‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 381 sur 487 · LAMPROGLÈNE MIGNONNE. — L. pulchella · texte numérisé non relu

LAMPROGLÈNE MIGNONNE. — L. pulchella

(Panche 59, fig. 6.)

Tête globuleuse et renflée en plusieurs petits lobes ; les deux premiers anneaux thoraciques plus étroits et plus courts que les deux suivans, le cinquième petit ; l'abdomen presque aussi long que le thorax.

Trouvé sur les branchies du Cyprinus jeses.

(1) Nordmann , loc, cit. PI, x, fig. 3-9.

ORDRE DES LERNÉIDES.

Les Lernéides se distinguent principalement des Siphonostomes par l’état rudimentaire de tout le système appendiculaire , qui ne se trouve représenté que par des vestiges de membres ou par de simples lobestégumentaires sans articulations et propresseulement à servir pour accrocher l'animal sur la proie au dépens de laquelle il vit (1). Ils se font aussi remarquer par la bizarrerie de leur forme , qui en général s'éloigne beaucoup de toutes celles ordinaires dans cette classe et semble être le résultat d’un développement monstrueux. Dans le jeune âge ils offrent un mode de conformation normale et ressemblent extrêmement à de jeunes Cyclopes(2); ils sont alors pourvus d’un œil frontal et de rames natatoires qui leur permettent de se mouvoir avec agilité ; mais après avoir éprouvé un certain nombre de mues, ils cessent de mener une vie errante ; les femelles se fixent sur quelque autre animal , Le plus ordinairement sur un poisson, et les mäles s’accrochent en général sous l'abdomen de leur femelle. Les organes de la locomotion, devenusalors inutiles,

UE no, fe. 1,2, 8, 12.

(2) PL. do, fig. 6, 7, 15.

s'atrophient ou se déforment de facon à devenir impropres aux usages qu’ils étaient primitivement destinés à remplir ; l'œil disparaît presque toujours , et la configuration générale de l’animal se change au point de rendre celui-ci méconnaissable; cesont les femelles surtout qui acquièrent ainsi les formes les plus singulières; elles grossissent beaucoup, et en général, se soudent pour ainsi dire sur leur proie à l’aide de simples appendices cutanés ou de certains membres transformés en bras immobiles. Les mâles restent extrêmement petits et s'éloignent moins de leur mode de conformation primitive, seulement la tête devient très-grosse et les patesmâchoires , transformées en instrumens de préhension et destinées à fixer l'animal sur la partie qu’il doit habiter, acquièrent un grand développement relatif (1).

Jusqu'en ces dernières années les zoologistes ont méconnu la nature véritable des Lernéides et les ont éloignés des Crustacés pourles ranger parmiles Vers. Desmarest est un des premiers auteurs qui aient nettement indiqué les rapports naturels qu'ils ont avec les Crustacés ordinaires; mais c’est seulement depuis que l’on connait les formes transitoires affectées par ces parasites dans les premiers temps de la vie que l’on a pu leur assigner définitivement une place dans la série naturelle des Crustacés, et la connaissance de ces changemens est due principa-

(a) PI. 40, fig. 19, 20.

lement à M. Nordmann, observateur d'une grande habileté et duquei la science est en droit d'attendre des services encore plus considérables. Il n’est aucune branche de Flhistoire naturelle des Crustacés qui soit aussi peu avancée que celle relative aux Lernéides; presque tout reste à faire , et l'on doit espérer que M. Nordmann n’abandonnera pas uné voie qui la déjà conduit à des résultats si importants pour la science.

Les Lernéides me paraissent devoir être divisés en trois familles reconnaissables à la manière dont ces parasites s’attachent à leur proie; les uns s'y fixent à l’aide de grands appendices brachiformes réunis entre eux vers le bout et terminés par un bouton corné médian (1); d’autres par leurs patesmâchoires armées de crochets très-forts (2); et d’autres encore par toute la tête qui est garnie à cet effet de prolongemens cornés de formes variées (3); les premières correspondent à peu près à la division générique des Lernéopodes de M. de Blainville et peuvent être désignées sous le nom de Lernéopodiens ; les seconds ont pour type le genre Chondrocanthe et formeront notre famille des Chondrocanthiens ; enfin les derniers peuvent être appelés Lernéocériens, parce que le genre Lernéocère y rentre, et parce que ce nom rappelle un de leurs principaux caractères. Quant à l'établissement des

(1) PliMe, fig. x, 2, 12.

(2) PL. 40, fig. 18.

(3) PI. 40, Gg. 15.

divisions génériques et à la caractérisation des espèces, on ne peut, dans la plupart des cas, avoir égard qu'au mode d'organisation des femelles ; car les mâles nous sont presque tous inconnus ; je dois même avertir le lecteur que, dans les descriptions suivantes, ce sera toujours les Lernéides femelles dont il sera question, à moins que le contraire ne soit spécifié.

FAMILLE DES CHONDRACANTHIENS.

Les Chondracanthiens femelles (1) se fixent sur leur proie à l’aide des petites pates-mâchoires ancreuses , insérées à l'extrémité antérieure de la tête et sous le front. Les appendices thoraciques ne servent pas au même usage et ont la forme de pates ordinairement bi-ramées , d’une petitesse extrême ou de lobes charnus, libres à leur extrémité et non préhensiles. La tête est en générel assez distincte du thorax et porte presque toujours une paire d'antennes et deux paires de pates-mâchoires unciformes et ancreuses ; sur les côtés de la bouche on aperçoit ordinairement une paire d'appendices qui représentent les pates - mâchoires de la seconde paire et qui sont quelquefois ancreuses comme les autres, mais qui sont souvent rudimentaires. La bouche est quelquefois située très-loin en arrière des pates-machoires antérieures et elle est armée de petits appendices représentant les mandi-

(1) PI, 4x, fig. 1, etc.

bules. Le nombre et la disposition des appendices correspondant aux pates thoraciques varient ; tantôt on n’en compte que deux paires, tantôt trois et même quatre paires ; enfin les tubes ovifères naissent du bord postérieur du corps, de sorte que l’abdomen est rudimentaire et n’est représenté que par un ou deux petits tubercules médians.

Le mâle se trouve quelquefois accroché sous l'anus de la femelle ; il est extrêmement petit et ne ressemble en rien à celle“ci, mais ne diffère que peu des mäles de la famille suivante.

Cette famille comprend huit genres dont les principaux caractères sont indiqués dans le tableau ci-joint.

Genre SÉLIE.— Selius (1).

M. Kroyer a établi cette petite division générique pour un Lernéide dont le corps est ovoïde, la téte très-petite et garnie d’une paire d'antennes sétacées, composées de six articles, et le thorax porte sur sa face inférieure trois paires de pates. Ces membres sont petits, grêles, uni-ramés; ceux de la première et de la troisième paire sont insérés près des bords latéraux du thorax, alongés et composés de six articles dont le quatrième porte un petit appendice , et dont le cinquième est très-long ; ceux de la seconde paire sont plus courts, placés plus près de la ligne médiane et composés seulement de deux articles. Enfin , il existe, au milieu du bord postérieur du thorax, un tubercule abdominal bilobé, et un peu plus en dehors se trouvent les orifices générateurs d’où naissent les sacs ovifères. On ne connaît encore qu’une seule espèce appartenant à ce genre, savoir la

SÈLiE niLorée, — Selius bilobus (2).

Trouvé sur les branchies du Polynoëé ponctué.

(1) Kroyer , Naturhislorisk Tidsskrift, B. 1, p. 479. (2) Kroyer, loc. cit. p. 496, PL. 5, fig. 1.

igé et composées gré gées p

ti.

culées et sétifères.

Ppe Point d'antennes distinctes; pates foliacées et non sétifères.

Corps très-allongé ; tête garnie d'antennes bien distinctes.

Corps très-court; tête ne paraissant pas offrir d'antennes distinctes.

r, paires de pates-mächoires an-

sé pates thoraciques de la pre-

aire articulées et sétifères.

x paires de pates - mächoires ans. Des appendices thoraciques iformes , non articulés et non FESR représentant les pates des premiéres paires.

| | Thorax articulé.

Thorax sans divisions annulaires.

allongé.

PRE Tête allongée.

Isantérieures.

| Tête très-courte.

de facon à constituer un organe

bdomen garni de prolongemens raux et penniformes,

bdomen petit, et dépourvu d'ap se penniformes.

tête garnie de cornes symétriques ; es ovifères droits.

‘ête garnie de cornes irrégulières rameuses ; tubes. ovifères contouren spirales et ramassés en pelote.

Des antennes bien distinctes, des pates arti-

AETHON.

SELIE.

CyYene.

PENICULE.

CLAVELLE.

Tucque.

LERNANTHROPE.

CHONDRACANTHE.

ACHTHÈRE.

BAsANISTE.

TRACHÉLIASTE.

BRACHIELLE.

LERNÉOPODE.

ANCHORILLE.

PENELLE. -

LERNEONÈME

LERNÉOCÈRE.

LERNEE.

plusieurs articles.

"RE s ET Pates thoraciques à une

quite sd SÉLIE.

si

| ln : Une seule paire d'appendices thoraciques tüssetits. FR x | AëTnon. { . Des antennes bien dis- : CE E*- tinctes, des pates arti- Ê Cvewr.

ROUE EE . \. a culées et sétifères.

; E # Appendices thoraci-| =. e Point d'antennes dis- DES » ques d'une petitesse ex= | © ['tinctes; pates foliacées{ Penicure. Lx à trême : ceux des deux / et non sétifères. . CHONDRACANTHIENS. premières paires offrant\ Corps très-allongé ; | . Pates thora- presque toujours des ar-| Li tête garnie d'antennes} CLavazue. Les femelles fixées sur leyr proie/ tiques ou ap- ticulations distinctes. d paires | pion distinctes. £ a l'aide des patezmict ol pendices qui : HS os Corps très-court; tête sont forteset en forme de crochets, 2 tiennent RS HE thoragues. à paraissant pas offrir Tocque En général des antennes distinote, [lieu biramées| deux paires d'antennes distinctes. etplusieurspaires de membrestho- etn'offrantque etes Appendices thoraci ae : : EG thoraciques. A = 4 Æ Mage ee rudimen- pales po - 4 ques de la seconde paire] Trés paires de pates-mächoires an- , es. 4 Fnre - ou même des deux pre- creusk ; pates thoraciques de la pre-} LeRNANTHROPE. mièrespaires,représentés |mièrepaire articulées et sétifères. PR | par des organes brachi- | formes assez grands et\ Detx paires de pates - mâchoires an- ORDRE | non articulés. En géné- [creusés. Des appendices thoraciques } ral, des appendices ana- Pbrachiformes , non articulés et non | Cyonnracanrurs A / logues,représentant une sétifères, représentant les pates des x \ rs paire de mem-| deux premières paires.

LERNÉIDES res thoraciques. ; FAMILLE Des appendices an- | Corps trdël ( Thorax articulé. ACUTRÈRE. D se creurs ou préhensiles ; ES LERNEOPODIENS. : pates-mäâchoires poste- sous Thorax sans divisions an- ; Appendices brachi- |rieures situées près de uulaires mie: À Er hes st fixées sur leur proie ere longs, écartés / la base des bras à l'aide d'une paire d'appendices/à leur base et réu- : : » « ’ thoraciques A Te . très- \nis seulement vers le sh Li" Tnacaäntlers; grands, et réunis entre eux vers [Pout. ; s A ; bout. En général des antennes, au d'appendices à la base des bras; les pates-mä- RARE HRRGH INR et au moins deux paires de pates- choires postérieures placées très-prè éri mâchoires Spa F P dal En à Hi ebe Tête très-courte. LerNÉOrODE. Appendices brachiformes, cour éuni è 4 à L î , ts et réu Ë 1 i É 1 adhésion en apparence impair et médian. MES | Soie Ra ns ue. FAMILLE | bd mi de prolong 0 Plusieurs paires#le pates rudi ‘ FRET Abdomen HATRI= 18 PE LE 2 PENELLE. DES LERNE ; la face inféri pates rudimenfaires, situées sous | latéraux et penniformes, < NEOCERIENS. inférieure du tronc, près de la tête. Abdomen pelit, et dépourvu Er} Not Les femelles fixées sur leur proie BAOBIESS PANIER à l'aide de cornes céphaliques. En Tète garnie de cornes symétriques ; Fe y Re à : : <a à ?£ LEnRNE , général point d'antennes,une seule : Point de vestiges de pates ou appendices semblables à la tubes ovifères droits. } ERNÉOCÈRE paire de pates-mächoiresancreuses| ‘Ce inférieure du corps. j Tète garnie de cornes irrégulières etpoint d'appendicesbrachiformes. et rameuses ; tubes ovifères contour- } Lennee. È nés en spirales el ramassés en pelote.

Causracés , r ÿ és , TOME 11 (en regard de la page 499).

GENRE AETHON. — Æethon (1).

Les Aethons ressemblent un peu aux Sélies par la conformation générale du corps, et aux Chondracanthes par la disposition du système appendiculaire, La téte est petite et séparée du thorax par un étranglement ; le thorax est grand et paraît ètre bisegmenté, et l’zbdomen est rudimentaire. Près du bord antérieur de la tête, se trouve une paire de pates-méchoires subchéliformeset quelques autres appendices rudimentaires, À l'extrémité du cou, on aperçoit une paire d’appendices très-courts , fourchus et obtus, qui représen. tent une première paire de pates. Vers la partie antérieure du thorax, il existe des vestiges d’une seconde paire de pates ayant la forme de tubercules très-petits , coniques et fourchues au bout. Enfin, un peu plus en arrière, se voient encore deux tubercules arrondis.

On ne connaît qu’une seule espèce de ce genre.

AETHON QUADRILATÈRE, — 4, quadratus (2).

Tête pentagonale ; thorax subquadrilatère allongé, déprimé et offrant en arrière un prolongement moins large que le reste, et arrondi sur le bord postérieur. Longueur , environ une ligne et demie,

Trouvé sur un Serran.

Gaexre CLAVELLE. — Clavella (3).

Les Clavelles ont la tête distincte du thorax, et celui-ci présente à sa partie antérieure un étranglement, de facon

EEE ESS

(n) Kroyer, loc. cit. t. 2, p. 257.

(2) Kroyer , loc. cit. PI. 2, fig. 9, et PI. 35, fig. 1,

(3) Lernea , Müller. — Clavella , Oken , Lehrb. des naturg. — Cuvier, Règne anim, t. 3, p.258. — Burmeister , Mém. des curieux de la nat. de Bonn, t.17.— Kroyer, loc. cit.

ee

à paraître formé de deux articles ; mais cette séparation n’est qu'apparente, car il n’existe en ce point aucune articulation. La téte est petite, et garnie sur le bord frontal d’une paire d'antennes sétacées très-courtes, et composées de plusieurs articles. À la face inférieure de la tête se trouve la bouche, entourée par trois paires de pates-mächoires. Celles de la première s’'insèrent immédiatement en arrière des antennes, et ont la forme de crochets assez forts, et composés d’une pièce basilaire et d’un ongle terminal aigu. Les pates-mächoires de la seconde paire paraissent être représentées par deux appendices rudimentaires, et celles de la troisième paire sont ancreuses comme les premières, mais beaucoup plus grêles et un peu plus longues. La première portion du thorax porte en dessous deux paires de pates biramées d’une petitesse extrême; la seconde portion du thorax n’est garnie ni de pates ni des prolongements en forme de lobes allongés qui représentent ces organes chez les Chondracanthes et les Lernanthropes. Enfin, les tubes ovifères naissent de chaque côté du point d’insertion de l'abdomen; et celui-ci , réduit à un état rudimentaire, ne se reconnaît qu’à raison de l'existence de deux petits appendices terminaux. Mâle inconnu.

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