TROISIEME FAMILLE
PAGURIENS.
Mains adactyles.
G. XIL Hippe. Hippa. Fabr.
Corcelet ovale oblong; queue munie d'appendices en nageoires.
ESPÈCE
i. H. Bleu. N. H. CœruUa. N.
H. Testa ohlonga , lutescente, in mcdio cœrulta; couda articulo ultimo uncinato. N.
Il n'est point d'espèces de paguriens sur lesquelles un certain luxe de couleur ne se fasse plus ou moins remarquer. Cette hippe diffère de celles qui* sont connues , par la forme alongéedeson corps, par sa couleur jaunâtre sur son pourtour , et d'un beau bleu d'outre -mer au milieu. Son têt est ovale, oblong, échancré sur le devant. Les yeux son*, placés sur des pédicules courts. Les antennes extérieures sont grosses , les intérieures courtes. La bouche est entourée de petits palpes soyeux.- L'abdomen est glabre. La première paire de pattes a ses articles un peu plus larges que ceux des autres pat-
HIPPES. 5l
res, lesquelles sont dépourvues de crochets. Les écailles natatoires qui sont au bout de la queue sont terminées par une pointe recourbée en-dessous. La femelle m'est inconnue.
A mesure queles naturalistes français soumettent à l'observa lion les étresqui vivent autour d'eux, on voit s'accroître le nombre des espèces des divers genres que la nature sembloit avoir rélégués dansles contrées les plus reculées de l'Europe. Lahippe que j'ai trouvée dans nos mers ne vit point en parasite sur les huîtres de nos rochers, mais elle se cache seulement dans les trous extérieurs de ces bivalves. Ayant mis plusieurs fois des hippes à la surface de l'eau, j'observai qu'elles descendoient promptement au fond , et qu'aussitôt qu'elles touchoient la coquille, elles la parcouroient en tout sens avec une vélocité extraordinaire. Quand je les irritois avec une paille, loin de s'échapper, elles venoient au contraire audevant , l'entouroient de leurs bras , et la pressoient fortement. Actifs, voraces et courageux , ces petits cr ustacés-conservent toutes ces qualités, même q uand il y a long-temps qu'ils on t été retirés de leur élément*
Dimens. long. 0,012 larg. 0,004* Séjour; dans les interstices des huîtres.
G. Xjll. Ancee. N. encens. N.
Corcelet carré j mandibules très -longues, fal-* ciformes , dentelées j queue munie de trois lames natatoires. N.
Sa *Afeunisffs. '
ESPÈCE
î* À. Foeficdlaire. N. A. Forficularius . N.
Planch. a , fig. 10.
iie corps de cette espèce est alongé , déprimé y blanchâtre. Sun tét est quarré, et tronqué sur le devant , sinueux au milieu avec une petite pointe émoussee. Les yeux sont presque sessiles , et en réseaux. Les antennes extérieures sont longues , à derniers articles déliés en soie. Les intérieures sont grosses et poilues. La bouche est armée de dieux espèces de mandibules , très-longues , solides , eu forme de faulx, dentelées sur le côté intérieur, et terminées par une pointe. Les palpes sont en forme decuillerons, et poilus. L'abdomen est presqu'a— plaii , formé de cinq segmens , dont les deux premiers sont très-larges , sillonés et soudés ensemble. Les trois premières paires de pattes sont courtes, situées en devant *, les deux dernières placées sur le dernier segment sont dirigées en arrière. La queue est composée de quatre pièces transversales; elle est terminée à son extrémité par trois lames natatoires, dont celle du milieu est la plus aiguë.
Ce nouveau genre que j'ai cru devoir placer dans la subdivision des paguriens à mains actactyles , s'éloigne des hippes , non-seulement par la différence des caractères que je viens d'exposer, mais encore par l'instinct, et les habitudes de Fespèce qu'if renferme. Cet animal se tient dans la région des coraux, où il se cache dan* les interstices des ma-
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drépores de notre côte. Sa natation est assez vive* Les forts organes de manducatîon dont il est pourvu doivent lui donner des mœurs particulières que les circonstances n'ont pas encore soumises à mes observations.
Dimens. long. 0,006 larg. 0,002. Séjour-, dans les pro» fondeurs de la mer»
Mains didactyles.
G. XIV. Pagure. Pagurus. Fabr.
Corcelet oblong; queue molle, nue, garnie de crochets à son extrémité; pinces à deux doigts très-distincts. Animal vivant dans
des coquilles univalves*
Un des genres de la classe des crustacés les plus naturels , et les plus faciles à reconnoître, c'est celui des pagures. La singulière construction de leur queue , qui par sa forme et sa consistance parok avoir beaucoup d'analogie avec celle de quelques mollusques céphalés , les force de se cramponner au fond des alcyons , aux cavités des éponges , où à la base de la spire de coquilles uni valves qu'ils traînent après eux. Toutes les espèces qui habitent nos rivages, font deux ou trois pontes dans Tannée. Les femelles portent leurs œufs sur un de leurs côtés, et t'approchent toujours des bords où la mer accu-
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mule les détritus des petites coquilles rides, pour, qu'aussitôt ses , leurs petits puissent choisir un gîte convenable. Après leur premier accroissement , ils s'emparent des œlumbeUes , des toupies , des sabots, et même des bulimes d'eau douce qui ont été entrâmes dans la mer j ensuite des buccins ^ des cérithes, des rochers , et ils changent de demeure 4 mesare qu'ils augmentent en dimension.
Ces pagures, soit qu'ils se promènent sur les rochers hors de l'eau , où qu'ils se traînent dans ce fluide . ont leurs palpes et leurs antennes dans un perpétuel mouTement. Aussitôt qu'on veut les saisir, ils se retirent de suite dans leur retraite, et se laissent tomber au fond de l'eau. La plupart de ces animaux ment en société , et quand ils approchent des corps morts , ils s'entassent les uns sur les autres pour s'en disputer les lambeaux ; leur chair n'est d'aucun usage ; les pécheurs s'en «errent quelquefois comme appau
ESPÈCES