‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 320 sur 487 · Lycée sTRIÉE. — L. striatus · texte numérisé non relu

Lycée sTRIÉE. — L. striatus

Tête assez grande ; branche inférieure des antennes beaucoup plus courte que la branche supérieure, et presque entièrement

Monoculus sphericus, Fabric. Syst. Ent. t. 2, p. 497), à en juger par la figure que ce naturaliste en a donnée , aurait les branches des antennes multi-articulées , mais nous doutons beaucoup de l'existence de cette disposition , et du reste ce Crustacé ne diffère pas notablement de l'espèce désignée par Jurine sous le même nom.

(1) Monoculus aduncus, Jurine, op. cit. p. 152, PI. 15, fig. 7, 8. — Lynceus aduncus, Desmarest, Consid. p. 377.

(2) Müller, le p.54, PL 10, fig. 5et6. — Monoculus trigonellus, Manuel, op. cit. PL. 268, fig. 24, 25.

(3) Entomostr. p. 76, PI. 10, fig. 7, 8.

(4) Monoculus striatus, Jurine, op. cit. p. 154, PI. 16, fig. 3, 2. — Lynceus striatus, Desm. p. 377.

cachée sous le têt. Valves striées obliquement et terminées inférieurement par un bord presque droit et fortement cilié. Pates antérieures courtes ; intestin ne décrivant qu'une seule circonvolution. Longueur, environ 1/5° de ligne.

Habite les environs de Genève.

La Lyncée rroxquée de Müller (1) paraît différer de l'espèce précédente par la forme du bord dorsal des valves qui se recourbe

dessus et vers le haut.

Le Lynceus lamellatus, du même auteur (2), est de forme ovalaire et a les antennes encore plus courtes que les espèces précédentes, mais pourrait bien ne pas appartenir à ce genre.

Quant au Lynceus macrourus (3), il ressemble à la plupart des espèces précédentes par la forme générale du corps, la petitesse des antennes, et l'existence d’un point oculiforme au-dessous de l'œil, mais s’en éloigne par la longueur très-considérable de l'abdomen, et il devra probablement constituer le type d'une autre division générique.

- Le Lynceus quadrangularis, du même auteur (4), diffère des Lyncées proprement dites, par ses antennes dont l’une des branches est très-longue et paraît être multi-articulée.

Enfin, son Zynceus socors (5) devra probablement être également retiré de ce genre, car il paraït avoir les antennes lamelleuses et presque entierement cachées sous la carapace ; mais on le connaît trop imparfaitement pour que nous puissions lui assigner des caractères précis.

(1) Lynceus truncatus , Müller. Entomost, p.75, PI. 11, fig. 4-8.— Monoculus truncatus, Manuel, loc. cit. PL. 265, fig. 30 (d'aprèsMüller).

(2) Müller, Entomost. p. 73, PL. 9, fig. 4-6.—Monoculus lamellatus, Manuel, op. cit. PL. 268, fig. 21, 22 (d'apres Müller).

(3) Müller, op. cit. p. 97, PI. 10 , fig. 1-4.— Monoculus macrourus, Manuel, op. cit. PI. 268, fig. 26 à 29.

(4) Müller, op. cit. p. 72, PL 9, fig. 1-3: — Monoculus quadrangularis, Manuel, op. cit. PI. 268, fig. 18 à 20.

(5) Müller , op. cit. p. 78, PL 11, fig. 1.3.

DES + -CRUSRAGÉS: 389

Genre POLYPHÈME. — Poly phemus (1).

Dans cette division générique, les antennes supérieures ont la forme de grandes rames comme chez les Daphnies , et se terminent aussi par deux branches garnies de longues soies ; mais ces branches se composent d’un plus grand nombre d’articles, car on en compte cinq à chacune d’elles. La tête de ces Crustacés est très-grande, et presque entièrement occupée par un œil énorme. Les pates ne paraissent être qu’au nombre de quatre paires, et sont plus allongées, moins élargies et moins membraneuses que chez les Daphnies. On y distingue quatre articles, mais leur structure n’est pas encore suffisamment connue, et l’animal les emploie aussi bien que les antennes lorsqu'il nage. Enfin l'abdomen est recourbé en dessus, et ne se loge pas dans les valves de la carapace.

PoLyPHÈME pou. — P. pediculus (>).

Tête séparée du dos par un sillon profond , trés-saillante et arrondie en avant ; antennules bien distinctes ; carapace gibbeuse en arrière et en dessus, n'encaissant pasles pates, lisse et transpa-

(1) Monoculus , Lin. Fabr. Jurine. — Polyphemus, Müller, Entomost. p. 118. — Latreille; Cuvier ; Desmarest ; Straus.—Cephaloculus, Lamarck, Hist, des anim. sans vert. t. 5, p. 130.

(2) Monocle à queue retroussée, Geoffroy, Ins. t. 2, p. 656. — Monoculus pediculus , Linnée, Fauna Suecica, etc. — Polyphemus oculus, Müller, Entomost. p. 119, PI. 20, fig. 1-5. — Monoculus pediculus ramosus , Degéer, Mém. pour servir à l'Hist. des Ins. t, 7, p. 467, PL. 28 , fig. 9-13.—Monoculus pediculus , Fabricius , Ent. Syst. t. 2, p: 502. — Manuel, Encyclop. méthod. t. 9, p. 718, PI. 263, fig. 1

(d'après Müller). — Polyphemus oculus, Cuvier, Tableau élément. p- 456. — Latreille, Hist. nat. des Crust. t. 4, p. 282. — Polyphemus stagnorum, Ejusd. Règne anim. de Cuvy. t. 4, p. 163, etc. — Cepha-

loculus stagnorum, Lamarek, Hist. des anim. sans vert. t. 5, p. 131. — Polyphemus pediculus , Straus, Mém. du Muséum. t. 5. — Monoculus polyphemus, Jurine, op. cit. p. 143, PI. 15, fig. 1-3. — Polyphemus stagnorum , Leach, Dict. des Sc. nat. t, 14, p. 540. — Desmarest, Consid. p. 365, PI. 54 , fig. x (d’après Jurine).

390 HISTOIRE NATURELLE rente; pates des trois premières paires garnies de soies à leur extrémité; celles de la quatrième paire plus courtes que les précédentes et sans soies. Abdomen allongé , grêle et terminé par deux longues soies. On ne connaît que des individus femelles. Longueur, environ une 1/2 ligne.

Habite les mares et les étangs des environs de Genève, et de diverses parties de l’Europe.

Genre ÉVADNÉ. — ZÆvadne (1).

Le genre Évadné de M. Loven est très-voisin du genre Polyphème, mais s’en distingue par le nombre des articles dont se composent les antennes ou rames. Ces organes sont très-grands et divisés en deux branches comme dans le genre précédent ; mais on ne compte que trois articles à la branche antérieure et quatre à la branche postérieure. La tête est accolée au thorax, et terminée en avant par un œil trèsgrand. Les pates sont au nombre de quatre paires, et paraissent être beaucoup plus épaisses que chez les Daphnies ; sous ce rapport Jes Évadnés paraissent même établir le passage entre les Branchiopodes et les Entomostracés, et peutêtre même ne devraient-ils pas prendre place dans cette division, mais dans la suivante. On ne connaît encore qu’une seule espèce de ce genre.

L'Evanxé DE Norpmaxn.—Æ£. Nordmannii (2).

La carapace bivalve de ce Crustacé, très-renflée en avant, se prolonge fort loin en arrière et se termine par une petite pointe ; sa longueur est de 4 à 5 millimètres.

Il se trouve sur les côtes de la Suède.

(1) Loven, Zoologiska bidrag, p. 1. (2) Loven, op, cit. PI. 1 et 2.

LÉGION DES ENTOMOSTRACÉS.

Les Crustacés compris dans cette division se font remarquer principalement à raison de la conformation de leurs pates qui sont essentiellement natatoires, mais non foliacées et membrancuses comme chez les Phyllopodes, et qui se terminent toujours par deux rames composées chacune d’une série de deux ou de plusieurs articles. Sous ce rapport, les Entomostracés ressemblent à la plupart des Siphonostomes , mais ils s’en distinguent par la disposition des appendices buccaux. En effet, les lèvres ne forment pas, comme chez les Crustacés suceurs, un tube conique, et les mandibules sont conformées pour la mastication. Les mâchoires sont en même temps foliacées, et les patesmâchoires, lorsquelles existent, sont lamelleuses , sétifères, et jamais toutes ancreuses. Les pates sont peu nombreuses; jamais on n’en compte plus de cinq paires, et quelquefois il n’en existe que deux paires; enfin l’abdomen est très-peu développé et ne porte d'appendices qu’à son extrémité.

Ce groupe , encore très-imparfaitement connu , se compose de deux ordres naturels, mais peu nombreux en espèces, qu’il est facile de distinguer

par la conformation générale du corps et par Île nombre de pates; savoir :

1° Les Osrracones ou CyProïnes, dont le corps est renfermé dans un test bivalve et ne porte que deux ou trois paires de pates proprement dites, lesquelles sont uniramées.

2° Coréropes dont le corps n’est pas renfermé dans un test bivalve, et porte quatre ou cinq paires de pates biramées.

ORDRE DES CYPROIDES ou DES OSTRACODES.

L'ordre des Cyproïdes , désigné sous le nom d’Ostrapodes par M. Straus et d’Ostracodes par Latreille, se compose d'un petit nombre de Crustacés presque microscopiques, dont le corps n’est pas divisé en anneaux distincts, et se trouve renfermé en entier entre les deux valves d'une carapace conchiforme (PI. 36). Ce test bivalve est garni d'une charnière dorsale, et peut se fermer complétement ; mais, en s’ouvrant, laisse passer l'extrémité des antennes et des pieds. Les antennes sont au nombre de quatre, et s’insèrent au bord antérieur du corps ; celles de la première paire sont grêles et en général sétacées; celles de la seconde paire sont assez larges, coudées , dirigées en bas, et conformées de facon à constituer des rames natatoires (1).La bouche n’est pas saillante , et se trouve vers le milieu de la face inférieure du corps; elle est garnie d’un labre, d’une paire de mandibules palpigères , d’une lèvre inférieure et de deux paires de mâchoires, dont les postérieures portent un grand appendice flabelliforme , considéré par quelques auteurs comme étant une branchie. Les mem-

(1) La plupart des auteurs considèrent ces organes comme étant des pieds; mais leur position en avant de la bouche et leur ressemblance avec les antennes inférieures, chez les Monocles, nous a décidé à adopter la détermination nouvelle indiquée dans le texte.

bres qui s’insèrent en arrière de la bouche, et qui doivent être considérés comme étant de véritables pates thoraciques, ne sont qu’au nombre de deux ou trois paires. Enfin, le corps se termine par une queue bifide, et les œufs se logent entre le tronc et la partie dorsale de la carapace.

Cet ordre ne se compose que d’une seule famille, renfermant trois genres reconnaissables aux caractères suivants :

ment dites, non compris les an-

Deux paires de pates propre- Cvpris.

Un seul œil | tennes inférieures pédiformes.

FAMILLE médian.

Trois paires de pates, outre des les antennes intérieures pédi } CyTnÉRÉE. JOTIRES eirerls WT ee Su CYPROIDES.

Dents FyenCisnnCEs... NOUe 'éle Le CYPRIDINE.

Genre CYPRIS. — Cypris (1).

Cette division générique, qui a été établie par Müller , se compose de Crustacés presque microscopiques , dont la carapace est formée de deux valves oblongues, de consistance cornéo-crétacée, mobiles et réunies sur leur borddorsal par une articulation ligamenteuse, Le corps proprement dit de l’animal n’occupe que les deux tiers moyens de l’intérieur de ces valves , et ne présente aucune trace de segmentation, même à l’abdomen ; supérieurement, il est contigu à larticula-

(1) Monoculus , Linnée, Fauna Suec. et Syst. nat. — Geoffroy, Hist. des Ins.— Degéer, Mém. pour servir à l'hist. des Ins.—Fabricius, Ent. Syst. t. 2. — Manuel, Encyclop. méthod. — Cypris, Müller, En-

tomostracés. — Latreille, Hist. des Crust. et Ins. t. 4; Genera, t. 1; Règne animal, t. 4, etc. — Lamarck, Hist. des anim. sans vert. t, 5. — Monoculus, Jurine, Histoire des Monocles. — Cypris, Straus-

Durkheim, Mém. du Muséum, t. 7.— Desm. Consid. p. 380.—Baird, Magazine of Zoology and Botany , vol. x, p. 514.

tion du test, et sur la partie latérale et antérieure du dos il est uni à la face intérieure des valves par une expansion musculaire ; enfin, son extrémité antérieure est tronquée verticalement , tandis qu’en arrière, il se prolonge pour constituer un abdomen conique, dont l’extrémité seule est libre et se termine par deux stylets cornés. À la partie supérieure de la face antérieure du corps, on apercoit un gros œil unique qui est immobile , et a la forme d’un tubercule noir et sessile, Les antennes de la première paire s'insèrent immédiatement au-dessous de cet organe, et se dirigent en avant; elles sont grèles, sétacées, composées d’un petit nombre d'articles (en général sept), et terminées par un faiceau de soies. Les antennes de lu seconde paire (ou pates antérieures , suivant la plupart des auteurs), s’insèrent immédiatement au-dessous des précédentes , et constituent des rames natatoires ; on y distingue une première portion basilaire qui se compose de deux articles et qui se porte directement en bas, puis un troisième article qui se porte en avant en formant un angle droit avec le précédent, et qui est suivi d’une troisième portion dirigée de nouveau en bas et composée de deux articles, dont le premier porte à l’extrémité de son bord antérieur un faisceau de longues soies, et dont le second aplati et obtus est armé de quelques soies spiniformes. La bouche, située vers la partie antérieure de la face inférieure du corps , est saillante ; elle s’'avance entre la base des antennes inférieures, et elle est garnie d’un labre, d’une lèvre inférieure, d’une paire de mandibules et de deux paires de mâchoires. Le labre, qui en occupe le devant, est une grande pièce écailleuse en forme de capuchon qui occupe l’angle antéro-inférieur du corps. La lèvre inférieure est un peu triangulaire, et s'étend sur le milieu de la face inférieure du corps. Les mandibules sont grandes, et s'étendent obliquement depuis le milieu du côté du corps jusque dans la bouche ; elles se composent: 1° d’une portion basilaire, dont l'extrémité inférieure est recourbée en dedans et fortement dentée, et 2° d’une branche palpiforme

insérée vers le milieu du bord externe de la portion basilaire, composée de trois articles, et portant près de sa base un appendice lamelleux et digité, que M. Straus considère comme une première branchie. Les méchoires de la première paire se composent d’un article basilaire quadrilatère, dont le bord antérieur porte quatre appendices digitiformes, ciliés au bout, et appliqués contre la bouche, et dont le bord externe donne insertion à une grande lame semi-membraneuse, allongée, et divisée en dents de peigne sur son bord antérieur : qui se relève librement sur les flancs de l’animal , et qui est considéré comme remplissant Poflice d’une branchie. Les mâchoires de la seconde paire sont beaucoup plus petites et ne portent pas d’appendices. En arrière de l’appareil buccal, on trouve deux paires de pates. Celles de la première paire (ou de la seconde paire, pour les auteurs qui regardent les antennes inférieures comme étant des pates antérieures) sont grêles, cylindriques et dirigées d’abord en arrière, puis en bas et ensuite en avant; on y distingue six articles, dont le dernier est long et styliforme. Les pates de la seconde paire sont plus grêles que les précédentes, et ne servent en aucune manière à la locomotion, mais se recourbent en haut et en arrière pour embrasser la partie postérieure du corps et soutenir les ovaires qui sont très-developpés et saillants sur les côtes de la partie postérieure du tronc. Enfin l'abdomen, court et conique, se termine, comme nons l’avonsdéjà dit, par deux petites branches styliformes, et l’extrémité de ces deux appendices, des pates de la première paire, et des deux paires d’antennes , sont les seules parties qui dépassent les bords des valves,

Les Cypris habitent les eaux douces et tranquilles, ils nagent à l’aide de leurs deux paires d’antennes, et se servent pour marcher des antennes inférieures et des pates de la première paire. Ils se nourrissent de substances animales, et au lieu de porter leurs œufs sur le dos ou sous le ventre, comme la plupart des Entomostracés, des Branchiopodes, et même des Edriophthalmes, ils les déposent de suite sur

quelque corps étranger, et les y fixent à l’aide d’une substance filamenteuse verdâtre. Ledermuller dit avoir vu l’accouplement des Cypris; mais Jurine, M. Straus et les autres naturalistes qui se sont le plus occupés de l’étude de ces animaux, vont jamais été témoins de ce phénomène, et n’ont pu même jamais trouver d’individus mâles. Les œufs pondus par un individu ne sont ordinairement qu’au nombre de vingt à trente; mais les petits amas qu'ils forment sur la surface des plantes aquatiques ou de la vase en renferment souvent plusieurs centaines. L’incubation dure quatre ou cinq jours ; mais quand ils sont incomplétement desséchés, ces œufs peuvent se conserver très-longtemps sans se développer. Enfin, les petits qui en naissent ne subissent pas de métamorphoses.

$ 1. Espèces dont les valves sont à peu près semblables à leurs deux extrémités, et offrent le plus délévation vers le milieu du dos.

A. Bord inférieur des valves arqué à peu près comme le bord dorsal.

Page 1