‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 4)Chapitre 162 sur 354 · Rocinèle du Devonshire. — /!. Danmoniensis (i · texte numérisé non relu

Rocinèle du Devonshire. — /!. Danmoniensis (i

Cette espèce , très-imparfaitement connue , paraît avoir les yeux moins complètement rapprochés que les espèces précédentes , et avoir « les côtés des articles de l’abdomen en forme de faux et proéminens. »

Habite la côte sud de l’Angleterre.

UÆga monopklha/ma de M. Johnston (s) appartient à ce genre et ressemble beaucoup au Rocinèie Deshaysien , mais ne paraît pas avoir la lame externe des dernières fausses pâtes échancrée.

Le Cïmatboadien figuré par Strom (31 et rapporté par Fabricius à son Oymathoa astrum (4) , appartient aussi à ce genre , mais par sa forme générale, il se rapproche beaucoup de l'Æga bicaréné; du reste, il ne diffère pas d’une variété de l'Æga monoplithalma de M. Johnston (5).

Le genre Svhodus cle Latreille (6) a été rangé par ce célèbre naturaliste à côté des Conilères et des Ijocinèles mais n’est encore que très-imparfaitement connu ; tout ce qu’on en sait , c’est que ce genre ressemble aux deux groupes dont il vient d’être question par la disposition des antennes et de l’abdomen , mais s’en distingue par ses mandibules fortes et saillantes.

Genre PTÉRÉLAS. — Pterelas (7).

Cette petite division générique établie par M. Guérin est extrêmement voisine des Ægas, et surtout des Rocinèles, dont elle ne dilïeie guère que par le mode de conformation

(1) Leacb, Dict. des Sc. nat. t. 12, p. 349 Desm. op. cit.

(2) Loudon's Mag. of nut. hist. vol. 7, p. 233 , fig. 43. a, b.

(3) Pliysick og ceconomisk beskrivelse o v e r fogderiet Sondmor , PL 1 , fig. 2 et 3.

(4) Entom. Syst. t. 2, p. 5o5.

(5) Loudon’s Mag. of nat. hist. vol. 7, p. 233 , fi"-. 43, c.

(fi) Sydonus, Latreille, Encyclop. méthod. t. 10, pD5u’et Règne anim. de Cuvier , 2' édit. t. 4, p- 1 35 .

(7) Guérin , Magasin zoologique. — Edw. Annot. de Lamarck, t. 5 , p. 27D.

«les pieds de la seconde et de la troisième paire. La forme générale du corps est la meme que chez ces derniers Crustacés. Les yeux sont grands et très- rapprochés antérieurement 5 sans cependant se joindre sur le front; la disposition des antennes est la même que chez les Ægas, si ce n’est que les quatre premiers articles basilaires de celles de la seconde paire sont plus élargis. Les mandibules portent aussi un appendice palpi forme grêle et allongé; le mode de conformation des mâchoires et des pates-maeboires u a pas été indiqué par M. Guérin. Le thorax ressemble à celui des Ægas. Les pâtes de la première paire sont terminées par un ongle crochu et très-fort qui se recourbe vers le bord interne du troisième article , comme chez les Ægas ; les pâtes de la seconde et troisième paire sont terminées par une sorte de Pince didactyle très-imparfaite , formée par un ongle crochu et un prolongement de l’angle antérieur et interne du pénultième article; les pâtes des quatre dernières paires grêles, plus allongées que les précédentes, et terminées par un simple onglet peu crochu. Enfin l’abdomen ne présente rien de particulier.

PlÉRÉLAS DE WEBB. P. WdlbH (l).

Antennes internes très-larges à leur base , et ne dépassant que très-peu le troisième article des antennes de la seconde paire; le filet terminal de ces derniers très-court. Dernier article de 1 abdomen tronqué transversalement à son extrémité , et légèrement échancré sur la ligne médiane ; les lames terminales des derrières fausses pâtes presque égales , 1 externe ovalaire , allongée .

1 interne triangulaire , et tronquée obliquement a son sommet. Longueur environ 22 millimètres.

Trouvé sur les côtes du Portugal par M. Webb.

Genre ALITROPE. — Alitropus.

Le petit Crustacé pour lequel nous établissons cette nouvelle division générique se rapproche beaucoup des Cymo-

«0 Guérin, loc. cit. class. VU, PI. 20.

thoadiens parasites, niais s’en distingue parce que ses pâtes, tout en étant propres à lui servir pour s’accrocher aux corps étrangers , sont grêles , allongées et propres à la marche. Le corps des Alitmpes (PI. 33, fig. 1) est ovalaire, mais peu dilaté vers le milieu ; la tête est petite et les yeux grands, mais très-écartés. Les antennes internes s’insèrent , au-devant du front, de chaque côté d’un petit prolongement médian ; leurs deux premiers articles sont gros, courts et cylindriques, tandis que le troisième est très-grêle et très-allongé ; le filet multiarticulé qui termine probablement ces organes manquait dans tous les individus que nous avons eu l’occasion d’examiner. Les antennes de la seconde paire ressemblen t à celles des Rocinèlcs et des Ægas. Les appendices palpiformes des mandibules (fig. 5) sont très-grands et garnis d’une brosse sur le bord externe de leur dernier article. Les patesmâchoires (fig. 2) sont courtes et non palpiformes, mais se composent de trois articles dont le premier est grand et quadrilatère, et le troisième est armé de quelques crochets sur son bord antérieur. Les quatre premiers anneaux du thorax sont courts et ne présentent rien de remarquable, mais les deux anneaux snivans sont très-grands (chacun d’eux étant aussi long que les trois segmens précédens réunis) , et le septième est aussi très-développé , mais moins que les deux dont nous venons de parler. Les pâtes (fig. 7) sont toutes conformées de la même manière; seulement celles des trois premières paires sont beaucoup plus courtes que les autres ; toutes sont grêles, cylindriques , et terminées par un ongle fort et crochu assez semblable à celui des Cymothoadiens parasites , mais qui ne se réfléchit pas contre une dilatation de l’antépénultième article ou de l’article qui précède celuici, de façon à agir en manière de pince. L ’ abdomen ne présente rien de bien remarquable : le premier et le cinquième segment sont moins larges que les trois anneaux intermédiaires, lesquels égalent le thorax en largeur; le dernier article est grand et horizontal ; enfin , les dernières fausses pâtes ont l’angle interne et postérieur de leur article

basilaire prolongé en forme de lame, et leurs deux lames terminales d’inégale grandeur ( fig. 8).

Nous ne connaissons encore qu’une seule espèce de ce genre.

L'Ai.itrope type. Jlilropus ijrpus.

(PI. 33, fig- i.)

Corps déprimé et obtus aux deux bouts ; dernier article de 1 abdomen semi-ovalaire et dépassant un peu 1 extrémité des er nières fausses pâtes. La lame terminale interne de celles-ci grande et ovalaire, l’externe étroite et plus courte. Longueur, environ 8 lignes.

Trouvé dans le golfe du Bengale par M. Dussumier- (C. M.)

TRIBU des cymothoadiens parasites.

Ce groupe se compose de Crustacés qui vivent fixés sur des poissons, et qui ont toutes les pâtes onéreuses, c’est-à-dire terminées par un ongle crochu, acéré trèsfort et susceptible de se reployer contre le bord inférieur de la partie voisine du membre(l) ; les pâtes postérieures ne sont guère plus longues que les antérieures, et ne sont jamais distinctement épineuses ou cihees ; enfin tous ces membres sont habituellement reployés sous le thorax , et ne peuvent être redressés que trèsdifficilement. Les fausses pâtes abdominales des cinq premiers sont pourvues de lames membraneuses trèsgrandes qui ne sont pas ciliées sur les bords , et qui °ccupent toute la longueur de l’abdomen , ou même débordent de chaque côté, et ne s’enchâssent jamais dans une excavation dn dernier article , comme cela se voit chez la plupart des Sphéromiens. Le mode d’mser-

(i) Pl. 33, fig. g.

tion des antennes fournit aussi un caractère propre à distinguer les Cymothoadiens parasites d’un assez grand nombre d autres Isopodes , avec lesquels on pouriait, au premier coup d’œil, les confondre à raison d une ressemblance plus ou moins grande dans la forme générale du corps; ces appendices s’insèrent toujours au-dessous du front, et ont leur base cachée par une avance de celui-ci. Il est aussi à noter que les antennes sont très-courtes, la tête petite (1) ; les pates-mâchoires externes grandes, mais réduites presqu a leurs deux premiers articles ; le palpe mandibulaire très -fort.

Les caractères indiqués dans le tableau suivant suffisent pour la distinction des genres dont cette tribu se compose.

(i) PI. 33, fig. 8.

Des pièces spiniformes accessoires sous les\ angles latéraux des premiers anneaux de l'abdo • > Nebocile. men. Front horizontal. '

DES CRUSTACES

Segmens abdominaux soudés entre eux et immobiles.

Genre KEROCILE. — Nerocila (1).

Ce genre , établi par Leach , n’a été que très-imparfaitement caractérisé par ce savant. Aussi Latreille a-t-il propose «le réunir les Nérociles aux Livonèces , et a-t-il donné au groupe ainsi formé , le nom nouveau d ’lchlhyophile. Avant que d’avoir eu l’occasion d’étudier ces animaux par moi-même, j’étais disposé à adopter aussi cette marche ; mais l’examen attentif que j’en ai fait récemment , m’a conduit à changer d’opinion et à conserver le genre Nérocile de Leach. En effet, ce petit groupe se compose de Cymothoadicns qui ont, il est vrai , beaucoup d’analogie avec les Anilocres et les Livonèces, mais qui s’en distinguent facilement par la conformation du front et la disposition des pièces épimériennes du thorax et de l’abdomen. Le corps de ces Crustacés est plus ou moins ovalaire, et leur tête petite et aplatie. Le front est lamellcux et s’avance à peu près horizontalement au-dessus de la base des antennes, mais ne se reploie pas en dessous et en arrière comme chez les Anilocres , et se termine par un bord semi-circulaire. Le bord postérieur de Ia tête est trilobé ; les yeux qui occupent les lobes latéraux , et sont dirigés en haut , sont de grandeur médiocre , et n’offrent pas de granulations bien distinctes. Les antennes s’insèrent assez loin de la ligne médiane , et sont à peu près de même longueur; elles sont petites, cylindriques et composées de sept à dix articles dont les dimensions diminuent assez régulièrement de la base à la pointe de ces appendices. La bouche ne présente rien de remarquable (2). Le thordX est remarquable par la double rangée de dents plus OU

(1) Cymothoa , Fabricius. — Nerocila , Leach , Dict. des Sc. natt. 12 , p. Desmares! , Consid. sur les Crust. p. 307. — Portion du genre Ichthyophilus de Latreille ; Règne anim. de Cuvier , as éd>t-

(2) Voyez pour plus de détails à ce sujet les planches que nous avons publiées dans la nouvelle édition du Règne animal de Cuvier (Cvust. PI. C, lig 5, 5«, 5 b , etc. ;.

Moins spiniformcs , qui l’entourent de chaque coté (Ph 31 i fig. 17) ; la rangée supérieure est formée par 1 angle latéiopostérieur de la grande pièce tergale de chacun des anneaux thoraciques, lequel se prolonge de façon a constituei une dent plus ou moins acérée, dont la longueur augmente de la tête vers l’abdomen, et devient souvent très-considéiable ,

•a rangée inférieure est formée par les pièces épimériennes des six derniers anneaux thoraciques, lesquelles se détachent P'us ou moins des pièces tergales , et constituent autant d’épines aiguës, mobiles et à base triangulaire; ces épines, 'lui sont d’autant plus développées qu’elles sont situées plus en arrière, sont, en général, au moins aussi saillantes postérieurement, que les angles correspondant des pièces tergales , et acquièrent quelquefois une longueur trcs-considérable. V abdomen est large et peu rétréci postérieurement; les cinq premiers anneaux se prolongent de chaque côte en Une dent libre et assez aiguë , qui se dirige obliquement en arrière et s’applique sur la suivante ; les deux premiers anneaux sont aussi armés en dessous d’une grande épine dirige en dehors et en arrière, et analogue aux épines epimédennes du thorax ; le troisième anneau offre aussi audessous de ses angles latéraux des vestiges d’une troisième paire de ces épines. Enfin le sixième segment abdominal est grand et presque aussi long que large. Les pâtes s’insèrent a •a face inférieure du corps assez loin de son bord latéral , et sont plus difficiles à redresser que clicz les Anilocres; toutes ont à peu près la même forme , et se terminent par un ongle très-crocliu ; seulement les postérieures sont plus gi cles que •es antérieures et ont l’ongle plus faible. Les fausses pâtes abdominales des cinq premières paires ont la même conformation que chez les Anilocres , si ce n’est qu’on remarque du côté externe de leur article basilaire un appendice foliacé ovalaire d’assez gr andes dimensions. Enfin les appendices du sixième segment ne présentent rien de remai quable, deux lames qui les terminent sont aplaties , lamellcuses

inégales.

On ne sait presque rien sur les mœurs de ces Crustacés, si ce n’est qu’ils se fixent sur des Poissons.

[ . NÉrocile a deux raies. ÉV. bivitlata (i).

Tete petite; corps ovalaire et bombé; tergum ou pièce principal0 du segment dorsal des quatre derniers anneaux thoraciques ayant 1 angle latéral et postérieur prolongé en forme de dent aiguë ; 10S deux dernières de ces dents très-grandes. Epinières des six derniers anneaux thoraciques très-longs , très-pointus et imbriqués ; la pointe de chacun de ces appendices atteignant te niveau du bord postérieur de l articulation de la cuisse de l'anneau suivant , mais ne dépassant pas les angles spini/orrnes du tergum correspondant . Abdomen court et largo ; les épinières des deux premiers segmens très-longs ; ceux du second segment atteignant presque le niveau de l’extrcmité du bord externe de l'article basilaire des fausses pâtes du sixième anneau. Ongles forts et très-crochus. Dernier segment de l'abdomen grand , large , à peine rétréci vers le bout , et ayant son bord postérieur échancré de chaque côté d’un petit lobe médian arrondi (de façon à paraître trilobé) ; lames terminales des appendices de ce segment foliacées; l’interne ovalaire, l’externe pointue, lalciforme et de grandeur médiocre (sa longueur n’ excedant pas celle de 1 espace occupé sur la ligne médiane du corps par les quatre segmens abdominaux qui précèdent le dernier)- Longueur, environ 1 -> lignes ; couleur brunâtre , avec deux bandes longitudinales jaunes sur le dos , et quelques taches de mêm0 couleur sur les bords latéraux du corps.

Habite la Méditerranée. (C. M.)

Page 1