DES ISOPODES NAGEURS
Cette division comprend tous les Isopodes, dont l'abdomen se termine par une grande nageoire garnie latéralement de pièces lamelleuses appartenant aux fausses pates de la dernière paire (1). Le dernier segment de l’abdomen est toujours lamelleux et beaucoup plus grand que les segmens précédens ; les dernières fausses pates s’insèrent sous son bord latéral , et se composent d'un article basilaire court et plus ou moins cylindrique, portant à son extrémité un ou deux appendices lamelleux, ? simples, aplatis, et de forme plus ou moins lancéolée. Le corps est en général très-large, et la tête transversale. Les quatre antennes sont presque toujours à peu près de même forme, et celles de la première paire sont toujours bien développées. Les mundibutes sont pourvues d’un grand appendice palpiforme (2); la disposition des autres parties de l'appareil buccal varie. Enfin les pates sont courtes, et conformées pour la marche ou pour la préhension. Du reste ces animaux présentent , tant dans leur structure que relativement à leurs mœurs, des différences considé
(1) PR 1 , fig. 22,16 ,49,192: PL 3% fes ete. | (2) PL. 3x, fig. 15; Pl32, fig: 3"et 13.
rabies, et, à raison de ces différences , ils nous sem-
blent devo
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être divisé
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FAMILLE DES PRANISIENS.
Les Pranises et les Ancées , classés à tort par quelques auteurs dans l’ordre des Amphipodes, appartiennent à la section des Isopodes nageurs, mais ne se laissent ranger dans aucune des grandes familles dont ce groupe se compose, et quoique très-peu nombreux, doivent par conséquent constituer une famille particulière. Ils ne sont encore qu'imparfaitement connus, et on manque surtout de détails sur la structure de leur appareil buccal ; mais d’après ce que nous en savons, ils nous paraissent avoir en même temps des rapports avec les Asellotes hétér opodes , les Cymothoadiens errans et les Isopodes sédentaires.
Le caractère le plus remarquable de ces crustacés consiste dans la manière dont la tête est confondue avec les deux premiers anneaux thoraciques qui d’ordinaire sont parfaitement distincts et semblables aux cinq segmens suivans ({) ; ici au contraire, ces deux anneaux paraissent manquer complétement, et les deux paires de membres qui y appartiennent sont extrémement petits et appliqués contre la bouche à la manière de pates-mâchoires, ou bien manquent complétement. Il en résulte que le thorax, au lieu d’être composé de sept segmens et d’être garni de sept paires de pates, comme cela se voit chez si Isopodes ordinaires , n'est formé que de cinq anneaux et ne porte que cinq paires de pates. La tête est garnie de deux paires d'antennes sétacées. Enfin l'abdomen est très-
(w PI 33, fig. 10 et 12.
développé et divisé en six articles mobiles dont les cinq premiers portent en dessous une paire de fausses pates branchiales semblables à celles des Asellottes, et dont le dernier constitue avec ses fausses pates une nageoire caudale à cinq feuillets disposés en éventail.
Dureste, les deux genres qui constituent cette famille diffèrent beaucoup entre eux, et pour que la valeur des divisions méthodiques soient en rapport avec l’importance des modifications organiques des animaux que l'on classe, il faut ranger chacun de ces petits groupes dans une tribu particulière; nous diviserons par conséquent cette famille en
PRANISIENS PROPREMENT DITS, qui ont la tête petite et les mandibules cachées,
et ANCÉENS, qui ont la tête grosse et armée en avantde deux grandes mandibules disposées en manière de pince.
TRIBU DES PRANISIENS ORDINAIRES
Cette division ne comprend, comme nous l'avons déjà dit, que le seul genre Pranize dont nous allons exposer les caractères.
. GENRE PRANIZE,. — Praniza (1).
Ce genre a été établi par Leach pour recevoir quelques petits Crustacés confondus dans le genre Oniscus par
(1) Oniscus , Slabber, Physicalische belcestigungen. — Montagu. Linn. Trans. t. XI. — Pranisa, Leach; Latreille, Encyclop. Atlas, Regn. anim. de Cuvier, 1re édit. t.3. — Desmarest, Consid. — Otto, Mém. de l'Acad. des curieux de la nature de Bonne: -— Rissor, Hist. de l'Eur. mérid. t., 5. — Westwood, Ann. des Sc. nat. t. 27, etc, :
Slabber et Montagu, mais n’a pas été décrit par ce naturaliste , et c'est Latreille qui l’a signalé à l'attention des zoologistes.
La tête des Pranizes (PI. 33, fig. 10) est petite, presque globuleuse en arrière, pointue en avant et séparée du thorax par un petit rétrécissement ; les yeux en occupent les parties latérales, et de chaque côté du front se trouvent deux antennes grêles et assez longues ; celles de la première paire sont les plus longues et se composent d’un pédoncale formé de trois ou’quatre articles et d'un petit filet terminal multi-articulé ; celles de la seconde paire, beaucoup plus courtes, s’insèrent immédiatement en dessous des précédentes, se dirigent directement en dehors et ne présentent pas à leur extrémité de filet multi-articulé bien distinct. L'appareil buccal fait saillie en avant de la tête entre la base des antennes; il est recouvert en dessus par un labre quadrilatère et laisse voir quelques appendices grêles et plus ou moins styliformes, dont la disposition n'est pas bien connue. Les pates-mâchoires de la première paire paraissent être palpiformes, et elles sont suivies par les deux paires de membres qui d'ordinaire constituent les pates de la prenière et de la seconde paire, mais qui se trouvent ici réduites à un état presque rudimentaire et remplissent les fonctions de pates-mächoires ; ils ont cependant à peu près la même forme que les pates thoraciques , et ils s’insèrent à la partie postérieure et inférieure de la tête. Le thorax réduit à cinq anneaux est de forme ovalaire et varie beaucoup dans son aspect suivant les sexes ; chez le mâle, il est entièrement semi-circulaire et se compose de cinqarticles parfaitement distincts, dont les trois derniers sont plus grands que les deux premiers, mais à peu près de même forme (£g. 10) ; chez la femelle, les deux ou trois premiers anneaux sont semblables à ceux du mâle, mais les trois ou quelquefois seulement les deux segmens suivans sont membraneux et complétement confondus, de facon à former un seul
CRUSTACÉS, TOME Ill. 13
article très-grand , ovoïde et d’une couleur plus foncée que le reste du corps. Les pates thoraciques au nombre de cinq paires sont grêles, cylindriques, allongées, et terminées toutes par un ongle acéré et recourbé vers le bout ; enfin on ne voit pas à leur base de lame destinée à constituer une poche ovifère comme chez la plupart des Isopodes. L’abdomen est étroit et à peu près de même longueur que le thorax ; les six articles dont il se compose sont mobiles et parfaitement distincts ; les cinq premiers, bombés en dessus et à peu près quadrilatères, portent chacun une paire de petites fausses pates dont l’article basilaire est transversal et dont les lames transversales sont ovalaires et ciliées sur les bords. Le dernier article de l'abdomen est au contraire triangulaire , et porte de chaque côté, près de ses angles latéro-antérieurs, une fausse pate dont l’article basilaire est très-court, et dont les deux lames terminales sont étalées horizontalement en forme de nageoire caudale analogue à celle des Décapodes macroures.
Ces petits Crustacés se trouvent quelquefois sur les branchies des poissons, mais ne sont pas toujours parasites.
T. PRANIZE DLEUATRE. — P. cœrulata (1).
(Planche 33, fig. 10.)
Les trois derniers anneaux thoraciques complétement confondus chez la femelle. Dernier segment de l'abdomen bifurqué au sommet ; les lames terminales des dernières fausses pates de même grandeur. Second article des pates antérieures du mâle armé d'une forte dent pres de l'extrémité de son bord inférieur. Mäle de couleur brune avec une tache verdâtre au milieu du thorax et 1-s yeux rouges ; femelle ayant toute la portion posté-
(1) Oniscu: cœruleatus, Montagu, Trans. of the Linn. Soc. vol. XI, 15, PI. 4, fig. 2 (cette figure a été reproduite dans l'Encyclop. PL 336, fig. 28, mais sous le nom erroné de Oniscus thoracicus). — Praniza cœrulata, Desmurest, Consid. p. 284%, PI. 46, fig. S&(d'après Montagu ). — Westwood, Ann. des Sc. nat. &. 27, p. 326, PI. G, fig. 5 (d'après Montagu),
Le
rieure du thorax d'un vert bleuâtre. Longueur environ une ligne et demie. Le mâle se trouve sur les roches dés éôtes de la Manche et de l'Angleterre ; la femelle paraît vivre habituellement fixée sur les branchies de divers poissons. (C. M.)