H T S T O I K E NATURELLE
six anneaux nui précèdent le pénultième. Longueur environ quatre lignes. Habite les cotes de la Bretagne (C. M.)
La Néealie de Stiîaus, décrite par M. Risso (r), ne paraît pas différer de l’espèce précédente.
La Nébai.ie de IIebbst (2) se distingue par l’existence de cinq paires de pales natatoires bifides. Elle habite les côtes du Groenland •
La Néiulie de Montagu (Si) paraîtrait n’avoir que trois paires de ces membres , mais n’est que très-imparfaitement connue.
Enfin je suis porté à croire que le fossile décrit par M. Scott- 1er (4) comme étant une espèce d'Argas, appartient au genre Nébalie.j
Genre APUS. — A pus (5).
Le genre A pus se compose d’un petit nombre de Crustacés de taille médiocre , dont 1 organisation très-remarquable a été étudiée avec soin par SchœfFer.
Les Apus (PI. 35, fig. 5) ont la presque totalité de leur corps cachée sous une grande carapace clypéiforme , qui est arrondie et bombée en avant, légèrement carénée vers son extrémité postérieure et échancrée en arrière. Ce grand bouclio’ présente à quelque distance de son bord antérieur un petit œil lisse situé sur la ligne médiane, et deux yeux composés réniformes et de couleur noirâtre, placés tout auprès et un peu en avant du premier; un peu plus en arrière, on y
Sc. nat. sérié, t.J3, p. 3op. — Guérin, Iconogr. Crus!. Pi. 3a, fig. R*
(1) Nebalia Sirausi, llisso, Ilist. nat. de l’JEur. mérid. t. 5, p. 84’ Pi. 4, fig- 20-22.
(2) Cancer bipes , Othon, Fabrieius. Fauna Groeidandica, p. fig. 2. — Cancer gammarcllus bipes , Herbst, t. a , p. m , PL 3j > fig- 7. — Nebalia , Uerbslii , Leach , Zool miscel. vol. 1 , p. 100 < PL 44.— Desmarest, Conskl. p. 243.— Thompson, Zool. re’searches- Pl. 11, fig. j (d'après Leach).
(3) Monoculus rosirait, s , Montagu, Trans. of lire Lin. soc. vol. *'< PI. 2 , fig. 5. — Nebalia Monlagui , Thompson, op. cit.
(4) On fossil argas. Records of general science, vol. 1, p. i36.
(5) Monoculus, Linné, Fabrieius. — Linnulus, Müller. — L.imnrrk’ Binoculus , Geoffroy. ■ — Branchipus , SehœJTer. — Apus , Seitoefièr > Monogr. — Latreillft, Leach , Desmarest, Savignv, etc.
DES CRUSTACES.
remarque deux sillons transversaux qui la divisent, en deux portions, l’une céphalique, l’autre thoracique; et vers la partie antérieure latérale de cette dernière portion, on aperçoit de chaque côté des stries obliques terminées en forme d’anses et paraissant correspondre aux vaisseaux biliaires. En dessous, la carapace est confondue avec la tête, mais Recouvre simplement les anneaux thoraciques et abdominaux sans y adhérer ; en avant, elle est épaisse et on y remarque Une surface plane et semi-lunaire qui peut être considérée eonnne un épistome et qui est de niveau avec les bords ; mais dans tout le reste de son étendue le test est concave en dessous et foliacé ; une paire de petites antennes styiiforrnes s’insère derrière le bord postérieur de cette surface épistomienne, et entre ces appendices se trouve la bouche qui est garnie i" d’une lèvre supérieure très-grande et quadrilatère; 2° d’une paire de mandibules, grosses, courtes et fortement dentées, mais dépourvues de palpes; 3° d’une lèvre inférieure ( ou langue Savigny ) , qui est bilobée et terminée en gouttière longitudinale; 4" de deux paires de mâchoires dont les premières se terminent par une lame dentelée sur le bord, et les secondes sont divisées en deux branches, savoir une interne porte une petite lame ovalaire ;i bords ciliés, et une autre cylindracée, plus allongée, et surmontée d’un appendice styliforme. Le thorax et l’abdomen sont presque cylindriques et se composent d’une trentaine d’anneaux dont la longueur diminue successivement vers l’extrémité postérieure du corps qui fait plus ou moins saillie en arrière de la carapace. Les paies de la première Paire qui s’insèrent immédiatement en-arrière de la bouche, s°nt extrêmement longues et en forme de rames ; elles se 'imposent d’une portion basilaire cylindrique formée de trois articles, et de trois longs appendices sétacés et multiarticulés, semblables au filet terminal des antennes chez les décapodes macroures, et portés chacun par l’un des articles pedonculaires ; auprès de la base du premier de ces filaments, qui est le plus court des trois , on aperçoit un appendice
semblable, mais très-court. Les pâtés suivantes sont au contraire très-élargies et lamelleuses ( fig. 6 ) ; on y distingue trois branches , dont les deux externes affectent toujours la forme de feuilles membraneuses et dont l’interne, plus développée que les autres , varie un peu dans sa conformation. Aux pâtes de la seconde paire, cette branche interne ou tige , se compose de trois articles placés bout a bout, et portant chacune sur leur bord interne un ou deux appendices lamelleux semi-cornés , de forme lancéolée et a bords dentelés ; les deux premiers articles sont à peu près quadrilatères et assez larges , et le premier est garni de deux appendices lancéole's , tandis que le second n’en porte qu’un seul ; le troisième article porte aussi un seul de ces appendices, fixé près de sa base , mais est lui-même lancéolé et se termine par une pointe cornée. La branche moyenne, membraneuse et d’une délicatesse extrême, est triangulaire, trèsallongée verticalement et fixée par son angle interne à l’eXtrémité du bord extrême de l’article basilaire de la branche interne. Enfin la branche externe , qu’on peut considère!' comme le représentant de l’appendice flabelliforme des Decapodes, est de même texture que la branche moyenne, et a la forme d’une feuille ovalaire fixée, par son extrémité inférieure , au bout de l’article basilaire de la branche interne ; il paraîtrait, d’après Schoeffer , que pendant la vie cette feuille est de couleur rougeâtre et légèrement gonflée en forme de vésicule ; mais dans les individus conservés dans l’alcool nous l’avons toujours trouvée aplatie et jaunâtre comme leS autres appendices. Les pâtes des huit paires suivantes sont conformées de la même manière; mais aux pâtes de la dixième paire et des paires suivantes , la branche interne se raccouicit beaucoup, les appendices de son bord interne prennent peu a peu la forme de petites lanières ovalaires et son article terminal , au lieu d’être lancéolé et corné, prend la forme d une feuille membraneuse ovalaire semblable à celleS qui constituent les branches externe et moyenne ; enfm cette dernière devient aussi ovalaire. Les pâtes de la on-
zième paire diffèrent (les autres, chez la ièmelle, en ce quelles manquent de branches externes, et ont à la place des trois articles de leur branche interne une grande lame circulaire qui s’applique sur la feuille circulaire formée par la branche moyenne , et constitue de la sorte une grande capsule, dans l’intérieur de laquelle les oeufs se logent; on désigne quelquefois ces organes sous le nom de pâtes à matrice. Enfin, vers la partie postérieure du corps, les pâtes deviennent de plus en pl us petites, et les dernières sont tout à fait rudimentaires ; on en compte en tout soixante paires. Les cinq anneaux abdominaux qui précèdent le deinier sont tout à fait cylindriques et dépourvus d appendices. Le dernier porte de chaque côté un long appendice sétacé multi-articulé, et se termine par une lame caudale plus ou moins développée, au dessous de l’origine de laquelle se trouve l’anus.
Les Apus habitent les eaux stagnantes et se trouvent quelquefois dans des fossés dont l’eaü est tout à fait croupie. Quand cette eau s’évapore , ils ne tardent pas à périr ; mais dès que la pluie a renouvelé ce liquide, on les voit souvent reparaître , et on a quelquefois observé ce phénomène dans des mares desséchées depuis plusieurs années; cela parait dépendre de la faculté que possèdent les omis de se conserver long-temps lorsqu’ils sont privés d’humidité , et de se déve lopper dès qu’ils trouvent l’eau et la chaleur qui leur sont nécessaires. Ces Crustacés changent de peau environ vingt fois dans l’espace de deux ou trois mois. Ou n’a trouvé jusqu’ici que des femelles, et on a constaté que celles-ci , de même que lesPuceronset les Daphnies peuvent se multiplier sans le secours du mâle ; mais rien ne prouve encore qu’il n’existe pas de ces derniers. Les œufs , de couleur rouge, tombent des capsules ovifères au fond de l’eau que ces Crustacés habitent, et les petits qui en naissent diffèrent beaucoup de ce qu’ils deviendront, car leur corps est ovoïde, les antennes saillantes et les pâtes antérieures constituent des ïames tics grosses et simples.
HISTOInE NATURELLE
Leach a divisé ce groupe , mais sans nécessité, en deux genres sous les noms d’Apus et de Lepidure,
i. A p es cangriforme. — A. cancriformis (i).
Filets des pâtes rameuses très-longs. Lame terminale de l’abdomen très-courte (moins longue que large). Habite nos eaux douces.