Pandare bicolor. — P. bicolor (i
Corps très-allongé, pièces frontales grandes et séparées entre elles par une échancrure très-évasée; bord postérieur de la carapace presque lisse ; lame dorsale de l’antépultième anneau thoracique ne dépassant pas notablement les lames du segment précédent; la lame dorsale du pénultième anneau rétrécie vers le bout. Dernier segment thoracique subovalaire, et entoure d’une petite bordure pâle; lame caudale arrondie ; appendices latéraux de l’abdomen courts et obtus.
Le Pandare rapporté à cette espèce par M. Kroyer (2) me paraît en être distincte , car l’échancrure U tedio -frontale est trèsétroite; les lames dorsales de la première paire n’atteignent pas le niveau du bord postérieur de la lame dorsale suivante ; celle du pénultième anneau thoracique n’est pas rétrécie vers le bout et le dernier article du thorax est presque quadralitère.
G. Pandare fissifrontale. — P.fissifrons.
Espèce très-voisine de la précédente, mais ayant léchancruie médio-frontale profonde et très-étroite , les lames dorsales de la ice paire un peu plus courtes, et les appendices latéraux de l’abdomen triangulaires. Couleur générale jaunâtre avec une grande tache noire sur la carapace. Longueur, environ 3 lignes.
Le Pandare de Bosc (3) est très -voisin des espèces précédentes
(1) Leach. Encycl. Brit. suppléai. t. I , P). 20. — Caligus bicolor , Lamarck, op. cit. t. 5, p. 142. — Pandarus bicolor, Latreille, Encyclop. méthod. PL 33 1 , fig. s5, 26. — Desmarest, Consid. p. 33g, PL 5, fig- D'
(2) Op. cit. t. 2, p. 34, Pl. 1 , lig. 6.
(3) Pandarus Boseii , Leach. Encyclop. Brit. supplém. t, I, pL
et Dict. des Sc. nat. t. 14, p. 535. — Latreille , Encyclop. PL 33 > fig. 28. — Desmarest, Consid. p. 33g.
et ne devrait peut-être pas en être distingué, rmais M. Leach, seul auteur qui l'ait vu , ne l’a pas fait connaître avec assez de précision pour qu’on puisse se prononcer définitivement à cet égard.
Le Pandnrus simmtus de Say (i) parait appartenir à cette division , mais n’est qu’imparfaitement connu.
Genre PHYLLOPHORE. — Phyllophora.
Le type de ce genre nouveau est un petit Crustacé trèsremarquable par la disposition des appendices lamelleux dont son dos est couvert ; par son aspect , il se rapproche un peu des Anthosomes, mais d’après la structure de ses pâtes et l’ensemble de son organisation , on ne peut le séparer des Patidariens.
La tête (PL 38, fig. 14) est obtuse en avant et se prolonge postérieurement en deux lobes lamelleux , divergents et arrondis , de façon h présenter un aspect cordiforme. Chacun des trois premiers articles du thorax faisant suite à la tête , portant aussi sur son segment dorsal une paire de grandes lames foliacées qui se recouvrent les unes les autres; celles delà première paire sont écartées entre elles, mais les suivantes se croisent sur la ligne médiane, et toutes débordent le corps de beaucoup latéralement ; le dernier anneau thoracique qui naît au-dessous de ces appendices est grand et U offre rien de remarquable; enfin V abdomen est conformé a peu près de même que chez les Pandares , seulement son segment basilaire se prolonge en forme de lobe arrondi audessous de la lame caudale , et les tubes ov itères qui naissent de la manière ordinaire , se portent en arrière entre ces deux segmens abdominaux et ne deviennent visibles qu’après en avoir dépassé le bord postérieur, de sorte qu’au premier ®hord, on pourrait les croire fixés à l’extrémité de l’abdomen ®u lieu de naître du dernier anneau thoracique, comme °uez tous les autres Siplionostomes.
(i) Journ. of lhe aead. of Philad. vol. i , p. ^36-
Les antennes et le suçoir ne présentent rien de remarquable ; il en est de même des pates-mâckoires des deu* dernières paires ; mais celles de la première paire sont extie mement grandes, et ont la forme de deux longues cornes dont la pointe dirigée en arrière atteint la base du thorax (fig. !«*)■ Les pâtes sont toutes terminées par deux rames ovalaires , membraneuses et dépourvues de soies ou de crochets mai ginaux ; celles de la première et de la dernière paire ne sont pas réunies à leur base, tandis que celles de la seconde e de la troisième paire constituent par leur soudure médiane deux grandes nageoires impaires ; enfin celles de la troisième et de la quatrième paire, se font remarquer par le prolongement foliacé du bord externe de leur article basilaire. On aperçoit à la partie postérieure et inférieure du dernier segment thoracique deux petits appendices lobulaires. Enfin les appendices abdominaux naissent près de la base du segment basilaire (ou lobe inférieur) et se dirigent en dehors comme chez les Pandares , mais sont petits et obtus.
Je ne connais qu’une seule espèce de ce genre , que je désignerai sous le nom spécifique de
Phyllophore cornu. — P. cornuta.
(Planche 38, fig. i3, 1 |.)
Ce parasite, long d’environ dix lignes, a été trouvé près de Tongatabou.
Genre CÉCROPS.— Cecrops (1).
Les Cécrops ont le corps ovalaire , épais et trapu. La carapace présente en avant deux prolongemens lamelleux e* l
la
(i) Oniscus , Lamartinière , Mém. sur quelques insectes ; journ. physique, 1787 , t. 3i, p. 209. — Cecrops , Leacli. Eneyclop. bnt. , * Diet. des se. uat. I. 14, p. — Lamarck, Hist. des anim. sans ver t. 5, p. 137. — Desinarest , Consid. sur les Crust. 338. — Latrei e 1 Règne anim de Cuv. t. 4 » p* 199* Nordmann , Mikrogr. Ee"
t. a, p. 39. — Rurmeister, loc. cit. p. 33o.'
arrondis , qui ressemblent à des oreilles et qui correspondent aux pièces frontales des Caligiens ; ses régions latérales sont séparées de la région médiane par des sillons obliques, et se prolongent beaucoup plus loin en arrière en forme de lobes, entre lesquels se trouve le premier article du thorax. Cet article est petit et correspond aux anneaux qui portent les trois premières paires de pâtes ; l’anneau suivant est beaucoup plus développé , et porte en dessus un appendice élytroïde assez grand, et échancré postérieurement sur la ligne médiane. Le dernier anneau thoracique, recouvert en partie ou en totalité par ce prolongement lamelleux, est peu développé chez le mâle, mais forme chez la femelle la moitié de la masse totale du corps, et constituechez celle-ci un grand bouclier bombé en dessus, échancré postérieurement qui recouvre complètement V abdomen. Enfin cette dernière portion du corps est petite et ovalaire chez le mâle, mais très-grande et bilobée chez la femelle.
Les antennes sont très-petites , mais disposées de la manière ordinaire dans cette famille le bec est très-court, et ne présente rieu de remarquable ; il en est de même des pates-màchoires ; seulement il est à noter que celles de la seconde paire sont très-petites , tandis que celles de la première et de la troisième paire sont très-développées, et se terminent par un ongle crochu très-fort. Les pâtes sont petites ; chez le mâle elles sont toutes terminées par deux rames armées de crochets ; chez la femelle , celles des trois premières paires présentent la même disposition ; mais celles de la quatrième paire sont transformées en deux grands lobes foliacés , portant chacun une seule rame marginale , et offrant sur sa surface supérieure un repli épais et onduleux. Les appendices terminaux de l’abdomen sont très- Petits , ovoïdes et garnis sur le bord de quelques soies courtes et simples. Enfin les tubes ovifères naissent, comme d’ordi- Qaire, vers le bord postérieur du dernier segment thoraci- <lue, près de l’origine de l’abdomen; mais au lieu d’être S1mples et de se prolonger à l’arrière du corps comme dans
tous les genres précédais , ils sont très-nombreux, 1 éployés en forme d’anses , et cachés entre l’abdomen et l’espece de bouclier dorsal formée par le dernier anneau thoracique. On ne connaît encore qu’une espèce de ce genre , le
Cècrops DE Latheille.— C. Latrciltü(i).
Qui a jusqu’à un pouce de long, et vit sur les branchies du Thon. Le mâle est de moitié plus petit que la femelle, et se lion accroché sous la partie postérieure de son corps. (C. M.)
Genre LÆMARGUE. — Lœmargus (2).
Cette petite division générique, établie récemment psl M. Kroyer, est très-voisine desCérops, et s’en distingue principalement par la structure foliacée des pâtes.
La carapace (PI. 39, üg. 2) est bombée, arrondie en avant, et tronquée transversalement en arrière; on nJ aperçoit pas de régions distinctes et elle est confondue avec le premier anneau thoracique. Le second et le troisième segment du thorax sont au contraire distincts ; ns sont étroits et courts ; le pénultième anneau est plus grand , et porte en dessus un large bouclier dorsal élytroïde , q11 recouvre une grande partie de l’anneau suivant; ce demie* 1 est très-développé. Chez le mâle il est simplement bilobe, et donne insertion à l’abdomen par sou bord posterieui , mais chez la femelle il se continue en arrière avec dem grandes lamesélytroïdes qui cachent toute la portion poste rieure du corps. U abdomen est court et étroit chez le mâle , très-grand, ovalaire et bilobé postérieurement chez la & melle ; enfin les appendices qui le terminent sont petits c ovalaires.
JL f
(1) Leach. Eucyclop. brit. suppl. I , pl. 20 , fig. 1-5- Lamat'C ’ op. cit. p- 1 38. — Latreille, Encyclop. méthod. pl. 335, lig. 3-9pi cs Leach) — Dcsmarest, Consid. sur les Crustacés , p. 3a8j I (ig. 2 (d’après Leach). — Guérin, Iconogr. Crust. Pl. 35, lie
(•a) Kroyer , NalurhLtoriA lids.,krifl. B, 1, p. 5uo.
Les antennes , le suçoir et les pates-mâchoires sont disposées à peu près comme chez les Cécrops. Les pâtes sont toutes bi-ramées ; celles de la première paire chez la femelle, et celles des trois premières paires chez le mâle , sont trèspetites ; mais dans les deux sexes, celles de la quatrième paire sont fort grandes et se composent d’un article basilaire presque circulaire, et de deux rames terminales ovalaires, foliacées et dépourvues de soies ou de crochets; chez la femelle, les pâtes de l’avant-dernière paire sont conformées à peu près de la même manière que les pâtes postérieures, et toujours la portion basilaire médiane qui les unit est très-peu développée. Enfin les tubes ovifères sont multiples , reployés en forme d’anse , et cachés entre 1 abdomen et le dernier bouclier thoracique , comme chez les Cécrops.
On ne connaît qu’une seule espèce de ce genre, le
Læmargee müriqdé. — L. muricàtus (i).
(Planche 89 , fig . 2.)
Carapace couvert de petits tubercules , et beaucoup moins grande que la portion postérieure du corps chez la femelle; les lames élytroïdes finement dentées sur le bord. Longueur de la femelle , environ 10 lignes ; mâle , environ G lignes.
Paraît habiter sur les môles. (G. M.)
FAMILLE DES PACHY GÉPH ALES .
Dans cette division de l’ordre des Syphonastomes , la tête n’est pas élargie , lamelleuse et clypéiforme comme dans la famille précédente, et les antennes, au lieu d’être courtes , aplaties et bi-articulées , sont grêles , cylindriques , allongées et composées de cinq ou six articles, dont la grosseur diminue graduellement
fl) Kroyer , op. cil. t. 1 , p 487, pi. 5 , fig. A , B , C.
^6 HISTOIRE NATUREEEE
de la base vers la pointe de l’organe (1). 11 est aussi à noter que l’appareil de succion est en général moins développé chez ces Crustacés que chez les Peltocephales, et le mode de conformation des appendices qui paraissent représenter les pates-màchoires est moins constant ; enfin les pâtes ne sont pas soudées sur la ligne médiane et par conséquent ne constituent pas des nageoires impaires comme cela arrive souvent dans la famille précédente.
Les Pachycéphales forment deux petits groupes naturels : celui des Ergasiliens et celui des Dichélestiens (voyez le tableau p. 436). Le premier établit le passage entre les Cyclopes et les Lernides ; le second entre ces derniers et les Pandariens.
TRIBU DES ERGASILIENS.
Ce petit groupe se rapproche beaucoup de celui des Cyclopes et se fait remarquer parla conformation pyriforme du corps , la grosseur de la tête et le développement de l’abdomen (2). Nous ne connaissons encore que trois genres appartenant à cette division , savoir • les Ergasiles , les Bomoloques et les Nicothés. (Voyez le tableau, page 436.)
G ehre ERG ASILE. — Ergasilius (3).
Le genre Ergasile de M. Nordmaun se compose de Crustacés qui ressemblent extrêmement aux Cyclopes, mais qlU
(1) Pt. 39, %. 3,4, 6, 6.
(2) PI. 39, %■ 3, et PI. 40, fig. 23.
(3) Lernea, Oth. Fabricius, Mém. de l'acad. de Copenh. 1794
p 21. Ergasilius, Nordmami , Micrograpliische beitrage,
p, Edw- Annot, de Lamarck, t. 5, p. 212.
vivent en parasites et qui ont au-devant de la bouche une paire de grands crochets à l’aide desquels ils se fixent sur leur proie. Leur corps (Pl. 39, fig. 5) est pyriforme ; la tête est renflée et porte sur le front un petit œil médian ; elle semble être formée de deux parties et est en général assez distincte du premier anneau thoracique, lequel est très-grand. Les quatre derniers segmens du thorax sont toujours bien distincts et diminuent progressivement de grandeur. Enfin l’abdomen est conique, se compose de deux ou trois anneaux, et se termine par deux appendices divergcns et garnis de longues soies. Les antennes sont assez longues ; elles égalent au moins le tiers de la longueur de la tête et elles se composent d’environ six articles. Une seconde paire d’appendices qui paraissent être les analogues des pates-mâchoires antérieures des Galigiens et des Pandariens, s’insère à peu de distance en arrière de la base des antennes ; ces organes se composent d’une portion basilaire grosse et cylindrique, et d’un grand crochet terminal qui paraît être formé de deux articles. La bouche est située assez loin en arrière et n’est que peu saillante ; on n’y distingue pas de bec conique comme dans la fitmille précédente, mais seulement un mamelon garni de quelques appendices peu développés. Il n’existe pas sur les côtés de cet orifice, ni plus en arrière, d’autres pates-mâchoires ancreuses ou préhensiles comme chez la plupart des Siphonostomes; mais on trouve sous le thorax, quatre paires de pâtes natatoires , composées chacune d’une pièce basilaire et de deux rames iormées de trois articles et garnies de longues soies. Le dernier anneau thoracique est apode comme d’ordinaire, et porte chez la femelle deux grands sacs ovifères.
Ces Crustacés subissent après la naissance des métamorphoses considérables ; en sortant de l’œuf, ils sont ovalaires et pourvus de trois paires de rames natatoires , dont les deux Premières paires deviendront par la suite des antennes et des Pates-mâchoires ancreuses ; les pâtes natatoires du thorax n existent pas encore et l’abdomen n’est pas distinct.
Ces Ergasiles sont de très-petite taille et vivent sur les CRUSTACÉS, TOME XIX, 3t
branchies des poissons ; on ne connaît encore que des femelles.
i. Ergasile de Siebold. — E. Sicboldii (i).
Tête confondue avec le premier anneau du thorax , point de rétrécissement brusque à la suite de cet anneau. Appendices terminaux de l’abdomen formés de deux articles dont le dernier porte deux soies. Sacs ovifères, courtsetsubpyriformes. Longueur, environ 1/2 ligne.
Trouvé sur les branchies du Brochet et de la Carpe.
3, Ergasile cibbeux. — E.gibbus (s).
Tête distincte du premier anneau thoracique , et, de même que celui-ci, fortement bosselée ; le second anneau du thorax beaucoup moins large que le précédent. Appendices terminaux de l’abdomen allongés, mais sans articulation distincte, et garnis ali bout de deux soies. Sacs ovifères longs et cylindriques.
Habite sur les branchies de l’Anguille.