TRIBU DES PRANISIENS ORDINAIRES
Cette division ne comprend , comme nous l’avons déjà dit, que le seul genre Pranize dont nous allons exposer les caractères.
Genre PRANIZE. — Praniza (1).
Ce genre a été établi par Leach pour recevoir quelques petits Crustacés confondus dans le genre Oniscus par
(l) Ouiscus , Slabber, Physiealische belcestigungen. — Monta^u. Linn. Trans. t. XI. — Praniza, Leach; Latreille, Encyclop. Atlas, Prègn. anim. de Cuvier, i re édit. t.3. — Desmarest, Consid-
— Otto, Mem. de l Acad, des curieux de la nature de Bonne-
— Risso, Hist. del’Eur. mcrid. t. 5. — Westwood, Ann. des Sénat t. 27 , etc.
Slabber et Montagu , mais n’a pas été décrit par ce naturaliste , et c’est Latreille qui l’a signalé à 1 attention des zoologistes.
La 'tête desPranizes (PI. 33, fig. 10) est petite, presque globuleuse en arrière, pointue en avant et séparée du thorax pai un petit rétrécissement; les yeux en occupent les parties latérales, et de chaque côté du front se trouvent deux antennes grêles et assez longues ; celles de la première paire sont les plus longues et se composent d’un pédoncule formé de trois ou’quatre articles et d’un petit filet terminal multi-art.cule ; celles de la seconde paire, beaucoup plus courtes , s’insèrent immédiatement en dessous des précédentes, se dirigent directement en dehors et ne présentent pas à leur extrémité fie filet multi-articulé bien distinct. L’appareil buccal fait saillie en avant de la tête entre la base des antennes; il est recouvert en dessus par un labre quadrilatère et laisse voir quelques appendices grêles et plus ou moins sty i formes, dont la disposition n’est pas bien connue. Les pates-màchoires de la première paire paraissent etre palpiformes, et elles sont suivies par les deux paires de membres qui d’ordinaire constituent les pâtes de la première et de la seconde paire , mais qui se trouvent ici réduites à un état presque rudimentaire et remplissent les fonctions de pates-mâchoires ; ils ont cependant a peu pies la même forme que les pâtes thoraciques , et ils s’insèrent à la partie postérieure et inférieure de la tête. Le thorax réduit à cinq anneaux est de forme ovalaire et varie beaucoup dans son aspect suivant les sexes ; chez e ma e, 1 est entièrement semi-circulaire et se compose de cinq articles parfaitement distincts, dont les trois derniers sont plus grands que les deux premiers , mais à peu près de meme forme (fig. 10) ; chez la femelle, les deux ou trois premiers anneaux sont semblables à ceux du mâle , mais les trois ou quelquefois seulement les deux segmens suivans sont membraneux et complètement confondus , de façon à formel un seu CRUSTACÉS, TOME IH. 1
article très-grand , ovoïde et d’une couleur plus foncée que le reste du corps. Les pales thoraciques au nombre de cinq paires sont grêles, cylindriques, allongées, et terminées toutes par un ongle acéré et recourbé vers le bout ; enfin on ne voit pas à leur base de lame destinée à constituer une poche ovilere comme chez la plupart des Isopodes. L’abdomen est étroit et à peu près de même longueur que le thorax ; les six articles dont il se compose sont mobiles et parfaitement distincts; les cinq premiers, bombés en dessus et à peu près quadrilatères , portent chacun une paire de petites fausses pâtes dont l’article basilaire est transversal et dont les lames transversales sont ovalaires et ciliées sur les bords. Le dernier article de l’abdomen est au contraire triangulaire , et porte de chaque côté , près de ses angles latéro-antérieurs , une fausse pâte dont l’article basilaire est très-court, et dont les deux lames terminales sont étalées horizontalement en forme de nageoire caudale analogue à celle des Décapodes macroures.
Ces petits Crustacés se trouvent quelquefois sur les branchies des poissons , mais ne sont pas toujours parasites.
i. Peanize bleuâtre. — P. cœrulala (i).
(Planche 33, fig. 10.)
Les trois derniers anneaux thoraciques complélement confondus chez la femelle. Dernier segment de l’abdomen bifurqué au sommet ; les lames termina'es des dernières fausses pâtes de même grandeur. Second article des pâtes antérieui-es du male armé d'une forte dent près de l’extrémité de son bord inférieur. Mâle de couleur brune avec une tache verdâtre au milieu du thorax et Ds yeux rouges ; femelle ayant toute la portion posté-
(i) OiiùcuT cœrulcrtlns, Montagu, Trans. of theLinn. Soc. vol. XI, p. i5, PL 4, flg. 2 ( cette figure a été reproduite dans l'Encyclop. Pb 336, fig. 28, mais sons le nom erroné de Oniscus thoracicus ). — Prnniza cœrulala, Dcsmnrest , Consid. p. 284, PL 46, fig. 8 (d’après Montagu ). — Westwood, Ann. des Sc. nat. t. 275 p. 32G, PI. 6, fig. 5 (d'après Montagu).
l’ieure du thorax d’un vert bleuâtre. Longueur environ une ligne et demie. Le mâle se trouve sur les roches des côtes de la Manche et de l’Angleterre ; la femelle paraît vivre habituellement fixée sur les branchies de divers poissons. (G. M.)