IV. OETHRE, Oethrà, Leach
Antennes comme dans les crabes; les yeux séparés par la saillie du front, et à pédicule court, comme ceux des calappes. Le second article des palpes extérieurs presque carré. Test aplati, clypéiforme, transversal, noueux ou très raboteux sur le dos. Les deux pâtes antérieures se terminant en pinces, à mains comprimées et en crête ; les autres courtes, se retirant sous le test dans le repos.
Ce genre, établi par le docteur Leach, offre les caractères généraux des calappes ; mais il s’en distingue par la forme aplatie et les irrégularités du test.
Oethre déprimé , Oethra depressa.
Carapace elliptique, transverse, avec les bords arrondis et marqués de dents en forme de plis.
Lamarck , Anim. sans vert. t. Y. p. 26 5; Desm. Consid. p. 1 ro.
Des mers de l’Ile-de-France.
Oethre voûté, Oethra fornieata.
Carapace très inégale , à dos 4-tuberculé , dentelée sur ses bords antérieurs , avec les angles postérieurs dilatés et crénelés ; front plus déprimé et aigu , avec ses côtés dentelés ; mains triangulaires.
Fab. Ent syst. t. II. p. 4^3; Suppl, t. Y. p. 35s.
Des Indes orientales.
Y. DROMIE, Dromia, Fabricius .
Quatre antennes très courtes; les deux extérieures sétacées, plus longues; les deux intermédiaires à sommet bifide. Yeux portés sur des pédoncules courts. Le corps presque globuleux, velu ou hérissé. Dix pâtes onguiculées ; les pinees grosses et courtes; les deux dernières paires repliées sur le dos, et armées d’une petite pince.
Ce genre a été formé par Fabricius. Il se rapproche beaucoup des doripes par les mœurs des espèces qui le composent; il s’en écarte par la forme et les caractères.
DES DROMIES. 217
Les dromies sont presque rondes , extrêmement bombées en dessus, et même en dessous ; leur corselet est ordinairement anguleux en devant, toujours couvert de longs poils ; les yeux sont fort rapprochés , portés sur de très petits tubes ; les antennes sont à peine visibles; les pinces ont leurs troisième et quatrième articles très épais , presque aussi gros et aussi longs que la main; le tout est couvert de poils, excepté les doigts* qui sont courts et légèrement dentés. Les deux premières paires de pâtes sont velues , onguiculées , et moins longues que les pinces ; les deux dernières sont de moitié plus courtes, insérées presque sur le dos, et terminées par une très petite pince à ongles égaux et également courbes : le tout toujours très velu.
Une des espèces de ce genre, la dromie tête de mort, se trouve dans la Méditerranée; on sait qu’elle s’empare d’une espèce d’alcyon, qu’à cause de cet emploi on a appelé Alcyon domoncule * le fixe sur son dos, et, sous cet abri, brave les recherches de ses ennemis et surprend les animaux crustacés. 1. J 9
dont elle fait sa nourriture. Elle n’est point rare dans la mer voisine de Montpellier ; mais elle est d’une difficile observation , parce qu’elle s’approche rarement des bords. Draparnaud , ancien professeur d’histoire naturelle à l’École centrale de cette ville , avait cependant pris sur elle et sur son singulier bouclier des notes que malheureusement la mort i’a empêché de publier.
Quoique l’alcyon domoncule soit accro ché à demeure par les pinces des pâtes postérieures de la dromie tête de mort^ et que son corps soit obligé de prendre la forme du dos de ce crustacé, il n’en conserve pas moins le peu de vitalité dont il est pourvu, il n’en croît pas moins dans toutes ses dimensions; seulement, il augmente irrégulièrement à raison des compressions qu’il éprouve.
Les autres espèces de dromies n’emploient sans doute pas la même arme défensive que celle dont il vient d’être question; mais elles se servent très probablement de moyens analogues. La nature , dans les genres véritablement naturels, passe rarement avec
DES DROMIES.
rapidité d’un mode à un autre. Toutes les dromies ont des pinces aux pâtes postérieures; toutes doivent se couvrir le corps d’objets étrangers. C/est aux observateurs à faire connaître ce que les circonstances les mettront à portée de remarquer à cet égard.
Dromie de Rumphius, Dromia Rumphii .
Le corselet hérissé , à cinq dents de chaque côté; les quatre pâtes postérieures égales.
Rumph. Mus. tab. 11. fig. 1. Séba, Mus. 3. tab. 18. fig. i,3. Eerbst y Cane. tab. 18. fig. io3.
Dromia Rumphii, Lamarck , Anim. sans vert, t. Y. p, 264.
Se trouve aux Indes dans les profondeurs des mers. Elle est très voisine de la dromie tête de mort.
Dromie Égagropile, Dromia Ægagropila.
Le corselet globuleux, sans épines, très ‘velu; les doigts nus et dentés.
Se trouve dans la Méditerranée.
Dromie artificieuse, Dromia artificiosa.
Le corselet velu , avec trois dents de chaque côté ; les pâtes postérieures plus grandes.
Se trouve dans la mer des Indes.
Dromie tète de mort, Dromia Càput mortuum.
Le corselet aplati , très velu, avec sept deiits Iongueulent ciliées de chaque côté.
Cancer Caput mortuiun. Linn.
Cancer fabulo sus. Herbst, Cane. tab. 48. fig. 2, 3. Voyez pl. 6 , fig. 1, où elle est représentée an tiers de sa grandeur naturelle.
Se trouve dans la Méditerranée, et se couvre de l’alcyon domoncuie.