‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 379 sur 487 · ERGASILE À TROIS SOIES. — Æ, triselaceus · texte numérisé non relu

ERGASILE À TROIS SOIES. — Æ, triselaceus

Tête et premier anneau du thorax encore plus allongés que dans l'espèce précédente, et le thorax plus brusquement rétréci, à partir du deuxième anneau. Appendices terminaux de l’abdomen simples , et garnis de trois soies.

Trouvé sur les branchies d'un Silure.

Gevre BOMOLOQUE. — Bomolocus (4).

Le genre Bomoloque a été établi par M. Nordmann pour un petit Crustacé parasite qui ressemble beaucoup aux Er-

(1) Lewrnea Lavareti ? Othon Fabricius, Mém. de Copenhague, 1794, t. 5, partie 2,p. 24, PL. 3, fig. 1.—Ærgasilius Sicboldii,— Nordmann, cit. p. 15, PL. 2, fig. 1-8. — Kroyer, op. cit.t. 1, p: 482, PI. 5, fig. 5.

(2) Nordmann, op. cit. PL. 3, fig. 1-6.

(3) Nordmann , loc. cit. PL 5 , fig. 5 et 6.

(4) Normann, Mikrgr, beitr, p. 125. = Burmeister, acta atad. Cæs,

gasiles, mais qui n’a pas au-devant de la bouche de gros appendices en forme de pates ancreuses, et qui se fait remarquer par le renflement et l’armature de la portion basilaire des antennes, La téte est arrondie en avant, tronquée en arrière et sub-scutiforme. Le premier article du thorax est presque aussi large que la tête, mais trèscourt et arrondi latéralement; les deux anneaux suivans diminuent graduellement de longueur, et le troisième est brusquement rétréci et se continue sans ligne de démarcation bien distincte avec l'abdomen , qui est assez grand et bilobé au bout. Les antennes s’insèrent au-dessous du front et se composent : 4° d’un pédoncule gros, recourbé en dehors, et armé sur son bord antérieur d’un grand nombre d’épines crochues ; 2° d’un filet terminal sétacé et divisé en quatre ou cinq articles. Les pates-mächoires ancreuses paraissent être remplacées par des tubercules cornés, larges et évasés au bout; les appendices buccaux sont petits; les pates, au nombre de quatre paires, sont grandes, bi-ramées et sétifères ; enfin les sacs ovifères sont suspendus, comme d'ordinaire, au bord postérieur du dernier anneau thoracique.

BoMOLOQUE DE L'ORPHIE. — Æ, Belones (1).

Front légèrement bilobé ; angles postérieurs du bouclier céphalique prolongés en forme de tubercules ; abdomen grand et paraissant composé de trois segmens ; les lobes terminaux garnis chacun de deux longues soies ; sacs ovifères, courts et sub-ovoïdes ; longueur, environ deux lignes.

Trouvée sur les branchies de l'Essox Belone.

Leop. Carol. nat. Cur. vol. 19, p. 298. — Edw. Annot. der Lamarck, t. 5,p. 212.—Kroyer, loc. cit.

{ (1) Burmeister, loc. cit. PI, 24, fig. 2.

480 HISTOIRE NATURELLE Genre NICOTHOË. — Wicothoa (1).

Les Nicothoëés ressemblent aux deux genres précédens, par la conformation de la plupart des anneaux de leur corps, mais se distinguent de ces animaux ainsi que de tous les Crustacés connus par l'énorme développement de la portion postérieure de leur thorax, qui se prolonge de chaque côté en forme de lobes arrondis, dont la grosseur dépasse de beaucoup celle de tout le reste du corps, et donne à celui-ci l'apparence d’un fer à cheval entre les deux branches duquel se trouve un petit prolongement conique, donnant attache à deux gros sacs oviferes. (PI. 40, fig. 23.)

La téte est arrondie , et fait saillie au-devant des espèces d’ailes formées par les prolongemens latéraux du thorax; on y distingue près du bord frontal deux yeux circulaires, et au-dessous de ce bord une paire de petites antennes sétacées et multi-articulées. En arrière du bouclier céphalique on aperçoit, sur la face dorsale de l'animal, trois petites bandes transversales, qui sont les représentans d’autant d’anneaux thoraciques, mais qui se confondent latéralement avec les lobes latéraux du pénultième segment thoracique ; celui-ci est très-grand , presque membraneux et renflé latéralement en manière de bissac; les énormes lobes ainsi formés sont arrondis, renflés vers le milieu, obtus au bout et recourbés en arrière. Le dernier anneau thoracique est arrondi et présente de chaque côté l’orifice des organes de la génération. Enfin l'abdomen est conique, composé de trois anneaux bien distincts, et terminé par deux petits lobes sétiferes, La bouche occupe la face inférieure de la tête, et paraît avoir la forme d’un sucçoir court et obtus. Au-devant de cet organe on apercoit uue paire d’appendices rudimentaires qui semblent être les représentans des pates-mà-

(1) Audouin et Edwards, Ann. des Sc, nat. t. 9, p. 345. — Latreille, Règne anim. de Cuv. t. 4, p. 201. — Burmeister. Mém. de Cur. de la nat. de Bonn.t. 179, p. 327. — Kroyer, Naturhist. Tidsskrift , t. 1.

choires antérieures des Caligiens ; et en arrière de la bouche se trouve une paire d’appendices courts, assez larges et sub-chéliformes, suivis d’une troisième paire de patesmâchoires plus alongées, et terminées par une griffe.

Les pates proprement dites sont très- petites, et composées chacune d’un article basilaire , et de deux rames triarticulées et sétiferes ; on en compte quatre paires, dont les trois premières situées très-près de la tête, et la dernière beaucoup plus en arrière. Enfin les sacs ovifères qui naissent du dernier segment thoracique au-dessous d’une petite pièce sétifère, sont ovoïdes et si gros, qu'ils égalent presque les lobes thoraciques.

On ne connaît pas les mâles de ces Crustacés singuliers. Les jeunes, en sortant de l’œuf, ressemblent à de petits Gyclopes, et n’ont pas encore les lobes thoraciques qui, à l’âge adulte, donnent à ces animaux un aspect si bizarre.

On ne connaît encore qu’une seule espèce de cegenre, le

NicoruoE pu Homarp. — 1. Astaci(r).

Planche 40, fig. 23.

Couleur rosée; longueur, environ une ligne.

Habite sur les branchies du Homard.

TRIBU DES DICHELESTIENS.

Les Dichelestiens se distinguent facilement .des Ergasiliens par la forme allongée de leur corps, par la petitesse de leur tête et l’état souvent rudimentaire de leur abdomen (2). Il est aussi à noter que leurs pates sont bien moins développées que dans les Ergasiliens, et que les organes } à l'aide desquels ils se

(1) Audouin et Milne Edwards, Ann, des Sc. nat. 1r° série, t.Q, PI. 49, fig. 1,9. — Latreille, Règne anim. de Cuvier , t. 4. — Burmeister , loc, cit. p. 327. — Guérin, Iconogr, Crust. PI. 35, fig. 12.— Kreyer, loc. cit. PI. 3, fig. 7,

(2) PI, 30, fig. 4, 5 et 6.

fixent sur leur proie , le sont au contraire davantage, ce qui annonce un genre de vie plus essentiellement parasite.

Nous rangeons dans cette division les Anthosomes , qui se rapprochent beaucoup des Pandariens ; les Némésis qui ont plus d’analogie avec les Ergasiliens, les Dichelestions et les Lamproglènes qui établissent le passage vers les Lernéens. (Voyez le tableau , page k36.)

Genre ANTHOSOME.— Anthosoma (1).

Le Crustacé singulier dont Leach a formé le genre Anthosome , a été décrit d’abord, et avec beaucoup de détails, par Abildgaard, et se fait remarquer par les nombreux appendices foliacés qui entourent la partie postérieure de son corps, et simulent des cornets emboîtés les uns dans les autres (PI. 39, fig. 5). La réte est épaisse, ovalaire, clypéiforme en dessus, obtuse en avant, et prolongée postérieurement audessus de la portion voisine du thorax ; elle porte en avant et en dessous une paire d'antennes filiformes et multi-articulée entre la base desquelles on voit s’avancer une paire d’appendices gros et cylindriques, de grandeur variable, qui se terminent chacun par un crochet trapu , et qui représentent les pates-méchoires de la première paire ; à la face inférieure de la tête, on trouve aussi un sucoir conique assez gros, et deux autres paires de pates-mâchoires, dont les postérieures terminées par une grosse main subchéliforme. Le thorax n’est pas séparé de la tête par un étranglement, et présente en dessus deux grandes feuilles ovalaires, suivies

(1) Caligus , Abildgard, Mém. de Copenhague, 1794.—Ænthosoma, Leach. Dict. des Se. nat. t. 14. — Caligus, Lamarck, op. cit.—Antusoma, Desmarest, Consid. p, 334. — Latreille, Règne anim. de Cuvier,

t. 4, p. 200, etc.—Burmeister, Mém. de Bonn. t, 17, p. 328.—Kroyer, Naturh. tedsskrift , t. 1.

d’une pièce impaire qui constitue son dernier anneau. Les pates, au nombre de trois paires, sont représentées par des appendices foliacés qui, en dessous, se recouvrent mutuellement, et qui, de chaque côté, se recourbent en dessus, de facon à former, avec les lames dorsales, une espèce de corpet, au milieu duquel se voit la portion terminale du corps. On distingue, à l'extrémité postérieure du thorax, un petit segment abdominal, terminé par deux appendices en forme de cornes obtuses; et c’est au-dessus de cet anneau que naissent les tubes ovifères qui sont cylindriques, droits et très-longs.

ANTHOSOME DE SMITH, 4. Smilhit (1).

Forme générale ovalaire allongée; bouclier céphalique étroit en avant et offrant au milieu un point noir qui disparaît après la mort et qui est peut-être un œil. Longueur , environ dix lignes.

Trouvé sur un squale. (Collect. du Musée britannique.)

Le Caligus crassus d'Abildgaard (2) ressemble beaucoup à l’espèce précédente, mais paraît être plus trapu et avoir le bouclier céphalique plus large en avant.

Genre DICHELESTION.— Dichelestium (3).

Les Dichelestions, décrits pour la première fois par Abildgaard, ont le corps grêle et allongé (PL. 39, fig. 4) ; la céte un

(1) Leach. Encyel. brit. supplém. t. 1, PI. 20, et Dict, des Sc. nat. t. 19, p. 533. — Caligus Smithii, Lamarck, op. cit. p. 142. — Anthosoma Smithii, Latreille, Encyclop. PI. 535 , fig. 2 à 26. — Desmarest, Consid. p. 335, PI, 50, fig, 3. — Burmeister, op. cit. p. 328. —Kroyer, loc. cit. t. 2, p. 295, PI. 2, fig. 2.—Guérin, Iconogr, Crust. PI. 35, fig. 9.

(2) Beskrivelse of toende nue Caligi (Schrivter of natur hist. B, 3, p. 46, PI. 5, fig. 1-3,

(5) Caligus, Abildgard, Mém. de l'acad.de Copenhague, 1794. — Dichelestium , Hermann fils, mém. aptérologique (1804). — Leach, Encyclop. Brit. — Lamarck, Hist. des anim, sans vert. t. 5, p. 136. — Desmarest, Consid. p. 336. — Latreille, Règne anim. de Cuv. t. 4,

peu épaisse, obtuse et presque rhomboïdale ; le orax composé de quatre articles , dont la longueur augmente du premier au dernier , dont le segment dorsal ne porte pas d’appendices lamelleux , et dont le dernier est étranglé au milieu chez la femelle, de facon à paraître composé de deux segmens; l'abdomen très-petit , terminal et garni sur le bord postérieur de deux petits articles lamelleux. Les antennes, insérées sur les côtés de la partie antérieure de la tête,sont gréles, filiformes et composées d'environ huit articles. Le sucoir (fig. 4 a) est grand et armé d’une paire de mandibules styliformes recourbées et dentelées vers le bout ; les appendices qui représentent les méchotres de la première paire sont presque aussi longs que le sucoir et bifurqués au bout ; près de leur base, on aperçoit une paire d’appendices coniques et trèspetits qui sont composés de trois articles et qui paraissent représenter les mâchoires de la seconde paire. Les pates-md&choires de la première paire se trouvent refoulées sous le front et dirigées en avant de facon à simuler des antennes ; elles sont grosses et terminées par une espèce de main chéliforme. Les pates-mächoires de la seconde paire sont conformées à peu près de même que chez les Caligiens et les Pandariens, seulement elles présentent à leur extrémité un ongle fort et crochu et plusieurs petits crochets. Les patesmâchoires de la troisième paire sont courtes, grosses et constituent une main subchéliforme bien complète. Les pates sont écartées entre elles ; celles des deux premières paires , fixées au premier article du thorax, consistent chacune en un article basilaire, portant deux petites rames d’une seule pièce garnies de quelques crochets marginaux. Les pates de la troisième paire sont représentées par une paire de lobes ovalaires simples , fixés sous le second article thoracique ; les derniers segmens du thorax ne portent pas d’ap-

P- 199. — Burmeister, loc. cit. p. 328. — Nordmann, Mikrogr. Beitr. t. 2, p. 41. — Kroyer, op. cit. t. 1 p. 299. — Rathke, Actes des Cur. de la nat. de Bonn.t. 19, p. 127.

pendices. Enfin les tubes ovifères naissent du bord postérieur du dernier anneau du thorax de chaque côté de la base de l’abdomen et se prolongent à l’arrière du corps en ligne droite.

La structure intérieure des Dichelestions a été étudiée récemment par M. Rathke (1) et ne paraît offrir rien de bien remarquable.

On ne connaît qu’une seule espèce de ce genre, le

DICHELESTION DE L'ESTURGEON (1). — D, Sturionis (2).

(Planche 39, fig. 4.)

Tête subpyriforme, élargie en arrière; le thorax divisé en quatre portions chez le mâie et en cinq chez la femelle par des divisions interannulaires ou par des étranglemens; abdomen trés-petit chez la femelle; à peu prés moitié aussi grand que le dernier anneau thoracique chez le mâle. Longueur, environ un pouce.

Vit fixé sur l'appareil branchial des Esturgeons. (C. M.)

Gexre NEMÉSIS. — Memesis (3).

Le genre Némésis de M.Roux se rapproche beaucoup des Dichélestions, mais ressemble un peu à certains Crustacés Isopodes par la forme générale du corps. La téte est épaisse, obtuse et ovalaire; le orax se compose de quatre articles

. 4 \ x A A quadrilatères à peu près de même grandeur que la tête et

(1) Bermerkungen uber den bau des Dichelestium sturionis ; Acta Acad. Cæs. Leop. nat, curios. t. 19.

(2) Caligus oblongus , Abildgaard, Skrifter of natur. historie. Se- Iskabet (1564), Band , 3,p. 52, PL. 5, fig. 4-11. — Dichelsition sturionis. Hermann, Mém. aptérologique, p. 125, PL 5, fig. 5-8, — Lamarck , op. cit. t. 5, p. 137. — Latreille, Encyeclop. PI, 335, fig. 1, 2.—Desmarest, Consid. p. 337, PI. 50, fig. 6. — Burmeister, loc. cit. p. 328. — Kroyer, loc. cit. t. 1, p.299, PI. 2, fig. 5. — Guérin, Iconogr. Crust. PI. 35, fig. 10. — Rathke, loc. cit. Pl. 3, fig. 1-17.

(3) Roux, Crust. de la Méditer. — Latreille, Cours d'entom. p. 456. — Burmeister, loc. cit, p. 329.

semblables entre eux ; enfin l'abdomen est petit, conique, annelé et terminé par deux petits appendices lamelleux, Les antennes sont assez longues, sétacées, multi-articulées et pourvues d’un article basilaire assez grand. Immédiatement en arrière de ces organes , on aperçoit une autre paire d’appendices qui ressemblent à de petites cornes, et qui me paraissent être les analogues des pates-mdchotires antérieures des Caligiens. Les pates-mâchoires de la seconde paire, situées de chaque côté d’un sucoir gros et court, sont grêles et petites ; mais celles de la dernière paire sont plus développées et subchéliformes. Les pa'es sont au nombre de quatre paires, dont deux fixées au premier article thoracique et les suivantes aux deux anneaux suivans ; celle de la première paire sont petites, grèles et simples, tandis que les autres sont composées chacune d’une pièce basilaire assez grande, mais libre sur la ligne médiane, et de deux petites rames terminales. Le dernier anneau thoracique présente de chaque côté, à son bord postérieur, un tubercule arrondi auprès duquel naissent les tubes ovifères qui sont extrêmement longs.

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