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XL OCYPOBE, Ocypodà ? Fabricius *
Quatre antennes très courtes et inégales ; les intermédiaires cacliées sous le test. Pédicules des yeux allongés, insérés chacun dans l’angle latéral du chaperon , et occupant le reste de la longueur du bord antérieur. Corps presque carré, un peu aplati, à chaperon étroit, rabattu en devant. Dix pâtes onguiculées ; les deux antérieures terminées en pinces.
Ce genre a été établi par Fabricius dans son supplément; mais M. de Lamarck, en en modifiant , ou mieux en en précisant davantage le caractère , y a réuni quelques espèces, qui n’y avaient pas été comprises par le naturaliste danois, et qui faisaient partie des crabes de ce dernier.
Les ocypodes sont extrêmement voisins des crabes, mais s’en distinguent bien par leurs yeux toujours portés sur un long pédicule ; le corselet chez eux est presque carré , et meme quelquefois plus large que long; tantôt il est uni, tantôt rugueux , rarement velu ; les antennes sont si petites , qu’il est difficile de les découvrir ; les yeux
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semblent leur en tenir lieu ; leurs pâtes ont la même organisation que dans les crabes ; mais les pinces ont quelques différences dans leur forme. Quelques espèces les ont courtes, les autres très allongées, les autres inégales en grosseur, ce qui suppose des mœurs différentes ; aussi les unes viventelles dans la mer, et les autres sur la terre.
L’ocypode combattant est dans ce dernier cas. M. Bosc , qui Fa observé en Caroline, rapporte qu’une de ses pinces , indifféremment la droite ou la gauclie, mais plus souvent la droite , est beaucoup plus grosse que Fautre, et plus longue que tout le corps ; que les troisième et quatrième articles sont épais et angulaires ; que la main est large, ovale, plus grande que le corselet; que leur serre est longue, comprimée , terminée de chaque côté en pointe courbe , et n’ayant que de très petites dents, à peine visibles en dedans ; la pince est moins longue que les pâtes.
Ces ocypodes se voient par milliers sur !| le bord de la mer, ou des rivières dans îes- | quelles remonte la marée. Dès qu’un homme
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ou un animal paraît au milieu d’eux , ils redressent leur grosse pince , la présentent en avant, semblent le défier au combat, et se sauvent en courant de côté , mais conservant toujours la même position; leurs trous sont si nombreux, dans certains endroits, qu’ils se touchent; ils sont cylindriques, ordinairement obliques et très profonds. Rarement plusieurs individus entrent dans le même, excepté quand iis sentent le danger trop pressant. On ne les mange point ; ils ont un grand nombre d’ennemis parmi les loutres, les ours, les oiseaux, les tortues, les alligators, etc. ; mais leur multiplication est si considérable , que la dévastation que ces animaux font parmi eux n’est pas sensible; ils ne craignent point l’eau qui les couvre quelquefois; piais ils ne cherchent pas à y entrer, et jamais ils n’y restent long-temps de leur gré, si ce n’est, peut-être, pour faire leurs petits. M. Bosc a vu les femelles garnies d’œufs dès le mois de mars; mais il n’a jamais trouvé de petits du premier âge ; il faut qu’ils restent dans l’eau ou dans la terre pendant l’année
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de leur naissance ; les mâles se distinguent des femelles, parce qu’ils sont plus petits , plus colorés , et que leur queue est triangulaire. Il n’est pas vrai, comme le dit Gronovius, que la grosse pateà gauche dénote le mâle. M. Bosc s’est assuré qu’elle variait de position dans les deux sexes.
Les ocypodes appelans ne vivent que de chair , et on conçoit difficilement comment leur grand nombre peut leur permettre de trouver assez de nourriture dans les lieux très circonscrits qu’ils habitent ; il est vrai que la marée montante leur apporte des déjections de la mer, qui sont mangées trop rapidement pour pouvoir être aperçues des observateurs. M. Bosc les a souvent vus couvrir des charognes, et en disputer les lambeaux aux vautours ; mais ils n’ont que rarement d’aussi abondantes curées. Pendant les trois ou quatre mois d’hiver , ils ne paraissent plus ; ils se tiennent au fond de leurs trous, qui presque toujours se bouchent, de manière qu’ils sont obligés de les rouvrir au printemps lorsque la chaleur du soleil est assez intense pour les déterminer à sor-
tir, M. Bosc a inutilement cherché à leur voir faire ces trous; ils n’ont jamais voulu travailler en sa présence, et il est assez difficile de les surprendre , attendu qu’ils sont toujours sur des plages découvertes.
Il y a plusieurs espèces d’ocypodes qui ont une pince plus grosse que l’autre, et elles ont été toutes confondues sous le nom de vocans. Dans Marcgrave seulement , il y en a quatre de figurées ; c’est du dernier dont il vient d’être question.
D’autres ocypodes ont les pinces égales , et vivent comme ceux dont il vient d’être question, presque toujours hors de l’eau sur les bords de la mer, ou des rivières où remonte la marée ; ils se creusent dans le sable ou la terre des trous , presque semblables à ceux ci-devant décrits. M. Bosc, qui a aussi eu occasion d’en voir une espèce , rapporte qu’elle va à l’eau tous les jours , mais qu’elle n’y reste pas long-temps. C’est principalement des corps marins rejetés par le flot sur la plage qu’elle se nourrit, et elle ne manque pas de nourriture. Lorsqu’elle craint quelque danger, elle se sauve en mar-
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chant de côté dans son trou avec tant de rapidité , que ce, naturaliste a été long-temps à l’observer avant de se faire une idée de l’espèce d’animal qui fuyait devant lui ; qu’eufin il a fallu toute la vitesse de son cheval pour s’en procurer quelques exemplaires , encore après plusieurs courses inutiles. Ou sent bien qu’un animal si difficile à prendre , ne peut pas servir habituellement de nourriture; aussi dans la Caroline n’en fait-on au cun usage. Ce crabe se trouve aussi aux Antilles et dans l’ Amérique méridionale , où il porte le nom de Crabe de terre ; mais ce nom lui est commun avec tant d’autres, que ce que les voyageurs en rapportent , ne peut lui être spécialement appliqué.
Pline cite des crabes qui se trouvent sur les côtes de Syrie, et marchent avec une si grande vitesse que les hommes ne peuvent pas les devancer. Olivier en a rapporté de ce pays, qui paraissent être de l’espèce dont parle Pline , et ils diffèrent extrêmement peu de celui dont il vient d’être question dans leur forme générale; mais ils ont sur l’extré-
mité du pédicule des yeux un faisceau de poils qui les rend fort remarquables.
Les crabes de terre font toujours leurs œufs dans l’eau. On ignore encore si c’est aussi dans ce fluide qu’ils procèdent au changement de leur test.
Les mœurs des autres espèces d’ocypodes sont peu connues ; mais il y a lieu de croire qu’elles ne s’éloignent pas beaucoup de celles qui viennent d’être mentionnées ; il en est une, l’ocypode craniolaire , qu’on trouve très fréquemment fossile en France, quoiqu’elle soit originaire de l’Inde.
C’est à ce genre qu’on a d’abord rapporté les tourlourous, crabes des Antilles dont tous les auteurs français ont parié , dont on fait maintenant un genre séparé. On en distingue de trois sortes ; mais on ne peut les caractériser, faute de description exacte. Ils se tiennent dans des trous qu’ils font en terre, et n’en sortent guère que la nuit pour aller chercher leur nourriture. Chaque année, au printemps, ils descendent des montagnes en grandes troupes , et vont pondre leurs œufs dans la mer,* les habi-
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tans en sont alors fort incommodés , parce qu'ils entrent partout , coupent ou brisent les jeunes plantes, et font un bruit continuel. A leur retour, ils changent de peau ; avant, ils bouchent leurs terriers, afin de n’avoir pas à craindre les ennemis contre lesquels ils n’auraient point alors de défense.
Le genre ocypode de Fabricius a fourni les espèces dont se composent les genres Gecarcinus y Gonoplax de M. Leach, Uca , Eriphia et Gelasimus de M. Latreille.
Ocypode cératophthalme, Ocypoda ceratophthalma .
Le corselet carré, crénelé; les yeux épais, terminés par une épine.
Cancer cursor et Cancer Uca . Linn. — Merbst, Cane. tab. i. fig. 8, 9. P allas , Spîcil. Zool. 9. tab. 5. fig. 71.
Ocypoda ceratophthaJma. Lamarck , Anim. sans vert. t. T. p. 2 53. Cancer cursor. Linn .
Se trouve dans la mer des Indes.
Ocypode carré, Ocypoda quadrata.
Le corselet carré, uni, latéralement crénelé; les pinces tuberculeuses.
Se trouve à la Jamaïque.
Ocypode chagriné , Ocypoda granulata .
Le corselet carré, chagriné; les pinces plates.
scabres; la droite plus grande; les pâtes velues en dessous.
On ignore sa patrie.
Oeypode rhomfoe, Ocypoda rhomkea .
Le corselet uni, avec une seule dent de chaque côté.
On ignore son pays natal.
Oeypode uni, Ocypoda lœvis .
Le corselet uni , avec une seule dent de chaque côté; les pinces unies; la droite plus grande.
Se trouve dans la mer des Indes.
Oeypode petit, Ocypoda minuta .
Le corselet uni, avec une dent de chaque côté; les pinces très unies et égales.
Se trouve à File -de France.
Oeypode d’Espagne, Ocypoda hispana .
Le corselet uni, carré; le front lobé, émarginé , glabre.
Herbst> Cane. tab. 87. flg. 1.
Se trouve dans les mers d’Espagne.
Oeypode ponctué de roux, Ocypoda rufo punctata .
Le corselet aplati, glabre, ponctué de roux, bidenîé sur les côtés; le front à six dents ; les pâtes et les pinces ponctuées comme le corselet.
Ilerbst , Cane. tab. 47. fîg. 6 — Du genre Eriphîa . Latr.
On ignore son pays natal.
Crustacés
JPl. 4..
a. . l! O cryp o de Idanc .
2 , le Dorippe noduleux .