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TRIBU DES GALICIENS

Les Caligieus (A) n’oflrent rien d’anormal dans la conformation de leur thorax , dont les anneaux sont simples et sans appendices dorsaux. Le bouclier céphalique est grand, plus ou moins ovalaire , mince sur les bords, et garni antérieurement de lames frontales très-développées , dont l’extrémité latérale recouvre ^ base des antennes ; enfin les angles postérieurs de cette carapace se prolongent plus ou moins loin de chaque côté du thorax , et la portion de son bord postérieur, comprise entre ces deux prolongemens , se confond avec le premier, ou même les deux ou trois premiers segmens thoraciques. Il en résulte que le thorax ûe se compose que de deux , de trois ou de quatre ar-

(J) Dana et Herrick, Amer, journ. of sc. vol. 3l, p. 297 , fig. 1-10.

(2) Entomostraca , p. 1 9.4.

(3) Natuurkundige Verlusügungen , PI. 6 , fig. I ( reproduit dans Uucyclop. méthod. PI. 267, fig. 24).

<4) PI. 38, fig. I, 9.

ticles distincts. Les pâtes sont garnies de longues soies plumeuses (1) ; enfin l’abdomen se termine par deux petites lames dirigées en arrière, et ne porte pas d’appendices latéraux .

On a divisé les Caligiens en quatre genres reconnaissables aux caractères indiqués dans le tableau précédent (page 436).

Genre CALIGE. — Caligus (2).

Les Caliges proprement dits (PI. 38, fig. 9) sont de petits Crustacés parasites dont le corps est déprimé, et se compose de deux portions principales : l’une antérieure , ovoïde et scutiforme, qui est formée par la carapace ou bouclier cépha' lique; l’autre postérieure, beaucoup moins large que 1* précédente , annelée , et formée par les derniers segmens thoraciques et un abdomen rudimentaire. La carapace est marquée, en dessus, de divers sillons linéaires, dont les prit1' cipaux figurent sur sa moitié postérieure un grand H ; on y remarque aussi , sur le bord postérieur , deux échancrures plus ou moins profondes, situées sur les côtés de l’insertiot* de la portion rétrécie du thorax ; et l’espace quadrilatère compris entre ces deux échancrures, les deux jambages de 1$ et la ligne transversale de celui-ci, constitue une région bit-'11 distincte à laquelle on pourrait donner le nom de région th°' racique de la carapace , car elle correspond à l’insertion des trois premières paires de pâtes natatoires, et paraît être fon»ee parles trois premiers anneaux du thorax soudés à la tête. A11' devant de la région médiane de la carapace, comprise enti'e les jambages antérieurs de l’H , se trouvent deux petits yet'* ovalaires adossés l’un à l’autre et colorés en rouge chez. leS

(i) PI. 38, %. 5-8.

(a) Pediculus , Baster. — Monoculus , Linné, Fabricius, Manuel — Binoculus , Otb. Fabricius , Fauna Groen. . — CaLigus, Muller , tomoslr. — Latreille , Lamarek , Leach , Desmarest, Nordmann , Bul” meister , Pickering et Dana, Kroyer , etc.

individus vivants; les régions latérales n’offrent rien de particulier; enfin, au-devant de la région frontale comprise entre les yeux et le bord antérieur de la carapace , se trouve une petite pièce transversale , soudée à ce bord , échancrée antérieurement sur la ligne médiane , se prolongeant latéralement sous la forme de lobule , et y recouvrant l’insertion des antennes. Le bord postérieur de la région thoracique de la carapace donne attache au pénultième anneau du thorax , lequel est court, étroit et réuni à son tour au dernier anneau thoracique , dont le développement est beaucoup plus considérable, mais varie suivant les sexes; chez les mâles , il est ovalaire et guère plus large que le segment précèdent ; mais chez la femelle , il est ordinairement presque quadrilatère, et dépasse de beaucoup latéralement le pénultième anneau thoracique, ce qui donne au corps considéré en général une forme étranglée au milieu. Enfin Y abdomen , qui fait suite au thorax , ne se compose que d’un seul segment, beaucoup plus étroit que l’anneau précédent, et porte sur son bord postérieur deux lames natatoires dont les bords sont garnis de longs poils plumeux.

A la face inférieure du corps, on aperçoit sous le front, dans le point de réunion des doux pièces transversales dont d a déjà été question , un petit tubercule médian, et souvent chacune de ces lames porte vers son extrémité libre un organe cupuliforme qui paraît être disposé de façon à fonctionner à la manière d’une ventouse (fig. 10). Quant à ces lames elles-mêmes , elles sont souvent assez distinctes de la carapace, et peuvent bien être les représentât) s de la première paire d’antennes réduite à un seul article foliacé et immobile. Les antennes proprement dites qui , dans cette hypothèse, correspondraient aux antennes extérieures des Crustacés supérieurs, s’insèrent au-dessous de l’échancrure qui eXiste de chaque côté, entre le lobule terminal de ces lames frontales et le bord de la carapace ; elles sont courtes, aplahes et composées de deux articles. L ’ appareil buccal est situé '' quelque distance en arrière du front, et se compose,

4zf8 HISTOIRE NATURELLE

comme d’ordinaire dans cette famille , d’un suçoir conique et assez développé qui résulte de la réunion de pièces correspondantes au labre et à la lèvre inférieure , et qui renferme dans son intérieur deux longs appendices styliformes et dentelés vers le bout , qui à leur tour représentent les mandibules (1). Les appendices qui , chez les Crustacés broyeurs, constituent les deux paires de mâchoires proprement dites, paraissent être représentés ici par deux paires d’appendices rudimentaires , situées sur les côtés du suçoir ; l’un de ces appendices prend naissance au-devant de l’autre , et consiste en un petit article basilaire , terminé par une pièce styh' forme très-grêle ; l’autre est plus développé , et se termine par deux cornes dirigées en arrière. Les pates-mâchoires , comme nous l’avons déjà dit , sont refoulées en avant et en dehors, et constituent les organes de préhension à l’aide desquels l’animal s’accroche sur sa proie. Celles de la première paire naissent entre le suçoir et les antennes, et se terminent par un ongle très-long, crochu au bout et tordu sur lu1 *' même ; on remarque aussi du côté externe de la base de ceS organes un crochet corné. Les pates-mâchoires de la se' conde paire sont plus allongées , et se terminent par un petit article lamelleux armé de deux ou trois ongles falciformes ;t bords dentelés. Les pates-mâchoires de la troisième paire son1 plus grosses et presque subchéliformes (fig. 12); chez le mâle, elles se terminent même par une grosse main presque chéh' forme. Il est aussi à noter qu’on aperçoit sur le sternum, un peu en arrière de la base de ces organes, un appendice médian en forme de fourche à deux branches , tantôt sim pies, tantôt bifurquées. Les pâtes proprement dites naissent plus en arrière et sont au nombre de quatre paires , dont le5 trois premières sont fixées sous la portion thoracique de 1® carapace , et la quatrième de chaque côté du pénultième neau du thorax. Celles de la première paire naissent d unc

(i) Voyez les figures que j’en ai données dans l’allas du Règne *nl

mal de Cuvier, Crust. PI. 77, fig, \a, il, 1 c, i d, le, 1 f.

DES CRUSTACES.

petite pièce très-grêle, et se composent chacune d’un article basilaire , portant à son angle externe et postérieur un article rudimentaire qui représente la rame interne , et sur son bord externe une seconde rame natatoire formée de deux articles très-allongés et ciliés. Les pâtes de la seconde paire se terminent par deux rames natatoires biartic talées assez larges, de longueur à peu près égale et garnies de poils plumeux très-longs ; il est aussi à noter que la pièce sternale qui porte ccs pâtes affecte la forme d’une lame transversale mobile et libre par son bord inférieur , de façon à donner à ces organes l’apparence d’une grande nageoire im paire et médiane , dont les extrémités latérales porteraient chacune deux petites rames. Les pâtes de la troisième paire présentent ce même caractère à un bien plus haut degré , car leurs rames terminales sont extrêmement courtes, tandis que leur position basilaire, presque confondue avec la pièce sternale qui les réunit , constitue avec celle-ci une grande lame transversale , semi-ovalaire , dont le développement est très-considérable , chez la femelle surtout. Les pâtes de la quatrième paire ne sont pas lamclleuses comme les précédentes, mais grêles, allongées, et plutôt ambulatoires que Uatatoires et dirigées en dehors ; elles ne présentent qu’une seule branche etse composent de quatre articles (fig. 17). En général, on aperçoit près de la ligne médiane et vers l’extré- Utité postérieure du dernier anneau thoracique, deux tubercules cornés qui semblent être les derniers vestiges des pâtes de la cinquième paire. Enfin, chez les femelles, il naît de ce *uême anneau , de chaque côté de l’abdomen , un long tube °vifère, cylindrique et étendu en ligne droite.

L’anatomie intérieure d’une espèce de Galige des côtes de l’Amérique a été faite avec soin par MM. Pickering et Ûana (t).

Les Galiges se trouvent ordinairement sur la peau ou sur hs parois de la bouche ou de la cavité branchiale des pois-

U) Voyez American journal of sciences and arts, vol. 34, n° 2.

sons, et paraissent subir dans le jeune âge des changemens de forme très-considérables.

Ces Crustacés me semblent devoir être subdivisés en deux groupes , d’après la présence ou l’absence de ventouses sur le bord des lames frontales ; mais dans l’état actuel de la science, il n’est pas toujours possible de se servir de ce caractère. Il est aussi à noter que la distinction des espèces offre souvent des difficultés assez, considérables , à cause des différences de forme dépendantes des sexes ; ces différences sont même si marquées, que Leach les a prises pour bases d’une distinction générique. En eflet, le petit parasite d’apres lequel cet auteur a établi son genre Risculus n’est évidemment que le mâle d’une espèce de Calige (1).

§ I. Espèces ayant deux ventouses marginales fixées sur les lames frontales (Pi. 38, fig. 10).

a. Abdomen court.

à * Carapace large , presque circulaire.

i . Calice minime. — C. minutus (2).

Lames frontales très-saillantes, fortement échancrées au milieu» et portant de chaque côté une grosse ventouse. Carapace aussi large que longue; pénultième anneau du thorax très-petit; 1® dernier, petit et ovalaire chez le mâle, grand et presque cai're chez la femelle où son bord postérieur est bilobé. Abdomen trèspetit , mais un peu plus long que large , surtout chez le male » fourche sternale petite et à branches simpleset acérées. Longueur» environ 3 lignes.

Trouvées sur les côtes de la Bretagne dans la cavité branchiale d’un Bars.

Le Calige de Muller (3), doit prendre place ici , et paraît

(1) Voyez l’atlas de la grande édition du Règne animal de CuVcr’ Crustacés, PI. 77, fig. 3.

(2) Otto — Nordmann.Mikrogr. Beitrag. t, 3, p. a5. — Edwards, A* aS du Règne animal de Cuvier , Crust. PI. 77, fig. 2.

(3) Leach, Encyclop. bril. suppl. 1 , p- 4°5, TL 20, ®t Dict. < e

Sc. nat. t. 1 4 , P- 536. — Desmarest, Consid. sur les Crust. p- 3 ’

PL 5o, fig. 4.

distinguer de l’espèce précédente par la direction presque droite du bord frontal, ainsi que l’a remarqué M. Nordmann ; mais c’est évidemment à tort que Leach y assigne pour caractère l’absence de soies caudales; cette absence n’a pu être qu’accidentelle chez l’individu décrit par le zoologiste anglais.

Le Caligus curlus de Millier (i) se rapproche beaucoup del’espèce précédente, et ne devrait peut-être pas en être séparé. Quant à la Calige décrite sons le même nom par M. Kroyer (2), je suis porté à croire qu’elle devrait changer de dénomination ; car elle se fait remarquer par l’état presque rudimentaire de l’abdomen chez la femelle , tandis que dans le Caligus curlus figuré Par Müller , cette partie est très-développée. Je doute aussi que le Caligus curlus de M. Desmarets (3) soit bien nommé , car cet auteur, tout en décrivant l’animal avec assez de détail , ne fait aucune mention des ventouses frontales , et je suis porté à croire fiu’il avait sous les yeux un Calige du Flétan.

a” Carapace étroite, beaucoup plus longue que large.

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