <

griffe mobile comme aux pales des/ Antennes supérieures dépourvues de * , deux premières paires. \ filet accessoire. )

te) »

j Amphitoe.

Antennes supérieures dépourvues filet accessoire.

/ Griffe des pales 1 de la première paire formée par j le dernier article seulement.

Pâtes des cinq dernières paires ( non préhensiles

Antennes supérieures pourvues d'un filet mulli -articulé accessoire-

Antennes supérieures \ insérées au-dessus desfp inférieures sur la même ( BTTB'

1 ligne. )

Antennes supérieures l i insérées à l'extrémité j | d'un prolongement fron

lai qui s'avance beau- MschïrocÈhi

coup au-dessus de l'inser-|

tion des antennes inféi Heures.

u-Vl

Pales de la seconde paire non préhensiles.

Griffe des pâtes de la première paire formée par les deux) , \derniers articles de ces membres. t Le°cothos.

Pales de la première paire préhensiles Uiicioie

Pâtes de la première ( Antennes inférieures terminées par un filet flexible, mulli-arliculé. . . Dexamink.

paire non préhensiles, i . . . -, . , ,.„

V Antennes inférieures pediformes , Corophie.

S Griffe des pales de la seconde paire simple. PodocÈre

Griffe des/" Anlenr.es inférieures pediformes Cerapode.

paire préhensiles. -\patcs ,de .la)

Antennes inférieures ( Dcs P»1" =• tous les anneaux du thorax Ericthonie.

non pediformes. j „„ , , ... , ,

V Pas de pales au milieu du thorax Céhapowhi.

) seconde paire \ /composée dej L deux articles. \

DESCPxUSTACÉS. II

côtés de l'abdomen. Enfin, les quatre derniers anneaux du corps sont peu mobiles, et forment , avec les trois paires de membres qu'ils supportent , une espèce de queue styiifère qui se replie sous le thorax , et qui , en se redressant brusquement, à la manière d'un ressort qui se détend , agit comme un organe de saut et lance l'animal au loin.

Les mœurs de ces petits Amphipodes sont en rapport avec leur organisation ; lorsqu'ils nagent, ce n'est pas dans la position verticale comme les autres Crustacés , mais couchés sur le flanc ; lorsqu'ils sont hors de l'eau , leur mode de locomotion est également caractéristique, ils ne marchent que difficilement, mais sautent et bondissent avec une force et une agilité extrêmes.

On peut distinguer dans cette tribu deux races dont les caractères sont assez tranchés. Les uns, essentiellement arénicoles, ne présentent au plus que des vestiges d'une tige palpiforme aux mandibules, tandis que les autres, qui vivent habituellement dans l'eau et ne viennent guère sur la plage, ont les mandibules garnies d'une tige palpiforme très-longue.

Le premier de ces groupes se compose des genres Talitre et Orchestie ; le second, des genres Crevette, Amphitoe, Isœa, Anisope, Lysianasse, Alibrote, Phlias, Acanthonote , lschyrocère et Leucothoé , divisions qu'il est facile de distinguer à l'aide des caractères indiqués dans le tableau ci-joint.

Genre TALITRE. — Talilrus (1).

Le genre Talitre a été établi par Latreille pour recevoir non-seulement les Crevettines auxquelles on donne aujour-

(i) Cancer, Linn. Syst. nat. — Gammarus , Fabricius . Entomol. Syst. — Oniscus, Pallas , Spicilegia zoologica , i'asc 9.—

d'hui ce nom, mais aussi les Orchesties qui en ont été séparées par Leach.

Le corps de ces petits Crustacés (PI. 29, fig. 1) est moins svelte que celui de la plupart des Crevettines. Les antennes supérieures ne dépassent qu'à peine l'avant-dernier article du pédoncule des antennes inférieures et ne sont guère plus longues que la tête ; elles sont subulées et formées d'un pé~ doncule de trois articles dont le premier est le plus court et d'une petite tigelle terminale multi-articulée. Les antennes inférieures sont au contraire remarquables par leur longueur, qui excède quelquefois celle du corps ; le dernier article du pédoncule de ces organes est beaucoup plus grand que les articles précédents , et leur tige terminale est assez grosse jusque vers le bout. Les mandibules (fig. 3) ne présentent que des vestiges d'un appendice palpiforme , ou en manquent même complètement. Les mâchoires de la première paire se terminent par deux lames , dont l'interne est plus ou moins styliforme , et dont l'externe , assez large , porte sur son bord antérieur une rangée d'épines. Les mâchoires de la seconde paire portent sur le bord interne de la lame terminale interne un petit appendice filiforme qui n'existe pas chez les Crevettes. Les pates-mâchoires sont larges à leur dernier article au lieu d'être terminées par un ongle aigu et obtus. Le thorax ne présente rien de remarquable, si ce n'est que les lames épimériennes du cinquième anneau sont presqu'aussi développées que celles situées plus antérieurement , tandis que chez les Crevettes et tous les autres Sauteurs excepté les Orchestiens, ces pièces sont trèsétroites et semblables aux lames épimériennes des deux der-

Othon Fabricius , Fauna Groenland. —Talitrus , Latreille , Gênera Crust. vol. i, p. 57; Hist. des Grust. et Ins. t. 6, p. 294; Règn. anira. de Cuv. 2e édit. t. 4, p. 119; Cours d'Entom. p. 396, etc. — Bosc, Hist. des Crust. t. 4, p. —Leach, Art. Crust. , Edinb. Eucyclop. et Trans. of the Linn. Loc. vol. XI, p. 359. — Risso , Crustacés de Nice , etc. — Say , Crust. of the United states. Jour, of the Acad. of Philad. vol. 1 , p. 384- — Desmarest, Consid. sur les Crustacés , p. 260. -- Edwards , Ann. des Se. nat. t. 20.

DES CRUSTACÉS. l3

niers anneaux thoraciques. Les pâtes antérieures sont grêles et non préhensiles; celles de la première paire sont terminées par une griffe immobile , dont la conformation varie ; celles de la seconde paire sont tantôt faibles et repliées sous le thorax , tantôt fortes et terminées par une griffe non préhensile ; dans ce dernier cas elles paraissent devoir agir comme des organes fouisseurs. Les pâtes suivantes ne présentent rien de remarquable; toutes sont terminées par une griffe légèrement recourbée et non préhensile. Enfin , les appendices des trois derniers anneaux de l'abdomen sont courts et épineux, et les rudimens du segment caudal affectent la forme d'un petit tubercule médian épais et triangulaire.

Les Talitres habitent les plages sablonneuses ; elles aiment à se cacher sous les débris de plantes marines amoncelées sur le rivage, et sautent avec tant d'agilité qu'on leur a donné le nom populaire de Puces de mer; c'est aussi à cause de la manière dont elles bondissent sur le sol que les naturalistes les ont appelées Talitres (1). Elles vivent réunies en troupes très-nombreuses, et dévorent rapidement les cadavres des petits animaux rejetés par la mer : il paraît probable que c'est le besoin de chercher un lieu humide qui les rassemble sous les débris de fucus , et lorsqu'on les en chasse , on les voit bientôt s'enfouir dans le sol qu'elles creusent avec leurs pâtes de devant , en même temps qu'elles rejettent derrière elles , avec leurs pâtes postérieures , le sable qu'elles ont ainsi détaché.

i. Talitre sauteuse. — T. saltator (2).

Antennes inférieures très-longues (chez le mâle plus longues que le corps et chez la femelle atteignant le niveau du quatrième anneau de l'abdomen). Yeux circulaires. Pâtes de la première

(1) De Talitrum , qui signifie une chiquenaude.

(2) Squilla saltatrix , Klein, Remarques sur les Crustacés; fig. D-F. — Oniscus locusta , Pallas , Spicil. zool. fasc. 9, tab. l\t fig- 7. — (Cette figure est reproduite dans llerbst, PI. 36, fig. 1, et dans l'Encyclopédie, PI. 328, fig. 9). — Cancer locusta, Linné.

paire grandes et épineuses; leur pénultième article cylindrique et beaucoup moins grand que l'article précédent ; enfin , leur ongle gros et conique. P<tles de la seconde paire plus petites, faibles et habituellement reployées sous le corps; leur premier article ( Ou hanche) large et lamelleux , le cinquième article moins grand que le quatrième , aplati, arrondi au bout et armé à l'extrémité de son bord supérieur d'une petite pointe qui ne dépasse pas son bord antérieur et qui représente l'ongle terminal. Les pâtes suivantes épineuses. Sixième segment abdominal rudimentaire et les fausses pâtes qui y correspondent beaucoup plus courtes que celles des deux anneaux précédens. Longueur, environ 2 lignes.

Très-commune sur nos côtes du Nord et de l'Ouest. (CM.)

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