‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 352 sur 487 · ARGULE DU CALOSTOME. — 4, Calostomi · texte numérisé non relu

ARGULE DU CALOSTOME. — 4, Calostomi

Corps circulaire et plus large que dans l'espèce précédente ; peu ou point de dents à la base des antennes.

Habite les eaux saumâtres, près de Whiteneyville, aux États- Unis d'Amérique.

L’Argulus armiger de Müller (2) n’est connu que par une mauvaise figure donnée par Slabber (3), mais ne paraît pas devoir être rangé dans cette division générique.

TRIBU DES CALIGIENS.

Les Caligiens (4) n’offrent rien d’anormal dans la conformation de leur thorax , dont les anneaux sont simples et sans appendices dorsaux. Le bouclier céphalique est grand , plus ou moins ovalaire , mince sur les bords, et garni antérieurement de lames frontales très-développées, dont l'extrémité latérale recouvre la base des antennes; enfin les angies postérieurs de cette carapace se prolongent plus ou moins loin de chaque côté du thorax , et la portion de son bord postérieur, comprise entre ces deux prolongemens, se confond avec le premier, ou même les deux outrois premiers segmens thoraciques. Il en résulte que le thorax ne se compose que de deux , de trois ou de quatre ar-

(1) Dana et Herrick, Amer. journ, of sc. vol. 31, p. 297, fig. 1-10.

(2) Entomostraca , p. 124.

(3) Natuurkundige Verlustigungen , PI, 6, fig. 1 (reproduit dans l'Encyclop. méthod. PI. 267, fig. 24).

(4) PI. 38, fig. 1, 9.

CRUSTACÉS ; TOME Il. 29

ticles distincts. Les pates sont garnies de longues sôïes plumeuses (1) ; enfin l’abdomen se termine par deux petites lames dirigées en arrière, et ne porte pas d'appendices latéraux.

On à divisé les Caligiens en quatre genres reconnaissables aux caractères indiqués dans le tableau précédent (page k36).

Genre CALIGE. — Caligus (2).

Les Caliges proprement dits (PL. 38, fig. 9) sont de petits Crustacés parasites dont le corps est déprimé, et se compose de deux portions principales : lune antérieure , ‘ovoïde et scutiforme, qui est formée par la carapace ou bouclier céphalique; l’autre postérieure , beaucoup moins large que la précédente , annelée, et formée par les derniers segmens thoraciques et un abdomen rudimentaire. La carapace est marquée, en dessus,de divers sillons linéaires, dont les principaux figurent sur sa moitié postérieure un grand H; on y remarque aussi, sur le bord postérieur, deux échancrures plus ou moins profondes, situées sur les côtés de l’insertion de la portion rétrécie du thorax ; et l’espace quadrilatère compris entre ces deux échancrures, les deux jambages de l'H et la ligne transversale de celui-ci, constitue une région bien distincte à laquelle on pourrait donner le nom de région thoracique de la carapace, car elle correspond à l'insertion des trois premières paires de pates natatoires, et paraît être formée par les trois premiers anneaux du thorax soudés à latête.Audevant de la région médiane de la carapace , comprise entre les jambages antérieurs de l'H, se trouvent deux petits yeux ovalaires adossés l’un à l’autre et colorés en rouge chez les

(1) PI. 38, fig. 5-8.

(2) Pediculus , Baster. — Monoculus, Linné, Fabricius , Manuel. — Pinoculus, Oth. Fabricius , Fauna Groen. — Caligus, Müller , En-

tomostr.—Latreille, Lamarck, Leach, Desmarest, Nordmann, Burmeister , Pickering et Dana, Kroyer , etc.

individus vivants ; les régions latérales n’offrent rien de particulier; enfin, au-devant de la région frontale comprise entre les yeux et le bord antérieur de la carapace, se trouve une petite pièce transversale , soudée à ce bord , échancrée antérieurement sur la ligne médiane , se prolongeant latéralement sous la forme de lobule, et y recouvrant l'insertion des antennes. Le bord postérieur de la région thoracique de la carapace donne attache au pénultième anneau du thorax , lequel est court, étroit et réuni à son tour au dernier anneau thoracique , dont le développement est beaucoup plus considérable, mais varie suivant les sexes; chez les mâles , il est ovalaire et guère plus large que le segment précédent ; mais chez la femelle , il est ordinairement presque quadrilatère, et dépasse de beaucoup latéralement le pénultième anneau thoracique, ce qui donne au corps considéré en général une forme étranglée au milieu, Enfin l’abdomen, qui fait suite au thorax, ne se compose que d’un seul segment, beaucoup plus étroit que anneau précédent, et porte sur son bord postérieur deux lames natatoires dont les bords sont garnis de longs poils plumeux.

À la face inférieure du corps, on apercoit sous le front, dans le point de réunion des deux pièces transversales dont il a déjà été question, un petit tubercule médian, et souvent chacune de ces lames porte vers son extrémité libre un organe cupuliforme qui paraît être disposé de façon à fonctionner à la manière d’une ventouse (fig. 10). Quant à ces lames elles-mêmes , elles sont souvent assez distinctes de la carapace, et peuvent bien être les représentans de la première paire d’antennes réduite à un seul article foliacé et immobile. Les antennes proprement dites qui , dans cette hypothèse, correspondraient aux antennes extérieures des Crustacés supérieurs, s’insèrent au-dessous de l’échancrure qui existe de chaque côté, entre le lobule terminal de ces lames frontales et le bord de la carapace ; elles sont courtes, aplaties etcomposées de deux articles L'appareil buccal est situé à quelque distance en arrière du front, et se compose,

comme d'ordinaire dans cette famille , d’un sucoir conique et assez développé qui résulte de la réunion de pièces correspondantes au labre et à la lèvre inférieure , et qui renferme dans son intérieur deux longs appendices styliformes et dentelés vers le bout , qui à leur iour représentent les mandibules (1). Les appendices qui , chez les Crustacés broyeurs, constituent les deux paires de mâchoires proprement dites , paraissent être représentés ici par deux paires d’appendices rudimentaires, situées sur les côtés du sucoir ; Pun de ces appendices prend naissance au-devant de l’autre, et consiste en un petit article basilaire, terminé par une pièce styliforme très-grêle ; l’autre est plus développé, et se termine par deux cornes dirigées en arrière. Les pates-méchoires , comme nous l’avons déjà dit, sont refoulées en avant et en dehors, et constituent les organes de préhension à l’aide desquels l’animal s'accroche sur sa proie. Gelles de la première paire naissent entre le sucoir et les antennes, et se terminent par un ongle très-long, crochu au bout et tordu sur luimême ; on remarque aussi du côté externe de la base de ces organes un crochet corné. Les pates-mâchoires de la seconde paire sont plus allongées , et se terminent par un petit article lamelleux armé de deux ou trois ongles falciformes à bords dentelés.Les pates-mächoires de la troisième paire sont plus grosses et presque subchéliformes (fig. 12); chez le mâle, elles se terminent même par une grosse main presque chéliforme. Il est aussi à noter qu’on aperçoit sur le sternum, un peu en arrière de la base de ces organes, un appendice médian en forme de fourche à deux branches , tantôt simples, tantôt bifurquées. Les pates proprement dites naissent plus en arrière et sont au nombre de quatre paires, dont les trois premières sont fixées sous la portion thoracique de la carapace , et la quatrième de chaque côté du pénultième anneau du thorax. Celles de la première paire naissent d’une -

(1) Voyez les figures que j'en ai données dans l'atlas du Règne animal de Guvier, Crust, PI. 79, fig, 1a, 1b, 10, 14, 1e, 1f.

petite pièce très-grêle, et se composent chacune d’un article basilaire , portant à son angle externe et postérieur un article rudimentaire qui représente la rame interne, et sur son bord externe une seconde rame natatoire formée de deux articles très-ailongés et ciliés. Les pates de la seconde paire se terminent par deux rames natatoires biarticulées assez larges, de longueur à peu près égale et garnies de poils plumeux très-longs ; il est aussi à noter que la pièce sternale qui porte ces pates affecte la forme d’une lame transversale mobile et libre par son bord inférieur, de facon à donner à ces organes l’apparence d’une grande nageoire im paire et médiane, dont les extrémités latérales porteraient chacune deux petites rames. Les pates de la troisième paire présentent ce même caractère à un bien plus haut degré, car leurs rames terminales sont extrêmement courtes, tandis que leur position basilaire , presque confondue avec la pièce sternale qui les réunit, constitue avec celle-ci une grande lame transversale, semi-ovalaire, dont le développement est très-considérabie, chez la femelle surtout. Les pates de la quatrième paire ne sont pas lamelleuses comme les précédentes, mais grêles, allongées, et plutôt ambulatoires que natatoires et dirigées en dehors ; elles ne présentent qu’une seule branche ctse composent de quatre articles (fig. 17). En général, on apercoit près dela ligne médiane et vers l’extrémité postérieure du dernier anneau thoracique, deux tubercules cornés qui semblent être les derniers vestiges des pates de la cinquième paire. Enfin, chez les femelles, il naît de ce même anneau , de chaque côté de ’abdomen , un long tube ovifère , cylindrique et étendu en ligne droite.

L’anatomie intérieure d’une espèce de Calige des côtes de l'Amérique a été faite avec soin par MM. Pickering et Dana (i).

Les Caliges se trouvent ordinairement sur la peau ou sur les parois de la bouche ou de la cavité branchiale des pois-

(1) Voyez American journal of sciences and arts, vol. 34, n° 2.

sons, et paraissent subir dans le jeune âge des changemens de forme très-considérables,

Ces Crustacés me semblent devoir être subdivisés en deux groupes, d’après la présence ou l’absence de ventouses sur le bord des lames frontales ; mais dans l’état actuel de la science , il n’est pas toujours possible de se servir de ce caractère, Il est aussi à noter que la distinction des espèces offre souvent des diflicultés assez considérables , à cause des différences de forme dépendantes des sexes ; ces différences sont même si marquées, que Leach les à prises pour bases d’une distinction générique. En effet, le petit parasite d’après lequel cet auteur a établi son genre Risculus n’est évidemment que le mâle d’une espèce de Calige (1).

$ I. Espèces ayant deux ventouses marginales fixées sur les lames frontales (PI. 38, fig. 10).

a. Abdomen court.

a* Carapace large , presque circulaire.

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