‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 4)Chapitre 275 sur 354 · O HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

O HISTOIRE NATURELLE

de pâtes ainsi modifiées. Les quatre paires de membres dont nous venons de parler appartiennent aux quatre premiers anneaux thoraciques, et naissent les unes du bouclier céphalique, les autres de la portion postceplialique du thorax , en nombre variable , suivant Ie nombre des anneaux thoraciques qui se trouvent confondus ave la tête. Le dernier anneau du thorax n’eU porte jamais ; mais on y distingue en général une paire de tubercules ou de lobules qui paraissent être les vestiges d’une cinquième paire de membres réduits à un

état rudimentaire.

Les Crustacés de cette division vivent en parasytes sur les poissons , mais n’y sont pas fixés d’une manière permanente , et lorsqu’ils lâchent prise ils peuvent se déplacer, soit en se traînant lentement, soit en nagant. Le mâle se distingue en général de la femelle paf quelques particularités de structure et par une taille beaucoup moindre ; presque toujours la femelle porte ses œufs dans des tubes cylindriques, qui naissent près du bord postérieur du dernier segment thoracique de chaque côté de l’abdomen, et qui ateignent souvent un1" longueur très-considérable. Les petits qui en naissent ressemblent aux jeunes Cyclopes et doivent subir pl11 sieurs mues avant que d’achever leur métamorphose > mais on ne sait encore que peu de choses sur les changé mens qu’ils éprouvent. Il est aussi à noter que l’olJ trouve souvent dans le voisinage des vulves de petileS ampoules qui y sont fixées par un col très-étroit , c'"

qui pourraient bien être des réservoirs spermatiques -

analogues à ceux que M. Siébold vient de faire cou naître chez les Cyclopes.

Celte famille , bien quelle soit très-naturelle, sC

laisse diviser en trois tribus caractérisées principe

DES CRUStACÈa. 44 1

ment par l’absence ou la présence d’appendices lamelleux sur le dessus du thorax , et par la disposition des antennes. L’une de ces divisions a pour type le genre Calige proprement dit , et peut, par conséquent , être désigné sous le nom de tribu clos Caligiens ; une autre a pour type principal le genre Pandarus , et portera le nom de tribu des Pandariens ; enfin la troisième se compose d’un seul genre, celui des Argules.

TRIBU DES ARGULIKNS.

Cette division, comme nous venons de le dire , ne comprend encore qu’un seul genre , et par conséquent nous pouvons nous dispenser d’en donner ici une description générale.

Genee ARGULE. — Argulus (1).

Les Argules sont de petits Crustacés remarquables par la forme discoïde et presque circulaire de leur tête; cette portion du corps est tout jà fait plate en-dessus , très-élargie , et se prolonge en arrière jusqu’au niveau du bord postérieur du thorax qu’elle recouvre de chaque côté; ces lobes postérieurs naissent vers le milieu du corps ; et laissent entre eux ü»e fente presque linéaire occupée par le thorax; mais au Premier abord , cette disposition échappe facilement à l’ob- Sei’vateur , et l’animal paraît avoir la portion céphalothoracique du corps tout entière recouverte par un grand disque Cl,'culaire , dont les bords dépassent souvent l’extrémité des

( 0 Pediculus , Backer. — Argulus , Müller. — Monoculits , Fabri- Linné , Manuel , Cuvier. — liiiioculus , Geoffroy, Latr. Généra. zolus , Lalreille, Hist. des Crust. — Argulus , J urine, Lanaarck , all'cille, Leacli , Desmarest, Burmeister, Herrick et Dana , etc.

pâtes, et ne laissent apercevoir qu’une sorte de queue bilobée formée par l’abdomen. Vers sa partie antérieure , »iais à une distance assez considérable du bord frontal , on trouve sur la face supérieure de cette carapace deux yeuX circulaires, et on distingue deux lignes cornées qui paraissent correspondre au point de jonction des lobes latéraux avec 1® région médiane ; enfin il est à noter, que le test lui-meme est presque membraneux. Les antennes sontgrosses, tres coui tes et complètement cachées sous le front; elles s’insèrent pie* de la ligne médiane , à quelque distance en amère du bord frontal , et se composent d’un article basilaire portant un second article recourbé en forme de corne , et garni sur son bord externe d’un appendice sétacé et grele qui dépasse un peu son extrémité. Immédiatement en arrière de ces organes et en connexion avec leur base , on trouve une seconde paire d’appendices antenniformes , dirigés en dehors , cylindriques et composés de trois ou quatre articles , dont le premier est assez gros et les suivants sont de plus enplus petits. Le suçoi 1 naît assez loin en arrière de ces organes et se dirige en avanb tandis que chez tous les autres Crustacés de cette famille, est reployé en arrière, il est grêle, allongé , et ne paraît eti® formé que par le labre , l’ouverture buccale propremen dite étant située en arrière de sa base; on y découvre drapa ires d’appendices styliformes qui semblent être les analu' gués des mandibules et d’une paire de mâchoires, et on y distingue une pièce médiane qui peut être considéré6 comme le représentant de la lèvre inférieure. Ce mode conformation de l’appareil buccal, décrit avec soin p MM. Dana et Herrich, s’éloigne un peu de celui qui se re°' contre communément dans cette famille , et semble etab 1 un passageentre la structure des mêmes parties chez lesCrt*5 tacés broyeurs et les Siphonostomes ordinaires. De chaql,e côté de la base du bec, se trouve un appendice cylindriq111’’ gros, court et terminé par une ventouse cupuliforme d ü 11 ^ structure très-remarquable. Enfin, plus en avant , naisse11 deux membres pédiformes , qui sont gros et dentés à Ie

base, puis cylindriques et allongés, et qui se composent de cinq articles dont le dernier se termine par deux petits ongles crochus. G’est en arrière de ces organes que le thorax devient distinct de la tête ; on y reconnaît quatre articles qui Portent chacun latéralement une paire de pâtes natatoires. Ces pâtes , à raison de leur structure , paraissent être intermédiaires entre celles des Branchiopodes et des Siphonoslonies ordinaires , car celles des deux premières paires portent sur le bord dorsal de leur portion basilaire un appendice flagcllifbrme, recourbé en dessus comme chez beaucoup de Branchiopodes; du reste, ces membres se composent d’un Pédoncule charnu obscurément divisé en deux ou trois articles ; et portant à son extrémité deux rames lamelleuses , allongées et garnies de grandes soies plumeuses; toutes ces pâtes sont dirigées horizontalement en dehors et ne dépassent lue peu ou point le bord de la carapace. Au bord postérieur du thorax , on aperçoit en dessous des traces d’un cinquième anneau, et près de la ligne médiane, on y trouve les deux orifices de la génération. Enfin l’abdomen est ovalaire et bilobé postérieurement et près du fond del’échanci'ure qui sépare en arrière ses deux lobes , on voit en-des- &nus une paire d’appendices presque rudimentaires, de forme ovalaire.

Les Argules ne sont pas pourvus de sacs oviferes , comme les autres Crustacés suceurs, mais déposent leurs œufs sur quelque corps étranger, et les petits qui en naissent , ressemblent beaucoup à des Cyclopes ; leur test céphalique n’est pas encore élargi en forme de disque ; leur corps est pyriforme et leurs antennes sont visibles en dessus, de chaque côté de la earapace ; ces organes sont proportionnellement plus dével°ppé que chez l’adulte, et l’appendice sétacé, qui, chez ce dernier, se trouve sur leur bord postérieur, constitue ici une , ame cylindrique et ciliée au bout beaucoup plus grande que 1® Portion antérieure. Une seconde paire de rames natatoires 8e montre en arrière de celles dont il vient d’être question, et Paraît être formée par une paire d’appendices palpiformes

dépendant des organes qui , chez l’adulte , simulent des antennes postérieures. Les ventouses n’existent pas et sont remplacées par une paire de grosses pâtes portant une troisième paire de tiges natatoires ; enfin les membres <IU1 suivent immédiatement ces organes et qui représentent leb pâtes - mâchoires postérieures , ne sont que très- peu deve loppés, et les quatre paires de pâtes proprement dites sont presque rudimentaires ; enfin l’abdomen est pyriforme et ne se dilate en lobes terminaux que plus tard , en sorte que le* lamelles caudales qui, par la suite, seront cachées sous sa &cC inférieure, terminent alors le corps du petit animal.

Les Argules vivent fixés sur divers poissons d’eau douce; ils s’attaquent également aux têtards de Batraciens , mais on les trouve aussi libres , et ils nagent avec vivacité.

i. A RG CLE foliacé. — A . foliaceus (i).

Corps ovalaire , ne recouvrant pas complètement les pâtes de 8 trois premières paires etlaissant presque entièrement à découver celles de la dernière paire ; base des antennes armée d une séi de dents cornées. Couleur, vert jaunâtre. Longueur, envi i 01 deux lignes ; le mâle est plus petit et est caractérisé par deU* points noirs à la base de l'abdomen. j

Se trouvent dans les eaux stagnantes aux environs de Paris ,

(l) Pou du gasteroste , Pou de la carpe , Backer, Micros, t. 2 , ch* ® p], i^. — Insectum nqualium , Ledermüller, microsc. I, p* 76, PL — Argulus delphinus, Muller, Entomost. p. 12S. — Monoculus a gulus , Fabricius, Ent. Syst. t. 2 , p. 4®9* — Binocle àu gastu“s Geoffroy , 1ns. t. 2, p. GGi. — Monoculus foliacus, Linné , Syst* et Fauna sueccïa. — Monoculus delphinus , Manuel , Ency c I ' 1 ï '■ * ^ p. n3o. — Monoculus gyrini , Cuvier, Tableau élément, p. s.

Binoculus gasterostei , Latreille, Généra, t. I , p. 14. — Ozolus g teroslei , cjnsd. llist. desGrust. et des Ins. t. 4, P* 128, Pl. 29, Go" g

Argulus foliaceus , Jurine fds , Ann. du mus. I. 7 , p. 4^! > t>'" jci

Leaeh , Dict. des Se. nat. t. 14 , p. 629. — Lamarck , Hist. ^

anim. sans vert. t. 5, p. 140. — Latreille, Encyclop. PL 334 , ®S* 1 ^ (d’après Jurine) , Règne animal , t. p. ig5. — Desmarest , Con ____ p. 33i , PL 5o , %. 1. — Guérin , Iconogr. Crust. Pi. 35, f‘g* Burmeister, op. cit. p. 332.

se fixent sur les Épinoches et quelquefois sur les Carpes , les Tanches et le3 Têtards.'

L ’Argulus charon de Millier (2)] paraît être un jeune de l’espèce précédente.

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