Palêmon de CAUDicHArD. — P. GaudichaudU
Corps gros et trapu. Rostre extrêmement court , ne dépassant pas le premier article basilaire des antennes internes, incurve et arme de sept à huit dents fort petites en dessus , e(,de deux ou trois en dessous , tout près de son extrémité. Uue seule dent de chaque côté de la carapace. Appendice lamelleux des antennes externes très-court. Pales de la seconde paire renflées , très-inégales, et hérissées de pointes courtes chez les petits individus, mais devenant après longues par les progrès de l’âge ; pinces grosses et aussi longues que la portion palmaire de la main. Pâtes suivantes trescourtes. Dernier segment de l’abdomen très-court, arrondi au bout , et sans épines notables. Longueur, 4 à 5 pouces.
Trouvé [au Chili , par M. Gaudichaud. (G. M.)
(i) Olivier, Encyclop. t. VIII, p. 633. — Latreille , atlas de l’Encyclop. PL 3i8, hg. 2 (la grosse main est représentée a gauche, tandis que dans tous les individus du Muséum elle est à droite). Lamarck , llist.' du auim. sans yertèb. t. V » p- 207.
DES CnüSTACÉS. ^01
Fabricius mentionne deux Palo'mons de l'Inde qui me paraissent être distincts des espèces précédentes, mais qui ne sont que très-imparfaitement connus , ce sont :
Le Palkmon erévjmane (i), qui est de taille médiocre et qui a le rostre recourbé en haut , comprimé , dentelé sur les deux bords , et plus long que l'écaille des antennes ; les pâtes filiformes , lisses, et un peu plus longues que les pâtes suivantes ; les pinces plus courtes que la main , et la carapace lisse et bidentelée de chaque côté antérieurement.
Le Palémon de Coeomahdel (2), qui a le rostre et les pinces plus courts que chez le précédent , dont il n’est peut-être , dit Fabricius, qu'une simple variété.
Le Cancer armiger de Flerbst (3) ressemble beaucoup aux Palémons , mais est représenté avec les pates-mâchoires externes , greles , pédiformes , de la longueur des pâtes antérieures.
Enfin le Palcmon pnrvus d'Olivier (4)» lo Palemon microrampJios et le Palcmon triselacciis deM. Risso iW) , sont de très-petites Salicoques , dont les caractères n'ont pas été indiqués avec assez de détail pour que nous puissions décider si elles appartiennent à ce genre ou à quelqu’autre division.
Le Palémon jadnatre d’Olivier (G), qui se voit dans la collection du Muséum , n appartient certainement pas à ce genre ; mais il est
(i) Palcmon hrevimauus , Fabricius, Suppl, p. 4o3. — Bosc, t. il p. 104. — Latreille, Hist. des Crust. t. VI, p. aSu.— Olivier, EncvcL méth. p. 66i.
(3) Palcmon Coromanilaliniis, Fabricius, Suppl, p. 4o3. — lîosc , t. II, p. 104. Latreille, Hist. des Crust. t. VI, p. aSo. — Olivier, loc. cit.
(3) Krabben, etc. t. II, p. loq, PI. 34, lig. â. — Palemon armiger
Olivier, Encycl.t. VI, p.6G3. t’ 6 ^
(4) Encycl. t. VI , p. 666. — . Olivier rapporte à cette espèce le Squillaparva de Rondelet, Pois. t. II, chap. IX, p. 3g6.
(5) Hist. nat. de l’Europe mér. t. V, p. Sp et Co.
(6) Palemonjlavescens , Olivier , Eucyclop. méth. t. VIII , p. 667.
CRUSTACÉS, TOME II. 26
/Joî lIISTOir. E NATURELLE
si mal conservé , qn'il me paraît impossible de déterminer avec
quelque cerlitiido la place qu’il doit occuper.
Le Palémon rÉLACiQL'E (i) de Dose est aussi un Macroure , qui ne peut être conservé dans ce genre , et qui me paraît avoir été mal observé; Bosc dit que toutes ses pâtes sont garnies de petites pinces.
Il a été trouvé dans la haute mer sur les fucus nageans.
fLe Crustacé fossile, désigné par M. Desmarest sous le nom de Palémon spmiPf.nE (2) , nous paraît devoir constituer le type d’un genre particulier, intermédiare entre les Paie mous , les Paiidalcs et le.s Sergestes ; le corps de cette Salico qu^ est comprimé latéralement, et l’aLdomcn parait eti’e un peu caréné comme chez les Penecs ; la carapace se termine en avant par un gi’and rostre droit, comprimé et cultriforme. Les antenn^ supérieures sont pourvues de trois longs lilets multi-articulés comme chez les Palémoiis. Les pâtes des deux ou trois dernières paires sont grêles, nionodactyles , taudis'que celles des deux premières pair^ sont plus grosses et paraissent didactyles. Eiilin les membres qui nous paraissent être les pates-mâchoires externes , présentent des dimensions très-considérables, et sont convertis en organes de la locomotion comme cliQz les Sergestes ; de même que les quatre pâtes antérieures, ils sont garnis sur le boid inférieur de longs poils spinilormcs, et ils se terminent pai* un article aplati. Ce fossile curieux se trouve assez fréquemment
(i) Pakmon pelasgiais , Bosc. Hist. des Grust. t. II, p io5, PL i4,
%) Locusla hrachiis coKd-aca's, Walch et Knorr, Monum. du Déluge , t. 1, PI. i3, hg. 1 : PI. i3 lis , [lig. I : PI- i6, fig. ^ 2. —
Baier, Oryctographia norica, PL 8, lig. 9. —Palemoa spUiipes, Desmavest, Ci'ust. fos. p- i34i PI- JD bS' 4-
DES CEUSTACÉS. ^o3
dans k; calcaire litliographique de Solenhofen et de Pajjpenheim.
Les Macrourites tipularius de Schlotlieim (1) est une Sa licoque , voisine de l’espèce précédente ; mais qui en est Lien distincte. Elle nous paraît devoir être rangée dans le même genre et présente , à un degré encore plus marqué , le caractère déjà si remarquable dans le fossile précédent, et qui consiste dans l’existence d’une paire de membres ambulatoires , très-grands et monodactyles au devant des pâtes didactyles ; ces derniers sont de longueur médiocre, et au nombre de deux paires. Dans la figure donnée par Schlo tlieim , elles ne paraissent être suivies que de deux paires de pâtes monodactylcs ; mais , dans un échantillon appartenant au Muséum, on voit qu’il y en a trois paires ; ces six pâtes pos térieures sont très-grêles et très-longues. La forme générale du corps est à peu près la même que dans l’espèce pi'écédente ; mais le rostre est beaucoup plus court, et on distingue fort bien un appendice laïuclleux situé au-dessus de la base des antennes externes ; les antennes internes ne paraissent être terminées que par deux filets. Enfin les membres antérieurs, que nous considérons comme les analogues des pate.s-mâchoires externes des Sergesles , sont si grands que leur antépénultième article dépasse de beaucoup l’extrémité du rostre , ainsi que le pédoncule des antennes.
TRIBU DES PENÉENS.
Nous réunissons dans cette tribu les Salicoques , dont l’abdomen est en général extrêmement alongé , et dont les pâtes portent souvent à leur base un appendice palpiforme plus ou moins développé. Le
(i) Knorr, op. cit. t. I. PI. I.ÎC, £ig, .j. — Sclilotheim, Naclitriige zur Petrefaetenkunde, PI. 2, lig. i.
HISTOir.E NATCREIiLE
rostre est-court ou presque nul , et les antennes inferieures, sinon celles des deux paires, presque toujours très- longues. La conformation des pâtes varie beaucoup, mais en général ces organes deviennent, pour la plupart , si grêles et si longues, qu elles ne peuvent servir qu’à la nage , et quelquefois celles des dernières paires deviennent rudimentaires ou disparaissent.
Le carpe des pâtes de la quatrième | ^ et cinquième paire multi-articulé. j ^
DES CRtJSTACEâ.
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pâtes thoraciques de la cinquième paire rudimentaires Sergeste.
Genre STÉNOPE. — Sienopus {i).
Les Ste'nopes ressemblent aux Penées par l’existence de pinces didactyles aux pâtes des trois premières paires , mais en diffèrent par la forme générale de leur corps , et par le grand développement des pâtes de la troisième paire. Leur corps (PI. 25, fi g. 13) n’est pas comprimé latéralement, et leurs tégumens offrent peu de dureté. La carapace se termine antérieurement par un petit rostre , et les yeux sont courts et disposés de la manière ordinaire. Le pédoncule des antennes supérieures est grêle , et ne poi*te pas d’appendice lamclleux , comme chez les Penées ; les filets terminaux de ces organes sont longs et cylindriques, et au nombre de deux. Les antennes inférieures ne présentent rien de remarquable. Les mandibules sont fortes , et garnies d’un palpe peu élargi, et semblable à celui des Palémons plutôt qu’à celui des Penées. Les pates-rndchoires externes sont grêles, alongées, et pourvues d’un palpe pi’esque rudimentaire. Les pâtes des trois premières paires sont didactyles , et augmentent progressivement de longueur ; celles de la troisième paire sont beaucoup plus grosses que les autres , et très-épineuses. Les pâtes des deux dernières paires sont également très-longues , mais elles sont filiformes , et leurs deux derniers articles sont divisés en une multitude de petits anneaux, disposition qui ne se voit ni chez les Penées ni chez les Sicyonics , et qui rappelle ce qu’oujremarque aux pâtes tic Va deuxième paire chez les llippolytcs, etc. Il est aussi à noter que les pâtes ne portent pas d’appendice lamellcTix , comme chez les Penées. \I abdomen est de gi’andeur médiocre , et ne présente rien de remarquable.
(i) Cancer, Herbst. — Palemon , Olivier, Encycl. — Stenopus Latrcille, Kègne anitn, etc. — Desmarest. — Roux, etc.
Stêkope mspiDE. — s. làspidus (i).
(Planche 25, fig. rt ) J
Carapace et abdomen couverts de petits piquans et de quelques poils; rostre pointu, grêle, relevé, et ne dépassant pas l’article basilaire des antennes supérieui'cs. Filets des aiitennes trèslongs. Pâtes de la première paire moins longues que celles de la seconde paire, mais dépassant do beaucoup fappeadice lamolleux des antennes inférieures ; lisses comme les secondes. Pales de la troisième paire plus longues que le corps entier , garnies de plusieurs rangées longitudinales do dents pointues. Tarse des pâtes des deux dernières paires bifide. Lame médiane de la nageoire caudale sillonnée au milieu, et garnie en dessus de deux rangées d’épines. Longueur , environ 2 pouces et demi.
Habite l'Océan indien.
Le SquiUa grounlandica de Seba (2) , appelé Cancer aslacus longipes (3) par Ilerbst, et rangé par Olivier dans ce gem e Paléinon , meparaîletreun individu mutilé de l'espèce précédente. En effet, il ressemble exactement à un Sténope hispide , dont les deux grosses pâtes auraient été cassées ; accident qui arrive tros-l’acilement. Latreille a désigné , sous le nom de Palemon ? asper, l’uno des figures de la Squilla groenlandica de Seba , l'cproduit dans l’atlas de l’Encyclopédie méthodique (4). Enfin c’est encore la même figure qui est reproduite par Latreille dans son Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes, sous le nom do Crangon horèah dans la PL 53, fig, 3 ; et sous le nom de Penée boréal dans le texte (t. VI, p. 25o).
(1) Seba , Mus. 1. 111,. PL 21, üg. 6 et 7 (individu mutilé). — Palemon hispidus , Olivier, Encyclop. t. VllI, p. 666. — Sienopus bispidus, Latreille; Règne anira. de Cuvier, 2. édit. t. IV, p-P^- Desmarest, Consid. sur les Cvnst. p. 227. — Roux, Salicoques, p. 2.3. — Edwards, Piègr.e anira. de Cuvier, 3”. édit. Crust. PL bo, fig. 2.
(2) Thesaur, t. III, p. 54, PL 21, fig. 6 et 7.
(3) Krabben, t. Il, p. 90, PI. 3i, fig. 2 ( d'après Seba , fig. 7). Palemon longipes , Olivier, Encycl. t. Vlll, P* 666 , PL 29 , fig. 3 ( d’après Seba ).
(4) PI. 293 , fig. 3, explication, p. 3.
mSTOiriE NATURELLE
I.e StÉnope Épineux, Stenopus spinosiis de M. Kisso(i) paraît différer de l’espèce précédente par l’absence d’une rangée médiane , d’cpincs sur la face externe de la main.
Il habite la Méditerranée.
Il paraît probable que c’est d’après un Crustacé voisin des Sténopes que M. Raffinesquc a établi son genre Byze- Kus, caractérisé de la manière sui\ ante ; « Ecailles de la base des antennes extérieures sans dents ; les deux paires de pâtes antérieures pincifères , mais très-courtes ; la troisième pincifère, chéliforme, très-grosse. » Il ajoute que son B. scaber est entièrement couvert de tubercules aigus , a le rosti'C serrcté en dessus et en dessous , bidenté latéralement , et plus court que les écailles des antennes, et a les doigts tridentés intérieurement (2).
Genre SICYONIE. — Sicyonia (3).
Les Sicyonics sont très-voisins des Penées , auxquels ils ressemblent par la forme comprimée de leur corps, par la terminaison de leurs antennes antérieui’es , par la main didactyle qui termine les pâtes des trois premières paires, etc. ; mais elles s’en distinguent par la conformation des fausses pâtes natatoires , et par plusieurs autres caractères.
Leur enveloppe tégumentaire est beaucoup plus dm-e (jue chez la plupart des Salicoques ; leur corps est un peu comprimé , et leur carapace est surmontée d’une crête médiane qui est dentelée , et qui se continue en avant par tm rostre assez grand. On remarque aussi de chaque côté de la carapace, vers son tiers antérieur, une épine dirigée en
(1) Risso , Hist. nat. de l’Europe mérid. t. V, p. 66 , PI. 3 , fig. 8.
(2) Précis de découvertes somiologiques. — Desmarest , Consid. sur les Crust. p. 216.
(3) Palemon , Olivier. — Sicyonia , Edwards , Ann. des Sc. nat. t. XIX. — Latreille, Cours d’entomologie , p. îSj. — Roux, Salicoques, p, 2t.
avant, ha yeux .sont gros, cylindriques et à découvert. Les antennes supérieures sont très-courtes ; leur pédoncule est gros, et ne présente pas, comme chez les Penées, un appendice lamelleux recourbé au-dessus des yeux; leurs filets terminaux , au nombi’e de deux , sont extrêmement courts. Les antennes externes s’insèrent au-dessous des précédentes , et n’oiïrent rien de particulier. Les pales-mâchoires des deux dernières paires sont conformées à peu près de même que chez les Penées , si ce n’est qu’elles sont dépourvues de palpes. Les pâtes des trois premières paires sont terminées par une petite main didactyle, et s’alongent d’avant en arrière comme dans le genre précédent ; celles des deux dernières paires sont monodactyles , et les dernières sont beaucoup plus longues que les avant-dernières. Aucun de ces organes n’est multi- articulé comme chez les Sténopes, ni pourvu d’un appendice flabcllifonne ou d’un paljie , comme chez les Penées. \I abdomen est caréné en dessus, et pi’ésente divers sillons qui le font paraître comme s’il était sculpté ; il porte en dessous cinq paires de fausses pâtes, qui ne sont pourvues chacune que d’une seule lame natatoire ; la lame médiane de la nageoire caudale est pointue et sillonnée en dessus. Enfin \es,branchies ne sont qu’au nombre de onze de chaque côté.