‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animauxChapitre 68 sur 376 · Oxycéphale arme. 0. armatus · texte numérisé non relu

Oxycéphale arme. 0. armatus

Tète aussi longue que tout le reste du corps , terminée par un rostre styliforme très-long, renflée au milieu dans le point occupé par les yeux , puis rétrécie dans une étendue assez considérable , et renflée de nouveau à son extrémité postérieure, où se trouve la bouche. Antennes de la première paire très-petites et terminées par une lamelle ovalaire ; celles de la seconde paire extrêmement longues et grêles. Pâtes des deux premières paires extrêmement

(i) Guérin, Magasin zool. cl. 7, PL 18, %. 2.

petites ; le premier article de celles des cinquième et sixième paires étroit et semblable à celui des pâtes précédentes. Les pâtes de la septième paire paraissent manquer complètement ; mais il existe , au point où elles devraient s'insérer, une lamelle membraneuse semblable à celle fixée près de la base des pâtes précédentes. Portion postérieure de l'abdomen très-étroite; le sixième segment, cylindrique, et terminé par un stylet impair aussi long que le corps. Les fausses pâtes des trois dernières paires trèsgrêles , très-longues , et terminées chacune par deux stylets. Longueur, environ i pouce.

Trouvé par MM. Quoy et Gaimard , en mer, entre Amboine et la Terre de Yandiemen. (G. M.)

DES CRUSTACÉS. lf>3

ORDRE DES LOEMODIPODES.

La division des Lœmodipodes ou Lœmipodes a été établie par Latreille (i) pour recevoir un petit nombre de Crustacés, confondus jusqu'alors avec les Isopodes, mais qui se rapprochent réellement davantage des Amphipodes et qui se distinguent des uns et des autres par l'état rudimentaire de toute la portion abdominale du corps, laquelle est représentée seulement par un tubercule à peine visible.

Le corps de ces animaux (2) est cylindrique ou déprimé, et se compose d'une tête très-petite, suivie de six anneaux thoraciques distincts et d'un tubercule abdominal plus ou moins obscurément divisé en deux ou trois segmens. Les antennes sont au nombre de quatre , et ne présentent rien de particulier. La bouche est garnie d'un labre à peu près circulaire; d'une paire de mâchoires fortement dentées et dépourvues de tige palpiforme; de deux paires de mâchoires lamelleuses et d'une paire de pates-mâchoires pourvues de grandes branches palpiformes, mais dont la conformation varie du reste. Les an-

(1) Nouv. Dict- d'Kist. nat. ; Fam. nat. p. 285 ; Règn. anim. 2e édit. t. 4> P 12^, etc. — Desmarest , p. 272.

(2) PI. 33 , fi- 1 , etc.

10i{ HISTOIRE NATURELLE

neaux tlioraciques ne recouvrent qu'à peine l'insertion des pâtes et ne présentent pas de pièces épimériennes distinctes. Le nombre des pâtes varie : tantôt on en compte sept paires, tantôt cinq paires seulement, et, dans ce dernier cas, ce sont en général celles des troisième et quatrième paires qui manquent ou ne sont représentées que par un tubercule donnant insertion à des appendices lamelleux ou vésiculeux. Les pâtes de la première paire, fixées en général à la tête , et celles de la seconde paire , fixées au premier segment du thorax, se terminent par une main subchéliforme; les suivantes sont aussi armées d'une griffe flexible et sont plus ou moins préhensiles. Des vésicules branchiales, analogues à celles des Amphipodes, naissent du second et du troisième anneau thoracique , quelquefois aussi du premier, mais on n'en voit aucun vestige aux trois derniers segmens. Chez la femelle il existe aussi au second et au troisième anneau des fouets' lamelleux qui, en se réunissant, constituent une poche ovifère. Enfin l'abdomen, caché entre la base des pâtes postérieures, est à peine visible, mais porte néanmoins à sa face inférieure des appendices rudimentaires.

Ce groupe, peu nombreux, a été divisé par Latreille en deux familles naturelles, qu'on peut reconnaître aux caractères indiqués clans le tableau suivant :

DES CRUSTACÉS. Io5

FAMILLE DES CAPRE LLIENS ,

OU LOOIODIPODES FILIFORMES.

Dans cette division le corps est allongé , cylindracé et très-étroit (1). Les quatre antennes sont bien développées. L'appareil buccal présente tout à fait le même mode de conformation que chez les Crevettines sauteuses (2). Les pâtes sont longues et grêles. Enfin ces animaux se tiennent parmi les plantes marines , et ne sont point parasites comme dans la famille suivante.

On y range les genres Ghevrolle , Leptomère et Nauprédie , dont les caractères distinctifs se trouvent exposés dans le tableau précédent.

Genre CHEVROLLE. — Caprella (3).

Ce genre , tel qu'il fut établi par Lamarck, correspondait à la famille entière des Caprelliens ; mais il ne comprend aujourd'hui que les espèces chez lesquelles le second et le troisième article du thorax manquent de pâtes (PI. 33, fig. 1). La télé de ces petits Crustacés est renflée en avant et se rétrécit graduellement vers sa partie postérieure, où. l'on distingue en dessus un petit sillon qui semble être la ligne de soudure de son bord postérieur avec le premier anneau thoracique. Les antennes de la première paire sont beaucoup plus lon-

(i) PI. 33, fig. i.

(a) PI. 33 , fig. a, etc.

(3) Cancer , Linn. Baster. — Onlsats, Pallas. — Squilla, ?«Inller, Zool. Dand. — Gammarus , Fabricius. — Caprella , Lamarck, Syst. desanim. sans vert. p. iG5. — Latreille, Ilist. des Oust. ; Gênera, Règn. anim., etc. — Leach, Trans. of the Linn. Soc. vol. II , p* 363. — Desmarest , Consid. p. 277.

gues que celles de la seconde paire , et se composent d'un pédoncule de trois articles et d'une tige terminale multiarticulée; celles de la seconde paire se terminent ordinairement (sinon toujours) par un article non annelé et paraissent être pédiformes. Les yeux sont petits et circulaires. Les pâtes de la première paire s'insèrent très-près de la bouche ; elles sont petites et terminées par une main ovalaire ; celles de la seconde paire , fixées au premier article mobile du thorax, sont beaucoup plus grandes et ne portent pas de vésicules à leur base. Le second et le troisième article du thorax donnent chacun attache à une paire de vésicules branchiales dans l'intérieur desquelles il est facile de voir le sang circuler en grande quantité ; chez la femelle , cette portion apode du thorax présente aussi en dessous une grande poche ovifère. Les pâtes des trois dernières paires , fixées aux trois derniers anneaux du thorax, se dirigent obliquement en arrière, et ont le pénultième article un peu élargi. Enfin l'abdomen , quoique rudimentaire , paraît être composé de trois segmens et porte près de sa base une paire de petits appendices styliformes et biarticulés.

i. Chevrolle linéaire. C. linearis (i).

Tête allongée , arrondie en dessus, et sans dents ou tubercules notables. Antennes de longueur médiocre ; les inférieures assez fortement ciliées. Premier article du thorax lisse et sans renflement notable au-dessus de l'insertion des pâtes de la seconde paire ; ni tubercules ni dents sur les deux anneaux suivans ; mains

(i) Cancer linearis ? Lin. Syst. nat. — Cancer alomos? Pennant , Brit. zool. t. 4» !*!• 22, fig. 3a? — Baster, Opus. Subs. , PI. 4, fig. 2? — Oniscus scolopcndroides? Pallas, Spicl. zool. fasc. 9, p. 78, PI. 4» fig- i5. — Gammarus linearis ? Fabricius, Ent. Syst. t. 2, p. 5 17. — Squilla quadrilobata , Muller, Zool. Danica , t. 2, p. 22, PI. 36, lig. 4-6, mâle; et t. 3 , PI. 114, %• Il et 12, fem. — Cancer linearis, Herbst, t. 2, PI. 36, fig. 9 et IO. — Caprella linearis , Latreille , Hist. des Crust. t. 6 , p. 32^, PI 67, fig. 2-5 (d'après Herbst). — Desmarest, Gonsid. p. 278. — Caprelia lolmta, Guérin, Iconogr. Crust. PI. 28, fig. 2.

DES CRUSTACÉS. I OJ

de la seconde paire à peu près ovalaires, tronquées en avant et en dessous , et armées, sur leur bord inférieur, de trois grosses dents chez le mâle , et d'une seule chez la femelle ; la griffe longue et aeuminée. Les trois derniers segmens du thorax gibbeux et armés, chez le mâle, de deux petites dentelures. Le pénultième article des pâtes postérieures élargi et armé d'une petite dent vers la base du bord interne. Longueur, environ 6 lignes. Habite les côtes de la Scandinavie et la Manche. (G. M.)

2. Chevrolle porte-pointes. C. acuminifcra (i). (PL 33, fig. i.)

Tête ovalaire , courte et arrondie en dessus. Antennes très-longues et à peine ciliées. Un renflement surmonté d'un tubercule au-dessus de l'insertion de la seconde paire de pâtes ; deux tubercules pointus sur la ligne médiane du deuxième et du troisième articles du thorax ; un seul sur les anneaux suivans. Pâtes de la seconde paire très-poilues; main fortement échancrée en dessous et garnie d'une dent très-grosse vers le milieu de son bord inférieur; griffe courte et tronquée au bout. Pénultième article des trois dernières paires de pâtes étroit et sans dent sur son bord interne. Longueur, environ G lignes.

Habite les côtes de la Manche. (G. M.)

o. Chevrolle scaure. C. scaura (2).

Tète extrêmement longue et surmontée d'une pointe conique. Antennes de la première paire deux fois aussi longues que celles de la seconde paire. Thorax lisse en dessus. Pâtes de la seconde paire grêles; la main étroite et tridentée en dessous; la griffe crochue vers le bout. Pâtes des trois dernières paires courtes et grêles. Longueur, environ 1 pouce.

Habite l'île Maurice.

(1) Puce de mer arpenteusc, Queronic, Mém. des sav. étrang. t. 3 , p. 3ay , fig. A, B. —Caprella acuminifero, Leach. — Desmarest, Consid. p. 277.

(2) Teinpleton , Trans. of thc entomol. Soc. of Lojulon , vol. 1 , p. 191 , PL 20, fig. G.

/,. Chevrolle noueuse. C. nodosa (i).

Tête arrondie, très-courte et surmonte'e d'une corne recourbe'e en avant. Antennes courtes. Thorax arrondi et sans dents en dessus ; les deux premiers articles courts et garnis en dessus de quelques soies spiniformes.

Habite l'île Maurice.

Page 1