‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 4)Chapitre 122 sur 354 · TRIBU DES SPHÉROMIEN5 ONGUICULÉS · texte numérisé non relu

TRIBU DES SPHÉROMIEN5 ONGUICULÉS

Les crustacés dont se compose ce groupe naturel ont le corps épais , bombé en dessus , et peu rétréci vers ses extrémités (PI. 31, %. 11 et 16; PI. 32, fig. 1 etlO). La

tête est large et porte les antennes a son bord anterieur ; les yeux sont circulaires et sont en général reçus dans Une échancrure située de chaque côté du bord antérieur du premier anneau thoracique. Les antennes internes sont courtes mais très-grosses à leur base , et s insèrent de chaque côté d'un petit prolongement du front; presque toujours ces organes sont complètement à découvert lorsqu’ils se redressent, maisilssontd ordinaire reployés sous les côtés de la tête. Les antennes de la seconde paire s’insèrent tout auprès des précédentes et ne présentent rien de remarquable. Les mandibules sont courtes , armées d’une denture très-compliquée, et pourvues d’une tige palpiforme grêle , allongée et composée de trois ou quatre articles (PI. 31 , fig- 15 ; PI- 31 , fig- 3 et 1 3) . Les mâchoires de la première paire sont pourvues de deux lames terminales assez longues, et les mâchoires de la seconde paire portent trois articles foliacés qui se recouvrent et sont ciliées sur les bords (PL 31 , fig. 13 et lâ). Enfin les pates-nidchoires sonlgrandes, allongées et palpiformes (PI. 31, fig. 12; PL 32, fig- 4 et là) ; leur portion basilaire est assez large et se prolonge en forme delame assez loin au delà de l’insertion du second article , qui est au contraire étroit, et forme avec les quatre ar-

ticles suivans un grand appendice palpiforme recourbé en dehors de chaque côté de la bouche et fortement cilié. Les anneaux thoraciques sont bombés en dessus et lamelleux sur les côtés , mais , ainsi que nous 1 avons déjà dit , n’y présentent pas de pièces épimériennes distinctes des pièces tergales , comme cela se voit dans les groupes suivans. Les pales sont toutes grêles et ambulatoires ; l’ongle qui les termine est très-court et en général bifide (PL 32, fig. 6 et 15)., et il n’existe pas à leur base d’appendice lamelleux. U abdomen se. compose seulement de deux ou trois articles mobiles ; quelquefois le premier anneau est distinct des suivans, mais presque toujours il y est soudé , et tous ceux-ci , à 1 exception du dernier , sont également soudés ensemble de façon à former une seule pièce sur les côtés de laquelle on distingue seulement quelques fissures; le dernier segment de l’abdomen est grand et scutiforme ; sa face inférieure est creusée de façon a loger dans une cavité assez profonde les fausses pâtes des cinq premières paires dont les lames terminales se reploient obliquement les unes sur les autres (PL 32, fig. 7 ). Enfin les dernières fausses pâtes , situées de chaque côté du dernier segment, se composent d’un article basilaire terminé par deux lames dirigées horizontalement en arrière ; de ces deux lames l’interne est soudée à l’article basilaire et peut être considérée comme un prolongement de son angle postérieur et interne ; l’autre est au contraire mobile (Pl. 32, fig. 16).

Les Sphéromiens onguiculés dont on connaît les mœurs vivent près des côtes , sur les rochers , et pour la plupart se contractent plus ou moins complètement en boule lorsqu’onles saisit. Tous sont de petite taille. On peut distinguer, à laide des caractères suivans , les différens genres dont ce groupe se compose.

I Article basilaire des antennes internes lamelleus, et s’avançant horizontalement au-devant j Ami.ii8r0Ïde. \de la tète : le second article petit et cylindrique.

Genre SPJIÉROME, Sphœroma (1).

Le genre Spliérome , comme nous l’avons déjà dit , a été établi par Latreille; mais a été beaucoup circonscrit par Iieacli, et ne comprend plus aujourd’hui que les Sphéromiens, dont Je corps peut se rouler complètement en boule, et dont les dernières fausses pâtes ne restent pas saillantes lorsque l’animal est contracté de la sorte.

Le corps de ces Crustacés ( PI. 31 , fig. 11) est large , très - bombé, et arrondi à ses deux extrémités , mais ne se rétrécissant pas graduellement vers la tête et vers l’extrémité postérieure comme chez les Cymothoadiens. La tête c st très-large, courte, bombée en avant, plutôt verticale que horizontale, et terminée antérieurement par un rebord saillant qui se continue latéralement avec le bord du premier segment thoracique. Les yeux, situés près des angles postérieurs de sa surface supérieure, sont à peu près circulaires, et reçus dans une échancrure du bord antérieur du premier anneau thoracique. Les antennes s’insèrent à la face antérieure de la tête , de chaque côté d’un petit prolongement frontal qui se recourbe en bas et en arrière pour se joindre à l’épislome , et elles se reploient dans un sillon creusé sous le bord latéral de la tête et du premier anneau thoracique, de façon à s’y cacher complètement. Celles de la première paire sont très-grosses à leur base, et y recouvrent celles de la seconde paire ; leur premier article est trèsgrand, simple, et presque carré; le second est court et gros ; mais le troisième est cylindrique et alongé, et est suivi d’une tigelle multi-arliculée , divisée en une douzaine de

(i) Oniscus , Linn. Pallas , ï'abrioias. — Asellus , Olivier , Encyclop. métliod. t. 4, p. a 56. — Sphœrorna, Latreille, Généra Crustaeeorum, t. i, p. 65; Ilist. nat. des Crust. et lus. t- 7, p. 11 ; Règne anim. de Cuvier, ae édit. t. 4, p- 1^7; et Cours d’Entomol. p-4ot). — ' Rose, Ilist. des Crust. t. 3, p. 182 — Leach, Dict. des Sc. nat. t ia> p. 345.— Lamarck, Ilist. des anim. sans vert. t. 5,p. 161.— Desniarest, Consid. p. 2pp. — Guérin. Encyclop. method. t. 10, p. 4^®'

petits articles. Les antennes de la seconde paire sont beaucoup moins longues que les precedentes ; et leur poi tion ba silaire , composée de quatre articles cylindriques, est beaucoup plus grêle.

L ’épistome, qu’on peut souvent distinguer facilement du labre, est très-saillant , triangulaire antérieurement, et eu forme de fer à cheval postérieurement. En avant il s’avance entre les antennes internes , se recourbe un peu en haut, de façon à se montrer à la face antérieure de la tête, et a attem re au niveau du front. Le labre est triangulaire et loge presque entièrement dans l’échancrure de l’épistorae. Les mandibules (PI. 31 , fig. 15), sont, courtes, grosses, armées de plusieurs dents à leur extrémité, et garnies d’un appendice palpiforme composé de trois ou quatre articles qui , d ordinaire, se cache sous l’antenne externe. Les mâchoires de la première paire (lig. 14 ) se composent d’un article basilaire portant deux îames presque d égale longueur, dont l’interne est ciliée, et dont l’externe est armée d’épines a son extrémité. Les mâchoires de la seconde paire (fig. 13 ) se Composent aussi d’une pièce basilaire portant trois articles lamelleux qui se superposent et se terminent a peu près au même niveau. Les pates-mdchoires (fig. 12) sont grandes, paipiformes, et composées de deux parties assez distinctes ; l’une basilaire et très-rapprochée de sa congénère, se termine antérieurement par une petite lame triangulaire qui recouvre les mâchoires ; l’autre terminale , longée et très-mobile , se recourbe en dehors puis en avant, se compose d’une série de quatre articles et ressemble a un Palpe. Les anneaux du thorax ont tous la même forme et a Peu près les mêmes dimensions ; le premier, cependant , est Plus long que les autres, et on y remarque de chaque cote un Petit sillon longitudinal et droit, qui indique la limite entre la pièce tergale et les pièces épimériennes , lesquelles sont triangulaires , de façon que chaque anneau se teimine late ralementpar un angle assez aigu. L ’ abdomen est grand, tics tombé , et composé de deux portions , dont 1 une ressem ■> e

assez aux anneaux thoraciques , mais présente de chaque côté des lignes indiquant sa division primitive en quatre segmens , et dont l’autre , en forme de bouclier, termine postérieurement le corps. Les pâtes sont courtes, grêles et encaissées entre les lames épiinéricnnes; elles ont toutes à peu près la même forme et se terminent par un ongle qui est en général bifurqué. Les fausses pâtes abdominales des cinq premières paires sont reployées obliquement les unes sur les autres , et reçues dans une excavation profonde du dernier article de l’abdomen. Enfin les fausses pâtes de la dernière paire se terminent par deux lames ovalaires assez semblables entre elles, et toutes les deux à découvert; mais dont l’interne est soudée avec l’article basilaire qui la porte , de façon à ne pas pouvoir se porter en dehors, et dont l’externe glisse sous l’interne, ce qui permet à i’animal de se reployer complètement en boule.

Leach a distingué, sous le nom générique de Zuzare (1), les espèces qui peuvent se contracter en boule comme les Sphéromes ordinaires, mais qui ont la petite lame externe des dernières fausses pâtes plus grande que l’interne et concave en dessus; tandis que chez les Sphéromes cette Iameest plate et de mêmeformequerinterne. Cette division repose, comme on le voit, sur des caractères de très-peu d’importance , et ne nous semble pas devoir être adoptée.

Tous ces crustacés sont de très-petite taille , et vivent sur les rochers sous-marins, parmi les polypiers et les plantes marines.

(i) Zuzara , Leach , Dict. des Sc. nat. t. 12, p. 344- — Desmarest , Consid. p. 298. — Latrcille, Règne anim. deCuyier, 'inédit, t. 4, p. i3y ; Encyclop. t. 10, p. 823.

S i ■ Especes dont les deux derniers segmens du thorax sont de même forme que les autres anneaux et ne se prolongent ni l’un ni l'autre posterieurement en forme de dent ou de tubercule médian.

A. Bord postérieur du dernier segment abdominal n'offrant ni dentelure ni échancrure.

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