‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 3)Chapitre 108 sur 310 · SV CA U «J · texte numérisé non relu

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FAMILLE DES APTERURES.

Les Décapodes, dont cette famille se compose , se rapproclient beaucoup des Brachyures par la forme générale de leur corps (i) et par la conformation de leur abdomen, dont le pénultième anneau ne porte pas d’appendices mobiles, du moins à l’âge adulte. Leurs antennes sont médiocres; presque toujours tous les anneaux thoraciques sont soudés entre eux, et le plastron, sternal constitue toujours un bouclier très-large (u) ; la disposition des pâtes Tarie. Enfin , dans tous les genres dont l’appareil respiratoire a été examiné, les branchies sont couchées obliquement sur la voûte des flancs, et sont presque toujours insérées sur plusieurs rangs et au nombre de quatorze de chaque côté du corps.

On doit ranger dans ce groupe un certain nombre de Crustacés qui offrent dansleurstructure de grandes anomalies; aussi, pour en rendre la cl.nssification naturelle, devient-il nécessaire de multiplier les divisions beaucoup plus que chez la plupart des Brachyures. Nous y distinguerons quatre tribus reconnaissables aux caractères exposés dans le tableau précédent. (Voyez page iby- )

TRIBU DES DROMIENS.

Les Dromiens (PL 21, fig. 5-8) ont tous le corps globuleux , et le front recourbé au bas , de manière à

(1) PI. 21, tig. I et 5, et PI. 22, fig. 1.

(2) PL 21, fig. 2, et PI. 22, fig 4.

DES CRUSTACÉS. l6()

Venir en contact avec un prolongement de l’épistome et avec le pédoncule des antennes externes, et à circonscrire de la sorte deux fossettes profondes dans lesquelles les antennes internes sont logées en entier comme chez les Brachyures (PI. 21, fig. 6). Les yeux sont courts, et logés dans des orbites bien formés. Le cadre buccal est nettement circonscrit, et les pâtes- mâchoires externes sont élargies etoperculiformes. Le plastron sternal est assez large partout, et le dernier anneau du thorax est soudé aux précédens. Les pâtes sont courtes et grosses; celles de la première paire sont terminées par des pinces grosses et bien formées, les suivantes sont cylindriques ; celles des deuxième et troisième paires sont ambulatoires et terminées par un tarse conique ; il en est quelquefois de même de celles de la quatrième paire ; mais celles de la cinquième paire oumêmedesdeux dernières paires sont petites, relevées au-dessus des autres ou sur les parties latérales de la carapace, et terminées par un ongle crochu qui se reploie contre l’article précédent, et peut ainsi devenir préhensile. Enfin ^abdomen est grand, lamelleux, et appliqué contre le plastron. On y remarque, entre le sixième et le septième segmens, deux petites pièces cornées qui font 'm peu saillie, et qui sont les vestiges des appendices Caudaux (PI. »i, fig. y ).

Cette petite tribu ne se compose que de deux genres, ^ont voici les caractères :

bROMIENS

Ayant les pâtes des deux dernières paires plus petites que les autres, relevées sur le dos, et plus ou moins subehéliformes.

Ayant les pâtes de l’avant-dernière paire semblables aux précédentes, et celles de la cinquième paire seulement petites et relevées.

Dkomies.

Dyno.kèhes.

HISTOIRE NATUREXLE

Genre DROMIE. — Dromia (i).

Les Dromies ont beaucoup d’analogie avec les Décapodes Brachyures , par leur forme générale ; mais dans le jeune âAe elles offrent les caractères essentiels des Macroures, et on reconnaît facilement, lorsqu’on les examine avec'quelqu’attention, que, même à l’état adulte, elles ne peuvent prendre place ni dans l’une ni dans l’autre de ces divisions natui-elles. La carapace de ces Crustacés est circulaire et presque globuleuse (PI. 21, fig. 5)} les diverses régions de sa face supérieure se distinguent assez bien ; la stomacale est fort grande et les branchiales petites. Le front est incliné et triangulaire ; les orbites profondes, et les yeux gros et courts. Les fossettes antennaires sont longitudinales et bien séparées entre elles , mais incomplètes en dehors ; l’article basilaire des antennes internes est presque cylindrique, et dirigé un peu obliquement en avant et en dedans. La tigelle mobile de ces organes est composée de deux articles courts, portant deux filets terminaux, et pouvant se reployer en avant entre le front et la base du pédoncule oculaire ( PI. 21, fîg. 6). Les antennes externes sont placées au-dessous du pédoncule oculaire ; le tubercule auditif qui en occupe la ba^e est extrêmement grand , et perforé près de son angle externe ; l’article suivant est gros et a peu près cylindrique , il complète au-dessous la paroi orbitaire, et présente au dehors une forte dent terminale qui avance parallèlement à l’article suivant. Celui-ci, ainsi que le troisième article pédonculaire , est très-court. Enfin , la tigelle multi-articulée ne présente rien de remarquable. L’épistome est triangidaire. Le cadre buccal est à peu près carré, un peu plus large en avant qu’en arrière, et terminé partout par un bord saillant; la ligne latérale, qui s’é-

(1) Cancer, Linné; llerbst, etc Dromia, Fabricins , Suppl-

p. 359. — LatreiUe, Desmarest, etc.

tend de son angle antérieur sur la région ptérygosfomienne, et qui résulte de la soudure des pièces latéi'ales de la carapace avec sa portion médiane, ne se recourbe pas en dedans pour se terminer au-dessus des pâtes de la troisième ou quatrième paire , comme chez les Brachyures , mais se porte en dehors, et remonte sur la face supér ieure de la carapace, au devant de la dernière grosse dent latérale de ce bouclier doi’sal. Le plastron sternal présente une disposition particulière dépendante de la structure interne du thorax; les lames apodémiennes qui naissent de la face supérieure du sternum ne s’y prolongent pas jusqu’à la ligne médiane , et il n’y a pas sur cette ligne une apodème impaire comme chez les Brachyures ; aussi leslignes indicatives de l existence de ces cloisons ne se voient-elles que sur les parties médianes du plastron. Il est aussi à noter que , dans l’intérieur du thorax, les apodèmes se réunissent sous le cœur et sous l’estomac , de manière à former deux voûtes et à constituer Un canal sternal; enfin, il n’existe pas sur le plastron des ouvertures pour les organes générateurs femelles, ainsi que cela se voit chez tous les Brachyures. Les pâtes anterieures sont grosses, courtes, et terminées par une forte pince, dont le bout est arrondi et creusé en cuiller. Les pâtes de la deuxième et troisième paires sont également grosses et de longueur médiocre ; elles sont terminées par un tarse gros, court et pointu; mais n’offrent, du reste, rien de reniarquable, à l’exception des ouvertures creusées dans 1 article basilaire du troisième chez la femelle (PI. ai, fig. 8) ; celles des deux dernières paires présentetjt , au contraire, Une disposition des plus singulières; elles sont très-petites, Relevées sur le dos et terminées par une pince assez bien formée ; celles delà cinquième paire s’insèrent au-dessus et niême un peu en avant de celles de la quatrième, et sont Un peu plus longues ; la pince qui les termine est aussi uiieux conformée ,mais cependant le doigt immobile est en core beaucoup plus court que le doigt mobile , qui est crochu et très-pointu.

L’abdomen de l’adulte n’est guère plus développé que celui des Brachyures ; mais on y reconnaît les vestiges des appendices du pénultième anneau , sous la forme de deux petites pièces latérales intercalées entre les sixième et septième segmens (PI. 21, fig. ^ ). Chez la femelle, les cinq premiers anneaux de l’abdomen portent des appendices ovifères, dont le nombre est par conséquent de dix. Chez le mâle , ces appendices sont au nombre de deux paires seulement ; mais ils sont très-grands , et la portion terminale de ceux de la première paire se contourne de façon à former un tube qui loge ceux de la paire suivante , ainsi que les verges.

La structure intérieure desDromies les éloigne également des Brachyures, avec lesquels on les avait généi'alement confondus. En elfet, les branchies sont au nombre de quatorze de chaque côté du corps ; elles sont disposées par groupes sur plusieurs rangs , et les deux dernières naissent des deux derniers anneaux thoraciques , qui , chez les Brachyures, n’en portent jamais. L’appareil de la génération présente aussi des particularités remarquables; la femelle n’a point de poche copulatrice , et les vulves , au lieu d’occuper le plastron sternal , sont creusées dans l'article basilaire des pâtes de la troisième paire (PI. 21, fig. 8, a)-

Mais c’est surtout dans le premier âge que la structure des Droraios les éloigne des Bi acbyures ; car alors leur abdomen est épais , terminé par une nageoire en éventail , comme chez les Macroures , et garni en dessous de fausses pâtes natatoires. A cette époque de leur existence, ils sont évidemment conformés pour la natation ; mais lorsqu’ils ont subi les changemens de forme qu’amènent les progrès de l’âge , ils deviennent marcheuses et paraissent même avoir des habitudes tiès-sédentaires. En général , on ne les trouve qu’à des profondeur, assez considérables , et souvent ils se recouvrent d’une éponge ou d’un alcyon qu’ils fixent sur leur dos à l’aide de leurs pâtes postérieures.

S- Espèces n^ant la carapace beaucoup plus large que longue.

[A. Bords latcro-antérieurs convexes dans toute leur longueur.

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