DES DÉCAPODES MACROURES
Cette division de Tordre des Décapodes a pour type TEcrevisse, et comprend tous les Crustacés à branchies thoraciques internes les mieux organisés pour la nage. On les reconnaît facilement au grand développement de leur abdomen et à la grande nageoire en forme d’éventail qui termine postérieurement leur corps.
La carapace des Macroures est presque toujours beaucoup plus longue que large, et en général ne se prolonge que peu ou point latéralement au-dessus de la base des pâtes (i); d'ordinaire il n’y a point de ligne de démarcation entre les pièces supérieures et latérales de ce bouclier , et les régions branchiales se réunissent presque sur la ligne médiane du dos , mais restent séparées de la région stomacale par un sillon. En général, le front est armé d’un rostre que recouvre 1 anneau ophthalmique , mais qui ne se réunit pas en dessous à Tanneau antennulaire , de manière à entourer la hase des pédoncules oculaires , comme nous 1 avons vu chez les Brachyures. Les divers anneaux du thorax sont en général tous soudés entre eux ; quelrfuefois cependant le dernier segment reste mobile. Le sternum est très-étroit en avant, et chez la plupart
(l) PI. 2.3, fig. I ; PI, 2^, fig. I, G, II, l5i PU 25, fjg. 1,8, etc.
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de CCS animaux est presc^ue linéaire dans toute sa longueur, et ne constitue pas un plastron ventral ; quelquefois cependant il s’élargit beaucoup vers la partie postérieure du thorax, et prend la forme d’un bouclier lioiizontal. Les flancs sont à peu près verticaux , et les cloisons apodémiennes se réunissent de manière à former un canal sternal médian qui loge le système nerveux , l’artère sternale, etc. (i).
Les antennes sont très-développées , et se trouvent en général à peu près sur la même ligne; celles de la première paire (les antennes internes ) ne se rcploient jamais dans une fossette, comme cbcz les Bracbyures et la plupart des Aiiomoures; leur pédoncule est alongé , et elles portent en générai deux ou quelquefois même trois filets terminaux grêles , sétacés et trèslongs. Les antennes externes présentent presque toujours au-dessus de leur base un appendice qui représente le palpe de ces membres et qui est analogue à l’épine mobile que nous avons vue chez les Pagures ; seulement cet appendice constitue ordinairement une grande lame horizontale.
Le cadre buccal est en général à peu prés carré, et n’est pas distinctement séparé de l’épislome. Les pates-mâchoires externes ne sont presque jamais operculiformcs , comme chez les Bracbyures ; leurs second et troisième articles ne .sont que peu ou point élargis, et les trois derniers articles sont très- développés ; aussi ces organes ressemblent-ils à de petites ])ates ordinaires qui seraient replovées contre la bouebe; quelquefois même ils servent à la locomotion , et ressemblent exactement aux pâtes thoraciques ; en
(i) PL 23, fig. 3.
.général ils sont dépourvus d’appendice flabelliforme. Les mandihides sont en général robustes , mais nianquent quelquefois d’appetulice palpiforme. Les J)ates thoraciques sont en général longues et grêles. Celles de la première paire, ou des deux premières paires, se terminent le plus souvent par une pince didactyle , et il arrive quelqiu fois que celles de la cinquième paire sont plus ou moins rudimentaires et non ambulatoires. Uabdomcn est presque toujours beaucoup plus grand que le tborax , et présente une épaisseur considérable ; les sept anneaux qui le composent sont tous mobiles ; les cinq premiers portent d’ordinaire chacun une paire de fausses pâtes natatoires composées d’un article basilaire gros et cjdindrique , et en général de deux lames terminales , longues et ciliées sur les bords. Les appendices du sixième anneau sont beaucoup plus grands , et dirigés en dehors , tandis que les précédens sont dirigés en bas ; leur article basilaire est court, mais porte deux lames très-grandes, qui constituent , avec la pièce médiane lormée parle septième anneau , une grande nageoire caudale à cinq feuillets disposés en éventail (i).
L’organisation intérieure des Macroures dillère également de celle des Bracbyurcs et même des Ano- ^'oures. Leur système nerveux se compose de ganglions dont la concentration est bien moindre ; les Centres nerveux du tborax sont souvent tous distincts, il existe une série de six ganglions dans l’abdomen. La disposition du système circulatoire^ et surtout des Sinus veineux, présente des particularités que nous
(1) PI. 23, fig. I, etc.
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avons déjà fait connaître (i). Les branchies sont en général beaucouj) pins nombreuses que chez les Brachyures , et sont insérées , comme chez la plupart des Anomoures, par groupes de deux, de trois ou de quatre au-dessus des diverses pâtes (2) ; presque toujours il en existe jusque sur le dernier anneau thoracique , et souvent ces organes , au lieu d etre composés de lamelles parallèles , sont formés d’une multitude de petits cylindres disposés comme les poils d’une brosse. Enfin il n’existe pas de poches copulatrices (3), et les ouvertures des oviductes sont toujours situées sur 1 article basilaire des pâtes thoraciques de la troisième paire.
Ces Crustacés, ainsi que nous l’avons déjà dit, sont essentiellement nageurs j ils ne marchent que peu et ne sortent pas de 1 eau. L’abdomen et la grande nageoire caudale qui le termine sont leurs principaux organes de locomotion, et c’est à reculons qu’ils nagent toutes les fois qu’ils veulent se mouvoir avec vitesse, car alors ils frappent l’eau en reployant en bas et en avant cette espèce de rame terminale.
On peut diviser ce groupe de Crustacés en quatre familles naturelles , dont quelques-uns des caractères les plus saillans sont exposés dans le tableau suivant.
(1) Voyez t. I, p. loo et 102
(3) PI 12, fig. i5.