‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 81 sur 487 · THEMISTO crAssiCORNE. — T°, crassicornis · texte numérisé non relu

THEMISTO crAssiCORNE. — T°, crassicornis

Antennes supérieures très-courtes, grosses, bi-articulées et eiliées sur le bord. Antennes inférieures composées de trois articles au lieu de quatre , comme dans les espèces précédentes,

Habite les mers du Groënland.

Genre ANCHYLOMÈRE. — Anchylomera (3).

Toutes les Hypérines dont nous avons parlé jusqu'ici ont entre elles la plus grande analogie ; mais celles que nous

(1) Themisto Gaudichaudii, Ross, op. cit. — Themisto arcliex, Kroyer Grôonlands Amfipoder, p.63, PI. 4, fig. 16.

(2) Krôyer, op. cit. p. 67, PI. 4, fig. 17.

(3) Edw. Ann. des Sc. nat. t. 20, p. 394.

allons faire connaître ici s’en éloignent beaucoup, quoique leur forme générale soit la même,

Le corps de ces Crustacés (PI. 30, Jg. 4) est large et déprimé ; la téte est grosse, arrondie et inclinée au bas; les yeux en occupent une grande partie , mais ne se réunissent pas sur la ligne médiane comme cela paraît avoir lieu chez les Themistos. Les antennes manquent complétement dans l’un des sexes ; dans l’autre elles sont courtes et insérées assez près les unes des autres dans un petit enfoncement qu’on remarque à la partie antérieure et inférieure de la tête. L’organisation des appendices de la bouche est la même que chez les Hypéries et les autres Amphipodes de la même famille dont nous avons déjà parlé. Le thorax n’est divisé qu'en six anneaux , et c’est le premier de ces segmens qui porte les quatre pates antérieures, qui sont petites, semblables entre elles et appliquées contre la bouche ; aussi ressemblent-elles à des pates-mâchoires plutôt qu’à des pattes ambulatoires ; on n’y distingue que quatre articles , dont le premier est long et cylindrique, les deux suivans très-courts , et le dernier grand , aplati, de forme lancéolée, et terminé par une pointe très-aiguë. Les pates de la troisième et de la quatrième paire sont beaucoup plus longues et formées, comme à l'ordinaire , de six articles, dont l’antépénultième est comprimé , élargi, et représente une espèce de main, Les pates de la cinquième paire, au lieu d’être grèles et allongées comme dans les genres précédens, sont courtes, très-larges , et ressemblent à des boucliers latéraux qui seraient terminés par une grosse main subchéliforme ; leur premier article est lamelleux , presque carré et si grand qu'il recouvre les pates suivantes ; le second et Le troisième article sont très-courts, et dirigés en arrière, à angle pres= que droit avec la hanche ; le quatrième est fort grand et a la forme d’un disque ovalaire, tronqué postérieurement ; enfin les deux derniers articles sont cylindriques, et constituent une griffe mobile qui s’infléchit sur le bord postérieur de la main, Les quatre dernières pates ont à peu près la même

forme ; mais au lieu d’être terminées par une grosse main préhensile, elles sont grêles et cylindriques versle bout ; leur premier article a encore la forme d’une grande lame , et les autres constituent une espèce de tige quiest recourbéeen haut et en arrière, en sorte que les six dernières pates sont toutes crochues et incapables de se redresser, Les appendices membraneux, fixés à la face inférieure des six anneaux du thorax entre la base des pates, sont très-grands, mous et vésiculeux. Les fausses pates des trois premiers segmens de l'abdomen sont formées d’un gros pédoncule et de deux lames cornées, larges, allongées, dentelées, et garnies surles bords d’un grand nombre de poils très-longs. Celles des trois dernières paires, au lieu d’avoir comme chez les Hypéries, etc., un pédoncule gréle et cylindrique, terminé par deux articles lancéolés, sont réduites en un petit article basilaire à peine perceptible, auquel est attachée une grande lame ovalaire de consistance membraneuse (P1.30, fig. 5). Enfin, le dernier anneau de l’abdomen est terminé par une lame semi-cireulaire, horizontale, qui forme, avec les appendices dont nous venons de parler, une espèce de nageoire caudale,

Nous ne connaissons pas les mœurs des Anchylomères ; mais, d’après leur organisation, il paraît bien probable qu’ils sont très-mauvais marcheurs et qu’ils passent la plus grande partie de leur vie fixés sur d’autres animaux, aux dépens desquels ils vivent ; en effet , la disposition des pates de la cinquième paire est telle, qu’elles doivent rendre la marche bien difficile , et qu’elles ne peuvent servir à porter les alimens vers la bouche, bien qu’elles soient essentiellement préhensiles ; on ne peut donc leur supposer d’autre usage que celui de saisir les corps sur lesquels l’animal veut se loger.

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