FAMILLE DES IONIENS
Gehre JONE. — Joue (1).
Dans ce genre, le mâle (PL 33 , fig. 15) , beaucoup plus Petit que la femelle , est d’une forme étroite et allongée ; sa tête , aussi large que le thorax et arrondie antérieurement , Porte deux paires d’antennes dont les internes sont rudimentaires , et les externes bien développées , styliformes et Composées de quatre ou cinq articles cylindriques. Les anneaux du thorax sont profondément séparés de chaque coté , et ont tous à peu près la même forme et les mêmes dimensions ; les pâtes sont fixées à leur angle externe , et se terminent toutes par une petite main ovoïde, renflée et subcLélil'orme. Enfin l 'abdomen se compose de six segttiens qui se rétrécissent graduellement , et qui portent chacun une paire d’appendices membraneux , cylindt iques , grêles et très -allongés.
Chez la femelle (PL 33, fig. 14), le corps est py ri forme et très-aplati ; la tête est profondément enchâssée dans le thorax, et a la forme d’un écusson ; le front est lamelleux et ^avance au-dessus de la base des antennes qui sont trèscourtes, mais bien distinctes. La bouche est couverte par One paire de pates-mâchoires lamelleuses , qui ressemblent On peu à celles des Cymothoés ; les mandibules sont aussi disposées à peu près de même que chez ces Crustacés , mais elles sont plus étroites vers le bout , et ne portent pas de branche palpiforme ; enfin les mâchoires ne paraissent etie ^présentées que par des lobules semi-membraneux, mais Oous n’avons pas eu l’occasion d étudier ces parties a\ec
Cl) Oniscus, JVIontagu, Trans. of tlie Liim. Soc. — Joue, Latrcille- LamarcU. — Desmarest, etc.
assez de détail pour en bien connaître la structure. Les anneaux du thorax sont bien distincts les uns des autres, et conformés à peu près de la même manière que chez les Cymothoés , si ce n’est qu’ils n’ont pas de pièces épimériennes. Les pâtes ont la même structure que chez le mâle ; seulement, on remarque au-dessous de la base de chacune de celles des six premières paires, deux grands appendices; l’un de ces appendices très-large , de forme foliacée et d’une consistance semi-cornée, se reploie sous le thorax pour formel' avec ses congénères une grande poche ovifère qui recouvre toute cette portion du corps ; l’autre appendice a la forme d’une lanière membraneuse qui flotte sur les côtés du corps, et qui ressemble exactement aux appendices respiratoires places de la même manière chez les Amphipodes. L'abdomen est semi-ovalaire, et les anneaux dont il se compose ne sont dentelés que sur les côtés. Enfin les appendices fixés aux cinq premiers anneaux sont très-longs et arborescens , tandis que ceux de la sixième paire également membraneux sont simples , cylindriques et recourbés en dehors vers le bout; il est aussi à noter que les premiers portent à leur base une petite écaille reployée en dedans sous l’abdomen .
On ne connaît qu’une espèce de ce genre :
i.* 1 L’ione thoracique. — J. thoracicus (ij.
(Planche 33 , fig. 14 et 1 5.)
Qui se trouve dans la cavité branchiale de la Callianasse souterraine: le mâle se tient cramponné sous l’abdomen de la femelle. Longueur, environ 3 lignes.
Habite les côtes de la Manche. (C. M).
(1) Oniscus thoracicus, Montagu , Trans. of tlie Linn. Soc. vol- g. p. io3 , PI. 5 , lig. 3. — Joue thoracicus, Latreille. — Aud. et Edw- Ann. des Sc. nat. t. g. — Lamarck , Hist. des anim. sans vert.
Ir* édit. t. 5 , p. 170. — Desmarest , Consid. sur les Crust. p. 286, PI. 46, fig- 10 (d’après Montagu). — Guérin, Iconogr. Crust. PIfig. i; 2 ( d’après Montagu ).
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FAMILLE DES BOPYRIENS.
Genre BOPYRE. — Bopyrus (1).
Le mâle des Bopyres ressemble assez à une petite Idotéc dont les antennes manqueraient , et dont l’abdomen , rétréci graduellement vers le bout , serait composé de six petits anneaux. La tête est arrondie en avant, complètement libre sur les côtés et garnie en dessus de deux petits yeux circulaires de couleur noire ; les antennes sont rudimentaires et réduites à quatre petits tubercules biarticulés cachés sous le front. Les anneaux thoraciques sont tous de même l'orme et se prolongent latéralement au-dessus de la base des pâtes en manière de lames arrondies; les pâtes sont très-courtes , et terminées par une petite main renflée armee d’un ong e crochu et préhensile. Enfin , les segmens abdominaux ne sont distincts que sur les côtés, et les fausses pales sont réduites à l’état de petits lobes membraneux presque rudimentaires et très-difficiles à apercevoir. ^
La femelle est cinq ou six fois plus grande que le mue, et son corps, pyrifonne et très-déprimé, est toujours plus ou moins déjeté de côté. La tête est enclavée dans le thorax , et se termine antérieurement par un bord arque qui se continue sans interruption avec celui du thorax, et qui recouvre les antennes. Celles-ci sont disposées à peu près comme chez le mâle. La bouche est recouverte presque en entier par une paire de pates-mâchoires opercul dormes et ovoïdes dont l’extrémité antérieure est garnie , du côte interne , d’un petit appendice aplati et biarticulé ; au-dessous de ces pates-mâchoires , et tout près de leur base , on trouve
(0 Mo, meut us, Fabiicius, Supplém. — Bopyrus, Latreille, Hist des Crust. t. 7, etc. — Lamarck , Dcsmarest , Ratbke, etc.
quelques petits lobules membraneux qui semblent être les représentans des mâchoires ; la lèvre inférieure est au contraire très-développée, et forme, avec le labre et les mandibules, une sorte de suçoir conique; enfin les mandibules sont petites, coniques et peu mobiles. Le thorax, comme nous l’avons déjà dit, est très-large, et les sept anneaux dont il se compose sont presque entièrement souciés entre eux; les pièces épimérienues sont représentées par une bordure assez épaisse, et les pâtes, recourbées sur elles-mêmes , et cachées sous la face ventrale du corps , sont presque rudimentaires et conformées delà même manière que chez le mâle, si ce n’est que du côté interne de leur base naît un grand appendice lamelleux , lequel se porte , comme d’ordinaire , en dedans , pour concourir à la formation d’une poche ovifère , mais ne recouvre que la portion latérale du sternum ; il en résulte que cette poche est toujours largement ouverte au milieu , et que les œufs s’y montrent à découvert. Enfin, Y abdomen , très-large à sa base , se rétrécit graduellement, et finit presque en pointe : on y distingue des traces de sa division en six anneaux, et sa face inférieure est recouverte par cinq paires de fausses pâtes qui consistent chacune en une seule lame membraneuse de forme presque triangulaire.
Les Bopyres vivent fixés sous la voûte de la cavité branchiale des Palémons et des Hippolytes, et y déterminent la formation d’une tumeur visible à l’extérieur. Le mâle se tient sous l’abdomen de la femelle , et les jeunes , au moment de leur naissance, ressemblent beaucoup aux Cyclopes nouveau-nés.