FAMILLE DES SALICOQUES
La famille des Salicoques est extrêmement nombreuse , et se compose de Décapodes Macroures , dont le corps est en général comprimélatéralement (a) ; 1 abdomen très-grand, et les tégumens simplement cornés. De même que chez les Astaciens, la base des antennes externes est garnie en dessus d’un appendice lamelleux ; mais ici cette lame est beaucoup plus grande , et recouvre presque toujours en entier, et en général dépasse de beaucoup le pédoncule situé audessous (3). Lestâtes sont en général grêles et trèslongues, et les fausses pâtes natatoires sont encaissées à leur base par des prolongemeris lamelleux du segment dorsal des anneaux correspondans de 1 abdomen qui descendent très -bas. La nageoire caudale est grande et bien formée. Enfin, les branchies sont toujours composées de lamelles horizontales , et sont en général peu nombreuses.
(1) Bioderip, Pi'oceedings oC theGeological Society, ib35, t. II ,
(2) PI. 25, fig. I, 8, 10, i3 : PI. 25, fig. 4 el d.
(3) PI. 25, iig. i4'
DES CRUSTACÉS. 33g
Nous diviserons cette famille en quatre tribus reconnaissables aux caractères suivants.
Tribu des Crangonieks.
Antennes internes insérées sur la même ligne que les externes ; pâtes de la première paire terminées par une main siibchéliformc.
Tribu des Alphéens. *
Antennes insérées sur deux rangs ; les internes au-dessus des externes. Rostre très-petit et aplati, Pâtes robustes, et ne présentant presque jamais de vestiges d’appendice flabelliforme ni de palpe ; celles de l’une des trois premières paires tiès-fortes; celles des trois dernières paires toujours njonodactyles.
Tribu dès Palémoniens.
Antennes insérées sur deux rangs. Rostre grand , lamelleux, comprimé et dentelé. Pâtes robustes, sans appendices à leur base; celles des deux premières paires en général didactyles, mais grêles, et celles de trois dernières paires toujours monodactyles.
Tribu de Pejvbens.
Antennes insérées sur deux rangs. Rostre en général petit ou nul. Pâtes greles et portant presque toujours à leur base un appendice lamelleux plus ou moins développé ; celles de la troisième paire souvent didactyles. Abdomen extrêmement long et comprimé.
TRIBU DES CRANGONIENS.
Cette division ne comprend qu’un seul genre , tuais les Crustacés dont elle se compose diffèrent trop des autres Salicoques pour être compris dans les tri- Itus naturelles formées par ces dernières. Elle correspond au genre Crangon de Fabricius, qui a été
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subdivisé sans nécessité par Leacli et j)ar M. Risso en Crangons proprement dits , Égeons et Pontopliiles.
Genre CRANGON. — Crangon,
Le genre Crangon , établi par Fabricius , comprend les Salicoques, dont les pâtes antérieures sont terminées par une main monodactyle et subeliéliforme (PI. i5 , fig. i4)-
La carapace de ces Crustacés est beaucoup plus déprimée que chez les autres Salicoques, et ne présente en avant qu’un rudiment de rostre. Les yeux sont courts , gros et libres. Les antennes sont insérées jjresquc sur la même ligne transversale ; celles de la première paire sont dilatées à leur base , au côté externe de laquelle se voit une écaille assez grande ; leur pédoncule est court , et elles se terminent par deux filets multi- articulés. Les antennes exteraes insérées en dehors , et un peu au-dessous des précédentes , n’offrent rien de remarquable. Les mandibules sont grêles (et dépourvues de palpe ( 1 ). Les pâtes - mâchoires externes , pédiformes et de longueur médiocre , se terminent par un article aplati et obtus ; elles portent en dedans un palpe court , terminé par un petit appendice flagriforme dirigé en dedans. Le sternum est très-large en arrièi-e. Les pales de la première sont fortes , et se terminent par une main aplatie, sur le bord antéi’ieur de laquelle se replie une grillé mobile; il est aussi à noter que l’angle interne de cette main , qui con-espond à la pointe de la griffe , est armé d’une dent représentant un doigt immobile rudimentaire. Les pâtes des deux paires suivantes sont extrêmement grêles ; les secondes se terminent en général par une pince didactyle très-petite, et les troisièmes sont monodactyles , comme celles de la quatrième et de la cinquième paires , mais ces quatre pâtes postérieures sont
(i) PI. 25, lig. i5.
beaucoup plus fortes. L’abdomcii est très-grandj et ne présente dans sa conformation rien de remarquable. Enfin les branchies ne sont qu’au nombi-e de sept de chaque côté du thorax.
§ I. Espèces ayant les pales de la seconde paire presque aussi lon~ gués <jue celles de la troisihiïu^ paire ,