‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 3)Chapitre 9 sur 310 · I. Trichodactïle cabré, — J’, quadrata · texte numérisé non relu

I. Trichodactïle cabré, — J’, quadrata

Carapace lisse; ses bords latéraux tm peu relevés. Pâtes médiocres. Tarses cylindriques , allongés et couverts d’uu duvet court et serré. Longueur, 1 pouce.

Habite le Brésil, ( C, M. )

TRIBU DES GÉCARCINIENS,

La tribu des Gécarciniens est un des groupes les plus remarquables de la classe des Crustacés, car elle se compose d’animaux à branchies qui sont cependant essentiellement terrestres, et qu’on peut même faire périr d’asphyxie en les tenant long-temps submergés. On

(1) Latr. Encyc. t. X, p. 705.

(2) Latr. Collection du Muséum, — Trichodactylus JluviatiUs , ejusdem Encyc. t. X , p. ’]o5-

DES CRUSTACÉS. ly

les distingue facilement des autres Catométopes a leur carapace ovalaire transversalement très-élevée et bombée en dessus (PI. i8, fig. i ). Les régions branchiales sont en général bien distinctes et trèsrenflées en dessous; elles occupent environ les deux tiers de sa surface. Le front est à peu près aussi large que le cadre buccal , et fortement recourbé en bas. Les orbites sont ovalaires, médiocres et très-profondes. Les bords latéraux de la carapace sont trèsarqués , et décrivent en général presque un demicercle. Les anlennes internes sont logées sous le front , et se reploient transversalement dans des fossettes étroites et souvent presque linéaires (PL i8, fig. 2). La disposition des antennes externes varie; il en est de même pour les pates-mâchoires ; tantôt leur quatrième article s’insère à l’angle externe du précédent et reste à découvert comme chez les Ocypodiens , tantôt se cache en entier sous sa face interne. Les pâtes de la première paire sont longues et fortes; les suivantes sont également robustes et longues ; le tarse est pointu et quadrilatère. Enfin l’abdomen du mâle est reçu dans une fosse profonde du plastron sternal , et son second article atteint presque toujours la base des pâtes postérieures ; en général , il est si long, qu’il arrive jusqu’à la base de la bouche; et les appendices cachés au-dessous sont remarquablement gros.

Les branchies ne sont souvent qu’au nombre de sept, savoir : cinq fixées à la voûte des flancs, et deux, à l’état rudimentaire, cachées sous la base des précédentes et prenant naissance des pates-mâchoires ; mais, dans d’autres espèces, on en compte de chaque coté neuf, comme d’ordinaire. La cavité respiratoire

CP,i:ST4CÉS , TOME II.

UtSTOIRE NATUREtLE

est très-grande et s’élève en une voûte très-élevée audessus des branchies, de façon qu’il existe au-dessus de ces organes un grand espace vide. La membrane tégumentaire dont elle est tapissée est aussi trèsspongieuse, et forme quelquefois le long du bord inférieur de la cavité un rejdi d’où résulte une espèce de gouttière ou d’auge longitudinale propre à contenir de l’eau lorsque l’animal reste exposé à l’air.

Les Gécarciniens , que dans nos colonies on désigne sous les noms de Tourlouroux, deC/’aûe^ de terre, etc., habtent les parties chaudes des deux hémisphères, et ont des mœurs très-remarquables, car, aulieu de vivre dans l’eau comme les Crustacés ordinaires, ils sont terrestres et quelques-uns d’entre eux périssent même assez promptement par la submersion. La plupart se tiennent d’ordinaire dans les bois humides, et se cachent dans les trous qu’ils creusent dans la terre; mais les localités qu’ils préfèrent varient suivant les espèces; les unes vivent dans les terrains bas et marécageux qui avoisinent la mer, d’autres sur les collines boisées , loin du littoral , et à certaines époques ces dernières quittent leur demeure habituelle pour gagner la mer. On rapporte même qu’alors ces Crustacés se réunissent en grandes bandes, et font ainsi des voyages très-longs, sans se laisser arrêter par aucun obstacle, et en dévastant tout sur leur passage. Ils se nourrissent principalement de substances végétales et sontnocturnes ou crépusculaires. C’est surtout lors des pluies qu’ils quittentleurs terriers , et ils courent avec une grande rapidité. Il paraîtrait que c est à l’époque de la ponte qu’ils se rendent à la mer et qu’ils y déposent leurs œufs; mais nous ne connaissons aucune observation bien positive à cet ésard.

Pendant la mue ils restent cacliés dans leurs terriers.

On trouve dans les ouvrages de Rochefort ( Hist. nat. des Antilles) , de Feuillée (Observ. faites sur les côtes d’Amérique), de Labat (nouv, Voy. aux îles d’Amérique, t. II), de Brown (Hist. of Jamaica), et de plusieurs autres voyageurs qui ont visité les Antilles, beaucoup de détails sur les mœurs des Crabes de terre; mais en général les espèces ne sont pas assez bien distinguées par ces naturalistes pour qu’on puisse les déterminer avec certitude.

La tribu des Gécarciniens , ou Crabes de terre , se compose de quatre genres faciles à distinguer par les caractères suivans :

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Tige terminale des pâtes- mâchoires externes s’insérant à la| face interne du troisième article près de son sommet et complé- r Gecarcin. tement cachée sous lui. ^

UES CRUSTACES.

Genre UCA. — Uca (i).

Le genre Uca établit à quelques égards le passage entre les Ocypodes et les autres Gécarciniens , car la disposition du front et des pates-mâehoires externes se rapproche de ce que l’on voit chez les premiers , tandis que l’ensemble de l’organisation est la même que chez les Gécarcins. La carapace est beaucoup plus large que longue , déformé ovalaire et très-élevée. Le front est plus étroit que chez les autres Gécarciniens J très-incliné et presque semi-circulaire. Les orbites sont assez grandes et ouvertes en dehors au-dessous de leur angle externe. Les fossettes antérieures sont ovalaires , petites et séparées par un petit prolongement triangulaire de l’épistome. Uantenne externe occupe le canthus orbitaire interne, he cadre buccal a la forme d’un rhomboïde. Le deuxième et le troisième article des pates-niâchoires externes (PI. i8, fig. 7) sont quadrilatères, à peu près de même grandeur, et se terminent du côté interne par un bord droit; le quatrième article s’insère à l’angle externe du précédent et s’applique contre son bord antérieur. Les pâtes ne présentent rien de particulier, si ce n’est que les pinces sont un peu élargies au bout et faiblement creusées en cuillère, et que les tarses sontaplatis , non épineux et à peu près de même forme que chez les Ocypodes. Il n’y a que cinq branchies thoraciques, et la membrane que tapisse la voûte de la cavité branchiale se replie en bas et au dedans de façon à former à sa partie inférieure une sorte de gouttière ou d’auge.

Ces Crustacés vivent à terre , mais on ne connaît pas les particularités de leurs mœurs.

(1) Cancer, Herbst, etc. — Gecarciiius, Latr. Nouv- Dict dliist. nat. a', éd. — Desmarest, Consid. sur les Crust. p- 114. — üca, Leach, Latr. Reg. anini. t'*. cd. l. III, p- 18. — Encyc. meth. t. X, p. 685, etc.

mSTOlnE NATURELLE

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