Némésis dit requin. IV. Carcherium (s
Dernier anneau thoracique sub-conique.
Genre LA.MPROGLÈNE. — lamproglena (3).
Ce genre, fondé par M. Nordmann, paraît établir Ie passage entre les Dichélestions et les Lernéides ; car il i'eS
(1) Roux, Crust. de la Méditerranée, Pl. 20 , Ug. I'9- Gurnn Iconogr. Crust. Pl. 35, lig. II.
(2) Roux, op. cit. Pl. 20, fig. 10 , II.
(3) Nordmarm , Mfltorgr. beitrage , t. 2, p. I.
DES CKUSTACÉ/S. 4^7
semble aux premiers par la conformation générale du corps, et se rapproche des derniers par l’état presque rudimentaire des pâtes (PL 39, fig. 6) La tête est épaisse, arrondie, et porte , vers le tiers antérieur de la face supérieure , deux petits yeux rouges presque confondus entre eux sur la ligne médiane. Le thorax est très-allongé , et se compose de cinq anneaux bien distincts, et séparés par des étranglemens ou par une articulation. L ’ abdomen est également très-allongé , offre quelques traces d’une division en trois segmens, et se termine par deux lobes obtus. Les antennes s’insèrent sous le bord frontal; elles sont courtes, sétacées et multi-articulées. Les appendices, qui me semblent devoir être considérés comme les analogues des pales-mâchoires antérieures , sont également grêles et coniques, de façon à ressembler beaucoup à une seconde paire d’antennes. Les pâtes-mâchoires des deux paires suivantes sont au contraire robustes et ancreuses. Le suçoir est petit et obtus. Les pâtes , comme je l’ai déjà dit, sont presque rudimentaires ; elles naissent près du bord latéral du corps , et consistent chacune en un petit tubercule basilaire, terminé par deux rames sétilëres. Enfin le dernier anneau thoracique, qui est apode, offre près de sou bord postérieur deux tubercules cornés , et porte les orifices de l’appareil générateur.
i. Lamproclène mignonne. — L. pulcliella (i).
(Panche 3t), fig. C.)
Tête globuleuse et renflée en plusieurs petits lobes ; les deux premiers anneaux thoraciques plus étroits et plus courts que les deux suivans, le cinquième petit; l’abdomen presque aussi long que le thorax.
Trouvé sur les branchies du Çy-prinus jeses.
(i) Nordmann , loc. cit. Pl. I , fig. î-9.
ORDRE DES LERNÉIDES.
Les Lernéides se distinguent principalement des Siphonostomes par 1 état rudimentaire de tout le système appendiculaire , qui ne se trouve représenté que par des vestiges de membres ou par de simples lobes tégumentai res sans articulations et propresseulement à servir pour accrocher l’animal sur la proie au dépens de laquelle il vit (i). Ils se font aussi remarquer par la bizarrerie de leur forme , qui en général s’éloigne beaucoup de toutes celles ordinaires dans cette classe et semble être le résultat d un développement monstrueux. Dans le jeune âge ils offrent un mode de conformation normale et ressemblent extrêmement à de jeunes Cyclopes(2); ils sont alors pourvus d’un œil frontal et de rames natatoires qui leur permettent de se mouvoir avec agilité; mais après avoir éprouvé un certain nombre de mues, ils cessent de mener une vie errante ; les femelles se fixent sur quelque autre animal , le plus ordinairement sur un poisson, et les mâles s’accrochent en général sous l’abdomen de leur femelle- Les organes de la locomotion, devenus alors inutiles,
(1) Pl. 4o, flg. 1,2.8, 12.
(2) pi. 40, fi g. 6, 7, i5.
DES CRUSTACES.
s atrophient ou se déforment de façon à devenir impropres aux usages qu’ils étaient primitivement destinés à remplir; l’œil disparaît presque toujours, et la configuration générale de l’animal se change au point de rendre celui-ci méconnaissable; ce sont les femelles surtout qui acquièrent ainsi les formes les plus singulières; elles grossissent beaucoup, et en général , se soudent pour ainsi dire sur leur proie à l’aide de simples appendices cutanés ou de certains membres transformés en bras immobiles. Les mâles restent extrêmement petits et s’éloignent moins de leur mode de conformation primitive, seulement la tête devient très-grosse et les patesmâehoires , transformées en instrumens de préhension et destinées à fixer l’animal sur la partie qu’il doit habiter, acquièrent un grand développement relatif (ij.
Jusqu’en ces dernières années les zoologistes ont méconnu la nature véritable des Lernéides et les ont éloignés des Crustacés pourles ranger parmi les Vers. Desmarest est un des premiers auteurs qui aient nettement indiqué les rapports naturels qu’ils ont avec les Crustacés ordinaires; mais c’est seulement depuis que l’on connaît les formes transitoires affectées par ces parasites dans les premiers temps de la vie que l’on a pu leur assigner définitivement une place dans la série naturelle des Crustacés, et la connaissance de ces changemens est due principa-
(0 PI. /) o, fîg. 19 , 'JO.
lement à M. Nordmann, observateur d’une grande habileté et duquel la science est en droit d’attendre des services encore plus considérables. Il n’est aucune branche de l’histoire naturelle des Crustacés qui soit aussi peu avancée que celle relative aux Lernéides ; presque tout reste à faire , et 1 on doit espérer que M. Nordmann n abandonnera pas une voie qui l’a déjà conduit à des résultats si importants pour la science.
Les Lernéides me paraissent devoir être divisés en trois familles reconnaissables à la manière dont ces parasites s’attachent à leur proie ; les uns s y fixent à l’aide de grands appendices brachiformes réunis entre eux vers le bout et terminés par un bouton corné médian (i) ; d’autres par leurs patesmâchoires armées de crochets très-forts (2); et d’autres encore par toute la tête qui est garnie à cet effet de prolongemens cornés de formes variées (3) ; les premières correspondent à peu près à la division générique des Lernéopodes de M. de Blainville et peuvent être désignées sous le nom de Lernéopodiens ; les seconds ont pour type le genre Chondrocanthe et formeront notre famille des Chondro cant biens ; enfin les derniers peuvent être appelés Leméocériens , parce que le genre Lernéocère y rentre, et parce que ce nom rappelle un de leurs principaux caractères. Quant à l’établissement des
(O pi. %■ 1> 12'
(2) Pl. 4o, lig. 18.
(3) Pl. 40, Üg. 13.
DES CRUSTACES.
divisions génériques et à la caractérisation des espèces, on ne peut, dans la plupart des cas, avoir égard qu'au mode d’organisation des femelles ; car les mâles nous sont presque tous inconnus ; je dois même avertir le lecteur que, dans les descriptions suivantes , ce sera toujours les Lernéides femelles dont il sera question , à moins que le contraire ne soit spécifié.
FAMILLE DES CHONDRACANTHIENS.
Les Chondracanthiens femelles (1) se fixent sur leur proie à l’aide des petites pates-mâclioires ancreuses , insérées à l’extrémité antérieure de la tète et sous le Iront. Les appendices thoraciques ne servent pas au même usage et ont la forme de pâtes ordinairement hi-ramées , d’une petitesse extrême ou de lobes charnus, libres à leur extrémité et non préhensiles. La tête est en générel assez distincte du thorax et porte presque toujours une paire d’antennes et deux paires de pates-mâchoires uncilormes et ancreuses ; sur les côtés de la bouche on aperçoit ordinairement une paire d'appendices qui représentent les pâtes - mâchoires delà seconde paire et qui sont quelquefois ancreuses comme les autres, mais qui sont souvent rudimentaires. La bouche est quelquefois située très-loin en arrière des pâtes - mâchoires antérieures et elle est armée de petits appendices représentant les mandi-
(l) IM, /|i, fij. 1, etc.
/{ga HISTOIRE NATURELLE
bules. Le nombre et la disposition des appendices correspondant aux pâtes thoraciques varient ; tantôt on n’en compte que deux paires , tantôt trois et même quatre paires ; enfin les tubes ovifères naissent du bord postérieur du corps, de sorte que 1 abdomen est rudimentaire et n’est représenté que par un ou deux petits tubercules médians.
Le mâle se trouve quelquefois accroché sous 1 anus de la femelle ; il est extrêmement petit et ne ressemble en rien à celle-ci , mais ne diffère que peu des mâles de la famille suivante.
Cette famille comprend huit genres dont les principaux caractères sont indiqués dans le tableau ci-joint-
Genre SÉLIE. — Selius (1).
M. Kroyer a établi cette petite division générique pour un Lernéide dont le corps est ovoïde, la tete tres-petite et garnie d’une paire d’antennes sétacées, composées de six articles , et le thorax porte sur sa face inférieure trois paires de pâtes. Ces membres sont petits , grêles , uni- rames ; ceux de la première et de la troisième paire sont insérés près des bords latéraux du thorax, alongés et composés de six aiticles dont le quatrième porte un petit appendice , et dont le cinquième est très-long; ceuxde la seconde paire sont plu* courts , placés plus près de la ligne médiane et composes seulement de deux articles. Enfin , il existe, au milieu du bord postérieur du thorax, un tubercule abdominal bilobé, et un peu plus en dehors se trouvent les orifices générateurs d’où naissent les sacs ovifères. On ne connaît encore qu’une seule espèce appartenant à ce genre, savoir la
SÉLIE BII.OBÈE. — Selius bilolms (2).
Trouvé sur les branchies du Polynoé ponctué.
(1) Kroyer , Nalurhislorisk T'idsskrift , B. i , p. jjj).
(2) Kroyer, loc. cil. p. 476 , Tl. 5 , fig. I.