‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 84 sur 487 · PA · texte numérisé non relu

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Ce genre a été établi par M. Risso, mais est resté pendant longtemps si imparfaitement connu, qu’il était impossible de le reconnaître avec certitude, et que le Crustacé d’après lequel il avait été caractérisé a été pris par Latreille pour type de son genre Dactylocère. Dans une précédente publication, nous l'avons décrit aussi sous ce dernier nom; mais ayant eu récemment l’occasion d'examiner des Phrosines étiquetées de la main de M. Risso, nous avons pu constater l’identité de ces deux divisions, et pour éviter la confusion qui existe maintenant dans la synonymie du mot Dactylocère, nous adopterons ici de préférence le nom de Phrosine.

Le corps des Phrosines ( PI. 30, fig. 21) est moins élargi que celui des Hypéries, et la zéte extrêmement grande est placée plus obliquement, de façon quesa partie supérieure est beaucoup plus saillante que la partie inférieure. Le front est armé de deux prolongemens coniques qui ressemblent à des cornes, et qui paraissent représenter les antennes de la première paire, dont on ne voit pas d’autre vestige. Les antennes , au nombre de deux seulement, s’insèrent à quelque distance de la ligne médiane, un peu au-dessous des cornes

(1) Hieraconyx abbreviatus, Guérin, loc. cit. class. VIL, PI 17, fig. 2. ;

(2) Pisitooë ? Raffinesque, Précis de découvertes somiol. p. 25. — Phrosina, Risso, Hist. nat. de l'Eur. mérid. t. 5, p. 91. — Dactylocera , Latreille , Règn. anim. de Cuv.t.4,p. 117. — Edw. Ann. des Sc. nat. t. 20, p. 393. — Phrosine, Costa, Fauna del regno di Napoli.

Le genre Phrosine , tel que Latreille l'a caractérisé dans le Règne animal (t.3,p. 117), ne paraît pas différer notablement des Hypéries {voyez aussi le Cours d'Entomologie, p. 400).

go HISTOIRE NATURELLE

frontales ; elles sont très-courtes, styliformes , et composées seulement de trois articles, dont les deux premiers presque rudimentaires. L'espace compris entre l'insertion des antennes et la bouche est très-grand. L'appareil buccal ne présente rien de remarquable, si ce n’est que les mandibules manquent de branches palpiformes (1). Le #Lorax n’est divisé qu’en six articles ; les pièces épimériennes sont bien disünctes, et tous les segmens ont à peu près la même longueur. Les pates des deux premières paires sont petites, et s’insèrent au premier anneau thoracique, de chaque côté de la bouche; elles sont un peu comprimées, et diminuent graduellement de largeur vers le bout qui est pointu. Les pates des quatre paires suivantes se terminent par une main subchéliforme , dont le bord préhensile est fortement dentelé, et dont la griffe formée par le sixième article seulement est très-longue; le premier article des pates de la troisième et quatrième paire est étroit, comme celui des pates précédentes ; mais aux pates de la cinquième et sixième paire cet article est lamelleux et très-large ; enfin de toutes ces pates ce sont celles de la cinquième paire qui sont les plus longues. Quant aux pates de la septième paire, elles ne sont représentées que par un seul article lamelleux, assez semblable à la hanche des deux paires précédentes, Enfin labdomen se termine par une sorte de nageoire composée du quatrième anneau, des cinquième et sixième segmens soudés ensemble , d’une lame caudale impaire , et de trois paires de grandes lames ovalaires, semi-membraneuses.

(1) Dans l'espèce que j'ai examinée , il n'existait aucun vestige d’appendice palpiforme inséré aux mandibules; mais dans la figure que M. Costa à donnée de ce genre , on voit de chaque côté de la bouche un petit appendice sétacé qui paraîtrait être un palpe mandibulaire, et qui est considéré par ce naturaliste comme une seconde paire d'antennes ; il serait possible que ces appendices ne fussent autre chose que les pièces terminales des pates-mächoires devenues plus saillantes que d'ordinaire.

Purosine ne Nice. — P. Micetensis (1).

(PL. 50, fig. 21.)

Angle antéro-inférieur du pénultième articie des pates des deux premières paires spiniforme et s'avancant beaucoup au delà des dentelures du bord situé au-dessus. Six dents, dont deux plus fortes que les autres sur le bord inférieur du pénultième article des pates de la cinquième paire. Troisième anneau de l'abdomen obscurément tricaréné en dessus. Appendices abdominaux des trois dernières paires arrondis postérieurement.

Longueur : environ 1 pouce.

Habite la Méditerranée. (C. M.)

La PHROSINE SEMI-LUNAIRE (2), à en juger par la figure très-détaillée qu’en a donnée M. Costa, diffère de l'espèce précédente par l'absence d'une grosse dent à l'angle antéro-inférieur du pénultième article des pates antérieures, par la forme plus acuminée des lames natatoires que représentent les trois dernières paires de fausses pates, et par quelques autres caractères.

Genre PHRONIME, — Phronima (3).

Latreille a établi ce genre pour recevoir un Amphipode trèscurieux , et dont on trouve une description sommaire dans l'ouvrage de Forskal, Sous beaucoup de rapports, les Phronimes ressemblent au genre Anchylomère, mais leur corps est mou, semi-transparent et beaucoup plus allongé. La £éte est très-grosse, verticale , et ne porte que deux petites antennes insérées très-loin de la ligne médiane, Les 72andibules n’ont point de grand palpe articulé comme chez les

(1) Dactylocera Nicetensis , Edw. Ann. des Sc. nat. t. 20, p.293, et Atlas du Règn. anim. de Cuvier, Crust. PL. 58, fig. 2.

(2) Pisitooé bispinosa ? Raflinesque, Précis de découv. Somiol. p. 25. -—Phrosine semilunata ? Risso, Journal de Physique, 1822, p. 245 ; et Hist. nat. de l'Eur. mérid. t. 5, PL. 3, fig. 10-12.—Desmarest, Consid. p. 259. — Costa, Fauna, Crust. PL. 4, fig. 1-5.

(3) Cancer, Forskal, Descript. anim. — Phronima, Latreille, Ge. nera Grust, etc: == Limarck, Leach, Destarest, ete,

Hypéries, mais les autres appendices de la bouche sont essentiellement les mêmes que chez ces animaux. Le thorax est très-large antérieurement, et se termine presque en pointe; on y compte sept anneaux , dont le premier est trèsétroit. Les pates sont toutes longues , grêles et faibles ; celles des deux premières paires ont, en général, l’antépénultième article aplati et élargi antérieurement ; celles des deux paires suivantes sont grêles et cylindriques dans toute leur longueur. Les pates de la cinquième paire sont les plus lonsues ; elles sont dirigées en arrière et terminées par une main forte, renflée et didactyle. Les pates des deux dernières paires sont faibles, subulées et reployées sur ellesmêmes. Enfin, entre les deux rangées formées par ces organes, on trouve comme chez les autres Amphipodes une série d’appendices membraneux, très-longs, vésiculeux et de forme ovalaire, disposés par paires sur chacun des segmens thoraciques , excepté le premier et le septième ; le nombre total de ces appendices est par conséquent de dix, et non de six comme on le croit communément, et s'ils remplissent les fonctions d'organes respiratoires ils servent aussi à retenir sous le corps les œufs et les jeunes qui viennent d’éclore. L'abdomen est presque aussi long que le thorax : les trois premiers anneaux sont étroits et allongés; les fausses pates qui y correspondent sont remarquables par la grandeur de leur pédoncule, lequel est plus long que les deux lames nätatoires qui les terminent. Le quatrième segment de l’abdomen est beaucoup plus court que les précédens; le sixième est confondu avec le cinquième , et se continue postérieurement avec une petite lame horizontale; enfin les fausses pates des trois dernières paires sont formées par un pédoncule long, grêle et cylindrique, portant à son extrémité deux petites lames pointues.

Ces Crustacés singuliers habitent l’intérieur d’une espèce de coque cylindrique, ouverte aux deux bouts, d’une texture gélatineuse absolument semblable à celle des Méduses les plus simples, et formée probablement par le corps de quelque Beroe .

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