TRIBU DES CYMOTHOADIENS ERRANS
Les Crustacés de cette tribu se rapprochent des Sphéromiens par la disposition des antennes de la première paire, dont la base n’est jamais recouverte par le front, et présente presque toujours un ou deux articles très-élargis. La téte est moins grande que chez les Sphéromiens, mais plus développée que chez la plupart des Cymothoadiens parasites. Les mandibules et les mâchoires n’offrent rien de bien remarquable ; mais les pates-mâchoires se rapprochent par leur conformation de celles des Sphéromiens, car leurarticle basilaire estmédiocrement développé, et supporte au moins trois ou quatre articles placés bout à bout ; seulement ces dernières paires sont en général larges et courtes, et ne constituent que rarement un appendice palpiforme. Les pates sont en partie ou en totalité ambulatoires ; l’ongle qui les termine est quelquefois fort et crochu, mais n’est alors que peu flexible, et lorsqu'il existe de véritables pates ancreuses, ce sont seulement celles des trois premières paires qui présentent ce caractère. Les fausses pates des cinq premières paires ont toutes à peu près la même forme et les mèmes dimensions ; enfin celles de la sixième paire portent deux lames foliacées assez larges.
Cette tribu se compose de sept genres reconnaissables, à l’aide des caractères indiqués dans le tableau suivant :
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DES CRUSTACÉS. 235 Genre CIROLANE. — Cirolana (1).
Le genre Cirolane de Leach se compose de quelques Isopodes, qui, à plusieurs égards, se rapprochent beaucoup des Sphéromiens, Ils ont le corps allongé et épais (PL 31, fig. 25). La éte est presque quadrilatère et le front ne s’avance pas au-dessus de la base des antennes internes. Les yeux sont allongés et dirigés en dehors et en bas. Les antennes sont séparées à leur base par un prolongement de l’épistome (PI. 31, fig. 26) ; cellés de la première paire s'insèrent à la face antérieure de la tête, et se dirigent en dehors; leur pédoncule se compose de trois articles cylindriques, dont le second est le plus petit, et leur filet multi-articulé est court ; les antennes de la seconde paire s’insèrent immédiatement en arrière des précédentes, mais ne sont pas cachées par elles à leur base ; leur pédoncule, composé de quatre ou cinq articles cylindriques, atteint le bord antérieur du thorax, et leur filet terminal en atteint le troisième ou quatrième anneau. La bouche est saïllante ; les pates-mächoires externes sont grandes et palpiformes comme chez les Sphéromes, et la tige palpiforme des mandibules longue et reployée contre la base des antennes. Le thorax présente de chaque côté une bordure formée par les pièces épimériennes des six derniers anneaux, lesquelles sont quadrilatères et garnies de deux petites crêtes linéaires, dont l’une en occupe le bord inférieur, et l’autre descend obliquement vers l'angle inférieur et postérieur. L'abdomen est de même forme que le thorax, mais un peu plus étroit, etse compose de six anneaux distincts, dont les quatre premiers se terminent latéralement par une dent plus ou moins aiguë , dirigée en arrière, et dont le cinquième est beaucouy
(1) Leach, Dict. des Sc. nat. t. 12, p. 347; Edinb. Encyclop. et Trans. Lin. Soc —Desmarest, Consid. p. 303.—Latreille, Règne anim. de Cuvier , 2° édit. t. 4, p.135.—Edw. Annotat. de l'Hist. des anim. sans vert. de Lamarck, t. 5, p. 281.
plus étroit que les précédens ou même que le suivant ; enfin ce dernier article est grand et triangulaire. Les pates ne sont pas ancreuses, mais cependant ressemblent un peu à celles des Ægas ; celles des trois premières paires sont plus courtes, plus larges, et armées d’un ongle assez fort et un peu plus courbé que les pates des quatre dernières paires , dont fongle est très-petit. Les fausses pates abdominales des cinq premières paires sont dirigées directement en arrière , et peu ou point ciliées ; enfin celles de la dernière paire sont terminées par deux lames mobiles, foliacées, pointues et à peu près de même grandeur, qui ne dépassent guère l'extrémité de l'abdomen.